La résistance de Bennacer Benchohra face au colonialisme, un exemple de dévouement pour le pays.
Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a affirmé mardi à Alger que le parcours de lutte du chef de la résistance, Bennacer Benchohra "est et demeurera un exemple de dévouement pour le pays et un modèle éloquent de haut sens de responsabilité", confirmé par sa participation active dans plusieurs résistance populaire déclenchée contre le colonisateur français à travers tout le territoire national.
M. Zitouni, qui présidait l'ouverture d'une conférence organisée au musée d'El Moudjahid à l'occasion du 166e anniversaire de la résistance menée par Bennacer Benchohra à Laghouat, a mis en avant les différentes étapes de lutte qu'a dirigée le résistant contre le colonisateur français, outre sa participation à d'autres résistances à l'instar de la révolution de l’Ouled Sidi Chikh à El Biadh, celle d'El Mokrani en Kabylie et une autre de Cherif Ben Abdellah à Ouargla.
Cependant, Bennacer Benchohra "n'a pas suscité suffisamment d'intérêt auprès des historiens et ceux qui s'intéressent à l'histoire nationale", a souligné le ministre qui a mis l'accent sur "l'impératif de pallier cette lacune" à travers "la vulgarisation de la lutte de ce héro dans les pages de l'histoire".
Bennacer Benchohra ou "le marin du désert" est né en 1804. Son père et son grand père étaient les chefs de la tribu "Arb'ae". Il débuta son combat à la fin de l'année 1846 et fut arrêté à Mascara qu'il quitta en cachette. Il rejoignit Cherif Ben Abdellah à Ouargla et agit en coordination avec lui pour déclencher la résistance.
Après une rude bataille et la mort du commandant Moron et du général Puscarine, Bennacer Benchohra fut obligé de se déplacer à El Menia et Ain Salah où il incita les Chaabna et les Touaregs à la bataille. Il rejoignit Bouchoucha à Tougourt puis l'Emir Mahieddine fils de l'Emir Abdelkader. Il participa également à la résistance d'El Mokrani et de Cheikh El Haddad.
Trois décennies de lutte passées, il se réfugia dans les frontières tunisiennes en poursuivant son combat contre les forces de l'occupant français jusqu'à ce que le Bey de Tunis l'oblige à quitter le territoire tunisien.
Il se rendit à Beyrouth puis à Damas où il mourut en 1884.
Sur les traces de Benacer Benchohra.
Le producteur et réalisateur Mohamed Chenaf, originaire de la région de Laghouat, a sillonné les régions du sud du pays pour repérer les lieux que les pieds du héros Benacer Benchohra (1804-1884) ou “le marin du désert”, avaient foulés il y a quelque 160 ans, aux fins de réaliser un documentaire avec quelques séquences en 3D, sur ce “résistant émérite”.
En compagnie d’une équipe technique algérienne durant le tournage, l’infatigable Mohamed Chenaf, s’est déplacé de Paris pour atterrir à Laghouat où il a passé quatre jours durant lesquels il a “déniché” deux figurants dont le célèbre Youcef Laghouati, retraité du secteur de la culture et artiste. Ensuite, il a continué son périple qui l’a mené à Ouargla, avant de joindre Touggourt et El-Oued pour les mêmes objectifs. Dans sa feuille de route, le réalisateur atterrira dans quelques jours, à Nafta, au sud-ouest de Tunisie, distante de quelque 80 kilomètres d’El-Oued.
Le choix de Nafta n’est pas fortuit puisque Benacer Benchohra se réfugia à Tozeur et Nafta dans le Djérid tunisien où il a été l’hôte du chef de la zaouïa kadiriya de Sidi Brahim. Et à partir de la Tunisie, il noua des contacts avec les réfugiés algériens avec lesquels il organisait des incursions en territoire algérien contre les tribus collaboratrices avec l’ennemi et les soldats français. Contacté par “Liberté”, le réalisateur nous a indiqué que le scénario a obtenu l’aval, et qu’il est en train de sillonner ces jours-ci, le grand sud du pays pour procéder “au repérage des lieux à retenir, et prendre contact avec les personnes qui auront à contribuer au film, avant de commencer le tournage prévu vers le 9 mars prochain”.
Il nous révèlera aussi que le documentaire sera réalisé pour le compte de la Télévision algérienne, en coproduction avec le ministère de la Culture et de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc). A écouter Mohamed Chenaf parler de Benacer Benchohra, de la bravoure de l’homme et de son courage, on peut dire qu’il le connaît comme s’il a été son compagnon dans ses voyages à travers les régions du pays, livrant bataille après bataille contre l’occupant français. Pourtant, d’une indescriptible modestie, Mohamed Chenaf avoue qu’“il ne peut prétendre avoir une connaissance complète du personnage et qu’il lui reste encore beaucoup de choses à connaître sur lui”. Le projet d’un film documentaire sur Benacer Benchohra germait dans sa tête depuis plusieurs années.
Il a fallu beaucoup de patience et de courage pour affronter les multiples embûches, les lenteurs et les attentes pour en arriver là. Car il y tient tellement, et surtout pour rendre justice à ce personnage hors du commun et dont l’histoire est restée méconnue voire occultée. C’est le héros d’une ville, d’un pays, un homme qui n’a jamais baissé les bras devant l’adversité, l’ennemi et des siens aussi qui ont fini par le laisser seul face à son sort. S’il y a quelqu’un à qui l’histoire n’a pas rendu justice, c’est bien Benacer Benchohra.
Un meneur d’hommes de la résistance qui a duré 27 années, au sud du pays, surnommé par les forces coloniales le “marin du désert”, pour son agilité, sa stratégie et ses tactiques dans la guerre des dunes sahariennes.
Bennacer Benchohra le marin du désert.
Ce meneur d'hommes de la résistance qui a duré 27 années au sud du pays, et a été surnommé par les forces coloniales le “marin du désert”, pour son agilité, sa stratégie et ses tactiques dans la guerre des dunes sahariennes. Pour rappel, en 1851, les habitants de Laghouat, cité antique des Maghraoua, conscients de l'imminence de l'assaut que l'armée française forte de 8000 soldats s'apprêtait à lancer contre la ville, ont entrepris résolument et dans la sérénité la résistance. Ainsi, ils envoyèrent une délégation composée des sages de la ville, solliciter de Bennacer Benchohra, fabuleux combattant et fin tacticien, de venir organiser la bataille.
Ils le chargèrent également de se mettre en contact avec Mohamed Cherif Benabdallah pour qu'il vienne lui aussi apporter son aide et son expérience. Ce dernier, honoré par cette sollicitation, accepta sans conditions de rejoindre, à K'sar El-Hirane, Bennacer Benchohra auquel il vouait depuis très longtemps une admiration sans bornes. Bennacer Benchohra organisera en 1851 une rencontre à Chebka, près de Berriane (Ghardaïa), entre Yahya Ben-Maâmar Bensalem, un autre héros méconnu et oublié de l'histoire, et le khalife de Djelfa, Cherif Benlahrèche, qui sera bien plus tard désigné par le colonisateur agha des Ouled Naïl en vue de coordonner la lutte contre l'occupant.
Une entrevue, nous dit-on, qui capota par la faute du Cherif Benlahrèche qui ne daigna pas répondre à l'appel du devoir ni justifier son absence à une réunion des plus capitales. Bennacer Benchohra s'attela, le 31 juillet 1852, à la fortification de K'sar El-Hirane en prévision de l'imminence des combats. Il prépara la défense de la ville de Laghouat qui s'apprêtait à subir le plus grand assaut d'une armée régulière constituée de plus de 8000 soldats et de mercenaires surarmés appuyés par des supplétifs algériens dirigés par le collaborateur Benhamza des Ouled Sidi Cheikh.
Comme à son habitude, Bennacer Benchohra s'acharna à défendre vaillamment la ville de Laghouat et ses ksour, mais l'utilisation à profusion pour la première fois par l'armée française de l'armement chimique et des lance-flammes basculera dans l'horreur et le génocide l'issue d'un combat disproportionné à bien des égards.
En sus de cette rencontre, l’association 1er-Novembre-1954 de la wilaya de Laghouat compte entreprendre une série de communications et d’exposés traitant de “l’esprit de résistance et les racines de la révolution du 1er Novembre 1954 et l’impact national de la résistance de Laghouat”.
Cette résistance populaire, déclenchée le 4 décembre 1852 à Laghouat, a fait pas moins de 2500 chahids et des centaines de morts dans les rangs de l’armée coloniale, selon les intervenants.
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