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La récupération des richesses nationales ( 1/3 )

 


La longue guerre de libération et tous les sacrifices consentis imposaient à l'Algérie indépendante une autre bataille en vue de s'assurer le contrôle de l'ensemble des rouages de l'économie nationale. Il fallait rompre les liens de dépendance avec l'ancien colonisateur, échapper à l'emprise des monopoles étrangers, diversifier les échanges et équilibrer la balance commerciale, orienter la politique économique et financière en vue du développement économique et social au bénéfice du peuple algérien.
Malgré l'anarchie qui a caractérisé les premières années de l'Algérie indépendante, la stratégie du développement commença, dès 1963, à s'ébaucher, sous la pression des masses. A partir du réajustement révolutionnaire du 19 Juin 1965 cette stratégie du développement va prendre une forme rationnelle et progressive et permettre à la Nation tout entière d'envisager avec optimisme son avenir.
Le choix du développement planifié et du socialisme imposait à l'Algérie le préalable de la récupération de ses richesses naturelles et, en premier lieu, la terre.


LA RECUPERATION DE LA TERRE

La récupération de la terre a constitué, dès les premières spoliations opérées lors de la conquête coloniale, l'aspiration profonde des masses algériennes, essentiellement paysannes. Le pouvoir colonialiste ne s'y trompa guère qui, dès les débuts de la conquête, s'attacha par tous les moyens à consolider la propriété française en Algérie en même temps qu'à réprimer toute velléité de révolte paysanne.
Cette politique de dépossession systématique, appliquée dans le cadre de la colonisation de peuplement, a provoqué l'exode massif des fellahs algériens vers les montagnes et les régions arides du sud, entraînant le surpeuplement et l'appauvrissement progressifs de ces régions.
Il s'agissait donc, pour la jeune République Algérienne, de s'atteler sans tarder à rendre justice à la paysannerie algérienne, tout en opérant une profonde reconversion de l'agriculture, dans le sens des intérêts nationaux.
Déjà, en Juin 1962, le programme de Tripoli avait fixé les tâches immédiates de l'indépendance:.
"...Faire disparaître l'emprise des monopoles par une refonte des relations économiques avec l'étranger et d'abord avec la France, éliminer les obstacles intérieurs par une transformation radicale des structures de la vie rurale...". Il fallait donc, préalablement à toute action en vue de l'application des options socialistes dans le domaine de l'agriculture, procéder à la récupération de l'Algérie agricole.


En 1962, le souvenir de plus de 130 ans de spoliations et d'injustices était tel que les fellahs n'ont guère attendu les décisions gouvernementales pour pratiquer la socialisation de la terre. Le départ massif des colons laissait à l'abandon des domaines immenses constitués par les meilleures terres du pays.
Malgré les difficultés et, il faut le reconnaître, une certaine anarchie, les travailleurs agricoles procédèrent, dès l e printemps 1962, d'abord à l'occupation des terres "vacantes", puis au ramassage des récoltes et aux premiers labours de l'indépendance. L'autogestion était née dans les faits, que le Gouvernement devait rendre légale par la promulgation des décrets de Mars 1963.
Non seulement, les biens laissés vacants par les colons, mais aussi les domaines qui n'étaient pas suffisamment exploités, ainsi que, à partir d'Octobre 1963, toutes les terres de la colonisation, furent confiés aux travailleurs dans le cadre de l'autogestion.
La promulgation de l'ordonnance du 30 Décembre 1968 portant réorganisation de l'autogestion agricole, ainsi qu'un effort accru d'investissement, ont permis le renouveau de l'autogestion, consacrant celle-ci en tant qu'expression privilégiée d'une option en faveur d'un socialisme démocratique.


LA NATIONALISATION DES RESSOURCES MINIERES

Tout comme la récupération des terres, celle des richesses du sous-sol était une mesure nécessaire sans laquelle toute tentative d'industrialisation pour sortir du sous-développement aurait été vaine.
Dans la voie vers l'industrialisation, en effet, la première étape passe par la maîtrise des matières premières. La nationalisation des ressources minières s'est donc imposée comme une nécessité première.
Cette mesure, accueillie avec enthousiasme par la grande masse des Algériens, est intervenue avec les ordonnances de nationalisation du 8 Mai 1966. Elle fut, comme dans toutes les circonstances identiques l'objet, dès sa promulgation, des prédictions les plus pessimistes outre-Méditerranée. L'histoire prouvera, cependant que la récupération des ressources minières aura joué un rôle capital dans la victoire de l'Algérie sur le sous-développement.



Avant cette mesure, la politique des sociétés minières, aux mains des monopoles étrangers, était caractérisée par :

• une absence quasi complète d'opérations de recherches.

• une exploitation au jour le jour des richesses du sous-sol algérien qui se traduisait par un refus d'engager les opérations de reconstitution de gisements, pourtant nécessaires; cela aboutissait à une exploitation accélérée des gisements reconnus et disponibles, sans tenir compte de l'avenir de la mine.

• une politique commerciale basée sur des accords de groupes et jouant sur la communauté d'intérêts capitalistes pour asseoir leurs circuits commerciaux.

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La Société Nationale de Recherches et d'Exploitation Minières, (SONAREM), à laquelle le gouvernement avait confié la gestion de toutes ces mines, s'était donc assignée comme objectif de réduire l'une après l'autre ces contradictions pour parvenir à remodeler l'exploitation minière conformément aux objectifs du développement économique du pays.
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LA NATIONALISATION DU SECTEUR DES HYDROCARBURES

"Le secteur des hydrocarbures doit servir l'intérêt de notre pays et s'intégrer complètement dans le plan de développement car il fait partie intégrante de notre économie nationale."      (Président Houari Boumediène 1er Novembre 1970).

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L'Algérie a remporté une éclatante victoire dans la bataille d'avant-garde engagée pour le contrôle de ses ressources pétrolières.

Produits stratégiques par excellence, devenus désormais une source d'énergie présente à tous les niveaux de l'activité économique, les hydrocarbures, que la nature a situés en majeure partie dans les pays anciennement colonisés, auraient dû logiquement constituer le moyen le plus sûr pour ceux-ci d'échapper au sous-développement.

Pourtant, de longues décennies durant, ces pays allaient abandonner leurs inestimables richesses aux insatiables appétits du Cartel International des Pétroles.

Cette formidable puissance économique, par le monopole qu'elle a, depuis toujours, exercé sur toutes les opérations relatives au pétrole, a puissamment contribué au maintien des pays exportateurs dans le sous-développement et à leur domination par l'économie capitaliste occidentale


 

 

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