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Célébration de L'indépendance     ( 1 / 3 )

 

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Afin que nul n'oublie


Introduction

A l'occasion du 41 anniversaire de la commémoration de la journée historique de l'indépendance 05 JUILLET 1962 - 05 JUILLET 2003.
L'association historique et culturelle du 11 décembre 1960, consciente de l'importance de la noble mission qu'elle s'est assignée poursuit inlassablement son " cycle de rencontres avec l'Histoire ". En organisant des conférences et journées d'études à la mémoire des glorieux Chouhada qui ont consenti le sacrifice suprême pour que vive l'Algérie libre et indépendante, ainsi que certains grands événements de notre Histoire.

Soucieuse de la préservation des symboles de la Révolution du 1er novembre 1954, elle contribue au mieux au rétablissement de l'authenticité historique, grâce au recueil de témoignages sincères et irréfutables de ceux et celles qui ont vécu et participé aux événements marquants de la lutte armée dans la capitale et sa banlieue.
Il s'agit là d'une contribution modeste à l'écriture de l'Histoire sereine et dépassionnée de la guerre de libération nationale, sans parti pris, sans jugement aucun, l'association historique et culturelle du 11 décembre 1960 encourage l'expression des uns et des autres, anciens moudjahidine, témoins, historiens, afin que seule prime, dans cette écriture de l'Histoire, la vérité, notre dénominateur Commun.



AFIN QUE NUL N'OUBLIE.


5 juillet 1962

Le NATIONALISME de par sa nature, est fonction du poids de la domination coloniale. Il est d'autant plus violent que celle-ci est brutale.
En Algérie, la conquête, il convient de le rappeler, fut une entreprise sanglante, dure, longue, jalonnée d'insurrections et de répressions, d'expropriations et d'appropriations de terres par les colonisateurs. Il fallut à la France, principale puissance militaire d'Europe, un demi-siècle pour occuper le pays jusqu'aux confins nord du Sahara.
Les Algériens se signalèrent par le courage et l'héroïsme face aux envahisseurs, mais ils subirent la défaite militaire due, moins 9 la supériorité matérielle et technique de la France, qu'à leur incapacité d'offrir un front uni à l'adversaire. Le régime du Dey s'étant effondré, l'Émir Abd El Kader prit la tête de la résistance, il proclama la mobilisation populaire contre l'envahisseur au nom de l'Islam et dirigea la guerre contre les Français quinze ans durant (1832-47); mais une partie seulement du territoire le soutenait : le centre et l'ouest. La lutte menée par l'Emir Abd El Kader et le Dey Ahmed de Constantine, quoique simultanée, ne fut pas coordonnée, et les deux chefs échouèrent.
Chacun luttait de son côté séparément. Lorsque la grande insurrection de 1871-72 éclatera en Kabylie et dans le Constantinois, sous l'impulsion du vieux Cheikh El Haddad et de Mohammed El Mokrani, le centre et l'ouest vaincus, ne pourront leur être d'aucun secours.



Effeuillant l'Algérie comme un artichaut, la France soumit les provinces une à une, malgré les efforts et les sacrifices immenses des populations.
Mais ce n'était pas assez de soumettre par te force l'Algérie; le colonisateur, craignant ce peuple qui avait fait montre d'une énergie peu commune au combat, et qui était capable d'un sursaut patriotique, entreprit de lui opposer une forte population européenne pour assurer la " pérennité française " dans le pays.
La France encouragea l'immigration de Français, d'Espagnols, d'Italiens, de Maltais auxquels elle distribua des terres à exploiter ainsi qu'à des compagnies foncières. Bientôt se forma une classe toute puissante le colonat, noyau des futurs pieds-noirs, qui s'arrogea le droit de symboliser la permanence française en Algérie. La France proclama l'Algérie " française " et décréta les Algériens " Français ". Désormais, l'Algérie relevait des affaires intérieures de la " mère-patrie " au même titre que la Corse, la Provence ou la Bretagne.


En Tunisie et au Maroc, la France avait plus ou moins respecté les structures locales. Les dynasties Husseinite et Alaouite furent maintenues. L'état continuait d'avoir une existence, même fictive; l'arabe était enseigné. Djamaa Zitouna (Tunis) et Quaraouiyine (Fez), grands centres de culture islamique, furent épargnés. En Algérie, au contraire, elle détruisit les instituts culturels les zaouïas et les écoles et fit main-basse sur le bien nabous dont les ressources assuraient le fonctionnement et la durée; elle fit disparaître complètement les structures de l'état algérien et pratiqua sans ménagement le système de l'administration directe, aggravé par des dispositions exceptionnelles dont l'ensemble a constitué le Code de l'indigénat (1881). Celui-ci, pour éviter toute velléité de révolte, livra l'Algérien à la discrétion complète des autorités coloniales.
Les Français conquirent l'Algérie par la force, l'organisèrent à leur profit et se considèrent comme les légitimes propriétaires du pays. Us entreprirent une politique dite de rattachement, d'assimilation, puis d'intégration visant à faire de l'Algérie une patrie intégrante de la nation française, et de ses habitants des Français. Mais en fait de droits, ceux-ci étaient reconnus aux Européens uniquement.



L'Algérien se réfugia alors au plus profond de son être : ses croyances religieuses et ses traditions. Là encore, il fut pourchassé et subit une autre forme d'agression : l'agression culturelle. Une véritable politique de dépersonnalisation oeuvra à le priver de sa langue nationale et de sa religion considérées comme les deux principaux obstacles à la politique de francisation.
La langue arabe qui était, avant la conquête coloniale, la langue nationale, celle de la culture, de l'administration et de la magistrature est étouffée, seul le français a cours. L'Islam, qui fut pendant plus d'un millénaire et quart la source du droit, de la législation politique, économique, sociale et morale est battu en brèche.

L'hostilité envers l'islam était dans la ligne politique de la France " fille aînée de l'Eglise " et de la lutte séculaire de la Croix contre le Croissant; elle a d'ailleurs sa place dans les motifs de la conquête, l'Eglise voulant refaire de l'Algérie "une terre chrétienne" comme jadis, avant l'avènement de l'Islam en Afrique du Nord; elle se traduisit par la collaboration étroite de l'administrateur, du colon et du prêtre, les essais d'évangélisation des Musulmans par les missionnaires surtout les pères-blancs, notamment chez les ruraux, et par la transformation des mosquées en églises. L'Eglise était alors l'auxiliaire de la colonisation et pratiquait le prosélytisme avec un zèle militant.


L'enseignement public était en Français; il était laïc et il ignorait tout de l'Algérie, de ses réalités et de son histoire. " Nos ancêtres les Gaulois " faisait-on alors ânonner aux petits Algériens dans les écoles dites " indigènes ". De plus, il était dispensé au compte-gouttes, et l'intelligentsia algérienne était insignifiante.
C'est alors que les théoriciens de la colonisation se mirent de la partie. Il professèrent que l'Algérie n'avait ni passé, ni civilisation, ni personnalité, qu'elle était une mosaïque d'ethnies diverses ayant subi au cours des âges maintes invasions : phénicienne, romaine, vandale, byzantine, arabe, turque. Maintenant, elle s'ouvrait à " l'œuvre civilisatrice de la France ".
Algérie française, administration directe dépersonnalisation : tels sont les mots-clefs qui définissent et caractérisent la politique d'exaction à outrance méthodiquement menée à rencontre de la société algérienne. Une société dont les cadres traditionnels ont été durement ébranlés, et dont les élites ont, soit disparues au cours de la guerre de conquête, soit contraintes à l'exil. Une société dont les structures ont été totalement bouleversées, et qui, désormais, est livrée à un sort tragique.

L'Algérie coloniale n'a pas joui d'une autonomie réelle ou formelle ou, à l'exemple d'autres colonies européennes, le pouvoir est partagé avec une " bourgeoisie locale ". Selon l'expression d'un auteur " le conquérant a supprimé entre lui et la grande masse tout intermédiaire ".En Algérie, "les bourgeoisies locales" sont inexistantes, les classes moyennes aussi bien rurales qu'urbaines ayant été laminées par le rouleau compresseur de la colonisation. Les colons ont monopolisé tous les grands moyens de production : riches terres, banques, moyens de transports, commerce extérieur, etc. Ils s'appuient pour gouverner sur les grandes familles indigènes ou familles de grande tente, qui ne détiennent du reste ni pouvoir politique, ni pouvoir économique. La classe ouvrière n'existe pas, car la France s'était au départ appliquée à faire de l'Algérie un pays spécifiquement agricole ou va dominer la vigne productrice de vin cultivé dans l'intérêt exclusif des Européens. C'est dire que l'Algérie était cantonnée dans un rôle passif de source de matières premières et de produits agricoles ainsi que de débouchés pour les articles manufacturés français.



Dans un tel contexte, il serait pour le moins illusoire d'évoquer une quelconque lutte des classes comme se sont hasardés à le faire certains auteurs. D'autant que l'Islam ne manquera pas, de ce point de vue, d'être un puissant facteur de rassemblement, cimentant la volonté des Algériens et unifiant leurs élans dans le combat contre le colonialisme. La politique d'expropriation des Algériens des terres fertiles a eu également comme conséquence l'exode rural et l'urbanisation sauvage attestée par l'apparition des premiers bidonvilles dans la périphérie des grandes villes.
A cause de ses immenses richesses et de ses énormes potentialités l'Algérie a vite été transformée en colonie de peuplement ou une minorité d'Européens tente d'y faire souche pour mieux imposer sa loi et exploiter le pays à son profit et à sa guise.


Le caractère de colonie de peuplement qui s'applique à l'Algérie conquise par la force induit que les conditions de libération seront pour elle plus dures à réaliser que dans le cas des colonies de type classique dont les rapports d'exploitation sont d'ordre essentiellement mercantilistes. C'est contre cette " Algérie française " que le nationalisme algérien sera amené à conduire un long travail d'agitation et de propagande, de sensibilisation et d'organisation, fait d'activités diverses légales et illégales de succès et d'échecs qui à nécessité trois décennies d'efforts et de sacrifices.
Trois décennies déterminantes au cours desquelles l'Etoile Nord Africaine (ENA) d'abord, Le Parti du Peuple Algérien (PPA) et le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) ensuite ont joué un rôle de premier plan pour fa transformation radicale de fêtât d'esprit des Algériens, la prise de conscience par le peuple sera concrétisé par les glorieuses manifestations du 1er et du 8 Mai 1945.
A l'instar des activités militantes des partis nationalistes : PPA-MTLD, d'autres partis et associations tels que l'UDMA, le PCA, et l'Association des OULEMAS et autres oeuvraient à sensibiliser le peuple Algérien aux idées nationalistes et aux idéaux de la liberté. Les OULEMAS mettaient l'accent plus particulièrement sur la dimension religieuse et culturelle de la personnalité Algérienne.

Asseyant son hégémonie oppressive sur le mythe de la supériorité de " L'Européen civilisé sur l'indigène inculte " et sur la conviction quelle était investie d'une mission civilisatrice en Algérie, l'administration coloniale n'avait retenu aucune leçon des soulèvements successifs du peuple Algérien. La paix Française, croyait elle, était établie en Algérie.
Les militants des mouvements nationalistes avaient compris l'inanité de la lutte politique et étaient convaincus, désormais, que seule la lutte armée pouvait être à même de libérer le pays et de chasser le colonisateur.

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