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Arrestations et Emprisonnements    (5 / 6)

 

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Le 24 septembre1957 est arrêté Yacef Saâdi, chef de la ZAA : Localisé grâce à son réseau de courrier


Pour mettre fin à la révolution, notamment dans la Zone autonome d’Alger, les autorités coloniales ont mis en œuvre des méthodes aussi machiavéliques que perfides, en recourant d’abord à la torture puis à la « guerre psychologique », notamment à la manipulation et à la terrible « bleuite », à l’origine des conflits internes dans les rangs des combattants algériens et des exécutions au sein du FLN/ALN. L’infiltration a été, dans ce cadre, un des moyens utilisés par l’ennemi, dans son action. Résultat : les principaux commandements de la révolution ont été soit contraints à l’exil, ou ont fait l’objet d’arrestation.

L’histoire nous raconte ainsi que Yacef Saâdi, le chef politico-militaire dans la ZAA, né dans la Casbah à Alger le 20 janvier 1928, et de nombreux autres fidayines, qui constituaient le réseau des poseurs de bombes, ont été arrêtés, à la suite d’une action d’infiltration et de retournement d’anciens militants du FLN, opérée par le Groupe de renseignements et d’exploitation (GRE). Un service spécial chargé du renseignement, créé par les services secrets français en 1957, mis en place par le capitaine Léger, un agent du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), avec l’accord du colonel Godard.

L’arrestation de Yacef Saâdi a été le résultat de l’exploitation des renseignements extorqués à la suite de la torture dont ont fait l’objet des militants nationalistes et fidayines par l’armée coloniale. Les interrogatoires ont permis de mettre la main sur des éléments clés de l’organisation et de remonter la chaîne pyramidale jusqu’aux élites de l’organisation politico-militaire du FLN de la Zone autonome d’Alger. Tout a commencé en juillet, lorsque le capitaine parachutiste Paul-Alain Léger, sous le commandement du colonel Yves Godard d’Alger Sahel, intercepte des livraisons d’armes, mais surtout, met la main sur Alilou, principal agent de liaison de Yacef Saâdi. Alilou est « retourné » et ensuite incorporé au Groupe de renseignements et d’exploitation (GRE). Ce fut le tour de Guandriche Hacène, plus connu sous le pseudonyme de Zerrouk, le chef de la région 3 de la zone d’Alger, de tomber aux mains des mêmes services du GRE. Ils l’incorporent dans l’équipe des « bleus-de-chauffe », qui sont des anciens combattants FLN faits prisonniers et « retournés ».

La nouvelle du retournement de Guandriche, alias Zerrouk, est gardée sécrète, même auprès de sa femme. Car le capitaine Léger comptait en user pour arriver à localiser Yacef Saâdi, notamment à travers l’infiltration du réseau de courriers de ce dernier.

Ce faisant, le capitaine Léger envoie Houria, qu’il présente comme sa collaboratrice, se cacher dans la maison de Zerrouk, afin d’observer les gens qui s’y présentent. Un jour, elle transmet un message à Léger, en décrivant un homme qui venait très souvent sonner chez son hôte. Il se promène toujours en tenant une petite fille par la main. Grâce à ce renseignement, l’homme est rapidement identifié et son domicile repéré n° 4 rue Caton dans la Casbah.

Deuxième indice. Le 23 septembre, les gendarmes d’Alger arrêtent un homme nommé Djamel, lequel, interrogé par le GRE, avoue connaître Yacef Saâdi et ajoute qu’il l’a rencontré rue Caton. Ces deux renseignements, qui se recoupent, donnent la conviction que Yacef Saâdi loge bien dans cette rue.

Le lendemain, mardi 24 septembre, à 2 h 30, une opération est lancée ; les paras du 1er Régiment étranger de parachutistes (REP) sous le commandement du colonel Jean Pierre et les « bleus » du capitaine Léger bouclent la rue Caton. Les hommes pénètrent dans la maison au n° 3. La propriétaire proteste énergiquement contre cette intrusion. C’était Fatiha Bouhired, veuve du chahid Mustapha Bouhired, un des responsables du FLN. Etant reconnue par les « retournés », comme faisant partie des réseaux de soutien au FLN dans la ZAA, la femme qui a fait preuve d’un courage exemplaire est arrêtée et horriblement torturée par les paras.

La fouille de la maison a permis de découvrir que Yacef Saâdi était présent dans l’immeuble avec sa collaboratrice Zohra Drif. Ils se cachent dans un petit réduit au fond d’une salle de bain. Repéré, Yacef Saâdi lance une grenade dans le couloir, dont les éclats blessent le colonel Jean-Pierre.

Sous la menace de faire exploser l’immeuble, et après de longues heures de négociation, Yacef Saâdi et Zohra Drif, qui partage la cachette, se rendent à 6 heures du matin, au colonel Godard qui dirige l’opération et sortent de la cachette, non sans avoir brulé des documents de la Zone autonome d’Alger. Ils jettent leurs armes par la lucarne, avant de se rendre. Son arrestation a servi l’alibi de l’action psychologique des services coloniaux, qui prétendaient que ses aveux auraient permis l’arrestation de plusieurs membres du FLN. Mais, Yacef et Drif sont condamnés à mort. Yacef doit sa survie à l’ancienne résistante Germaine Tillion, déportée à Ravensbrück, ethnologue, ancien membre du cabinet de Jacques Soustelle, qui se battra pour le sortir des mains des parachutistes. Elle témoignera en sa faveur lors d’un de ses trois procès – où il sera par trois fois condamné à mort –, puis interviendra pour obtenir qu’il ait la vie sauve.


 

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L'arrestation de Yacef Saadi, chef du F.L.N.


Le 24 septembre 1957, les parachutistes du général Massu arrêtent un des principaux chefs du FLN à Alger, Yacef Saadi.

La découverte de sa cachette dans une maison située au coeur de la Casbah, a été rendue possible par la multiplication des infiltrations au sein des filières du FLN. Le capitaine Yves Godard utilise en effet ceux que l'on appelle les "bleus de chauffe", des anciens militants du FLN retournés, souvent sous le joug de la torture, et qui renseignent désormais les parachutistes français.

Cette stratégie permet l'élimination des principaux chefs du FLN à Alger. Ainsi, Larbi Ben M'Hidi est arrêté le 23 février 1957 puis assassiné le 3 mars. Abane Ramdane et Krim Belkacem sont contraints de fuir Alger et de se réfugier en Tunisie. Enfin, le 24 septembre, Yacef Saadi et Zohra Drif sont arrêtés en plein coeur de la Casbah. Le 8 octobre, suivant, les parachutistes font exploser la cache d'Ali La Pointe, Hassiba Ben Bouali, Mahmoud Bouhamidi et le Petit Omar, qui refusent de se rendre.

Ces éliminations marquent la fin de la bataille d'Alger. Le FLN est en effet décapité. De fait, Yacef Saadi, responsable de la campagne terroriste menée par le FLN à Alger au cours de l'année 1957 est condamné à mort par la justice militaire le 25 juin 1958. Il est cependant libéré en vertu des accords d'Evian. Zohra Drif, arrêtée en sa compagnie, est une jeune étudiante, dont l'activité incarne le combat des femmes dans la résistance algérienne. Faisant l'objet de moins de suspicions de la part de l'Armée française, elles sont souvent utilisées par le FLN pour transmettre des informations, voire pour poser des bombes, comme c'est le cas de Zohra Drif dans l'attentat du Milk Bar en septembre 1956, qui provoque 3 morts et une douzaine de blessés. Au sein du FLN, toutefois, Zohra Drif est l'une des seules, à être plus qu'une simple exécutante. Elle est condamnée à 20 ans de travaux forcés pour terrorisme, mais libérée à la fin de la guerre.

Ce document, diffusé par les Actualités françaises le 2 octobre 1957, utilise l'arrestation de Yacef Saadi et de Zohra Drif par les parachutistes du général Massu, pour la propagande de l'Armée française. De fait, cette arrestation, précédent de peu la mort d'Ali la Pointe, marque l'élimination des principaux dirigeants du FLN, et dès lors, la victoire de l'Armée française dans la bataille d'Alger.

Diffusé plus d'une semaine après l'arrestation réelle des deux membres du FLN, il apparaît très vraisemblable que la découverte de la cachette de Yacef Saadi ait été reconstituée. En effet, il semble peu probable que les parachutistes aient pris le risque de faire échouer une arrestation aussi importante. De plus, les visages de Yacef Saadi et de Zohra Drif semblent plus exprimer le désabusement et l'ironie que l'angoisse de personnes qui ont été traquées pendant des semaines.

Ce document souligne l'efficacité de la pacification d'Alger entreprise par les parachutistes du général Massu. En ce sens, il constitue un plaidoyer en faveur de l'Armée française.

En outre, la diffusion de telles images et la référence au procès futur des deux membres du FLN, tend à réaffirmer que l'Etat de droit est respecté en Algérie, alors que la dénonciation de la torture en métropole est vive.

Le film de Gillo Pontecorvo, La bataille d'Alger produit notamment par Yacef Saadi, et dans lequel ce dernier joue son propre rôle, reprend, 9 ans plus tard, le récit de cette arrestation.

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