
La résistance à l'agression
La longue résistance algérienne à l'occupation militaire, à la domination coloniale, à l'assimilation morale, religieuse
et culturelle constitue l'origine profonde de la révolution algérienne.
Pour mesurer l'ampleur sans précédent de la résistance à l'occupation, il suffit de rappeler que l'armée coloniale ne
put "contrôler" la plus grande partie, du territoire algérien qu'à la fin du XIXe siècle, c'est à dire près de 70 années
de luttes et de sacrifices marquées par les exploits des soldats de l'Emir Abd-EI-Kader, de Boumaza, d'EI-Mokrani, des
Ouleds-Sidi-Cheikh, etc...
Plusieurs étapes ont marqué cette longue période de résistance: la lutte contre l'agression a d'abord été le fait de
l'armée, composée de Janissaires turcs mais aussi -ce qui n'a pas toujours été souligné— de nombreux contingents
d'Algériens intégrés dans la milice, de nombreux détachements de tribus makhzen ou indépendantes. Cette armée, à la
suite d'erreurs tactiques, n'a pu empêcher l'occupation d'Alger le 5 Juillet 1830. Mais, l'occupation d'Alger ne
signifia nullement celle du pays.
Le traité de 1830 ne parlait que d'Alger, aucun accord n'avait été signé concernant l'avenir politique de l'Algérie;
l'occupation d'Alger allait révéler au peuple algérien les. menaces qui pesaient sur lui. La violation par les Français
de la convention du 5 Juillet, les atteintes à la liberté et aux biens des Algérois, les premières spoliations par les
aventuriers de la colonisation dressèrent, dès le lendemain de la perte d'Alger, les populations contre l'occupant.
Près de dix mille Algérois abandonnèrent leurs maisons et leurs biens pour ne pas rester sous la domination des Français.
Les tribus qui, refuge de l'âme et des traditions algériennes, avaient conservé leur organisation traditionnelle,
administrative, religieuse et économique, constituèrent autant de cellules de résistance. Les représentants de ces
tribus se réunirent dès le 23 Juillet 1830 au" Bordj de Tementfous (Cap Matifou) et décidèrent la lutte à outranc.
Des commissaires furent envoyés dans l'intérieur du pays pour transmettre les mots d'ordre de la résistance. Le 27
Juillet, deux de ces émissaires, arrêtés à Alger, par les troupes d'occupation furent les deux premiers résistants
fusillés. Après Alger, les autres villes ont opposé une résistance parfois très longue puisque certaines ne furent
occupées que vers 1843-1844; elles finirent par céder parce qu'elles constituaient des objectifs trop vulnérables face
à l'action concentrée des troupes françaises. Les populations rurales grossies des réfugiés des villes ont supporté
presque tout le poids de la guerre et de la résistance.
C'est ce qu’a bien compris l'occupant qui dès le début a affirmé la nécessité de disloquer les tribus et de les
détruire.
La résistance a toujours trouvé des chefs pour l'incarner et la guider. (Des chefs ont pu, suivant leur formation,
leur mmeu, les conditions dans lesquelles ils se sont trouvés, donner des aspects divers à cette résistance populaire.
Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que ces dirigeants n'ont pu combattre que parce qu'ils ont trouvé dans les
masses populaires, un écho favorable, une adhésion enthousiaste à la cause de la libération.
Bou Mezrag, Bey du Titteri, qui s'était d'abord soumis, reprit le combat sous la pression de la population; son fils parcourait la Mitidja et apparaissait comme chef de la résistance. El ^dj Ahmed,/Bey de Constantine, grande figure ce début idu XIXe siècle, avait participé avec Soupes/a la défense d'Alger. Après la perte la capitale, il regagna Constantine où les ulatiorys et les notables le reconnurent comme détenteur légitime du pouvoir. Il réorganisa l'administration du beyiik et dirigea la '. Âpres la perte de Constantine en 1837^' et/ra dans le Sud et durant plus de dix/Ans, \e une vie errante, marquée par d^aures (euves et vouée à une résista nç^farouche/ ; troupes françaises; l'un des quartiers généraux fut un refuge inaccessrole sur l'Ahr)n!ar Khaddou, dans les Aurès.
| Algérie mon beau pays | |
Top