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L’Algérie et les Algériens : Destin prescrit (Mektoub) ou Fatalité ? (2 / 7)
Attentats guerre civile
Liste d'attentats (non exhaustive) :
La guerre civile algérienne déchire le pays pendant une décennie, surnommée « décennie noire », de 1991 à 2002. Le Groupe islamique armé (GIA), le principal groupe terroriste qui affronte le gouvernement, utilise à de nombreuses reprises l'attentat et l'assassinat comme moyen d'action.
- 1991
Le 29 novembre 1991, un peu avant 2 h du matin, le poste-frontière de Guemar est pris sous un déluge de feu. Trois (03) morts.
- 1992
Le 26 août, attentat de l'aéroport Houari-Boumédiène d'Alger : à 10 h 45, une bombe explose dans le hall central de l'aéroport d'Alger - Houari-Boumédiène et fait 9 morts et 128 blessés.
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- 1993
Le 17 mars, le médecin et militant politique Lâadi Flici est assassiné dans son cabinet médical de la casbah d'Alger.
Le 18 mars, assassinat de Hafid Senhadri, directeur de cabinet au ministère du Travail.
Le 26 mai, le poète, écrivain et journaliste Tahar Djaout est victime d'un attentat. Il meurt de ses blessures le 2 juin. Son assassinat est à l'origine de la fondation du Parlement international des écrivains.
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Le 15 juin, Mahfoud Boucebci, psychiatre et militant laïc, est mortellement poignardé devant son hôpital de Kouba.
Le 21 août 1993, Kasdi Merbah mort assassiné à Bordj El Bahri banlieu est d'Alger, en compagnie de son fils cadet, le chauffeur, son frère et son garde du corps.
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Le 18 octobre, le journaliste Smaïl Yefsah, défenseur de la culture amazighe, est assassiné à Bab Ezzouar.
Dans la nuit du 27 au 28 décembre, le poète et écrivain Youcef Sebti est tué par balles à El-Harrach.
Fin novembre 1993, Bouslimani enlevé a été retrouvé assassiné, son corps a été découvert enterré à El Affroun à 70 km à l'Ouest d'Alger
- 1994
Le 1er février, assassinat du journaliste indépendant français Olivier Quemener dans la casbah d'Alger.
Le 28 février, la jeune lycéenne Katia Bengana, qui refusait de porter le voile islamique malgré les menaces de mort, est tuée à Meftah.
Le 10 mars, un attentat vise le metteur en scène Abdelkader Alloula. Il meurt quatre jours plus tard.
Le 21 mars, attentat contre L'Hebdo libéré : à 11 h, un commando du Groupe islamique armé (GIA) déclenche une fusillade dans des locaux du journal, tuant 3 personnes et faisant deux blessés.
Le 8 mai, la religieuse catholique française Paul-Hélène Saint-Raymond et Henri Vergès, frère mariste, sont assassinés à Alger.
Le 31 mai, Salah Djebaïli, ancien footballeur du Nîmes Olympique devenu docteur en écologie, est abattu avec son garde du corps par un groupe terroriste à la sortie de l'université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène dont il était le recteur.
Le 13 août, attentat d'Aïn Allah : un commando de sept hommes du GIA abat cinq ressortissants français dans la cité d'Aïn Allah, une résidence qui abrite du personnel diplomatique à proximité de l'ambassade de France. Un gendarme mobile est également gravement blessé.
Le 29 septembre, le chanteur de raï Cheb Hasni est assassiné par le GIA de deux balles dans la tête dans son quartier d'origine de Gambetta à Oran.
Le 23 octobre, les religieuses espagnoles Esther Paniagua Alonso et Caridad Álvarez Martín sont assassinées à Alger.
Le 3 décembre, assassinat de Saïd Mekbel à Djasr Kasentina. Il était le directeur du journal Le Matin et avait échappé à une première tentative de meurtre le 8 mai de la même année.
Du 24 au 26 décembre : prise d'otages du vol 8969 Air France : quatre hommes du GIA prennent en otage les 220 passagers d'un Airbus A300 d'Air France à l'aéroport d'Alger. Les terroristes exigent de décoller pour Paris et abattent trois passagers jusqu'à ce que les autorités cèdent, mais l'avion doit faire escale à Marseille. Là, sur le tarmac de l'aéroport de Marignane, le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) prend d'assaut l'appareil et libère tous les otages restants. Les quatre preneurs d'otages sont tués, neuf gendarmes trois membres d'équipage et treize passagers sont blessés.
Le 27 décembre, en représailles à l'opération du GIGN, les islamistes abattent quatre Pères blancs à Tizi Ouzou.
- 1995
Le 30 janvier, attentat contre le commissariat central d'Alger : à 15 h 30, une voiture piégée explose devant le commissariat d'Alger, boulevard Colonel Amirouche. Le bilan est de 42 morts et 256 blessés.
Le 13 février, Azzeddine Medjoubi, directeur du Théâtre national algérien, est tué par un groupe terroriste à la sortie de ses bureaux.
Le 3 septembre, à Tizi Ouzou, le journaliste Saïd Tazrout, rédacteur en chef du Pays, est assassiné. Le même jour, les religieuses catholiques Bibiane Leclercq et Angèle-Marie Littlejohn sont tuées à Alger.
Le 4 septembre, le caricaturiste Brahim Guerroui, collaborateur de El Moudjahid, est assassiné à Alger.
Le 10 novembre, la religieuse catholique Odette Prévost est assassinée à Alger alors qu'elle se rendait à la messe.
- 1996
Le 11 février, attentat contre Le Soir d'Algérie : à 15 h 45, une voiture piégée explose devant le siège du journal Le Soir d'Algérie, tuant 29 personnes dont trois journalistes de la rédaction.
Dans la nuit du 26 au 27 mars, sept moines de l'abbaye Notre-Dame de l'Atlas, à Tibhirine, sont enlevés. Leur assassinat est annoncé le 21 mai dans un communiqué attribué au GIA et leurs têtes retrouvées près de Médéa, neuf jours plus tard.
Le 1er août, Pierre Claverie, évêque d'Oran, et son ami Mohamed Bouchikhi sont tués par l'explosion d'une bombe à l'entrée de l'évêché.
Le 20 septembre, le chanteur Cheb Aziz est assassiné à Constantine.
- 1997
Le 10 mai, un groupe d'assaillants déguisés en gendarmes assassine Djaffar Ouahioune dans le lycée où il enseignait.
Le 1er juin, attentat de la place des Martyrs : l'explosion d'une bombe, dans l'après-midi, fait sept morts et plus de cinquante blessés sur la place des Martyrs, à Alger.
Le 29 aoùt, attenta à Rais un village près de Larbaa au sud d'Alger. Les chiffres officiels donnent 98 tués et 120 blessés.
La nuit du 22 au 23 septembre 1997, le Massacre de Bentalha à environ 15 kilomètres au Sud d'Alger, Il y aurait eu 417 morts.
- 1998
Le 23 février, attentat du train Alger-El Affroun : une bombe explose au passage du train à la hauteur de Boufarik, faisant 18 morts et vingt-cinq blessés.
- 1999
19 septembre 1999 : Tenue d'un référendum sur la politique d'amnistie en Algérie.
Il y a trente ans, en octobre 1988, le monde arabe connaissait son premier « Printemps » en Algérie, suivi d’une guerre civile d’une rare violence qui saigna le pays, par l’assassinat ou par l’exil, d’une grande partie de son intelligentsia. L’une des premières victimes, le poète et journaliste de langue française Tahar Djaout tomba, en 1993, sous les balles de djihadistes islamistes.
Entre études littéraires et sociologie des intellectuels, ce livre montre les conséquences de cette crise politique sur les écrivains algériens. Cette guerre civile a-t-elle été une guerre des langues, opposant anti-islamistes francophones soutenus par la France, et pro-islamistes arabophones, choc de civilisations qu’un certain discours de l’époque s’est plu à diffuser ? Il est vrai que l’ancienne puissance coloniale est redevenue à l’occasion de cette « décennie noire » un espace central pour l’exil, le débat politique, et la reconnaissance littéraire des Algériens. C’est plus largement la place de ces écrivains dans les sociétés algérienne et française qui est interrogée.
Exceptionnelle par l’ampleur et la diversité de ses sources, cette étude s’adresse aux lecteurs curieux de découvrir une littérature à la fois si proche et lointaine (de langue française ou arabe : Rachid Boudjedra, Mohammed Dib, Assia Djebar, Tahar Ouettar…) ; et qu’intéressent les enjeux particulièrement actuels de l’engagement politique en période de censure religieuse, de migrations intellectuelles, et d’identités postcoloniales à l’heure de la mondialisation.
( Source : Introduction du livre de Tristan Leperlier ).
Dans une dernière livraison datée du vendredi 12 novembre, le quotidien du soir Ennahar, publié en langue nationale à Constantlne, défraie la chronique par un long commentaire sur les raisons qui auraient précipité l'assassinat de Kasdi Merbah, ex-Premier ministre et président du MAJD.
Le journal Ennahar affirme avoir réussi à entrer en possession d'une cassette vidéo enregistrée le 4 octobre dernier par Saïd Makhloufi, une des figures de proue des groupes armés islamistes.
Cette cassette a été diffusée à Alger, en direction des militants appartenant à cette sensibilité. Selon Ennahar, dans cette cassette, Makhloufi explique que tous les responsables des différentes sensibilités islamistes s'étaient mis d'accord pour refuser toute forme de dialogue avec le pouvoir.
" Nous avons été trahis ", dit-il. " Des éléments de la Djazaara Islamiya avaient pris langue avec l'ex-leader du MAJD dans la perspective d'établir un contact capable de déboucher sur un dialogue et d'arrêter la violence ".
Selon cette cassette, M. Merbah aurait même mis sur pied une commission mixte, chargée de convaincre au préalable les autres dirigeants islamistes, à savoir le GIA, dirigé par Djaafar El-Afghani et le groupe de la Dawla Islamiya, dirigé, lui, par Chebouti et auquel s'identifie l'auteur de cette cassette. Les multiples appels au dialogue qu'avait faits Merbah à la fin du mois de juillet, avaient donné naissance à des débats houleux, précise Makhloufi. " Nous avons été obligés de décider l'exécution de l'ex-Premier ministre pour l'empêcher de concrétiser son projet et de couper l'herbe sous les pieds de Mohamed Saïd et Lahbib Haddam, leaders de la Djazaara, qualifiés de " koufar et mourtadine " (apostats et renégats) ".
Makhloufi précise en outre que ce sont les éléments du GIA qui auraient assassiné Kasdi Merbah, après avoir obtenu l'accord des chefs du groupe de la Dawla Islamiya.
D'autres part, selon Ennahar et donc selon Saïd Makhloufi, Mohamed Saïd aurait contacté Benazouz Zebda, l'invitant à encourager le dialogue dans la mesure où l'initiative viendrait du pouvoir. Benazouz Zebda aurait aussi été chargé de se déplacer à l'étranger pour soutenir l'action d'Anouar Haddam, " en vue de mieux l'accréditer dans la mesure où Rabah Kebir n'est qu'un derwiche qui ignore tout de la chose politique ", selon cette cassette vidéo.
En conclusion, le journal précise que les gens de la Djazaara font de la liquidation de Chebouti et Makhloufi une mission urgente et prioritaire. De leur côté, les chefs de la Dawla Islamiya auraient d'ores et déjà condamné à mort Mohamed Saïd et Lahbib Haddam qui n'est autre que le cousin d'Anouar, principal rival de Rabah Kebir.
( Source : algerieladecennienoire.blogspot.ca ).
Quelque-uns, de par leur extrême violence et le nombre important de victimes occasionnées, sont restés gravés dans la mémoire collective, comme ceux du boulevard Amirouche, de l’aéroport Houari Boumediène, de la maison de la presse Tahar Djaout et bien d’autres encore. La capitale, qui croyait ses cauchemars «explosifs» derrière elle, renoue depuis hier avec ce genre d’attentats. Pourtant, on est presque tenté de dire que c’était «prévisible», eu égard aux nombreux signes annonciateurs d’une telle reprise. Avant même la fin de l’année 2006, des signes avant-coureurs annonçaient une plausible relance des attentats à l’explosif et à la voiture piégée. Il en est ainsi du double attentat à la voiture piégée qui a ciblé, le 30 octobre 2006, les commissariats de police de Reghaïa et Dergana, et qui ont fait 3 morts et 24 blessés. 40 jours après, soit le 10 décembre 2006, un attentat à l’explosif contre un bus transportant des employés de BRC a fait un mort à Bouchaoui, à l’ouest d’Alger. Le GSPC qui a revendiqué cet attentat est loin d’être le premier groupe de la même espèce à mettre Alger à feu et à sang. Le premier attentat «spectaculaire» a ciblé, le 26 août 1992, l’aéroport Houari Boumediène. Une bombe placée dans le hall de l’aérogare a fait officiellement 9 morts et 128 blessés.
D’autres bombes explosèrent au même moment à Alger, aux sièges des agences Air France et Swissair. Le 31 octobre 1992, deux voitures piégées soufflent un parking du centre commercial de Riad El Feth (Alger) : plusieurs citoyens ont été blessés. Le 12 octobre 1994, cinq véhicules piégés explosent à Alger devant la Faculté centrale, le siège du ministère de la Justice et à la cité universitaire de Kouba. Le 30 janvier 1995, les terroristes font exploser devant le commissariat central d’Alger un véhicule bourré d’explosifs faisant 42 morts et des dizaines de blessés. Un attentat qui marque de par sa cruauté à ce jour les esprits. Le 31 août de la même année, un véhicule piégé lancé contre le siège de la DGSN à Bab El Oued fait une douzaine de morts. Au cours de l’année 1995, la mairie de Birkhadem, la mairie de Ben Aknoun, la caserne des GLD de Souidania, la brigade de gendarmerie de Baraki, la cité de policiers à Bachdjarah, immeuble habité par des policiers à Jolie Vue (Kouba), ont été la cible de voitures piégées et d’attentats à la bombe, causant la mort de dizaines de citoyens. Le 24 mai 1995, une panique s’empare des invités de l’hôtel El Aurassi où étaient réunis les walis avec le ministre de l’Intérieur, suite à l’explosion d’une bombe dans le sous-sol de l’hôtel. Le pire est à venir. Les années 1996 et 1997 sont présentées comme étant les plus «sombres» en matière d’attentats à l’explosif. Dans la banlieue sud d’Alger, à Baraki, une série de bombes explosent le 31 janvier 1996. Le 15 février, un camion piégé explose devant un barrage militaire situé près de la mosquée Mohamed El Bachir El Ibrahimi dans la même localité, faisant une dizaine de morts parmi les militaires. Le 11 février 1996, un véhicule piégé explose devant la mairie de Bab El Oued. Officiellement, on dénombre 43 blessés. Au cours de la même journée, une voiture piégée explose devant la maison de la presse du 1er Mai à Alger. Bilan : 20 morts, dont 3 journalistes du Soir d’Algérie. Le 30 août 1996 : explosion d’une bombe dans un restaurant à Staouéli (ouest d’Alger) fait 7 morts et plusieurs blessés. Le 24 octobre 1996, une bombe saute au passage d’un train à Oued Smar. Bilan : 11 morts et 33 blessés. Le 28 décembre 1996, un autre véhicule piégé fait 10 morts et 68 blessés à Hussein Dey. Le 24 décembre 1996, un véhicule piégé fait 3 morts et une quarantaine de blessés à Bab El Oued et le 25 du même mois, un autre attentat à l’explosif fait 5 morts et 18 blessés à Blida. A Tixeraïne, un véhicule piégé a tué, le 11 novembre 1996, 10 citoyens et causé des blessures à 25 autres. Le 4 septembre 1996, une voiture piégée détruit l’hôtel Angleterre, situé à Alger-Centre, tuant 4 personnes et blessant 35 autres. 12 mai 1997, quatre explosions de véhicules piégés font 8 morts et 70 blessés à Bordj El Kiffan et à Ben Aknoun. 18 mars 1997, trois véhicules piégés explosent à Kouba, faisant 4 morts et une vingtaine de blessés. 8 janvier 1997, une voiture piégée stationnée près de la Fac centrale explose et cause la mort à 7 personnes et des blessures à une soixantaine d’autres. D’autres sources évoquent une quinzaine de morts et plus de 60 blessés dans l’attentat de la Brasserie. Le 9 janvier 1997, les services de sécurité ont désamorcé 11 véhicules piégés destinés à exploser dans des lieux publics. A Belcourt, le 2 janvier 1997, un attentat fait 23 morts et une centaine de blessés. L’interminable série d’attentats au moyen de bombes, de véhicules piégés se poursuivra tout au long de l’année 1997, dont l’été sera aussi sinistrement celui des massacres collectifs. Les années 1998, 1999, 2000 sont également marquées par de nombreux, des centaines d’attentats, tous meurtriers, charriant dans leur sillage des centaines, des milliers de victimes. A partir de cette année 2000, Alger qui a bénéficié d’un maillage sécuritaire efficace a pu se mettre à l’abri des attentats à l’explosif jusqu’à ce 30 octobre 2006 quand les deux attentats à la voiture piégée contre des commissariats de police de la banlieue est d’Alger ont sonné le glas d’une paix qui n’a duré en définitive que quelques fuyantes saisons. La preuve nous a été donnée hier.
( Source : El Watan du 12 Avr 2007 ).
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