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L’Algérie et les Algériens : Destin prescrit (Mektoub) ou Fatalité ?    (1 / 7)

 

Des conflits et des morts




1946-1947 ; Rébellion et répression (Sétif) > 6 000 morts liés directement au conflit (selon les estimations).
1954-1962 : Indépendance > 1 500 000 morts liés directement au conflit (selon les estimations).
1962-1963 : Violences civiles > 2 000 morts liés directement au conflit (selon les estimations).
1963-1964 : Guerre entre des États (Algérie et Maroc) (conflit frontalier) > 1 000 morts liés directement au conflit (selon les estimations).
1991-2004 : Guerre civiles (militants islamistes) > 60 000 morts liés directement au conflit (selon les estimations).




Entre 1954 et 1962, la guerre de décolonisation a fait entre 250 et 300 000 (sources françaises) et 1 500 000 (sources algériennes) morts parmi la population algérienne. Côté français, les « évènements » ont fait 27 500 morts parmi les militaires, ainsi que 5 000 parmi les civils et il faut ajouter un nombre mal connus de harkis - on parle généralement de 30 000 à 100 000 tués.
Entre 1991 et 2000, une nouvelle guerre d'Algérie a coûté la vie à environ 100 000 personnes.
Comment un pays doté de tant d'atouts a-t-il pu basculer dans de tels engrenages de violence ? Y a-t-il entre ces deux guerres d'Algérie un rapport et si oui lequel ? Comme toute guerre, celle-ci avait deux côtés. Des deux mémoires qui la prennent aujourd'hui en charge, quelle est celle qui, ici, en France, l'emporte sur l'autre ? La seconde guerre d'Algérie a été largement interprétée par les deux camps en référence à la première. Tahar Djaout et les centaines de journalistes et d'intellectuels qui sont tombés victimes des attentats islamistes ont été pris pour cible parce qu'ils étaient considérés par le GIA comme des « Français ». De son côté, le pouvoir algérien dénonçait chez les islamistes des « fils de harkis ».
C'est dont l'imaginaire de la Guerre de décolonisation qui a été mobilisé pour mettre en scène la Guerre civile. Y aurait-il une alors une « violence originelle du colonisateur » qui expliquerait, qui excuserait la violence ultérieure du colonisé ?

Texte : Par Brice Couturier. Émissions : "Du Grain à moudre" de France Culture,



■ Chronologie depuis 1962


- 5 juillet 1962 : Répression contre les harkis et les Européens en Algérie.
Lorsque l'indépendance de l'Algérie est proclamée, en juillet 1962, plusieurs Européens et harkis quittent le pays pour se rendre en France. D'autres, restés au pays, seront victimes d'une sévère répression ...    Lire suite


- Octobre 1963 : Déclenchement de la guerre des sables entre le Maroc et l'Algérie.
Le Maroc exprime la volonté de récupérer des territoires qu'il possédait dans le Sud et l'Ouest de l'Algérie avant la colonisation française. Ce différend est à l'origine de la guerre des sables, un conflit de quelques semaines qui se solde grâce à la médiation de l'Organisation pour l'unité africaine (OUA) et de la Ligue arabe.    Lire suite


- 19 juin 1965 : Renversement du président Ahmed Ben Bella en Algérie
Des tensions persistantes au sein du gouvernement algérien éclatent en juin 1965. Le président Ahmed Ben Bella est renversé par un coup d'État orchestré par les militaires et remplacé par le ministre de la Défense, Houari Boumediene ...    Lire suite


- 29 août 1967 : Ouverture d'un sommet des pays arabes à Khartoum.
Des représentants de pays arabes, dont huit chefs d'État, sont réunis à Khartoum, au Soudan, afin d'établir une ligne à suivre quelques mois après la victoire israélienne dans la guerre des Six jours ...    Lire suite


- 9 février 1979 : Élection de Chadli Bendjedid à la présidence de l'Algérie.
Après la mort du président Houari Boumédiène, le 27 décembre 1978, le Front de libération nationale (FLN), l'unique parti politique algérien, désigne un seul candidat à sa succession. Le 7 février 1979, Chadli Bendjedid reçoit un appui populaire de 94 % lors des élections nationales et devient le président de l'Algérie ...    Lire suite


- 20 avril 1980 : Début du «printemps berbère» en Algérie.
En refusant à l'écrivain Mouloud Mammeri de donner une conférence sur la poésie berbère à l'Université de Tizi-Ouzou, en Kabylie, les autorités algériennes suscitent le mécontentement des étudiants qui occupent l'endroit. L'armée en reprendra le contrôle au terme d'une opération qui fait 32 morts ...    Lire suite


- 12 novembre 1982 : Manifestation islamiste d'envergure en Algérie.
Le décès d'un étudiant de gauche, lors d'une altercation avec un groupe islamiste sur un campus universitaire, incite la police algérienne à arrêter des centaines d'activistes musulmans. Les islamistes réagissent en organisant une imposante manifestation qui témoigne de leur influence croissante ...    Lire suite


- 5 octobre 1988 : Émeutes en Algérie.
La lenteur des autorités algériennes à implanter des réformes économiques et politiques provoque une série de grèves et d'émeutes. Elles seront réprimées brutalement, mais joueront tout de même un rôle dans la révolution politique qui secouera le pays ...    Lire suite


- 11 janvier 1992 : Démission du président algérien Chadli Bendjedid.
Après avoir entamé des négociations avec le FIS (Front islamique de salut) qui venait de connaître un succès éclatant au premier tour des élections législatives, le président de l'Algérie perd le soutien des leaders militaires. Sous de fortes pressions, Chadli Bendjedid remet sa démission le 11 janvier 1992 ...    Lire suite


- 29 février 1992 : Proclamation de l'état d'urgence en Algérie.
La victoire du Front islamiste du Salut (FIS), au premier tour des législatives algériennes de décembre 1991, incite les autorités à annuler le deuxième tour afin d'empêcher cette formation d'accéder au pouvoir. La proclamation de l'état d'urgence, le 29 février, est le prélude à une guerre civile sanglante qui fera plus de 200 000 morts ...    Lire suite


- 21 février 1995 : Émeute dans la prison de Serkadji, en Algérie.
Une tentative d'évasion massive dans une prison à haute sécurité de Serkadji, en Algérie, dégénère en émeute. Après avoir pris douze employés en otages et tué quatre gardes, les mutins subissent une sévère répression. Dans leur assaut, les forces de l'ordre tuent 96 militants islamistes emprisonnés ...    Lire suite


- 16 novembre 1995 : Élection de Liamine Zéroual à la présidence de l'Algérie.
Liamine Zéroual, qui dirige l'Algérie depuis 1994, remporte l'élection présidentielle avec 61,3% des votes. Il devance facilement son plus proche rival, Mahfoud Nahnah du Hamas Islamic Party, qui est le choix de 25,8% des électeurs ...    Lire suite


- 14 septembre 1998 : Création du Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat en Algérie.
Mokhtar Belmokhtar et Hassan Hattab fondent le Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC). Défenseur d'un islamisme radical, le GSPC succède au Groupe islamiste armé (GIA) comme principal mouvement terroriste en Algérie ...    Lire suite


- 19 septembre 1999 : Tenue d'un référendum sur la politique d'amnistie en Algérie.
En 1999, l'Algérie promulgue une loi d'amnistie que la population approuve par référendum. Elle est suivie par un décret de pardon présidentiel visant à mettre fin à la violence qui ravage le pays depuis 1992 ...    Lire suite


- 18 avril 2001 : Début du « printemps noir » en Algérie.
La mort d'un lycéen par balles dans une gendarmerie de Beni Douala, une commune de Kabylie, en Algérie, déclenche un mouvement de contestation plus large. Il culmine le 14 juin avec une immense manifestation à laquelle participent environ 2 millions de personnes ralliées derrière un ensemble de revendications ...    Lire suite


- 11 avril 2007 : Attentats terroristes en Algérie.
En réaction à une opération des forces de sécurité visant à le démanteler, un groupe terroriste islamiste, membre du mouvement Al-Qaida, commet des attentats suicides à Alger. Ils font 33 morts et plus de 200 blessés ...    Lire suite

 

 

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