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Le poids du passé sur l'Algérie d'aujourd'hui. (4 / 4)

 

Se souvenir des oubliés de l’histoire




Toutes les nations ont du mal à faire face à leur passé, voilà pourquoi les cérémonies du souvenir organisées autour du 17 octobre 1961 méritent d’être saluées. Une nation qui fait face à son passé le plus terrible, c’est courageux.


Ces moments enfouis dans les mémoires familiales que l’histoire officielle contournait, les Algériens à la Seine, le massacre du métro Charonne ... En général une tuerie de toutes innocentes victimes.


Espérons que ces commémorations permettent à la France de regarder en face la période terrible de la colonisation, et tous ceux qui ont été les souris de l’enclume, vaincus de l’histoire, ceux qui ont tout perdu alors qu’ils n’avaient rien à gagner. Je songe bien sûr aux algériens colonisés, mais aussi aux harkis, abandonnés, et enfin aux pieds-noirs terriblement lâchés.


Il faut parler à toutes les mémoires douloureuses, y compris à ces petits colons, la mère d’Albert Camus par exemple : chez ce Camus que nous aimons tant, il y aussi la mémoire de ces petites gens laissés pour compte, l’exil et le royaume, l’absurde de la vie, la condition pied-noir vue par Camus. Comme il l’écrivait, "Je dois à l'Algérie non seulement mes leçons de bonheur mais, et ce ne sont pas les moindres dans une vie d'homme, je lui dois mes leçons de de souffrance et de malheur".


Il y a quelque chose de terrible dans cette manière que les nations ont de tourner le dos aux malheurs des peuples, l’Algérie est une page noire pour les colonisés, les harkis mais aussi pour les pieds-noirs, ces rapatriés que l’on a si mal rapatriés, parfois accueillis en métropole avec une banderole où l’on lisait "les pieds-noirs à la mer". Les pieds-noirs, cocus de l’histoire, eux et leurs descendants sont 7 millions en France, dit-on, qui leur parle ? Qui parle au père de Camus, né en Alsace, envoyé en Algérie parce qu’il ne voulait pas devenir allemand, et que l’on a préféré oublier après parce qu’ils renvoyaient à notre mauvaise conscience – manière de rappeler que parmi les plus froids des monstres froids se trouve encore et toujours l’état.


 

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