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Le poids du passé sur l'Algérie d'aujourd'hui. (3 / 4)

 

 

Pour la première fois, grâce à saint Augustin, l'enfant du pays, l'Algérie prend en compte son passé pré-islamique


Lors d'un colloque sur saint Augustin, organisé avec la Suisse, le président Bouteflika a évoqué la nécessité de la paix confessionnelle. A l'occasion du colloque sur saint Augustin, qui prend fin aujourd'hui en Algérie, la Suisse a été à l'honneur. C'est lors du premier voyage de Joseph Deiss dans ce pays en 1999 que le président Bouteflika lui a demandé d'aider à la mise sur pied de l'événement. Cela en a été en effet un, car, pour la première fois, l'Algérie a pris en compte son passé pré-islamique.

Dans le contexte actuel, entendre le président de la République évoquer la nécessité de la paix confessionnelle, célébrer les trois religions nées d'Abraham et de Jacob, citer même les douze tribus, a été un défi et un engagement. Ce discours prononcé en français et en arabe, diffusé par la télévision à plusieurs reprises, s'est voulu un véritable message de paix et de concorde. A signaler que le très remarquable discours de Joseph Deiss dimanche dernier, où il n'a pas craint d'évoquer les vicissitudes actuelles de l'Algérie et la nécessité d'une paix juste en Palestine, a fait grande impression et a été relayé aussi par les chaînes nationales.

Le colloque était placé sous le signe de la mosaïque découverte à Tipasa par l'archéologue Mounir Bouchelaki. Elle porte l'inscription symbolique «pax et concordia sit convivio nostro» (que la paix et la concorde soient dans l'unanimité) et figure dans l'exposition que la Bibliothèque universitaire de Fribourg a organisée à la Bibliothèque nationale. Son directeur, Martin Nicoulin, a délibérément choisi d'exposer de rares manuscrits originaux. L'Algérie a l'habitude de ne voir jamais que des copies. C'est dire l'émotion du public nombreux et attentif.

Les intervenants suisses ont été les professeurs Alfred Schindler (Zurich), Otto Wermelinger et Jean-Michel Roessli (Fribourg). Leurs remarquables communications ont ajouté au niveau très haut du colloque auquel participaient tous les spécialistes d'Augustin dont, pour ne citer que les Français, Serge Lancel, Goulven Madec, François Dolbeau et, évidemment, André Mandouze. Ce dernier, professeur autrefois à Alger, s'était élevé très tôt contre les excès de la colonisation et du maintien de l'ordre. Il est une figure emblématique de la révolution algérienne. Il avait toujours souhaité organiser une présentation d'Augustin, natif de Thagaste (Soukh Ahmras), écolier à Madaure, enfin évêque d'Hippone (Annaba). Mais sa première tentative, en 1963, fit long feu: l'Algérie douloureusement indépendante n'était pas prête à reconnaître un saint catholique, fût-il Numide.


 

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