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Miroir des us et coutumes des Algériens


Le costume traditionnel a su conserver les traces de toutes les civilisations qui se sont succédées dans le pays. Bien que la vie rurale soit rude et austère, le costume des gens de la campagne ne manque pas de finesse et de création. Quant au costume citadin, il est le fruit du rencontre de plusieurs cultures et civilisations. La façon de s’habiller a de tout temps constitué le reflet des sociétés. de même que les étapes de leur évolution dans le temps.

Le costume. son dessin. sa texture ou bien ses étoffes nous racontent les us et coutumes des peuples. De la peau originelle destinée à se protéger des intempéries, le costume prend une forme sans cesse renouvelée pour suivre les hommes dans leur histoire.

Le costume suivra ainsi des vagues civilisatrices qui défieront le temps et ses outrages. En Algérie, il s’acheminera tout naturellement dans les différentes étapes vécues au travers des invasions dont l’Afrique du Nord a fait l’objet.

Ce qui d’ailleurs n’a pas manqué d’introduire de nouveaux indices civilisationnels en architecture. en art ect..

Le costume a toujours suivi différentes étapes. De la main mise des Romains à l’autorité Turque en passant par les Phéniciens, de l’Andalousie ou la civilisation musulmane a eu une influence considérable. L’Algérie a subi des influences dues aux passages d’étrangers. Ce qui n’a pas empêché au costume algérien d’avoir des particularités stylistiques propres à chaque région.

Il demeure évident que pour tout esprit observateur, les atours qui habillaient les corps étaient révélateurs d’expressions ethniques et historiques et qui ont gardé leur originalité encore prouvée de nos jours par un étonnant souci du détail vestimentaire, en particulier en ce qui concerne le costume féminin qui a su garder fraîcheur et délicatesse d’exécution que le doigté des dames ne démentira jamais.





01 - Habits traditionnels du Centre
02 - Habits traditionnels du M’zab
03 - Habits traditionnels d'Alger
04 - Habits traditionnels de la Kabylie
05 - Habits traditionnels Touareg
06 - Habits traditionnels des sud
07 - Costumes de Tlemcen

08 - Habits traditionnels des Hauts plateaux
09 - Costumes de Constantine
10 - Habits traditionnels d'Oran
11 - Habits traditionnels Chaouis
12 - Costumes d’Annaba



Quelques traditions vestimentaires de l’Est et l’Ouest de l’Algerie


Deux zones géographiques en forme de triangles qui se rejoignent à Alger ont été imaginées pour rassembler les costumes citadins de la frange septentrionale du pays : le premier est délimité à l’Est par Constantine et Annaba, tandis que Tlemcen et Oran forment les pointes occidentales du second. Appelés « Triangles d’or », ils regroupent des vêtements traditionnels de type citadin brodés, au fil d’or et parés de somptueux bijoux en or. Alger se situe à la jonction de ces deux triangles car, à partir de l’époque ottomane, son costume joue un rôle primordial dans la diffusion de nouvelles tendances vestimentaires dans les villes de l’ouest et de l’est de l’Algérie. Enfin, un troisième triangle virtuel, beaucoup plus grand que les précédents, réunit les costumes des régions montagneuses, des Hauts Plateaux et du Sahara. Il lie les monts de Kabylie aux massifs de l’Aurès, puis du Hoggar, et englobe les montagnes des Ouled-Naïl et du Djebel Amour, ainsi que le Mzab. Ce vaste « Triangle d’argent » contient un riche éventail de costumes ruraux de type amazigh , essentiellement formés de drapés à fibules et d’opulentes parures en argent.

Le costume traditionnel de Constantine est principalement représenté par la Djebba, élément primordial du vêtement féminin. C’est une longue robe de velours sans col et aux manches longues. La Djebba est travaillée au medjboud (broderie dorée très fine en arabesques) qui est très populaire même au-delà des frontières. La magie opérée par cet habit réside dans le fait qu’outre les richesses de l’étoffe, la broderie couvre l’ensemble de la robe avec une inspiration savante empruntée à la faune et à la flore. La Djebba constantinoise se décline sur des couleurs variables, bordeaux, bleues, vertes, toujours rehaussées au fil d’or. Il faut dire aussi dans un souci de détail que cette robe est appelée « djebbet Fergani » en référence à la famille Fergani, précurseur de la haute couture à Constantine. En agrément à cet habit, la femme met une ceinture de louis d’or de valeurs différentes. Les chaussures restent des babouches du même style, avec cette précision que chaque femme qui se marie doit le faire dans une Djebba Fergani, mais le côté onéreux de cette robe crée en fait une nouvelle tradition qui consiste à léguer de mère en fille la djebba.

Nous pourrons ainsi voir à loisir les perfections d’un art qui s’est perpétué jusqu’à nos jours dans une fidélité superbement préservée.

Dans une proximité avec les Aurès on peut aisément constater que le costume masculin de Constantine ressemble au costume chaoui. (voir costume des Aurès). L’artisanat, la musique et les arts auront caractérisé la ville de Tlemcen, ce qui aura grandement contribué à en faire un grand pôle de civilisation algérien.

Le costume traditionnel de Tlemcen est constitué d’une robe en soie à manches larges constituées de tulle et agrémentées de perles, de paillettes et brodées de dentelles. Les femmes mettent ensuite une autre robe de soie et de fils d’or. En mettant ensuite autour de la taille une foutha « m’taqqla » qui porte des rayures en soie dorée. Par la suite elles enfilent le caftan, élément typique de la région avec quand même une origine turque. La coiffe est une sorte de longue chachiya en velours brodé, pourvue d’une bride en cuir. Une longue écharpe en voile brodée en soie et or nommée el-abrouk pare la poitrine avec, comme chaussures, des mules de diverses couleurs brodées d’or et d’argent.

Raffinement égal au costume des femmes pour l’habit masculin Tlémcenien qui se compose d’un gilet richement brodé, b’diya, surmontant un pantalon à larges assises de satin immaculé auquel s’ajoutent des mocassins blancs finement décorés de fils dorés ou argentés.

Le burnous répond aux mêmes exigences d’esthétique, blancheur virginale avec une pointe de doré pour relever le tout.

Le costume traditionnel de Kabylie montre une grande richesse de création vestimentaire et autres. C’est ainsi que la femme kabyle puise très loin ses inspirations.

Au cœur des montagnes du Djurdjura il ne sera pas rare de trouver des tissages bercés par la flûte d’un berger qui ranimera des formes ancestrales héritées de générations en générations.

Cela nous donne un costume typique composé de plusieurs facettes.

La robe ou djebba est l’élément de base du costume, on le remarque à travers la richesse symbolique qui agrémente l’étoffe. C’est une robe large faite dans un satin blanc, le col est arrondi et les manches sont longues. La djebba kabyle est garnie au niveau de la poitrine et des manches de plusieurs coloris : rouge, jaune, vert, bleu. Avec des inscriptions inspirées de l’écriture tamazight, de la faune et de la flore. Le Tablier (foudha) est un morceau de tissu qui porte en soi la révélation de toute l’âme berbère, les rayures rouges, noires et jaunes qui l’agrémentent sont l’image de marque de la femme kabyle qui met la foudha autour de la taille en ne se séparant nullement de cet habit parure qui la protège des salissures qu’occasionnent les travaux ménagers et ceux des champs.

Cet habit peut servir de couffin de ramassage des olives. La ceinture ou H’zam est un ensemble de fils de laine multicolores tressés et noués autour de la taille, munie de pompons aux extrémités.

La m’harma est un foulard qui a été adopté depuis longtemps dans la région, de fabrication synthétique dans la plupart des cas , on le remarque grâce à ses motifs floraux aux chaudes tonalités. Carré de un mètre de côté, la femme le plie en triangle pour le mettre ensuite derrière la nuque en ramenant les extrémités au dessus du front.

Pour le costume masculin, la similitude avec le costume algérois est frappante ; turban, gilet, pantalon à large assise, burnous, babouches et chachiya basse.

Le costume traditionnel des Aures resplendit d’une beauté sobre encouragée par la nature de la région. On découvre alors un costume féminin fait d’une large chemise aux manches amples appelée le Maqdha dont le métrage égale deux fois la personne qui le porte. Le tissu est replié sur lui-même et les côtés sont cousus sur toute la longueur, hormis au niveau des bras. Une fente permettra le passage de la tête, la chemise en cotonnade unie est fendue sur vingt centimètres au niveau de la poitrine souvent de couleur marron ou bien rose.

Le Tâjbibt est la robe du dessus, elle est enfilée sur le Maqdha, c’est une sorte de gandoura de même genre que la précédente mais sans manche rapportée, réalisée en cotonnade de fantaisie. Les femmes, dans un souci d’élégance, en mettent plusieurs différentes. En avoir plusieurs est signe de richesse. Les azriyat (femmes libres) en portent trois ou sept.

Le El-Hâf est la pièce essentielle du costume. La robe du dessus est un vêtement flottant qui s’apparente au Peplos Dorien (habit grec) cité par Hérodote.

Le El-hâf est fait d’une pièce d’étoffe de dix mètres de long dont la largeur dépasse quatre-vingt centimètres. Cette pièce est coupée en deux parties égales qui sont assemblées sur toute la longueur par une couture. Le El-Hâf est conçu dans une cotonnade noire. Pour la ceinture, elle est travaillée exclusivement par la femme aurésienne qui la tresse dans de la laine multicolore. Celle-ci sera ensuite enroulée autour de la taille et nouée sur le côté.


 

 

 

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