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De 1962 à nos jours, la bataille du logement


Source : Petit Futé - Algérie - 2025

Les années 1960-1970 voient l’édification de grands équipements hospitaliers, scolaires et hôteliers, mais c’est avec des préfabriqués ou « vite-faits » qu’on répond à la demande pressante de logements sociaux dramatiquement amplifiée dans les villes par l’augmentation de la population et l’exode rural.

En 1958, le gouvernement français a élaboré le « plan de Constantine » (1959-1963), prévoyant la construction de 200 000 logements.

Mais en 1962, après l’indépendance, devant la pression des besoins liés à la croissance démographique et aux mouvements de la population, l’État algérien fait face à une succession d’urgences.

Il concentre son effort sur la construction de logements neufs en passant de 15 000 unités par an en 1967 à 150 000 unités en 1985, à 300 000 logements en 2008 pour atteindre 2 à 3 millions de logements depuis les années 2000.

Malgré de nombreux projets avortés et même si son œuvre est peu connue en Algérie, le Brésilien Oscar Niemeyer a conçu le campus universitaire Mentouri de Constantine (1969-1972) et l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (1972-1974) ainsi que la salle omnisports du centre olympique d’Alger (coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf) et l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme (EPAU).

Considéré comme le père de l’architecture moderne algérienne, Abderrahmane Bouchama symbolise le nouveau départ d’une liberté recouvrée.

Il s’inspire du répertoire décoratif musulman dans un style mauresque mêlant tradition et modernité.

Parmi ses œuvres, citons la Cour suprême d’Alger (1963), les Archives nationales à Birkhadem (1988), le Centre culturel d’el-Biar (Ben Aknoun), le siège du ministère du Tourisme ainsi que les Instituts islamiques de Constantine (1969), de Tlemcen (1970) et le quartier Caroubier (1972).

Il a aussi construit des mosquées se basant sur l’idée de l’arceau qui chante comme celles d’El-Biar (place Kennedy) et d’Hydra.


La Grande Mosquée d’Alger


Achevée en 2019, c’est la plus grande mosquée d’Afrique et la troisième plus grande au monde.

Djamaa el-Djazaïr trône majestueusement au bord des eaux turquoise de la Méditerranée au niveau de la promenade des Sablettes et fait la fierté de millions d’Algériens.

La salle de prière de 20 000 m2 peut accueillir 120 000 fidèles, 618 colonnes octogonales en marbre s’y dressent et 6 km d’écritures calligraphiques la décorent.

Le toit de la salle de prière d’une hauteur de 45 m supporte une immense coupole d’un diamètre de 50 m.

À proximité de la coupole, se dresse le plus haut minaret au monde (265 m et quarante-trois étages desservis par des ascenseurs panoramiques).

Cette mosquée a été conçue comme étant le phare de l’islam modéré dans ce pays qui a tant souffert de l’islamisme terroriste pendant la « décennie noire » des années 1990.

Le minaret abrite différents niveaux, dont des espaces consacrés aux expositions, un musée d’art et d’histoire de l’islam, une école du Coran « Dar el-Qoran », une bibliothèque d’un million d’ouvrages ainsi qu’une plateforme d’observation de la baie d’Alger, un commerce et un restaurant.

Équipée de panneaux solaires et de systèmes de recyclage d’eau de pluie, la Grande Mosquée d’Alger est autosuffisante.




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