
Pour répondre aux revendications du gouverneur général Jonnart en faveur d’une architecture locale pour les édifices administratifs, Alger
est saisie par une vague néomauresque.
Les édifices reprennent les codes de l’architecture islamique et affichent des allures orientales dites de « style Jonnart », comme l’ancien
siège du journal La Dépêche algérienne (1905), la Grande Poste (p.123) (1910), la wilaya (l’ancienne préfecture, 1913) ou les Galeries de France (1914).
En 1930, lors de la célébration du centenaire de la présence coloniale en Algérie, l’hôtel Safir (ex-Aletti) avec son cachet
Art déco est inauguré par Charlie Chaplin.
La maison du Millénaire (ex-Centenaire), conçue par l’architecte Léon Claro comme une réplique d’une maison traditionnelle de la Casbah, voit également le jour
en 1930. Les colons découvrent les espaces (sqifa, west eddar, byoutes) et les décorations qui composent une « maison indigène ».
Le marbre, la faïence et le bois proviennent des destructions des maisons de la basse Casbah.
Le centre d’Alger se déplace sur le boulevard Khémisti (ex-Laferrière) vers l’est, où est construit en 1934 le palais du Gouvernement de style moderne par Jacques
Guiauchain et Auguste Perret.
La ville s’éparpille. Les urbanistes René Danger, Henri Prost et Tony Socard tentent de rationaliser l’espace et la croissance