
À partir du VIIe siècle, l’islam marque l’architecture du Maghreb par l’édification de villes
serrées à l’intérieur de remparts défensifs où le centre est marqué par le marché et la mosquée
dont il reste de magnifiques exemples.
Dans la vallée du M’Zab, c’est la mosquée qui tient lieu de centre social. Les villes, médinas,
qui n’existent souvent plus, sont organisées traditionnellement autour du souk ou bazar, le marché.
Ici aboutissaient les principales rues qui se ramifiaient en impasses et en ruelles de la largeur d’un âne chargé.
À l’ouest de l’Algérie, Nedroma, ancienne cité berbère, aurait été bâtie au XIe siècle.
Elle fut un important centre culturel et d’artisanat dans cette zone en voie d’arabisation et d’islamisation.
La Grande Mosquée de Nedroma, qui date de l’époque almoravide, a été construite en 1145 par le prince de la
dynastie berbère des Almoravides Tachfin ben Ali.
Cet édifice attribue à la ville une dignité religieuse et un pouvoir politique.
La Grande Mosquée, comme les autres mosquées almoravides du Maghreb, affiche un style andalou (comme la Grande
Mosquée de Cordoue ou de Damas) et se caractérise par neuf balatat (nefs) perpendiculaires
au mur de la qibla qui se prolongent le long des petits côtés du sahn (cour) rectangulaire doté de
larges riwaq (galeries).
La Grande Mosquée, comme les autres mosquées almoravides du Maghreb, affiche un style andalou (comme la Grande
Mosquée de Cordoue ou de Damas) et se caractérise par neuf balatat (nefs) perpendiculaires
au mur de la qibla qui se prolongent le long des petits côtés du sahn (cour) rectangulaire doté de
larges riwaq (galeries).
Le mihrâb (sanctuaire) est constitué d’une niche polygonale. Le dépouillement extérieur de la mosquée contraste avec la
richesse de sa décoration intérieure, une spécificité des Almoravides qui réservent le raffinement
de leur art pour l’ornementation des édifices.
La structure est souvent simple, comme ici pour la mosquée de Nedroma construite en pierre et en
brique avec une charpente de bois et un toit à double pente recouvert de tuiles.
L’intérieur est composé de céramiques, de plâtre et de tableaux en bois sculptés. À l’origine,
la mosquée ne possédait pas de minaret, comme en atteste l’épigraphe gravée sur une table de marbre encastrée
dans la salle de prière qui indique que le minaret a été construit en 1348
La Grande Mosquée) d’Alger fut construite par l’Almoravide Youssef ibn Tachfin en 1097, c’est la plus
ancienne mosquée d’Alger.
Le minaret fut érigé en 1324 par le sultan zianide de Tlemcen, Abu Tachfin. Comme pour toutes les mosquées
almoravides, le corps de l’édifice rectangulaire est plus large que profond et couvert de doubles
toitures en tuiles.
Elle est construite en pierre, brique, tuile et bois sur une charpente de bois.
La salle de prière, pourvue d’entrées latérales, se divise en onze balatat supportées par des
piliers robustes et de puissants arcs polylobés (utilisés par les Andalous pour la Grande Mosquée de Cordoue)
qui alternent avec des arcs outrepassés brisés en maçonnerie chaulée, perpendiculaires au mur qiblî.
Leur élégance apporte une harmonie aux cinq travées de Djamâa el-Kebir, qui n’a pas de coupole. La nef
centrale est magnifiée par les arcs.
Elle conduit au mirhab, décoré simplement de céramiques et de deux colonnes spiralées, caractéristiques de
l’architecture d’Alger du XVIIIe siècle (le mihrâb d’origine a été détruit lors du bombardement de 1682).
Faisant partie de la Casbah d’Alger, la Grande Mosquée est classée depuis 1992 au patrimoine mondial de l’Unesco.
Capitale du Maghreb central aux XIe et XIIe siècles, Tlemcen est alors en plein essor.
Ali ben Youssef, calife de la dynastie berbère des Almoravides, décide d’y bâtir une grande mosquée.
Son minaret est érigé en 1236 par le sultan zianide Yaghmoracen ibn Ziane.
La Grande Mosquée de Tlemcen est le plus grand monument almoravide encadré de sept balatat (nefs) prolongeant
celles de la salle de prière divisée en treize balatat.
Comme pour la Grande Mosquée d’Alger, l’édifice sobre et élégant contraste avec des zones richement
décorées comme l’allée centrale et le mihrâb qui ressemble à celui de Cordoue avec son décor en
plâtre sculpté de motifs épigraphiques et végétaux.
Au-devant du mihrâb, une coupole ajourée à nervures entrelacées diffuse une lumière dentelée.
La disposition de l’encorbellement de la lanterne à muqarna, avec ses rangées de briques en
nid d’abeilles, est l’un des premiers témoignages de coupole à stalactites.
Ces trois mosquées sont les seuls monuments toujours visibles de la dynastie des Almoravides.