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C’est à l’est d’Alger, dans le nord de l’Algérie, que la Kabylie étend ses montagnes escarpées, ses massifs forestiers qui font respirer l’Afrique du Nord et ses jolies plages du bord de la Méditerranée. À l’est de l’Atlas tellien, le « pays des tribus » (de l’arabe Bilad Al-Qabail) est habituellement divisé en plusieurs sous-régions, notamment la Grande Kabylie, sa partie occidentale située autour du massif du Djurdjura, et la Petite Kabylie, qui englobe les chaînes des Babors et des Bibans. Avec ses paysages naturels variés, son histoire riche et sa forte identité culturelle, la région ne laissera pas les voyageurs indifférents ! Elle séduit particulièrement grâce à l’accueil et au sourire de ses habitants, les Kabyles, qui peuplent densément le territoire et font vivre encore artisanat, traditions et savoir-faire ancestraux. À tous les voyageurs sportifs, passionnés d’histoire ou avides de rencontres authentiques, la Kabylie vous tend les bras !

La Kabylie regorge d’activités, adaptées aux couples, aux familles ou aux groupes d’amis. Les enfants apprécieront tout particulièrement les parcs nationaux de Kabylie, dans lesquels ils pourront observer les animaux et profiter de la nature abondante de la région, ou encore les plages pour se baigner. Les amateurs d’histoire et de patrimoine culturel comme les sportifs trouveront leur bonheur sans difficulté.

Capitale de la Petite Kabylie et plus grande ville de Kabylie, Béjaïa est une charmante ville côtière. Construite le long de la baie et jusque dans les hauteurs, elle est dominée par le mont Gouraya. D’abord comptoir phénicien, elle prend le nom de Saldae à l’époque romaine puis devient une capitale influente sous plusieurs dynasties berbères. Tour à tour occupée par les Espagnols, les Byzantins et les Français, la ville est aujourd’hui l’un des plus grands ports de la Méditerranée, que l’on peut admirer depuis l’incontournable place Gueydon, le centre de la ville historique.

Le Fort Moussa, édifié au XVIe siècle pendant l’occupation espagnole et reconverti en musée, offre une vue panoramique sur toute la ville. Face à la mer, la casbah, bâtie au XIIe siècle, nous fait remonter le temps. Magnifiquement restaurée, la citadelle médiévale abrite un véritable labyrinthe de petites ruelles, un fort et une mosquée.

Sur la promenade pour profiter de la vue, on trouve de très bons restaurants pour goûter aux spécialités kabyles :  le tikourbabine (boulettes de semoule en sauce), le berkoukes préparé à base de pâtes, les thighrifines, crêpes mille trous, sans oublier bien sûr le couscous, ou seksou ... et bien d'autres encore.

Deuxième ville de Kabylie, Tizi Ouzou occupe la vallée de l’oued Sebaou, entourée de montagnes. L’histoire récente de la ville est mouvementée. Depuis l’indépendance de l’Algérie, elle est devenue l’un des centres des revendications culturelles et identitaires portées par les Kabyles suite à la politique d’arabisation du gouvernement algérien. En 1980, le Printemps berbère éclate à Tizi Ouzou, en Kabylie et à Alger : des manifestations politiques et des grèves ont lieu pour affirmer les droits culturels de la population berbère et la reconnaissance de l’identité amazigh. S’ensuit, en 2001, le Printemps noir. Cette série de violentes émeutes de militants kabyles aboutit finalement à la reconnaissance du tamazight comme langue nationale. Tizi Ouzou est un bon point d’ancrage pour visiter le reste de la région, notamment le Djurdjura et les villages pittoresques de la Grande Kabylie.

La plus longue chaîne montagneuse de Kabylie s’étire au sud de Tizi Ouzou et offre une palette de superbes paysages. On pourra les découvrir par la route et depuis les nombreux belvédères perchés sur les hauteurs. Dans les reliefs que surplombent trois hauts sommets – le Lalla Khedidja, le Akarou Timedouine et le Athrar Heîzer – l’importante biodiversité du massif est protégée au sein du parc national, créé en 1983. Au cœur des forêts de chênes et de cèdres, sur les hauts plateaux, autour des lacs d’altitude, au fond des gorges et des vallées, vit une belle quantité d’espèces animales. L’aigle botté, la hyène rayée, le sanglier, le loup et le singe magot sont nombreux à cohabiter dans les montagnes du Djurdjura.
Parmi les merveilles naturelles du parc, citons le lac Agoulmim n'Iker, un site féérique à 1 700 m d’altitude prisé des randonneurs, la grotte du Macchabée qui renferme un mystérieux corps momifié de plus de 300 ans, l’impressionnant gouffre d’Anou Ifflis, le plus profond d’Afrique avec 1 160 m de profondeur, ou encore la forêt de cèdres millénaires de Tala Guilef. Après une excursion en pleine nature, les villages installés sur les crêtes et les pitons rocheux invitent à l’immersion dans la culture et les traditions kabyles.

Ces paysages accidentés ont aussi favorisé la résistance des Kabyles face aux conquérants successifs de l’Algérie, notamment l’armée coloniale française. Si les Français posent le pied en Algérie dès 1830, il faut attendre 14 ans pour qu’ils parviennent à pénétrer en Kabylie ! Les Kabyles refusent de se rendre face à l’envahisseur et se regroupent en 1854 sous l’égide de Lalla Fatma N’Soumer, une jeune Kabyle de 24 ans dotée d’une grande intelligence et d’un sens aigu de la stratégie militaire. La prophétesse berbère est arrêtée en 1857 et les chefs de tribus sont contraints de se rendre quelques jours plus tard. Farouche et rebelle, la Kabylie reste le théâtre d’importants mouvements insurrectionnels dans les décennies qui suivent – notamment en 1871 – toujours violemment réprimés par les colons.
Dans les hauteurs du Djurdjura, bien loin des combats et des émeutes, on pratique aujourd’hui la randonnée, le trekking, l’escalade, le canyoning, la spéléologie, le camping ou encore l’observation des animaux, dont de nombreux oiseaux. En hiver, on peut même skier à Tikjda, une station de ski située à presque 1 500 m d’altitude, réhabilitée en 2024.

La Kabylie est parsemée de plus de 2 000 villages, dont certains comptent parmi les plus beaux d’Algérie avec leurs maisons traditionnelles en pierre sises dans de grandioses panoramas de paysages montagneux. Zoubga, Ath Ouabane, Sahel et Boumessaoud, pour ne citer qu’eux, sont particulièrement photogéniques.
À 900 m d’altitude, à Ath Yenni, un ensemble de hameaux surmonte les sommets des montagnes. Les maisons de ces petits villages renferment encore des savoir-faire transmis de génération en génération, notamment l’art des bijoux kabyles à Beni Yenni. Réalisés en argent et sertis d’émaux ou de corail, ces bijoux berbères sont des œuvres d’art uniques d’une grande finesse. Chaque année au mois d’août, la virtuosité des artisans joailliers est mise en valeur lors de la Fête du bijou d’Ath Yenni.
À Aït Hichem, adossé sur les flancs d’une ligne de crête, ce sont les tapis traditionnels et l’art du tissage qui sont mis à l’honneur tous les ans lors de la Fête du tapis. Quant à la poterie, elle se découvre surtout à Maâtkas, au sud-ouest de Tizi Ouzou. Sur ce territoire, ce sont exclusivement les femmes qui exercent cet art ancestral. Les pièces sont modelées avec l’argile rouge que l’on trouve sur place et magnifiquement décorées. Les potières se réunissent tous les ans lors du Festival de la Poterie de Maâtkas pour promouvoir leur métier et sensibiliser à ce patrimoine culturel.
Ce sont aussi les vêtements traditionnels qui font perdurer la culture kabyle. Les robes berbères, somptueusement brodées, sont toujours portées par les femmes, au quotidien ou pour des événements. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, que les traditions sont bien vivantes, enracinées dans la région. Et une raison de plus d’aller se perdre dans les montagnes kabyles, à la découverte d’un peuple dont l’accueil saura toucher les voyageurs en quête d’authenticité.

Ville au riche passé, Sétif abrite des trésors historiques majeurs. les ruines de Djemila, ancienne cité romaine classée au patrimoine mondial de l’Unesco, dévoilent des vestiges impressionnants, dont des temples, des forums et des mosaïques remarquables. La médina de Sétif et l'élégante fontaine d’Ain El Fouara symbolisent l'histoire et l'identité de la ville. un véritable voyage à travers les époques, remontant son histoire Amazigh.
Entre montagnes majestueuses et plaines fertiles, Sétif offre des paysages d'une grande diversité. Le parc national de babors, avec ses forêts denses et sa faune préservée, est un véritable havre pour les amoureux de nature. en hiver, la station de ski de Tikjda attire les amateurs de sports de glisse. entre vallées verdoyantes et reliefs imposants, Sétif séduit par son cadre naturel enchanteur.
Ville dynamique, Sétif offre plusieurs espaces de loisirs et de détente. le parc d'attractions de Sétif, l'un des plus grands du pays, ravit petits et grands avec ses manèges et jeux variés. Le jardin Emir Abdelkader, havre de verdure en plein centre-ville, invite à la promenade. Sans oublier le parc national des babors, idéal pour une escapade en pleine nature. une ville où détente et divertissement se conjuguent harmonieusement.

Désignée sous le nom de Djidjelli du temps de la colonisation française, elle est une ville et commune d'Algérie de la wilaya de Jijel située en Petite Kabylie, dont elle est le chef-lieu. Elle est considérée comme la capitale de la confédération berbère des Kotamas.
Connue par la beauté de son littoral féerique, Jijel cache également des sites naturels qui attirent chaque année de nombreux visiteurs. Les plus connus sont entre autres la Crique, le Grand phare, le Rocher noir, le Rocher aux moules et les deux parcs animalier de Taza et de Bordj Blida ainsi que les Grottes merveilleuses, pour ne citer que ces lieux d’une rare splendeur.

De nombreux villages perpétuent des techniques anciennes de tissage, notamment à Mansoura et El Main, avec des tapis berbères aux motifs géométriques colorés.
Des objets décoratifs, ustensiles et mobiliers sont produits avec finesse, issus d’un patrimoine transmis de génération en génération.
Réputée pour son miel de montagne, ses figues, ses olives et ses produits laitiers fermiers
Yennayer (nouvel an berbère) et fêtes religieuses sont l’occasion de découvrir la musique, les danses traditionnelles et la gastronomie locale.
Ces montagnes boisées offrent des sentiers de randonnée accessibles, des forêts de pins d’Alep et une faune riche (sangliers, renards, rapaces...).
Le charme des campagnes bordjiennes réside dans la simplicité des paysages : vergers, champs d’amandiers, ruisseaux discrets...
Plusieurs communes comme Tassamert ou Tizi Bouzid abritent des sources naturelles, idéales pour les sorties en famille.

La tribu dite Beni Salah (Ayt Saleḥ en berbère, avec une prononciation locale : Iṯ Saleḥ) se situe dans la partie centrale de l’Atlas mitidjien, au nord de la ville de Blida.
Comme les autres tribus berbères, l’organisation socio-anthropologique des Aït Salah est de type segmentaire. Bien que se proclamant issus d’un même ancêtre : Salah, la tribu est subdivisée en plusieurs fractions : Kherracha, Amchech, Sâouda, Tardjouna, Beni Amras, El-Manchar, Bou Gheddou, Tizza, Hemlelli, Tazerdjount.
Les informations historiques sur cette tribu, pour infimes qu’elles soient, permettent de comprendre son évolution. On ne dispose pas d’informations anciennes abondantes sur les tribus de l’Atlas blidéen, en-dehors de celles fournies par les récits du géographe Al-Idrîssî (XIIe siècle) et de Jean-Léon l’Africain (XVIe siècle). En évoquant les montagnes surplombant la ville d’Alger (nommé Gzier par Jean-Léon l’Africain), c’est-à-dire l’Atlas blidéen, les tribus qui y habitaient sont décrites comme ethniquement berbères, économiquement prospères, politiquement indépendantes et belliqueuses.