X

TAMURT - TAMAZGHA - TAMAZIGHT   (1/11)

 

Web Site     + Info  

 

Récits de Kabylie : Introduction


 

Depuis des temps immémoriaux, les hommes se font la guerre : soif de pouvoir, rivalités entre nations, nécessités économiques, prosélytisme idéologique ou religieux...

La conquête de l’Algérie par les armes s’inscrit dans le courant expansionniste en vigueur dans l’Europe du XIX e siècle.

Difficile de comprendre de nos jours les ressorts profonds justifiant l’implantation, à partir de 1830, d’une colonie de peuplement se réclamant de l’occident au cœur d’une population aux traditions orientales.

Conduite pour l’essentiel par la Monarchie de Juillet, la conquête du pays sera longue et difficile et durera près de 30 ans ; le bastion kabyle, peuplé de montagnards aux traditions démocratiques, retranchés dans leurs villages accrochés au sommet de montagnes escarpées, va résister vaillamment comme en témoigne l’« Histoire du Chérif Bou Bar’la » . Un livre écrit en 1884 par le commandant Robin, chef du Bureau Arabe Divisionnaire d’Alger.

Le livre d’Émile Carrey, lui a été écrit à chaud. Un véritable reportage de la campagne de 1857. Une campagne sans précédent par son ampleur et les moyens mis en œuvre.

L’auteur de « Récits de Kabylie », un civil, accompagne durant l’été 1857 le corps expéditionnaire placé sous les ordres du Maréchal Randon.

Celui-ci mesurant les difficultés à vaincre, ne lésine pas sur les moyens : une armée de plus de 35 000 soldats (des professionnels et des autochtones) et construction au coeur du pays kabyle d’une forteresse imposante et de sa route d’accès depuis à Tizi Ouzou.

Les guerriers kabyles retranchés dans leurs villages vont cependant résister farouchement à cette armada. Ils vont combattre vaillamment avant de succomber et de passer sous les fourches caudines du vainqueur.

Comme il est inconséquent de soumettre un peuple à moins de vouloir l’intégrer dans la famille nationale, les conditions de la conquête de 1857 ne pouvaient que conduire à plus ou moins brève échéance à des insurrections.

La première, durement réprimée sera celle de 1871. La dernière une centaine d’années plus tard en 1954 débouchera sur l’indépendance après une guerre inutile de 8 ans. La Kabylie rattachée à la Willaya III, sous la poigne de fer d’un de ses chefs, le Colonel Amirouche sera un des hauts lieux de lutte armée contre la France.

En 1959, pour que l’armée redevienne maîtresse du terrain, il faudra l’opération Jumelles, une répétition de la campagne de 1857 avec des moyens gigantesques en hommes et en matériel. « Récits de Kabylie » passionnera non seulement les Algériens, mais tous les Français passionnés par l’histoire.

Quant à ceux qui ont fait la guerre d’Algérie notamment en Grande Kabylie ils mesureront l’inanité de leur combat : les conditions de la conquête portaient en elles-mêmes les germes de l’indépendance.



  PREFACE


L'exactitude étant, selon moi, la première condition de toute publication historique, je crois devoir expliquer comment je suis à même de raconter exactement la dernière campagne de Kabylie. Pendant un séjour de quelques semaines que je faisais à Alger, pour santé, durant le dernier hiver, le gouverneur général de l'Algérie m'a autorisé à assister à l'expédition de Kabylie, qui devait se faire au printemps.

Animé par le désir de voir une campagne militaire et un pays peu connu, j'ai suivi l'expédition, depuis le premier jour jusqu'au dernier, regardant tout de mon mieux, les hommes et les choses.

J'ai fait cette campagne de mon plein gré, sans mandat, ni mission de personne : je n'y ai rien cherché qu'un nouvel horizon : je n'ai rien demandé à en recueillir, que le juste salaire de mon travail, c'est-à-dire les prix des ventes de ma publication, soit en articles, soit en volume.

Quant à cette publication elle-même, entière liberté d'écrire m'a été laissée : tous les renseignements que j'ai demandés, sans exception, m'ont été donnés : ma plume n'a été dirigée par aucunes considérations de personnes, par aucun désir d'honneurs, ni de lucres : je regarde la vérité comme le premier devoir de l'écrivain : j'ai de mon mieux, avant tout, accompli ce devoir.

Je puis m'être trompé souvent dans mes appréciations des hommes et des faits : errare humanum est ; mais je n'ai écrit que ce que j'ai cru être la vérité absolue de fond comme de forme, rendant fidèlement aux chefs, aux soldats, à l'ennemi, suun cuique, à chacun le sien.


EMILE CARREY. Septembre 1857.


 

|  Algérie mon beau pays   |

Top