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L’éducation à la citoyenneté : les villages Kabyles en Algérie




La présence d’organisation associative dans un espace donné peut constituer un cadre de socialisation, comme étant « l’immersion des individus dans le monde vécu » (Dubar 2015).

Cependant, cela peut atteindre chez l’acteur associatif le rôle d’ « éducateur à la citoyenneté ». En Algérie, les associations culturelles ont commencé à voir le jour de manière très limitée au début des années 1980 jusqu’à l’« ouverture démocratique » de 1989, date à laquelle les citoyennes et citoyens ont eus officiellement le droit à la création d’associations.

Mais ce n’est qu’à partir des années 2000 que le mouvement associatif a connu un éclatement avec la création de milliers d’associations à caractères variés ; social, sportif, et culturel.

En Kabylie, ces associations nouvellement créées s’inscrivent formellement dans un type d’organisation moderne dont une certaine bureaucratisation (Hibou 2012) serait l’avatar principal, comme « une conséquence du progrès » (Weber 2007).

Or, contrairement à la fin du XXe siècle, ces associations sont très présentes sur le terrain et prennent de plus en plus d’importance dans la vie des villages, notamment durant la dernière décennie.

Les acteurs structurés en association se trouvent jouer un rôle d’éducateurs. Un rôle qui était traditionnellement réservé à Tajmaɛt et ses membres restreints.

Tajmaɛt est cette organisation socio-politique traditionnelle qui s’occupe de la gestion quotidienne du village. Celle-ci peut intervenir sur différentes affaires sans qu’elle ne soit soumise à une quelconque autorités étatiques ; c’est d’une instance souveraine.

Ce mode d’organisation hérité de la tradition ancestrale, et qui persiste de nos jours, participe, tout comme les associations, à une forme d’éducation à la citoyenneté.

Notre communication portera sur ces deux formes d’organisation (traditionnelle et moderne) dans l’éducation à la citoyenneté. Notre problématique porte le questionnement suivant : comment les nouveaux acteurs associatifs participentils au renouvellement de l’éducation à la citoyenneté dans ces deux institutions ?

Notre approche théorique s’inscrit dans le néo-institutionnalisme (Hall et Taylor 1997 ; Peters 1999). Cette théorie permet de faire ressortir le poids des institutions, aussi bien traditionnelles que modernes, dans lesquelles les acteurs s’inscrivent comme des participants actifs à une certaines « éducation citoyenne ».
Ce modèle théorique prend en charge à la fois l’agent et la structure (Rizza 2008).

La recherche se base sur des données empiriques recueillies dans quelques villages de Kabylie marqués par la présence à la fois d’institutions villageoises ancestrales et d’associations culturelles modernes.

Notre présence sur le terrain durant la réalisation d’activités associatives, ou en dehors de celles-ci, nous a permis de réaliser des observations directes sur l’action des différents acteurs, et de mener des entretiens avec ces derniers, ainsi qu’avec les villageois en général.


 

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