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TAMURT - TAMAZGHA - TAMAZIGHT   (1/10)

 

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Moeurs et coutumes kabyles



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1.Ce qu'on entend par Kabyles ou Berbères


On donne ordinairement le nom de Kabyles ou Berbères à tous les indigènes de l'Afrique du Nord qui ne sont pas Arabes.
D'après certains historiens, les Berbères représentent
toutes les races aborigènes de l'Algérie croisées du Lybien, du Carthaginois, du Vandale, du Romain, du Gaulois ou Italien auxiliaire des Romains, en un mot, de tous les envahisseurs, qui successivement s'établissaient dans ce pays et qui, pour échapper aux nouveaux conquérants, se réfugiaient dans les montagnes.

Aussi le Kabyle, en général, est montagnard. Les Kabyles du Djurdjura, du Babor et de Cherchell, les Chaouïas de l'Aurès. les Mzabites et les Oued Zenatias des Oasis du Sahara, les Touaregs du Désert, les Riflains du Maroc et les Kroumirs de Tunisie appartiennent à la race Berbère.

Pour juger des fruits d'un arbre, il suffit d'en goûter un seul, de même, pour juger de toutes les populations Berbères, si répandues en Afrique, il suffira d'en étudier une seule, par exemple celle du Djurdjura, puisque la vie sociale et morale de tous les Berbères est sensiblement la même.

Leur langue non plus n'offre pas beaucoup de différence : ainsi le langage des Touaregs ne serait qu'un idiome parent de celui du peuple du Djurdjura.





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2. Quelques qualités et défauts du peuple kabyle du Djurdjura


Pour avoir une idée exacte des qualités et des défauts du Kabyle du Djurdjura, il faut le considérerchez lui et en dehors.
Chez lui, il est assez gai, sobre, économe, complaisant, hospitalier autant que l'Arabe,plus actif que lui.
En dehors, loin d'être mou et paresseux comme l'Arabe, il est vif, énergique, travailleur, endurant et brave sur le champ de bataille, comme on l'a vu dans les conquêtes de Madagascar et du Thouat. Il est, de plus, curieux et cherchant à se rendre compte de tout ce qu'il voit,
A côté de grandes qualités, le Kabyle a ses défauts, comme tout le monde. On peut lui reprocher d'avoir une conscience par trop élastique, d'être inconstant, susceptible, irascible et vindicatif.
Il est, en outre, processif et il ne recule devant aucun moyen même deshonnête pour gagner son procès. Il est superstitieux, il redoute les malédictions de ses marabouts et il agit souventsous l empire de cette crainte.
Mais le mobile le plus ordinaire de ses actes,
surtout quand il est chez lui, est le qu'en dirat-on de ses compatriotes. La solidarité qui unit les membres de son soff (parti) est telle que le Kabyle semble avoir abdiqué son indépendance, et qu'il agit moins selon sa conscience que suivantl'avis du sofï.
C'est ce qui explique pourquoi un Kabyle, riche ou pauvre, trouve de suite autant de faux témoins que l'exigent les besoins de sa cause




 


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3. Famille kabyle


Le Kabyle est sédentaire. Il a sa maison làhaut dans les montagnes, sur un piton abrupt ; car les villages kabyles couronnentsouvent les crêtes servant de contreforts au Djurdjura.
Cette maison, couverte en tuile ou en terre, est bien close et contient toute la famille ; bêtes et gens.
Elle n'a qu'une porte, seule ouverture capable de donner au réduit de l'air et de la lumière.
Un mur d'un, demi-mètre, s'èlevant au-dessus du sol, sépare les gens des bestiaux.
C'est là que se trouvent son grain et son huile, dans différents vases en terre, scellés à la muraille.
C'est là que se trouve son trésor avec les bijoux de sa femme, dans un ou deux coffres carrés, aux vives couleurs, aux serrures de cuivre, garnis de clous dorés aux angles.
C'est là son chez soi.
Aussi, malgré la rusticité de cette habitation, il y est attaché par toutes les fibres de son coeur : là, ont vécu ses pères, là, il vivra luimême, si la famille n'est pas trop nombreuse ; et même dans de dernier cas, il ira habiter sous un toit aussi voisin que possible de sa demeure paternelle.
Chez lui, le chef de maison commande, la femme obéit; s'il a des frères, ceux-ci lui doivent également obéissance et c'est lui qui tient la bourse commune jusqu'au partage des biens.
Sa femme a droit de commander aux autres femmes de la maison.
Mais elle ne mange jamais avec son mari ; c'est après celui-ci que vient son tour de prendre son repas.




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Elle ne doit passaluer son mari qui revient du voyage ; elle doit le servir avec dévouement et respect ; elle l'écoute parler et môle rarement sa voix à la sienne.
La jeune femme kabyle a toujours à côté d'elle sa vieille (tamr'art is) qui est chargée de la surveiller : c'est sa mère ou sa belle-mère.
Dans ce cas, la vieille sert d'intermédiaire aux deux époux qui ne se parlent pas directement,

Le Kabyle est monogame, ayant une autorité absolue sur fa femme qu'il achète.
Il peut la répudier à son gré et sans cérémonie et la condamner à un cruel isolement en lui interdisant de se remarier.
Heureusement le code français, depuis quelque temps, tend à remplacer le code musulman dans le but de favoriser le sort de la femme.

Cependant, même d'après le Qanoun ou droit kabyle, la femme n'est pas tout à fait la chose du mari : si elle est injustement maltraitée par celui-ci, elle peut se mettre en insurrection (tamnâfeqt) et aller trouver auprès de ses parents un refuge inviolable.
Dans la famille, l'autorité passe du père au fils aîné et, en l'absence du premier, il a toute autorité dans la maison.

Quant à la mère, son autorité n'est guère reconnue et ses enfants lui refusent non seulement obéissance mais encore respect.



 


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4. Boisson


Bien que les Kabyles, qui fréquentent les Européens s'habituent sans peine à boire non seulement du vin mais encore des liqueurs, néanmoins l'eau est la boisson ordinaire du Kabyle.

C'est très rare que chez lui, toujours à cause du respect humain, il boive autre chose que de l'eau.

Pour porter l'eau, on se sert de peaux de bouc, de cruches ou même de vieux bidons de pétrole.

C'est la femme qui va la prendre soit à la fontaine du village soit à une mare voisine (le Kabyle n'est pas délicat pour l'eau).

C'est là, avec la préparation du couscouss et le tissage du burnous, une des grandes occupations de la femme kabyle. On peut encore ajouter que c'est sa plus grande distraction, car, comme cela arrive dans beaucoup de tribus, elle n'a droit de quitter la maison que pour aller à la fontaine.

Aussi peut-on dire que si la tajmaht est le rendez-vous des hommes, la fontaine du village est celui des femmes.




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5. Habillement


Les hommes ont une chemise de cotonnade ou de laine grossière appelée la Gandoura, et un manteau à capuchon, le Burnous.
Ils ont pour coiffure une calotte entourée parfois d'un mouchoir ou d'un morceau d'étoffe légère autour duquel s'enroulent des cordons faits en poils de chameau.
En été, ils se défendent contre le soleil avec un grand chapeau de paille vaste comme un parasol.
La bonne habitude de porter le sarouel, sorte de pantalon court mais large, se répand petit à petit.
Quant aux chaussures, elles sont diverses : le pauvre a des espèces d'espadrilles en peau de boeuf ou en alfa tressé, le riche a des souliers sans lacets.
Le costume de la femme se compose d'un mouchoir qu'elle porte sur la tête (timh'aremt), d'une gandoura, d'un haïek ou tah'aïekt, sorte d'étoffe de coton ou de laine qui fait deux ou trois fois le tour du corps, agrafé sur la poitrine ou sur les épaules; si cette étoffe est en coton, on l'appelle lizar ou timlh'aft, si elle est en laine, on l'appelle tah'aïekt, celle-ci est retenue à la taille par une ceinture (abaggous).
Quelquefois une mante de coton (eddil) ou de laine (alemdil) couvre lé derrière du corpstandis qu'une autre étoffe lfôdda) couvre le devant.
Quand elle ne va pas pieds nus, elle a pour chaussures un brodequin ou bas de cuir lacé, piqué de soie de couleur, de maroquin rouge (tirih'aït).
Elle porte aux poignets des bracelets d'argent, de cuivre, de corne ou de bois noir travaillé et traîne aux cous-de-pied des anneaux d'argent ou tout aux moins argentés.



 


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6. Etudes islamiques chez les Kabyles


Dans chaque village, il y a deux monuments : la tajmaht et la Djamma ou mosquée.
La tajmaht est un lieu où se réunissent les adultes, c'est-à-dire tous ceux qui sont capables d'épauler un fusil : c'est là que se discutent les grandes questions qui intéressent le village.
La mosquée, édifice surmonté d'un minaret carré est une école en même temps qu'un lieu de prière.
C'est là que beaucoup d'enfants du village vont acquérir les premiers éléments de l'instruction sous l'autorité d'un taleb, sorte d'instituteur communal.
Quant au procédé d'enseignement, écoulons là-dessus ce que dit Bel Kacem ben Sedira : « un taleb, placé sur une natte et armé d'une longue férule, a autour de lui, dans la zaouïa (école) un groupe plus ou moins compact de jeunes bambins ; il s'escrime du malin au soir à leur dicter, sur des planchettes destinées à cet usage, un certain nombre de versets qu'ils répètent à tue-tête, avec un ensemble et sur un ton dont on n'a pas l'idée, jusqu'à les graver dans la mémoire.
Le lendemain, de bonne heure, la récitation a lieu, et ce qui a été écrit la veille fait place à une nouvelle leçon, sans la moindre explication préalable sur le sens et l'analyse des mots, sans qu'aucune notion d'arithmétique, d'histoire ou de géographie, vienne s'ajouter aux versets du Koran ».
Les parents, désireux de faire apprendre à leur enfant l'arabe et le commentaire du Koran, l'envoient dans une de ces grandes Djamma ou Zaouïas, sorte de grands séminaires, que dirigentles grands cheikhs (marabouts).
Chaque grand cheikh en possède plusieurs.
C'est là que se forment les futurs talebs.
Et quand la tajmaht d'un village désire avoir un taleb, elle s'adresse directement à l'un dé ces élèves qui peut accepter ou refuser les conditions posées par le village.
Les Français ont aussi ouvert quelques grands collèges arabes, appelés medersa, où les élèves, admis après certaines épreuves, suivent les cours du Droit musulman pour devenir cadis ou notaires musulmans.




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