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TAMURT - TAMAZGHA - TAMAZIGHT

 



Langue tamazight « berbère » et culture des imazighen, « Berbères »

Fiers d’être des montagnards, les Kabyles sont aussi fiers de leur culture berbère, distincte de la culture arabe dont la langue est la seule à être officielle en Algérie et au Maghreb [4].
La culture kabyle est donc d’abord une langue, le berbère, qui fait partie de la grande famille des langues chamito-sémitiques (auxquelles appartient aussi l’arabe).
Le terme de « berbère » est d’origine incertaine, il existe bien barbar, berber en arabe, barbarus en latin, du grec barbaros, « étranger », mais aucun rapport entre ces termes ne paraît établi avec certitude (d’après le Dictionnaire de la langue française Le Robert.

La plupart des berbérophones préfèrent aujourd’hui nommer leur langue la tamazight, langue des imazighen, « hommes libres » (tout comme le français a été la langue des « hommes de condition libre »).
La tamazight parlée à travers le Maghreb, en Algérie et au Maroc surtout, aurait peut-être aujourd’hui environ trente-deux millions de locuteurs, sédentaires habitant la plupart des montagnes du nord de l’Afrique, ou nomades comme les Touareg dans le Sahara et au Sahel; mais il n’y a plus de continuité entre toutes ces régions berbérophones.
C’est pourquoi, tout en ayant la même langue et en parvenant rapidement à l’intercompréhension, les berbérophones s’expriment dans des parlers un peu différents selon les régions qu’ils habitent :
les 4 millions de Kabyles ( 30% de toute l’Algérie) parlent la taqbaylit, les Mozabites (de l’oasis du Mzab) s’expriment en tamzabit, les Chaouiïa de l’Aurès en tachaouit; la plupart des Touareg sahariens parlent la tamachek ou la tamahaq en Algérie, ou d’autres langues encore comme au Mali, au Niger, au Burkina Faso ou en Libye.
En Mauritanie certains parlent zenaga (arabo-berbère), tandis que dans les montagnes marocaines, les Chleuhs du Sous et du Haut-Atlas parlent la tachelhit. Plus au nord, dans le Moyen-Atlas, on s’exprime en tamazight, et les Rifains parlent la tarifit.
Nombre d’autres groupes résiduels sont encore éparpillés à travers toute cette vaste aire autrefois uniformément berbérophone qui allait des îles Canaries à l’ouest jusqu’à l’oasis de Siwa à la frontière égyptienne à l’est, et de la Méditerranée au nord jusqu’aux confins saharo-sahéliens au sud.

La langue tamazight est donc la plus anciennement parlée au Maghreb, et il est probable que ses locuteurs actuels sont les héritiers des peuples autochtones du nord de l’Afrique, les habitants préhistoriques du Maghreb.
Le succès actuel de la désignation de cette langue orale comme tamazight,
celle des imazighen, « hommes libres », est le signe d’une renaissance culturelle et d’un militantisme politique actuellement très vif, auquel les Kabyles prennent une part tout particulièrement active en ce moment en Algérie.
Le refus persistant de la reconnaissance, par le gouvernement algérien, de la langue tamazight comme langue officielle en Algérie conjointement avec la langue arabe  incite les jeunes Kabyles à placer cette reconnaissance au premier rang de leurs revendications.



 

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