X

TAMURT - TAMAZGHA - TAMAZIGHT

 



Les germes d’une guerre civile sont là... »,
« Algérie : le divorce d’avec la jeunesse »,
« Algérie, les forces de l’ordre ont empêché la marche kabyle dans la capitale »,
« Répression en Kabylie »,
« Grève générale en Kabylie »,
« Marche en Kabylie »,
« Enquête des morts de Kabylie »,
« Les Kabyles se soulèvent contre le “mépris” du pouvoir »,
« Les émeutes en Kabylie ont fait une soixantaine de morts et près de deux mille blessés en deux mois »,
« Algérie : la gendarmerie accusée, le pouvoir préservé ».

Tels sont quelques-uns des titres ou sous-titres d’articles publiés dans des journaux français en juin, juillet et août 2001.
Nombre de ces informations sont complétées de photos de presse ou, à la radio et la télévision, d’entretiens avec de jeunes manifestants.
À y regarder de plus près, la plupart des slogans figurant sur les banderoles, y compris celle qui portait l’expression kabyle Ulac smah « Aucun pardon »
– pour les gendarmes –, ont été écrits en caractères latins, la plupart en français, comme le français est aussi la langue dans laquelle beaucoup de ces jeunes interviewés se sont exprimés en pleine effervescence, spontanément, avec une expression châtiée, sans guère d’accent local.
Il semble bien que ce mode d’expression soit une marque spécifique et habituelle de la jeunesse kabyle car, en Kabylie même, encore aujourd’hui, les murs sont recouverts de slogans accusateurs visant les gendarmes et les généraux... en français.
C’est en tout cas un fait incontestable : l’effervescence qui se développe aujourd’hui en Algérie a pris naissance parmi cette jeunesse de Kabylie, à très peu de distance d’Alger, avec une grande ampleur.
Ces récents « événements de Kabylie » ont déjà fait, en deux mois à peine, de la fin du mois d’avril à la fin juin 2001, une soixantaine de morts et plus de deux mille blessés en Kabylie ( Le Monde, 22 août 2001).
Toutes ces observations méritent qu’on se pose les nombreuses questions afin de tenter d’y répondre.
En quoi les habitants de cette région toute proche d’Alger, pourtant bons musulmans, se distinguent-ils donc au sein de l’ensemble national ?
En 1991, la Kabylie a été la seule région d’Algérie à ne pas accorder ses suffrages au FIS (Front islamique du salut).
Alors, et depuis, pourquoi n’ont-ils presque pas donné prise aux mouvements islamistes ?

Bien au contraire, la génération des Kabyles adultes avait adhéré massivement aux partis démocratiques : le FFS (Front des forces socialistes) d’Aït Ahmed et le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) du Dr Saïd Sadi.
Mais pourquoi la jeunesse kabyle – leurs enfants – constitue-t-elle aujourd’hui une avant-garde politique, en venant même à dépasser ces partis démocratiques eux-mêmes ?
Pourquoi sa mobilisation actuelle, dans l’expression de nombreuses revendications contre le pouvoir algérien, s’étend-elle au point de risquer de gagner toute l’Algérie ?
Pour être en mesure de saisir les données des problèmes, il faut s’efforcer, à travers les réalités de la géographie, de l’histoire, de la culture et des structures sociales assez spécifiques de cette partie de l’Algérie, de tenir compte et de comprendre les représentations
que les Kabyles eux-mêmes ont de leur région et de leur place dans la société algérienne.
Incontestablement, ces représentations leur donnent une telle assurance dans leur identité nationale, et suscitent parmi eux une telle prise de conscience politique, qu’ils n’hésitent pas à être les premiers à manifester pour exprimer clairement leurs revendications : « La primauté du politique sur le militaire, et une Algérie démocratique et sociale » (Coordination de Kabylie, 20 août 2001).
Qui sont donc ces Kabyles, sur quels fondements s’est construite leur identité, quels en sont les composantes ?




 

|  Algérie mon beau pays   |

Top