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Notes sur Histoire des Kabyles



  AVANT-PROPOS


En publiant ces quelques chapitres de N0TES sur l'HISTOIRE des KABYLIES , nous avons ypulu^conrtribuer à faire mieux connaître une partie du passé de l'Algérie. Il n'a pas été possible de donner dès maintenant les notes prévues sur la préhistoire. Nous pensons avec M. Ahmad Tawfîk A l Madani que "Cartilage fut la première puissance nationale qui ait vu le jour en ce pays, qui ait grandi et établi un immense epire ; el e a créé une civilisatio n régionale qui fit sortir les Berbères des«ténèbres à la lumière".

Si nous n'avons pas parlé de l a présence phénicienne, bien marquée sur l e s côtes kabyles, c'est également afin de compléter les recherches se rapportant à ce sujet .

Les chapitres sur les périodes arabes et turques paraîtront plus tard. Il ne nous a pas été, non plus , possible de mettre au point une petite esquisse prévue sur les villes lés plus importantes des Kabylies à l'époque romaine.

Je tiens à remercier ici M. le Doyen Lassus, grâce à l'amabilité de qui j'a i p u consulter les documents nécessaires. Ma reconnaissance va également à M. Pierrre Salama pour ses conseils qui m'ont étési utiles. En outre, il a bien voulu m'autoriser à utiliser sa Carte des Voies Romaines d'Afrique du Nord pour présenter l e s voies romaines de Kabylie.

Enfin, s'il a été possible de fournir quelques cartes sans lesquelles certains passages risquaient d'être rebutants pour tous l e s l e c t e u r s et incompréhensibles pour ceux q u i ne connaissent p%s 1 e pays, c'est grâce à Mademoiselle Tessier q u i a b i e n voulu se charger d'établir et de dessiner ces cartes avec une précision minutieuse.

Notre but a été de rassembler l'essentiel des données acquises sur ces régions. A i n s i , le lecteur , s'il ne découvre rien de nouveau, pourra néanmoins avoir une idée plus précise sur ces périodes historiques.

Il n'a pas été possible d'être completr or un choix reste toujours discutable et c'est pourquoi nous serons reconnaissants à ceux q u i voudraient b i e n nous faire part des erreurs qu'ils pourraient relever ou des compléments qu'i l s e r a i t u t i l e de j o i n d r e ultérieurement à ces lignes .



  PRESENTATION GEOGRAPHIQUE


Pour comprendre les chapitres qui vont suivre, i1 est utile d'avoir une idée générale d e là^ géographie des territoires ou se dérouleront les faits\évTXJués. Il n'est pas question de faire ici une étude géogra- phique complète, mais seulementcPesquisser des traits généraux.

La Kabylie du Djurdjura, qu'on a pris l'habitude de désigner sous l e nom de Grande Kabylie, est une région naturelle bien délimitée, au nord par la Méditerranée, à l'est et au sud par la vallée de l a Soumam, (pu Oued Sahel), à l'ouest par l'Oued Isser et son affluent, l'Oued Djemaa. Souvent l ' o n considère l e c o l de Menerville , ( Tizi n-At Aïcha), comme la limite ouest et il est exact qu'on retrouve souvent ce p o i n t dans l a géographie historique .

Une chaîne côtière, constituée surtout d'argiles et de grès, est précédée à 1*ouest par le petit massif de roches éruptives du Bou-Berak, entre l'estuaire de 1'îsser et celui du Sebaou. Soumets déboisés depuis longtemps, qu'importent guère que quelques pins et des thuyas en plus de l'habituelle garrigue de lavandes, cistes , lentisques et genêts épineux. Puis, c'est l a chaîne proprement dite qui va s'élevant vers l'ouest, toujours proche de la côte, l a i s s a n t rarement, comme aux environs de Port-Gueydon, une étroite bande déterre presque plane.

Les soumets sont élevés e t arrêtent en partie la brise de mer, ce qui explique les hautes températures du bassin du Sebaou dans l a région de Mirabeau et de Tizi-Ouzou. Le point culminant se trouve au Tamgout des A i t Djennad. Avant d'atteindre Bougie, l e s hauteurs littorales sont rejointes par la chaîne intérieure. Toute cette p a r t i e est boisée : ohênes—liège, chênes zéens e t , dans l e s p a r t i e s plus élevées, Ghênes afarès, poussent sur l e s hauteurs gréseuses. L'élévation de la chaîne oblige à g r a v i r des pentes rudes pour aller de la mer à l a vallée du Sebaou : c e r t a i n s cols atteignent 700 mètres, a l o r s que 1 e l i t du Sebaou ne dépasse pas 120 m. en a l t i t u d e à p a r t i r du pont de Bon—Behir, p o i n t où i l q u i t t e l a d i r e c t i o n nord—sud pour s'infléchir vers 1 1 ouest à quelques kilomètres d'Azazga et étaler son large l i t de sable e t quelquefois ses eaux.

Une courte i n t e r r u p t i o n dans ce cours tranquile : immédiat ment ayant Tizi-Ouzou, i l traverse d e s gorges abruptes dans l e Djebel Aïs sa Mimoun. Cet étranglement de l a vallée n e coupe pas réellement l e s communications puisqu'on évite l e s gorges e n passant par Tizi-Ouzou, ( " l e C o l des Genêts"), à une a l t i t u d e de 180 mètres seulement» Seule, dans l a région, la vallée du Sebaou est une voie de pénétration f a c i l e , toujours suivie dès la plus haute antiquité et ou se côtoient , comme dans l a vallée de l ' I s s e r , vestiges préhistoriques, phéniciens, romains et turcs.

Au sud de c e t t e vallée s e trouve l e massif kabyle proprement d i t , constitué d ' a r g i l e s et de schistes, de de gneiss, avec- quelques affleurements de granité e t même de calcaires c r i s t a l l i n s . En partant de l'ouest, on trouve l e s massifs très peuplés des I f l i s s e n , des Maatkas, l e s crêtes des Beni-Yenni e t l a région des Zouaoua de Michelet e t de Fort-National.

C'est également l a région des nombreux villages implantés plus au sud sur l e s basses pentes du D j u r d j u r a . Les plantations d ' o l i v i e r , épaisses sur l e s versants des vallées, ne dépassent guère habituellement 600 à 800 mètres en a l t i t u d e . Ces o l i v i e r s v o i s i n e n t avec l e s f i g u i e r s q u i craignent moins l ' a l t i t u d e et l e s chênes à glands doux qui s1 élèvent encore plus haut sur les flancs de la montagne.

Les pentes abruptes sont envahies par un ma- quis d ' o l i v i e r s sauvages, d e f i l a i r e s , d'arbousiers, de bruyères arborescentes que décorent des guirlandes de clématites blanches, d e chèvrefeuille ou de salse- p a r e i l l e s aux f r u i t s rouges. Plus près des petits oueds, c'est l a f l o r a i s o n exubérante e t embaumée dés étoiles de l a u r i e r - r o s e ou i a p r o f u s i o n immaculée des myrtes.

L'érosion est, partout , extrêmement violente et de nombreux p e t i t s oueds, d e s ravins ou l'eau ne coule qu'au moment des p l u i e s , ont découpé les massifs en un dédale invraisemblable ou s e cachent d e s bandes de chacals, des troupeaux d e s a n g l i e r s , une variété d e mangouste, (vulgairement appelée r a t o n ) , dès porcs-é- pics, de rares hyènes.

La panthère semble a v o i r com- plètement disparu,: l a dernière signalée a été tu|e en 1942. (Vers 1940 mourait à T i f r i t nr-Aït el-Hadj,"près d'Azazga, un vieux chasseur kabyle q u i comptait une dizaine de ces fauves a son tableau de chasse ; d i x ans plus tard vivait encore dans ce même village un homme qui avait été défiguré par un coup d e g r i f f e a l o r s qu'il se battait au poignard contre une panthère).

De nombreuses bandes de singes, (Pithecus inuus, magot), c i r c u l e n t dans l e s forêts d'Azazga, d e Yakouren, d e l'Akfadou et surtout dans l a chaîne p r i n c i p a l e.

Pendant t o u t l e printemps e t l'été, 1 e s percnoptères, (vulgairement charognards), assurent 1 a v o i r i e d e s marchés tandis que l e s grands vautours g r i s survolent les plus hauts sommets.

Au nord-ouést, l a p l a i n e deDra e l M i z a n , dont l'altitude varie entre trois et quatre cents mètres, s'ouvre vers la basse vallée de l'Isser par des régions au relief adouci q u i ne dépassent pas 500 m. Elle communique par l e s vallées resserrées d e l'Oued Bougdoura et de l'Oued Boghni avec l a région de Mirabeau e t d

Tizi-Ouzou, tandis qu'à l ' e s t e l l e se prolonge par des t e r r e s p a r f o i s vallonnées que l ' o n appelle p l a i n e s de Mechtras e t des Ouadhias. Les crêtes des Beni-Ouassif, des Beni—Yenni, Beni-Boudrar l e s séparent de l a hau- t e vallée du Sebaou et de l a région d'Azazga-Fréha.

Enfin, les sommets rocheux d u Djurdjura allongent sur en fleuron soixante kilomètres, de la région d e Dra El Mizan jusqu'aux approches d é Bougie, leurs dômes, leurs pics ou l e u r s crêtes de calcaires gris ou, par- fois , rouges. Les principaux sommets s o n t l'Haîzer, (2133nu.), l'Akouker, (2305 m.), et 1e Lalla Khedidja q u i culmine à 2308 m.

Les pentes, souvent dénudées, possèdent par endroits, àpartir de douze ou treize cents mètres, de beaux cèdres dominant des bosquets de houx..Parfois de petits plateaux offrent leurs maigres mais parfumés pâturages.

Les neiges couvrent les sommets en hiver. Elles persistent, certaines années, jusqu'en mai ou juin ^. Il en reste toujours au fond de certaines dolinés e t na- guère encore on pouvait v o i r en été des Kabyles pous- sant des ânes chargés de sacs de neige agglomérée qu'il allaient vendre sur les marchés proches delà montagne. Le Djurdjura constitue l e château d'eau d e l a région et alimente l e s bassins du Sebaou, une p a r t i e de celui dè l a Soummam e t de l'Oued Djemaa, affluent de l'Isser.

Le versant sud du D j u r d j u r a , beaucoup plus sec, a l'aspect d'une barrière plus uniforme»et plus nue. La basé des pentes est également occupée par une popula- t i o n dense, groupée en gros v i l l a g e s , surtout à p a r t i r et au-dessous de l ' a l t i t u d e de 80O"m,

Là s'étendent des sortes de terrasses où les débris de la montagne sont englobés dans des masses d'argile ferrugineuse aux teintes rougeâtres. Il faut dire un mot d'une région extérieure à la Kabylie mais limitrophe et qui lui fut souvent liée au cours de l'histoire : la "plaine" d'Aumale (Sour el-Ghozlane).

Cette région est comprise entre l e massif de Tablât et l a chaîne dite d'Aumale qui est en réaliste la partie occidentale des Bibans. Acette p l a i ne succèdent d'autres plaines à l'est : celles des Beni Slimane, des A r i b s e t du Hamza. C'est l a régipn d'Ain Bessem et de Bouîra. Cette dernière ville s'appelait, à l'époque arabe, Souq Hamza, marché de Hamza, du nom de son fondateur, puis Boroj amza. L'alftitude varie entre cinq e t s i x cents m i t r e s et l'on pasfse t o u t naturellement de là dans l a vallée supérieure de l a Soumam.

Ce fleuve'porte, dans sa p a r t i e haute, l e nom d'Oued Dous q u ' i l échange ensuite pour l e nom d'Oued Sahel e t i l prend e n f i n c e l u i de Soumam àpartir de son confluent avec l'Oued Bou Sellam.

C'est u n e région assez sèche, car l e D j u r d j u r a arrête e n p a r t i e l e s p l u i e s : on y c u l t i v e l e blé e t les o l i v i e r s y réussissent parfaitement surtout d a n s l a p a r t i e inférieure q u i se termine par l a p e t i t e mais r i c h e p l a i n e de Bougie sur un g o l f e . . „.s

Le climat est plus sec et plus chaud, l a flore, un peu différente. La faune reste la même ; si un peu partout le lion a laissé son nom dans l a toponymie kabyle, (ou l'on trouve des "plateau du lion", "crête du lion " , "grotte du lion " ) , c'est cependant^ dans cette région que se sont réfugiés l e s derniers spécimens de l'espèce, aperçus, dans l a région d'Ighil Ali, vers 1850.

L'extrémité des Bibans se prolonge au-delà des Portes de Fer e t forme ce que l'on appelle ordinairement la Petite Kabylie. Crêtes souvent schisteuses et toujours sèches ou s'agrippent quelques pins, telles se présentent ces montagnes au sud d'Ighil Ali, dans la forêt de Bordj Boni, à l a Guelaa des Beni Abbès, forteresse naturelle perchée à 1063 m. d'altitude, célèbre dès l'époque delà dynastie Hammadite. Son rôle de lieu historique sera durable puisque, après avoir été la capitale du "Royaume de Labbès" (dé Manaol) que ne purent vaincre l e s Turcs, il fut le fief des Mokrani et garde l a tombe du bachagha mort en 1871.

Un peu à l'est, le Djebel Bounda s'élève à 1415 m. Puis, ce sont les hauteurs du Guergour, dominant des gorges profondes. Les sommets sont élevés. Au pied de ces hauteurs se trouvent d'innombrables ruines romaines. L'Oued Chertioua fixe par un nom à peine déformé le souvenir de la ville de Sertei, tandis que le Djebel Anini conserve vraisemblablement celui de la grande famille romaine des Anninici qui possédait de vastes domaines dans ces régions. Toujours à l'est, le Djebel Megriss culmine à 1737 mètres et le col de Téniet et-Tinn, sur l a route de Bougie à Sétif, atteint encore 1160 mètres.

Entre Bibans et Babors, une région de plateaux élevés, découpés par le Sou Sellam et ses affluents, porte de nombreux jardins et vergers. Vers le Sud, on descend sur les hautes plaines de la région de Bordj Bou Aréridj à Sétif. Si nous "révenons vers l'ouest en remontant la vallée de la Soumam, nous trouvons l e confluent du Bou Sellam dominé par les crêtes du Djebel Gueldamane, ensuite, près de Seddouk, le Djebel Trouna, (1389 m.), et la forêt des Beni Rimmel.

Mais nous'sommes déjà sur le territoire des Babors, région élevée, humide, boisée, ou nous retrouvons 1e chêne afarès et le chêne zéen, quelquefois porteur de gui, et abritant d'éclatants massifs de pivoines rouges, tandis que, dans les plus hautes crêtes du Babor, (2004 m.) et du Tababor, subsistent les derniers et uniques spécimens du sapin de Numidie.

Vers l'est, les montagnes boisées se prolongent avec le Djebel Tamesguida et le Djebel Djemila à côté duquel l e col de Fdoulès a livré une inscription romaine célébrant une v i c t o i r e sur l e s montagnards. Dans l a plupart des vallées des Babors, l a population habite des hameaux dispersés, ou 1 e s terrasses remplacent l e plus souvent les toits de tuiles des gros village de la Kabylie du Djurdjura.

Les oueds traversent des gorges profondes, dont les plus célèbres sont celles de Kerrata,.(Chabet el Akra ). En effet, la côte est immédiatement dominée par des hauteurs rocheuses et sauvages. Nous ne donnerons pas ici de précisions sur la répartition des langues, parlers berbères et arabe. D'une part, un aperçu au moins sommaire sera donné dans le chapitre concernant le peuplement des Kabylies et , d'autre part, la frontière linguistique a varié au cours des âges. Il est bien certain qu'à l'heure actuelle une partie de la Kabylie orientale dont nous parlerons dans ces notes d'histoire est arabophone et plus ou moins arabisée dans ses coutumes.

Les limites approximatives que nous avons choisies correspondent dans une certaine mesure, pensons-nous, à des terroirs assez caractérisés sur le plan de l a géographie physique, de l a géographie économique et , surtout, historique. Toutefois, les maisons à terrasse existent également, par exemple, aux Ait Irgane et dans la plupart des villages du Koùriet, au sud des Beni-Yenni.

Si, pour ces villages et ceux proches de l a montagne, la nécessité de supporter d'épaisses couches de neige peut être une e x p l i c a t i o n , i l n'en est pas de même en ce q u i concerne d'autres maisons aux Ouadhias par ex- emple. Je ne connais pas d'explication claire à ces faits . ( 2 ) I l s'agit d'une unité relative qu'il est impossible de séparerde l'histoire générale de l'Algérie et de l'Afrique du Nord.



  L'IMPLANTATION ROMAINE


Sans nous attarder pour l'instant à étudier l'importance de la colonisation romaine dans la plaine de Bougie et la vallée de la Soummam, suivons les routes en notant les principaux établissements connus. Parmi les voies romaines relevés avec certitude, il y en avait une qui partait de Saldee (Bougie) et , suivant la côte, passait par MUSLDBIUM ( Sidi Rehane), entre 1'embouchure de l'Oued Agrioun et le Cap Aokas. On a retrouvé des restes de l'enceinte et , un peu à l'ouest, près de l'Oued Djemaa, une tour.

Ce centre eut une certaine importance puisque là se trouvaient des greniers (horrea) où l'on entreposait les blés de l'annone avant de les embarquer pour Ostie. C'est du moins l'avis de Cagnat, car Courtois ne pense pas que la région, pauvre en céréales, ait pu en exporter.

Ce qui est certain, c'est que ce point de l a côte e s t , par le réseau routier de l'époque, le plus proche de Sétif et des riches plaines céréalières de c e t t e région. Cette route, qui passait par LESBÎ et HORREA ( A i n Roua), était soigneusement gardée.

C'est ainsi, par exejnple, que le col voisin d'AQUA FRIGIDA était surveillé par trois forts dont l'un se trouvait sur le pic de Kefri - da ( 1 2 ). Grâce à une i n s c r i p t i o n ( 1 3 ) , nous savons que le centenarium d'Aqua Frigida ( Kefrida ) fut reconstruit et amélioré par le "praeses1 de Mauretanie Césarienne, Aurélius Litua, vers 290.

De Muslubium en suivant la c ô t e, on arrivait à CHOBA, ville forte également entourée de murailles et qui occupait une superficie de 14 hectares environ. Outre des restes de murs, on y a trouvé également des débris de sarcophage. Enfin, une inscription nous apprend que, sous Septime Sévère, "les bains des citoyens libres d'Aelius Choba ont été construits aux frais du publie".

Ce lieu porte de nos jours le nom de Ziama. La voie s'acheminait ensuite vers IGILGILI ( Djidjelli). Puis, avant d'atteindre CHULLU (Çollo), elle traversait un centre important, TOCCA, à l'embouchure de l'Ampsaga (Oued el Kebir-Rhumel). Sur la rive gauche de ce fleuve, une route rejoignait la ville des limites de notre étude mais, il est nécessaire de signaler, pour la compréhension de certains événements, l'importante voie qui partait de CIRTA (Constantine) vers Milev, CUICUL ( Djemila ), SITÏFIS (Sétif).

On pouvait aussi, d u moins est-ce très probable, passer de Bordj Bou Arréridj et de sa région ou se trouvent d e nombreuses ruines e t gagner ensuite AUZIA (Aumale) par l e sud des Bibans qu'on évitait de t r a v e r s e r . Les Hautes Plaines de Sétif étaient largement c o l o - nisées. Cette région e t les v i l l e s que nous venons de c i t e r sont en dehors des zones kabyles. E l l e s en sont suffisamaent proches cependant, non seulement p o u r jouer un rôle dans l e s f a i t s m i l i t a i r e s , mais pour que l e u r i n f l u e n c e f u t réelle dans l e s périodes d e paix, grâce à de nombreux contacts avec l e s populations mon- tagnardes :• ouvriers a g r i c o l e s descendant dans l e s p l a i - nes au temps des moissons, paysans venant vendre l e s p r o d u i t s de l e u r pays sur l e s .marchés e t se r a v i t a i l - l e r en blé.

Pour l'intérieur du massif des Babors, sans .chercher dans l e détail l e s p i s t e s q u i ont nécessairement j o i n t entre eux l e s différents l i e u x ou l'on a recon- nu des vestiges romains, notons a u moins l e s p r i n c i - pales routes étudiées par M.Salama. Deux d'entre e l - l e s p a r t a i e n t de Sétif ; l'une vers Horrea, Lesbi (15) et TUBSUPTU ( T i k l a t ) ; l ' a u t r e vers AD SAVA MUNICIPIIM, AD OLIVAM, puis se d i v i s a i t en p l u s i e u r s branches e t a b o u t i s s a i t au très important centre de Tubsuptu e t à d'autres points proches de l a vallée de l a Soummam.

On remarquera aussi l a route q u i , de Tablast, près de Beni-Mansour, t r a v e r s a i t l e s Bibans (16) (mais à l ' e s t des Portes de Fer q u ' e l l e évitait) pour a t t e i n - dre Bordj Medjana e t l a région du Hodna. Cette v o i e , ou du moins une, route suivant l a même d i r e c t i o n e t u— t i l i s a n t , sans doute en p a r t i e 1 e même tracé, jouera longteraps, un rôle important e t spécialement à l'épo- que, ou l a dynastie Hamnadite régnera à l a Kalaa e t à Bougie.

Non seulement IMPLANTATION ROMAINE mais toute l a vallée de 1 a Souamam e t l a p l a i n e d u Hamza q u i l a prolonge (17) entre 1 e Djurdjura e t l e s Babors, étaient couvertes de ruines de colonies a g r i - coles, mais des routes traversaient l e s régions monta- gneuses des Bibans e t des Babors. Outre l e s p e t i t e s v i l l e s fortifiées, i l y a v a i t d e nombreux postes m i - l i t a i r e s . I l semble donc q u e l e s habitants a i e n t eu assez souvent à se défendre. Nous savons que, vers 250, des invasions barbares ont ruiné a u moins p a r t i e l l e - ment l e s établissements romains de ces régions.

C'est vers 260 que l e s barbares nomades q u i occupaient les hautes plaines de l a frontière du Maroc jusqu'au sud-est de Sétif font, des incursions vers l e nord. Mais i l s ne sont pas seuls e t l e u r s alliés sont b i e n d e s t r i b u s kabyles : Quinquégentiens e t Fraxinenses,

Nous avons vu précédemment que c'est vers 290 que l e centenarium d'Aqua F r i g i d a f u t r e c o n s t r u i t . I l sem- b l e r a i t raisonnable de conclure aveG E. Mercier. : " I l est assez d i f f i c i l e de préciser s i , en dehors d e l a vallée de l'Oued Sahel, l e massif d e s Beni-A&bès e t ceux q u i s'y rattachent jusqu'à 1 a vallée d e l'Oued Bou Sellam, ont été occupés effectivement par l e s Romains.

De tout temps, c e t t e région extrêmement abrup- te a été très peuplée. Les v i l l a g e s y remontent à une haute antiquité e t on n e trouve d e traces de ruines romaines n u l l e p a r t , pas même à Kalaa ( 1 8 ) . Je c r o i s probable que ces régions n'étaient que t r i b u t a i r e s . 1 1 Dans un rapport, ou plus exactement une l e t t r e d u Capitaine d'Yanville (19) écrite en 1856, cet o f f i c i e r q u i a parcouru rapidement l e pays déclare :'"La p e t i t e Kabylie a été presque complètement occupée, militairement du moins. Nous l'avons parcourue l'année dernière dans plusieurs directions et, de t o u s côtés, nous avons trouvé l e s cols ou l i e u x de passage défendus ou protégés, des postes dont l e s débris sont très apparents. Là aussi, peut—être, certaines p a r t i e s t r o p sauvages ou t r o p d i f f i c i l e s , t e l l e s q u e l e s Ighzer, n'étaient-elles pas occupées m i l i t a i r e m e n t , mais en- tourées seulement différents débouchés.

Ce système, appliqué en petit du côté de l'Oued Sahel, semble a v o i r é t é pratiqué sur une plus vaste échelle à l'égard de l a Grande Kabyl e. Lé pâté montagneux e t rocheux d u J u r j u r a n'a pas été occupé-, mais tous les débouchés en étaient gardés dans l e s deux grandes vallées qui l'enceignent a u nord, à l ' e s t ou au sud.,. Le pays, soumis à une espèce d e blocus, était forcé, suivant moi, d e reconnaître l a l o i du vainqueur, ne fût-ce que pour a v o i r l e d r o i t de manger e t l a réputation de o e s f i e r s montagnards me semble a v o i r été établie plutôt pour notre amour—pro- pre n a t i o n a l que par l e s récits anciens;"

C'est donc l a même idée que celle exprimée par Mercier. Le pays a u r a i t contenu des établissements militaires et ce sont les -^seules ruines romaines qu'on y trouve. Toutefois, i l y a peut-être l i e u de r e v i s e r l e procèsi. Si l'on admet que les régions situées à l ' e s t et au nord-est de l a p a r t i e de l a vallée de l a Soumam comprise entre l e s Portes de Fer (Beni-Mansour) .ets l a mer étaient boisées et assez peu peuplées dans l ' a n t i - quité, sans c r o i r e à une densité e x t r a o r d i n a i r e d e s vestiges romains, on peut admettre u n e romani sation r e l a t i v e , étant bien entendu que peu de Romains se sont fixés dans l e s régions vraiment montagneuses.

Cependant^ ce t e x t e semble devoir êtreaecueilli avec quelques réserves : sans doute, i l n'y a p a s de ruines antiques à l a Guelaa des Beni-Abbès e t l e mur qu'on indique quelquefois conme romain est bien identique aux murailles qui datent de la période des "Sultans de Labbès" (Marmol) où, t o u t au p l u s , des sultans Hammadites e t de l a voie royale ( T r i k es soltan) qui joignait la Kalaa des Beni-Hammad des monts d u Hodna à Bougie. Mais, outré l e s traces de voie romaine près d ' Iril- A l i , 'ilyà le petit poste, sans doute mil i t a ire, de Bordj Boni q u i est encore bien visible»

Il y a surtout non l o i n dé là, à Teriiet e l Khemis, un centre qui fut important, où l'on trouve encore, au m i l i e u de -r^Ê|Rés. peu avec persfunages «t i n s c r i p t i o n s dont certaines sont d'une b e l l e gravure. *Poste considérable, aux enceintes bien marquées faites d e colonnes, de chapiteaux, de pierres de grand appareil.

Les inscriptions tumalaires remontent à des époques très distinctes» E l l e s sent singulièrement disposées, ce q u i permet de c r o i - re q u ' e l l e s o n t été déplacées à l'époque byzantine, l o r s de l a marche de Bélisaire vers Césaréé ( 2 0 ) . "

Le poste militaire était à part. En outre , il semble bien qu'il y avait là un embranchementr d'une part vers l e poste de Bordj Boni : ce point se trouve plus exactement près du villag e des Ouled Rached. Outre des bases en bl les pierres de taille qui disparaissent peu à peu au profit des villages, on trouve encore quelques traces d'occupation sur la colline voisine . On a vue sur l e col-de Teniet e l Khemis. Cette v o i e , ou c e t t e p i s t e , devait être celle indiquée conme rejoignant la vallée moyenne delaSoummam vers Tablast .

D'autre part, vers le NNE à partir du col de Teniet el Khemis, la voie romaine Medjana - Tiklat était défendue, au défilé du Djebel Tefreg, par u n oppidum qu'a remplacé l e v i l l a g e de Kolla. àAzrou R i f o u f , au passa- ge de T i z i Atmour e t au v i l l a g e de Tissa, par des pos- tes carrés moins importants.

Néanmoins, dès 1885, le Capitaine Brochin avait signalé dans l a région d'Ain Roua - Zemnoura, sur un terrain ayant approximativement 32 kilomètres d'est en ouest et 20 kilomètres du nord au sud, une occupation agricole très dense, indiquée par un grand nombre de maisons isolées, des fermes s a n s doute, presque t o u j o u r s placées à portée de t e r r a i n s p r o d u c t i f s s "La p o s i t i o n topographique de beaucoup d'entre e l - l e s semble indiquer une période d e grande sécurité; car i l ne paraît pas que, dans 1 e choix des emplace- ments, on se s o i t b i e n sérieusement préoccupé d u cas ou l ' o n a u r a i t quelque agression à redouter.

Sans doute plusieurs de ces position s sont parfaitement choisies au point de vue militaire, mais ce n'est p o i n t l e cas toujours remarqué dans l e s différentes p a r t i e s de l'Algérie que nous avons parcourues. Trois points seulement sont organisés en vue d'une défense éventuelle de la ville de SÊ83EI | un poste protégeant l e s approches de la ville en direction de SITIFIS ; un plateau très remarquable près du v i l l a g e d'El Hammam a u débouché des gorges du Guèrgour» La p l u p a r t des établissements de l a région étaient, a i n s i que nous l'avons d i t , des g i s o n s isolées ou de p e t i t s groupes d e maisons.

Cependantt nous avons relevé e n d i x - h u i t endroits des frâées d'agglomérations plus importantes : hameaux, petits villages, petits bourgs. Si l'on réfléchit que e#S localités plus ou moins considérables se trouvaient distribuées dans un espace de 15 à 20 kilomètres seulement sur 32, on admettra sans doute que cette régie»! devait être autre fois très florissantes.

En trois points l'abondance et l'étendue des ruines indiquent l'existence à l'époque romaine de véritables petites villes. L'un de ces points estjsitué à cinq kilomètres environ au sud de Zemmoura, vers 1 1 e x t r éfli té sud—es t de 1 a crête désignée sous l e nom de Ras e l K h e i l . Nous n'avons d ' a i l l e u r s à signaler à cet endroit que l'abondance des matériaux maintenant épars sur l e s o l . Mais les deux autres points : S e r t e i et E l Hâfiteam, méritent une d e s c r i p t i o n détaillée. "

NôttS ne parlerons pas ici de S e r t e i (Kherbet Gui- ér#) autrement que pour signaler l'importance des ves- tiges f Citadelles , ruines d e basiliques chrétiennes, gtMfâ&ros païens e t chrétiens, i n s c r i p t i o n s diverses, WfàÊ&qpfàt car, étant donné sa p o s i t i o n et son impor- Sûtts croyons u t i l e de 1 u i réserver une place âfifi# î» c h a p i t r e sur l e s v i l l e s romaines d e Kabylie.

HotéI VtNtÉ contenterons d e c i t e r seulement une phrase de &e rapport q u i semble confirmer 1 a profondeur d e 1*implantation romaine dansées régions : " I l ne s e r a i t pas impossible qu'on eût, à l'époque chrétienne, édi- fié l a b a s i l i q u e de S e r t e i sur 1» emçlaoemeiit «S'une c i - t a d e l l e21 IMPLANTATION ROMAINE été aussi c o n t i n u e l l e qu'on l e d i t souvent.

Mais i l y a p l u s , car, si,même parmi l e s premiers découvreurs de ruines romaines,certains ne se sont pas laissé arrêter par l e p r i n c i p e a p r i o r i : on ne décou- v r e que des postes m i l i t a i r e s , à une époque plus ré- cente, malgré l e s destructions progressives, nous t r o u - vons une confirmation de l'importance des établisse- ments romains ou berbéro-romains. En e f f e t , dans une "Excursion archéologique au Guèrgour"—Eté 1936-(23),

Les chi reconnut, parmi les vestiges donnés pour de s fortins, plusieurs ruines de chapelles chrétiennes. Non seulement i l retrouva une p a r t i e des ruines signa- lées par l ' A t l a s Archéologique de G s e l l , mais i l en a relevé d'autres a i n s i que des i n s c r i p t i o n s inédites. Nous c i t e r o n s seulement quelques l i g n e s de l a conclu- s i o n de cet a r t i c l e : "Tels sont l e s documents r e c u e i l l i s au cours d'une tournée d'une semaine dans une région q u i passe pour a v o i r été romanisée.

On remarquera, cependant, que la vallée moyenne du Bou Sellam a fourni des épftaphes attestait * un certain degré de romanisation e t une pra- tique di^platin. Mais, s u r t o u t , ce q u i frappe l e voya- geur a t t e n t i f , c'est l a pénétration du Christianisme au sein de ce pays berbère. A S i d i N'zar, à A i n Dokoar, au c o l d'Azrou, peut-être àKelouane, sûrement au Ham- mao-Cuergour e t à Algrège, l e Christianisme manifeste clairement sa présence.

Les fortins signalés sur les hauteurs sont, du moins ceux que nous avons visités, des chapelles ruinées q u i devaient jalonner l e s p i s t e s et l e s passages des c o l s . " Je n'aurai pas l'impertinence d'àjouter quelque cho- se à ce témoignage. Réservant pour une autre p a r t i e de ces NOTES sur l ' h i s t o i r e des Kabylies l a question d u Christianisme, j e l ' a i seulement cité comme preuve de la pénétration .romaine.



  NOTES SUR l'HISTOIRE DES KABYLIES


Malgré des ressemblances, la situation ne fut pas ident que en Grande Kabylie. Une voie romaine, venant d'ICOSIUM ( Alger ), suivait la côte en passant par RTJSGUNIJE (Cap M a t i f o u ) , RUSU- BICARI MATIDIJE (Mers e l Hadjadj). Après l'Oued Ser- bes ( isser ) , on rencontrait le municipe de CISSI dont les ruines nombreuses couvraient une étendue assez importante e t q u i était protégé par des m u r a i l l e s , puis RUSUCCURU ( Dellys ) .

Nous savons peu de choses sur cette ville qui , d'après les vestiges connus, couvrait près de 25 hectares.

Suivant toujours la côte, où les traces de constructions : antiques ne sont pas rares, l a route arrive aux deux v i l l e s de IOMNIUM ( T i g z i r t ) e t de RUSUPISIR ( Tak- sëbt) dont nous aurons àparlerun peu plus longuement* Restent deux points assez importants : KUZAZUS (Port» Gueydon), puis l e s ruines de K s i l a , qu'on i d e n t i f i e par fois avec Rusupisir.

Enfin, passés les restes visibles à l'embouchure de l'Oued Daas ( V a b a r ? ) , ^ ^ route s'éloigne un peu des falaises trop à pic , pour suivre les crêtes vers Toudja et Saldse toute proche. Il existait aussi une voie importante qui suivait à peu près Ta direction de la route actuelle : Méner- ville , Tizi-Ouzou, E l Kseur, Bougie.

La région de Ménerville - Bordj Ménaiel possède d e nombreuses ruines romaines q u i décèlent l'existence d'établissements agricoles actifs . La ville de Dra Zeg E t t e r était un nœud de communication important puisque des routes la reliaient aux villes de la côte : C i s s i , Rusuccuru, également encore au p e t i t centre de TIGISI (Horace Ver- net) e t , probablement, vers l e sud, à Boghni, CASTEL- LUM AUDIENSE ( A i n Bessem) e t AUZIA (Aumale).

La route principale, quittant Dra Zeg E t t e r passait légèrement au sud, semble-t-il, d'Haussonvillers. C'est de ce côté que se trouvait le CASTELLUM TULLEI ( Diar Miami), où un chef kabyle commandait au n o m de Rome au I I I e siècle.23 IMPLANTATION ROMAINE

Laissant un peu au nord l'emplacement de l'actuel Tizi-Oùzou, la route suivait à flanc de coteau 1a rive gauche du Sebaou gardée par de nombreux fortins dont l'un, le centenarium d'Aguemoun Oubékâr, au nord de F o r t - N a t i o n a l , a v a i t été c o n s t r u i t par 1 e praefectus Aurelius Masaisilen, berbère l u i aussi. Après a v o i r f r a n c h i c e t t e région ou l e s vestiges sont encore nombreux, l a voie a t t e i g n a i t BIDA (Djemaa Saharidj) (25) dont nous devrons r e p a r l e r un peu plus longuement.

A l'est, la route semble ne plus rencontrer que des postes mili t a i res. Signalons seulement parmi eux Ksar En Chebel, à l'ouest du village du peine nom, à une altitude de 860 mètres. Ce fort carré, d e 50 mètres de côté, flanqué de tours rondes, était c o n s t r u i t en p i e r - res de t a i l l e sans ciment ; l'épaisseur de l a m u r a i l l e était d'un mètre cinquante environ. Dominant bien la région, il pouvait, selon V i g n e r a l , communiquer par signaux lumineux avec l a tour q u i se trouve au pied du Tamgout des A i t Djennad e t notée sur l e s cartes §ous l e nom de Daouark q u i elle-même a v a i t vue sur. le poste mili t a i r e de Ruzazus.

Une inscription indique que cette tour , tombée en ruine , a été relevée par les habitants de Ruzazus sous l e règne de Septime Sévère. I l e x i s t a i t , non l o i n de là, une fontaine aménagée par les Romains, mais e l l e a été entièrement r e f a i t e vers 1950 ( 27).

Signalions encore le fort de Ksar n Kebbouche, a u sud—est d'Adekar. Construit également en p i e r r e s b i e n taillées, sans ciment, ses côtés l e s plus longs mesu- rent environ quarante mètres. I l s u r v e i l l a i t l a route qui a l l a i t vers Saldae p a r l e s crêtes d e Toudja e t l'embranchement q u i descendait vers Tusuptu. I l semble b i e n qu'une p i s t e d e v a i t , vers l e nord, r e j o i n d r e u n point de l a côte, peut—être K s i l a .

Nous n'avons pas l ' i n t e n t i o n de signaler toutes l e s ruines reconnues, mais, après c e t t e vue d'ensemble e t avant d'évoquer 1'importance de certaines v i l l e s , i l paraît u t i l eNOTES sur l'HISTOIRE des KABYLIES 24 t a n t s , relevés à proximité du massif du Djurdjura l u i - même.

Tout d'abord, à l ' e s t de l'Oued Bougdoura, un f o r t carré de 45 mètres de côté : Ksar mta Bent es Soltan; chez l e s Beni Zmenzer, p l u s i e u r s ruines e t des p i e r r e s tombales à E l Kheloukh e t un f o r t à Aguemoun, Si nous nous rapprochons de l a haute montagne, t o u t à l'ouest, une petite forteresse existait à Takdempt, chez les Ait Khalfoun.

A Tizi Kheniff, en dehors des vestiges d'un poste m i l i t a i r e et de débris de poteries , de briques, on a trouvé autre fois des tombes. Plus près de Dra ël Mizan, les pierres et vestiges sont plus nombreux, au p o i n t que, près de l a source d'Ain Zaouia, Vigneral c r o i t à l'existence d'un " p e t i t centre a g r i c o l e q u i a-pu c o u v r i r u n hectare e t de- mi» (28). ^

Chez les Ait Mendès, à Aima n Ezmala, un poste militaire "qui a dû être considérable" (29). Notons l a Çoumaa Iroumien, sans doute p e t i t poste militaire, ^ et, plus à l'est , près de Tigounseft, les vestiges d'Azrou n Tiri , où l'on a retrouvé, avec des p i e r r e s taillées, des t u i l e s et un chapiteau : "Ce monument a u r a i t été un édifice païen ou chrétien destiné à attirer de loin les regards".

Non loin de là, encore dans l e massif du K o u r i e t , l e poste militaire d'Irbir. A deux—cents mètres de T i - gounseft, on v o i t sur u n rocher long de 20 mètres et large de 6 ou 7, un poste romain bien caractérisé : il comprenait un réduit de pierres de taille cimentées auquel on accédait par une fente taillée dans 1e rocher.

Près de là a été trouvée u n e médaille p o r t a n t une effigie de l'empereur "Antoninus" ( fin du Ile ou début du IIIe siècle.

Dans l a vallée des A i t Bou A s s i f toute proche, 1 a fontaine du marché a été signalée comme romaine. Près du village d'Ait Bou Mahdi, un petit bâtiment de 5 mètres de côté, en moellons b r u t s avec chaînes d e b r i - ques, surmonté d'une sorte de pyramide, e s t c e r t a i n e - ment un tombeau. Personne dans l e pays ne se souvient25 IMPLANTATION ROMAINE qu'il a i t existé quelque autre ruine à proximité. Enfin , des vestiges romains ont été signalés à Tiroual, villa g e touchant l a montagne. Il semble difficile de retrouver ces traces reconnues a u t r e f o i s par Aucapitaine. Vigneral note t o u t e f o i s a u s u j e t d e ce l i e u . : •Je ne l ' a i pas visité, mais j ' a i vu à Fort-Na- poléon des briques incontestablement romaines e t des fragments de ciment q u i en provenaient." Aussi ne faut-il pas s'étonner que M. Salama indique, non comme certain mais supposé, un embranchement de l a route Dra Zeg Etter-Aumale vers Boghni et Irbir .

Quelques autres ruines ont moins d'importance : des restes d'une conduite d'eau subsisteraient, encore ac- tuellement près de T i z i n Djemaa, au SSE de Michelet.

Quant à Koukou, où lion avait noté des pierres de taille et une citerne, iî semble difficile d'y trouver des vestiges romains qu'avait cru pouvoir signaler le Général Daumas, sur renseignements d'ailleurs. V i - gneral, d'accord avec la plupart de ceux qui ont visité ce site, déclare: "Je n'y vois, rien de romainque, peut—être, quelques briques cannelées dans 1 a Djemaa el Kebir et elles - ont pu être apportées ici de Djemaât es Sâhridj". Il ne fait pas de doute que les restes de murailles actuellement visibles datent de l'époque des Rois de Koukou (début du XVI© siècle)*

Sur un point au moins, on trouve quelques grandes briques plates dans la muraille . Elles ne sont pas de fabrication kabyle, mais pourraient être turques. 11 est certain que Koukou est peu éloigné de la voie romaine qui, venant de Djemaa Saharidj , passait près de Souama et, traversant le 3ou E e h i r , remontait près d'Ifira, ou elle est encore visible, vers Ksarn Chebel. Ce poste s e r a i t concevable comme surveillant la vallée pour contrôler l e s groupes berbùres venant d e l a région de Michelet.



Sources : François Deddpmmes - Ayamun Cyber-Revue de littérature berbère ( http://www.ayamun.com )



 

 

 

 

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