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ARTICLE 02
Les Femmes Kabyles dans la Guerre d'Algerie
Par : Abdenour Si Hadj mohand (LinkedIn) - 11 Aout 2017

Ibekaran le 9 Aout 2017
Nous sommes ici avec vous pour célébrer les mémoires de nos martyrs et le devoir accompli de nos Moudjahidines encore en vie.
Dans ce village Ibekaren connu pour ses nombreux enfants intrépides qui se sont sacrifies pour la liberté.
Notre intervention a trait aux investigations, recherches, cueillettes de témoignages et écriture se rapportant a la période de 1954 à 1962.
Nos écrits n’ont évidemment pas perdu de vue les périodes de la colonisation antérieures a l’occupation française.
Pour une meilleure compréhension de l’Histoire de l’Algérie, nous, même si nous ne faisons que survoler le sujet, nous parlons aussi des vandales.
Des romains, des espagnols, des turcs et des français depuis 1830.
Mais notre travail est plutôt dans le détail la période de 1954 à 1962. dans la région de Kabylie.
Des voix se sont élevées pour nous reprocher ou simplement chercher à comprendre pourquoi ce choix a porté sur la kabylie, alors que la machine infernale du colonialisme inique s’est abattue sur toute l’Algérie d’Est en Ouest et du Nord au sud.
L’explication est fournie dans un de mes ouvrages, par le fait objectif d’y’être né dans cette région et d’y avoir vécu en témoin vivant une bonne partie de ces événements.
Du reste mes écrits ne sont pas limités seulement à cette région puisque des ouvrages ont été consacrés au Sahara dans la région de la Saoura, a la fédération FLN de France,
Le thème de notre intervention pour aujourd’hui est :
la place et le rôle de la femme dans la révolution en Kabylie.
Pourquoi ce titre ?
Nous savons que la société traditionnelle n’a pas pour vocation à exhiber la femme encore moins ses actes de bravoures et qui plus est lorsque celle-ci est livrée a toutes sortes d’exactions, d’humiliations et de services de toutes sortes.
Le sacré gauche oblige, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille comprendre que l’apport de la femme dans le combat libérateur doit être réduit a un rôle passif, voire sans aucune signification, ni influence dans le déroulement et l’aboutissement du conflit armé.
Si des exploits de cette gente ne font pas la une des journaux, ou encore les récits de livres ou de films documentaires, en tous cas rares, c’est parce que l’historien, le romancier, le journaliste, le cinéaste, ne disposent pas de récits de témoignages détaillés sur le rôle de la femme dans la société en général et dans la guerre en particulier.
Et ce n’est certainement pas ce qui pouvait réduire a néant son héroïsme, son rôle déterminant dans le combat contre l’occupant.
Dans notre travail de recherche sur les événements de la guerre, nous avons pu nous rendre compte que la femme s’est imposée dans le mouvement libérateur.
En nous intéressant de plus prés a quelques icones de cette révolution qui sont du reste nombreuses dans cette région de Kabylie, les noms de femmes ayant assumé des responsabilités au sein de l’organisation armée ont émergé d’eux-mêmes d’où notre plus grand intérêt a entreprendre d’aller dans le détail en élargissant davantage notre champ d’action, en généralisant notre action sur toute la wilaya 3 historique.
Nous avons été amenés presque sans difficultés aucune, a replacer ces femmes dans l’organisation logistique de l’ALN au sein du combat.
Les missions des femmes vont du renseignement et liaisons à la collecte de fonds, la distribution, l’approvisionnement en produits alimentaires, vestimentaires, médicaux, mais aussi d'armes et munitions servant aux attentats.
La gestion de refuges et refuges avec abris est confiée bien sur aux femmes.
Certaines d’entre elles ont assuré des rôles de direction de cellules armées en qualité de chef de secteurs.
Nos travaux a travers la Grande Kabylie, dans un premier temps se sont étalés sur les régions de Ain El Hammam, Tizi Ouzou, Larba Nath Irathen, Yakouren, Ouaguenoun, Draa el Mizan ont abouti a restituer des faits autour de ces moudjahidates car elles ont été au centre des événements auxquels nous avons consacré un certain nombre d’ouvrages. Déjà édités, ou en cours d’édition.
En Algérie et a l’étranger.
Il s’agit : entre autres
- Les maquisards de la première heure.
- Les troupes du colonel Amirouche.
- Ces femmes qui ont combattu la France.
- La légende Djurdjura.
- Mémoires d’un enfant de la guerre.
- Amar Ait Cheikh, la genèse de la révolution en Kabylie.
- Des malades algériens dans les prisons françaises.
On retrouve évidemment à coté des grands maquisards comme Amirouche, Mohand Oulhadj, Mehanna Izemraken, Moh Nachid, Krim Belkacem, Krim Rabah, Ahmed Dekli, Amar Ait Cheikh, djoudi attoumi, Rachid Adjaoud, Hammou Amirouche, Lounis Mezine, M’Hand Iakouren, Marzouk ait Boukhoulaf, Hocini Djaffar, Aroua Mohand Oussalem, Si Hadj Mohand Cherif, Belaid Tirourda, Mohand Oussaid Ait Said,Belkissen Mouloud, Merzouk Ath Ouamara, et beaucoup d’autres…des femmes méconnues du public pour des raisons de sécurité, mais néanmoins célèbres par leur contribution précieuse ;
je cite ;
- Zahra Bouahdouche qui a désarmé un harki en le délestant de
son mat 49.
- Tourkia Yefsah a désarmé un militaire francais, cette
femme a été decorée par le colonel Amirouche lui-même.
- Thawarmichth d’Aguemoun occupait le poste de responsable
de chef de secteur.
- El Djouher Ath Mhand de Azzouza, a occupé le poste de chef
de secteur.
- Ouerdia et Ferroudja, responsables de secteurs a Tizi Rached.
- la sergent Koula de Douar Beni Fraoucen de Tizi Bouamane.
- Asma Ouerdia de Redjaouna Tizi Ouzou, a géré un refuge avec
abri, son mari blesse, capturé, et condamné a mort, son fils de 3 ans a été blesse.
- Guenif Louiza épouse Fellak dit Nouara Michelet.
- Ouerdia Chara d’Ouaguenoun Makouda.
- Amrane Ouerdia.
- Amrane Zahra dit Malika veuve Krim Rabah, poseuse de bombes.
- Zahra est née à Bouzeguene en 1939 et décédée en 2015. Capturé et emprisonnée.
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