
La femme kabyle révolutionnaire
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La femme kabyle révolutionnaire incarne le courage, la résistance et le sacrifice face à l'oppression coloniale, marquant profondément l'histoire de l'Algérie. Qu'il s'agisse de la résistance du XIXe siècle ou de la guerre de libération nationale (1954-1962), elle a brisé les barrières sociales pour s'imposer comme un pilier militaire, logistique et culturel.
Les figures emblématiques de la résistance
Plusieurs femmes de Kabylie ont gravé leur nom dans l'histoire par leurs actions héroïques :
• Lalla Fatma N'Soumer (1830-1863) : Surnommée « la Jeanne d'Arc du Djurdjura », cette cheffe de guerre et guide spirituelle a unifié les tribus kabyles. Elle a infligé de lourdes pertes à l'armée coloniale française dans les années 1850 avant d'être capturée. • Malika Gaïd (1933-1958) : Infirmière et militante active durant la guerre d'indépendance. Elle a rejoint le maquis dans la Wilaya III (Kabylie) pour soigner les moudjahidines avant de tomber les armes à la main. • Fadhma Aït Mansour Amrouche (1882-1967) : Bien que son combat ait été plus culturel et littéraire, elle a posé les bases de la préservation de la mémoire et de l'identité kabyle à travers ses écrits précieux. • Les Militantes de la Guerre d'Indépendance : Durant la Révolution (1954-1962), d'innombrables femmes originaires de Kabylie se sont engagées au sein du FLN. Elles ont joué des rôles cruciaux, allant du renseignement et du transport de fonds à la pose de bombes, ou en tant qu'infirmières et combattantes au maquis.
Les rôles multiples pendant la Guerre d'Algérie
Au-delà des icônes, des milliers de femmes anonymes ont agi dans l'ombre au sein de la Wilaya III : • Les maquisardes (Moudjahidates) : Elles ont pris les armes ou servi comme infirmières, secrétaires et agentes de liaison dans les montagnes escarpées du Djurdjura. • Le soutien logistique (Fidayates) : Elles transportaient des armes, de la nourriture, des médicaments et des informations cruciales sous leurs vêtements traditionnels. • Les gardiennes de refuges : Elles transformaient leurs maisons en abris secrets pour les combattants du FLN, au péril constant de leur vie.
La résistance par la culture et la poésie
La révolution de la femme kabyle s'est aussi menée par les mots. En Kabylie, la poésie féminine orale est passée d'un rôle éducatif à un véritable vecteur de propagande politique. Les chants révolutionnaires (comme ceux de la résistante Tawes) servaient à galvaniser les troupes, à pleurer les martyrs et à mémoriser les événements de la guerre pour contourner la censure.
Au cœur de la société et de la culture
• Le soutien logistique : Dans les villages de Kabylie, les femmes ont assuré la survie de la révolution en nourrissant, cachant et soignant les moudjahidines au péril de leur vie. • La transmission mémorielle : Gardiennes des traditions, de la langue (tamazight) et de l'artisanat, elles ont également transmis l'esprit de résistance et l'identité amazighe à travers les générations. • La poésie et le chant : Des artistes comme Taos Amrouche ont œuvré pour la sauvegarde du patrimoine oral kabyle. Les chants traditionnels (comme l'Ashekra) ont souvent servi de vecteurs pour immortaliser les actes de bravoure et les deuils de la guerre.
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Source : L’association Miages-djebels