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Congres de la Soummam   (2/2)

 

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La rencontre ayant changé le cours de la Révolution




Réunir les chefs de la révolution dans une zone étroitement surveillée quadrillée par l’armée coloniale et ses supplétifs est un coup d’audace qui semble davantage se rapprocher de la témérité, si l’on ne connaissait le caractère bien trempé des organisateurs et surtout leur génie militaire inné. «Il faut être fou pour organiser un congrès dans cet endroit», aurait confié Abane Ramdane, l’un des artisans de ce coup de maître.


  Opérer un découpage territorial de l’Algérie


En effet, un seul couac dans l’organisation et la révolution aurait été décapité. 2 ans après le déclenchement de la lutte armée, en effet, les combats se sont étendus à quasiment tout le territoire national, tandis que la délégation extérieur du Front de libération national (FLN) s’affairait à réunir des soutiens internationaux à la cause du peuple algérien, mais la répression coloniale aussi s’est fortement accentuée tant sur la population, largement acquise à l’idée de l’indépendance, que sur les unités des moudjahidine dans les maquis.


L’impératif est vite apparu de faire le bilan du chemin parcouru et d’apporter des correctifs aux limites de l’action armée entreprise de façon empirique, de définir une nouvelle organisation des maquis, d’unifier les rangs du FLN et de l’ALN, d’opérer un découpage territorial du pays, de définir les prérogatives et responsabilités à tous les échelons, dans l’objectif d’imprimer une nouvelle dynamique au combat libérateur avec une orientation plus précise de ses objectifs, tout en esquissant les contours de l’avenir du pays en posant les jalons d’un état algérien.


  Les artisans du Congrès de la Soummam


Le congrès était initialement prévu à la Kalaa Nath Abbas (Ighil Ali), après avoir écarté l’option de le tenir dans le Constantinois. Cependant, en plein préparatifs, une patrouille de l’ALN, parmi lesquels se trouvaient Amar Ouamrane, Slimane Dehiles, de son nom de guerre Si Sadek, Krim Belkacem et Saïd Mohammedi, tomba dans une embuscade et la mule qui portait les documents secrets s’est enfuie et a été récupérée par les soldats français. Toutefois, les autorités coloniales ont été incapables de tirer profit de cet avantage. Bien évidemment, la prudence imposa aux organisateurs de changer le lieu de réunion et le choix s’est porté sur le village d’Ifri, aujourd’hui dans la commune d’Ouzellaguen (Ighzer Amokrane), wilaya de Bejaia.

Ce sont les katibas de la wilaya III, sous le commandement du célèbre colonel Amirouche, qui ont sécurisé les travaux de ce congrès. Le défi était colossal pour maintenir au secret un tel événement. Le colonel Amirouche comptait certes sur la bravoure de ses hommes, sur un relief qui leur permettrait de pouvoir surveiller toute la région et des issues dans le cas où le secret était éventé, mais surtout sur une population totalement acquise au FLN.

Les 3.000 hommes qui ont participé à quelque titre que ce soit à cette audacieuse réunion qui s’est tenue du 13 au 20 août 1956 dans un modeste village de montagne, Ifri, ont pu achever leur travaux et mener à bien leur mission. Parmi eux, il y avait Abane Ramdane, Zighoud Youcef, Larbi Ben M’hidi, Krim Belkacem, Lakhdar Bentobbal, Amar Ouamrane, Amirouche, Slimane Dehilès, Commandant Azzedine, Si Lakhdar, Ali Khodja et Ali Mellah. Le Congrès de la Soummam sera un moment historique majeur dans la suite de la guerre de libération et Ifri un lieu mythique du déroulement de cette rencontre des chefs de la révolution.


  La plateforme du Congrès de la Soummam


Les décisions prises durant cette rencontre seront rassemblés dans un document connu comme la charte (ou la plateforme) de la Soummam, qui sera désormais un code de conduite incontournable pour tous les responsables de l’ALN et du FLN, tout en clarifiant les rapport entre ces deux entités, avec l’affirmation du principe de la primauté de l’intérieur sur l’extérieur, et l’institution d’un pouvoir collégial dans les prises de décision.

Outre cet aspect organisationnel interne pour donner un nouveau souffle à la lutte armée et l’intensifier, cette charte insiste sur la nécessité d’internationaliser le problème algérien. La répression fut féroce quand les autorités coloniales apprirent la nouvelle. Les villages ont été bombardés, les habitants concentrés dans des camps de regroupement, torturés. Quatorze villages furent totalement rasés et déclarés zone interdite. La France sera contrainte d’engager toujours plus de troupes, de perpétrer toujours plus de massacres, en vain.




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