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Histoire par la litterature

 

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La Liberation


L'Algérie, une création française ? Déconstruction du mensonge colonial


Mohammed Ibn Najiallah

Depuis plusieurs décennies, il existe un certain discours qui est entendu sur divers plateaux de télévision française de la part de certaines personnalités médiatiques bien connues. Cette tirade a pour substance idéologique la négation la plus absolue de l'existence d’un État, d’une nation, et même d’une identité algérienne pré-coloniale.
En effet, selon ces intellectuels et autres polémistes, l'Algérie actuelle ne doit son existence qu'à l'entreprise coloniale française du début du 19e siècle et de l'entrée des troupes françaises dans le centre Tamazgha. Avant la conquête, paraît-il, cette vaste terre du Nord de l'Afrique n'était pourvue d'aucune trace de civilisation, et était peuplée par un conglomérat de tribus bédouines dont l'infériorité manifeste les poussait, de manière naturelle, à une disparition inéluctable. L'intervention de la France aurait, grâce à sa supériorité morale, intellectuelle et industrielle, non seulement permis au peuple autochtone musulman de s'épargner une disparition programmée, mais, en plus, elle lui aurait offert une existence et une place dans l'histoire.
Nous allons, dans cet ouvrage, qui est, précisons-le, le premier au monde à traiter en profondeur de ce sujet, procéder à une déconstruction totale de ce mythe colonial faisant de l'Algérie, terre des Berbères antiques et des Arabophones, une vulgaire création coloniale, d'une part, en retraçant l'histoire du pays, des temps les plus anciens jusqu'à notre époque moderne, et, également, en réfutant la rhétorique fallacieuse des nostalgiques de l'Algérie française. A la propagande fallacieuse politicarde et orientée idéologiquement, c'est par des recherches et des études politiques claires que nous répondrons. Enfin, c'est avec une réelle réflexion des mouvements et des faits politico-historiques que nous réfuterons les allégations et autres inepties dénuées de tout fondement que répètent avec zèle les affabulateurs algérianophobes.  


Algérie 1962


Malika Rahal

Historienne, chargée de recherche au CNRS, est spécialiste de l'histoire contemporaine de l'Algérie. Elle dirige, depuis 2022, l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP). Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages, notamment d'une biographie d'Ali Boumendjel, avocat et militant nationaliste assassiné en 1957 (Belles Lettres, 2011 ; réed. poche : La Découverte, 2022).

En Algérie, l'année 1962 est à la fois la fin d'une guerre et la difficile transition vers la paix. Mettant fin à une longue colonisation française marquée par une combinaison rare de violence et d'acculturation, elle voit l'émergence d'un État algérien d'abord soucieux d'assurer sa propre stabilité et la survie de sa population. Si, dans les pays du Sud, cette date est devenue le symbole de l'ensemble des indépendances des peuples colonisés, en France, 1962 est connue surtout par les expériences des pieds-noirs et des harkis. En Algérie, l'historiographie de l'année 1962 se réduit pour l'essentiel à la crise politique du FLN et aux luttes fratricides qui l'ont accompagnée. Mais on connaît encore très mal l'expérience des habitants du pays qui y restent alors.
D'où l'importance de ce livre, qui entend restituer la façon dont la période a été vécue par cette majorité. L'année 1962 est scandée par trois moments : cessez-le-feu d'Évian du 19 mars, Indépendance de juillet, proclamation de la République algérienne le 25 septembre. L'histoire politique qu'ils dessinent cache des expériences vécues, que restitue finement Malika Rahal au fil d'une enquête mobilisant témoignages, autobiographies, photographies et films, chansons et poèmes. Émerge ainsi une histoire populaire largement absente des approches classiques : en faisant place au désespoir des Français d'Algérie dont le monde s'effondre – désarroi qui nourrit la violence de l'OAS –, elle relate le retour de 300 000 réfugiés algériens de Tunisie et du Maroc, la libération des camps de concentration où était détenu un quart de la population colonisée, ou la libération des prisons, ainsi que les spectaculaires festivités populaires. L'ouvrage décrit des expériences collectives fondatrices pour le pays qui naît à l'Indépendance : la démobilisation et la reconversion de l'Armée de libération nationale, la recherche des morts et disparus par leurs proches, l'occupation des logements et terres laissés par ceux qui ont fui le pays. Une fresque sans équivalent, de bout en bout passionnante.  


Notre ami Bouteflika - De l'Etat rêvé à l'Etat scélérat


Mohamed Benchicou

Janvier 2010. Alger est devenue Chicago des années trente. Le chef de la police est abattu dans son bureau. Qui l'a tué ? « Affaire de clans », dit-on à Alger. Le sang mêlé aux affaires d'argent sale. Le ministre de l'Energie, celui des Travaux publics, celui de la Santé, ou encore l'ex-président de l'Assemblée nationale, tous « amis du président », sont gravement mis en cause dans des affaires de détournement de milliards d'euros blanchis dans l'immobilier dans les quartiers chics d'Alger, Paris et Barcelone. Un Etat voyou ! Comment en-est-on arrivé là ? C'est toute l'histoire d'un stratagème, d'une formidable opération de camouflage et de travestissement, orchestrée conjointement par la caste militaire d'Alger, des capitales occidentales, à leur tête Paris et des monarchies arabes qui, chacun pour ses secrètes ambitions, vont fabriquer de toutes pièces, ce 15 avril 1999, ce personnage factice qui allait duper le monde pendant dix ans, stoppé l'élan novateur de la société algérienne et faire le lit d'une kleptocratie, un pouvoir de malfrats, qui dirige aujourd'hui un Etat perverti, vide le pays de sa richesse et se livre aujourd'hui une guerre de gangs ...  


Langue et pouvoir en Algérie: Histoire d'un traumatisme linguistique


Mohamed Benrabah

C'est bien d'un combat qu'il s'agit dans ce livre. Un combat contre l'hypocrisie, contre la langue de bois, contre le conformisme islamo-nationaliste, contre une politique linguistique qui a voulu réduire au silence l'Algérie réelle, contre un pouvoir qui s'est installé dans un déni constant des réalités culturelles et linguistiques de ce pays. La langue est le lieu où s'exprime et se construit le plus profond de la personnalité individuelle et collective. Elle est un lien entre passé et présent, individu et société, conscient et inconscient. Elle est le miroir de l'identité. Elle est l'une des lois qui structurent la personnalité. Elle ne peut être ravalée au rôle d'instrument politique, quel qu'en soit le but. Le pluralisme des langues en Algérie exprime le pluralisme réel de la Société, il en est une composante déterminante. Le rôle du pouvoir politique en démocratie n'est pas d'ignorer ce pluralisme, encore moins de le réduire par voie autoritaire, mais d'en garantir le libre exercice par l'établissement de règles permettant dialogue et coexistence. La question de la langue en Algérie est indissociable de celle de la démocratie, seul avenir acceptable pour ce pays. Il faut savoir gré à Mohamed Benrabah de le rappeler dans ce livre incisif, lucide et courageux ...  


Berbères aujourd'hui


Salem Chaker

Berbérisant d’origine kabyle (Algérie), Salem Chaker est spécialiste de linguistique berbère (syntaxe, diachronie, sociolinguistique). Il a fait ses études à l’Université de Provence et à l’Université de Paris-René Descartes (doctorats soutenus en 1973 et 1978). Après un début de carrière à la Faculté des Lettres d’Alger et au CRAPE (1973-1981), il rejoint Aix-en-Provence (Université de Provence et Cnrs : 1981-1989) où il poursuit ses activités de recherche dans le cadre du laboratoire fondé et dirigé par Gabriel Camps (LAPMO, UA 164 du CNRS/Université de Provence) ...

Même pour l'observateur non-spécialiste du Maghreb, il est désormais devenu évident que le paramètre berbère s'est imposé comme élément important du champ politique et socioculturel, tant en Algérie qu'au Maroc. Cette nouvelle édition, du fait des évolutions récentes, est, plus que la première, focalisée sur l'Algérie et principalement la Kabylie. C'est que la Kabylie occupe une place à la fois spécifique et pionnière par rapport à la " question berbère ".  


Au fil des Algéries


Rabeh SEBAA

Rabeh Sebaa est universitaire, Docteur d'Etat en Sociologie. Enseignant-chercheur et responsable du projet "l'Algérie dans la Méditerranée" à la Faculté des sciences sociales de l'Université d'Oran. Il est auteur d'essais, de nouvelles, de récits, ainsi que de plusieurs publications dans des revues internationales.

Sur une décennie ces textes traitent de questions diverses sous formes de publications scientifiques, d’entretiens ou d’articles de presse ayant pour objet focal l’Algérie, mais aussi son rapport à la Méditerranée. Notamment la place qu’elle occupe dans la Mare Nostrum reconfigurée. La question linguistique ou la place des sciences sociales en Algérie reviennent de façon récurrente. Mais il est également question des dimensions culturelles, des sociabilités en devenir, des mouvements sociaux émergents, de liberté d’expression ou du mal être social qui s’exprime par l’immigration clandestine dénommée harga ou par l’immolation, phénomène récent trop souvent mal lu. C’est au creux de cette inquiétude indignée que ces textes out puisé leur sève. Dans une contrée ou la parole vive est souvent vouée à l’exil. Cernée de toutes parts par les innombrables vigiles de l’insignifiance ravageuse. Ces porteurs obscurs de l’immanente inanité, propagateurs impénitents du dessein créaticide. Tous ceux qui veulent condamner l’Algérie à une suffocante exiguïté. Cette Algérie où l’imagination n’arrête pas de voyager. Cette terre indomptée où tout incite à aimer et à rêver ...  


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