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La Nationalisation du Commerce Extérieur et de la Diversification des Echanges

 

 


En matière de commerce extérieur, comme pour les autres domaines, le cadre institutionnel colonial n'était conçu qu'en fonction des intérêts colonialistes. La Révolution Algérienne victorieuse ne pouvait évidemment s'accommoder d'une telle situation. Aussi, dès la libération, devint-il nécessaire d'ouvrir de nouveaux horizons au commerce algérien et de lui définir une nouvelle stratégie, dictée par les seuls intérêts de l'économie nationale.


Au-delà de la notion de simple commerce, il s'agissait pour l'Etat d'arrêter et de mettre en oeuvre une politique commerciale strictement algérienne, résolument tournée vers la construction d'une économie indépendante.
Dès 1963, des impératifs financiers et économiques vont pousser le gouvernement algérien à prendre des mesures protectionnistes: il s'agissait, en recourant à la taxation douanière ou au contingentement, de protéger l'industrie locale, en même temps que de rétablir l'équilibre de notre balance commerciale.
Il fallait en outre opérer une diversification des échanges pour assurer une plus grande indépendance économique du pays.
Il fallait toutefois attendre le redressement du 19 Juin 1965 pour voir se définir clairement une politique commerciale et l'Etat se doter d'instruments efficaces de contrôle sous la forme d'organismes mixtes ou gouvernementaux

Dans une première étape, des organismes mixtes, appelés groupements d'achats, se sont vu charger de l'importation exclusive de produits tels que les laits en conserves, les peaux, les textiles, les bois.

Ils coordonnent les programmes d'importation, veillent à la conservation des stocks et peuvent être éventuellement chargés de la commercialisation de ces denrées. Ces groupements sont contrôlés par'l'Etat à travers leur Conseil d'Administration et servent ainsi à prévenir la constitution éventuelle de monopoles privés.


Cet avantage est encore plus marqué par l'existence de [Office National de Commercialisation (O.NA.CO.). Celui-ci avait pour mission première de "favoriser l'exécution ou de réaliser toute opération d'intérêt national, de caractère économique, décidée par le gouvernement".
C'était là une tâche aussi imprécise que possible. Aussi, en 1965, de nouvelles dispositions sont-elles venues remanier et élargir les responsabilités de l'O.NA.CO. qui régit à présent le monopole des importations de nombreux produits alimentaires représentant 20% des importations totales algériennes.
Des sociétés nationales se sont vu, parailleurs, attribuer le monopole des importations de biens d'équipement.
Par ce biais, le Gouvernement a poursuivi patiemment, de 1965 à ce jour, la tâche ardue mais nécessaire d'opérer une nationalisation totale des importations. Ainsi, la Société Nationale de Sidérurgie (S.N.S.) et la Société Nationale de Constructions Mécaniques (SO.NA.CO.ME.) maîtrisent actuellement dans leur totalité les entrées des produits sidérurgiques et mécaniques.
De leur côté, la Société Nationale des Matériaux de Construction (S.N.M.C.) et la Société Nationale des Industries de la Cellulose (S.O.N.I.C.) contrôlent étroitement les importations respectivement des matériaux de construction et des matériaux servant à la fabrication du papier.


La Compagnie Nationale Algérienne de Navigation (C.N.A.N.) détient le monopole des activités d'acconage, de manutention, de transport et d'affrètement maritime, comme dans un tout autre domaine, la Société Nationale d'Edition et de Diffusion (S.N.E.D.) est chargée du monopole des entrées de papier et de livres.
Le contingentement, par ailleurs, a été notablement renforcé, justifié par le double souci d'encourager la production nationale et de consacrer les devises à l'importation des biens d'équipement nécessaires à la réalisation du Plan quadriennal.
C'est d'ailleurs pour soutenir cette volonté de vaincre le sous-développement que les exportations de l'Algérie connaissent, depuis 1965, un accroissement remarquable. Outre l'exportation, d'année en année plus importante des produits de notre jeune industrie, nos ventes de matières premières sont en augmentation constante.

Au premier rang viennent évidemment les hydrocarbures qui représentent 75 % des exportations avec plus de 3 milliards 500 millions de dinars en 1971 et plus de 5 milliards prévus pour 1972.


Quant aux produits miniers bien que de plus en plus traités en Algérie même, ils voient leur exportation progresser notablement et atteindront en 1973 la somme record de 270 Millions de D.A. (160 Millions en 1969), ce qui les fera participer plus efficacement encore à l'équilibre de la balance:commerciale.
Il est vrai que les produits de l'agriculture, qui ont longtemps constitué le plus gros de nos exportations, ont notablement régressé. Mais ce recul n'est pas imputable à une baisse de production. Il est consécutif aux problèmes posés par la commercialisation des vins en même temps qu'à un accroissement ^sensible de la demande interne, due à une amélioration du niveau de vie des populations. Il n'en reste pas moins que 800 Millions de dinars ont été rapportés à l'Algérie par ces produits en 1969 et que l'agriculture espère dans les années à venir contribuer beaucoup plus largement à l'amélioration de la balance commerciale de l'Algérie.

D'autre part, l'Algérie a entrepris de réaliser une diversification décisive de ses échanges avec l'étranger, aussi bien sur le plan géographique que sur celui de la nature des produits.

On ne peut s'empêcher d'évoquer, à ce sujet, les rapports de l'Algérie avec l'ex-puissance coloniale car, jusqu'en 1965, la France était pratiquement le partenaire unique sur le plan des échanges. Cette situation mettait l'économie du pays dans un état d'étroite dépendance à l'égard du marché français, avec tous les déboires qui n'ont pas manqué d'en découler. Qu'il suffise de rappeler la violation délibérée des accords quinquennaux passés en 1964 avec la France pour l'achat de contingents importants de vins algériens. Ce non-respect des accords a poussé le gouvernement à envisager et à entamer une coûteuse opération de reconversion du vignoble.
D'après la situation de la balance commerciale de l'Algérie avec tel ou tel pays, l'État a pu diriger les échanges vers certaines zones géographiques et les restreindre vis-à-vis de certaines autres. C'est ainsi que chaque année, un programme général d'importation est élaboré en fonction des objectifs fixés par le Plan. Dans le cadre de ce programme, des contingents à l'importation sont ventilés par zone monétaire et par pays.


Pour se conformer au principe du développement des échanges avec toutes les parties du monde, l'Algérie entretient actuellement des relations commerciales actives avec de nombreux pays de tous les continents.
Les résultats de cette politique deviennent d'année en année plus tangibles: bien que la France reste encore le principal fournisseur avec 42,4% en 1970 (78% en 1963, 59,5% en 1967) les échanges se caractérisent actuellement par un recul des relations commerciales avec la France et par la naissance de nouveaux courants avec d'autres pays (R.F.A.: 10%, Italie: 7,3%; Bénélux: 5,3%; USA: 8%; pays socialistes: 7 % en 1970).
Par ailleurs, avec la Communauté Economique Européenne, les échanges ne cessent d'accuser d'année en année une progression sensible (3 milliards 39 millions en 1969, 4 milliards 59 millions en 1970 pour les importations et 3 milliards 672 millions en 1970 contre 3 milliards 523 millions en 1969 pour les exportations).

Un problème toutefois subsiste avec la C.E.E., laquelle adopte depuis quelques années une attitude restrictive à l'égard de l'Algérie, bien que celle-ci n'ait cessé d'accorder des préférences tarifaires aux membres de cette organisation.

L'Algérie, membre de la C.E.E. du temps de l'occupation française préconise, depuis plusieurs années, la signature d'un accord global portant sur les échanges, la coopération et la main-d'oeuvre.
Quoiqu'il en soit, l'Algérie a décidé d'agir en pays souverain en entretenant des relations avec les autres pays sur la base du respect de cette souveraineté et en fonction des intérêts de son peuple.


 

 

 

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