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"OAS" et "Barbouzes"     (4 / 6)

 

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19 décembre 1961, la première manifestation unitaire contre l'OAS


Le 19 décembre 61 la guerre d'Algérie entre dans sa 6ème année. Des négociations se profilent à l'horizon que l'OAS veut empêcher. Trois grandes centrales organisent un arrêt de travail : à 11H la radio nationale cesse ses programmes pendant 15 minutes et diffuse un communiqué des syndicats.


19 décembre 61, la guerre d'Algérie entre dans sa sixième année, des négociations ébauchées à Evian se profilent à l'horizon que l'OAS veut empêcher : l'Organisation Armée secrète est dirigée par Salan, l'ex-général putschiste entré dans la clandestinité.


Pour la première fois, trois grandes centrales organisent un arrêt de travail. Ainsi, à 11 heures, la radio nationale cesse ses programmes habituels pendant 15 minutes et diffuse un communiqué des syndicats.

Quand on dit Delta à la fin l’année 61, c'est aux commandos meurtriers de l'OAS qu'on pense.

Delta 1, 7, 9 etc. Chacun reçoit quotidiennement son programme d'attentats à réaliser.

Exemple : le 18 décembre, rien qu’à Alger sont assassinés quatre musulmans à qui il faut ajouter un boulanger juif. Des dizaines d'Européens se réunissent devant un bar Algérie française : lui a été plastiqué par des anti-OAS, on chante la Marseillaise face à une banderole : « Nous sommes victimes du gaullisme ».

Des gaullistes ont en effet décidé de rendre coup pour coup. A la terreur répondons par la terreur. Le journaliste Lucien Bodard a titré un article début décembre : "Les barbouzes arrivent à Alger". Parmi eux, le fameux Dominique Ponchardier, surnommé Bibi Fricotin, auteur de la série policière Le Gorille : à ses hommes qui vont composer le groupe le Talion, il fait prêter serment sur un colt.

Inutile de dire que les méthodes d'interrogatoire des barbouzes n'ont rien à envier à celles de l'OAS.


Et en métropole ?


Le premier attentat visant le général de Gaulle a eu lieu en septembre.

Salan a envoyé de ce côté de la Méditerranée l'ex-capitaine Sergent pour organiser des "événements".

Le maire de la ville d'Évian où se préparait un premier round de négociations a été assassiné alors qu'il n'en pouvait mais non plus que les victimes d'un déraillement organisé le 28 juin à Vitry-le-François.

En décembre, Salan dépêche en France Canal, dit le monocle, qui va déborder Sergent sur sa droite en préparant des nuits bleues : des explosions un peu partout au même instant.


La violence peut opérer une séduction. L'OAS dispose des relais en métropole.


En témoigne un meeting le 16 novembre à Paris. Le commissaire Dides, conseiller de Paris, un colosse, et le fluet Georges Bidault, eh oui, l’ancien président du CNR de 44, en appellent à la résistance dans un climat électrique qui impressionne l'opinion. Et encore la salle de la Mutualité ne pouvait contenir que 3000 participants.


La gauche bien que très divisée est d'accord pour reprocher au gouvernement du général de Gaulle une politique illisible.


Son préfet de police Maurice Papon ne prend-il pas plus de précautions avec les partisans de l'Algérie français qu'avec le FLN dont la manifestation du 17 octobre a été férocement réprimée - des dizaines de morts.

Les méthodes auxquelles les Français s'habituent ne mènent-elles pas au fascisme ? Le mot revient sans cesse chez les orateurs de gauche qui rappellent que le pouvoir gaulliste procède d'une origine impardonnable, le coup d'éclat du 13 mai 58 ?


L'arrêt de travail du 19 décembre est accompagné d'une manifestation.


20/30 000 personnes peut-être mais il faut dire qu'elle a été interdite et que la police a empêché tout cortège de se former. Une centaine.

On en est là en France il y a soixante ans précisément. Que va- t-il se passer dans les trois mois qui séparent ce moment de la signature des accords d'Évian? Et que se passera- t- il en mars prochain quand il s'agira d'en rappeler le souvenir un mois avant la présidentielle ?


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