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Le bombardement de Sakhiet-Sidi-Youssef     (1 / 2)

 

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Massacres de Sekiet Sidi Youssef, un crime imprescriptible contre l'humanité


Les massacres de Sekiet Sidi Youssef font partie des crimes "imprescriptibles" commis par l’occupation française contre l’humanité, ont affirmé mercredi à Alger, des enseignants chercheurs lors d'une conférence tenue à l’occasion du 63e anniversaire de ces évènements sanglants.


Intervenant à l’occasion, le secrétaire général du Conseil consultatif de l’Union du Maghreb arabe (UMA), Saïd Mokaddem a souligné que ces évènements douloureux survenus le 8 février 1958 dans le village de Sekiet Sidi Youssef située dans la région frontalière algéro-tunisienne "constituent un crime imprescriptible contre l’humanité", car ils ont ciblé un peuple désarmé dans un village très calme ne comptant que quelques structures. Et d’ajouter :


la machine coloniale qui aspirait à assoir son hégémonie sur les richesses des peuples a exécuté son plan en se référant à un concept juridique, inspiré de la philosophie coloniale française, à savoir le droit de persécuter les révolutionnaires algériens où qu’ils soient même en dehors des frontières officielles du pays.


M.Mokaddem a également saisi l’occasion pour évoquer le dossier de la mémoire entre l’Algérie et la France et le récent rapport soumis, en janvier dernier, par l’historien Benjamin Stora à l’Elysée, favorable à la non reconnaissance des crimes de guerre commis contre les Algériens, soulignant que ledit document "obéissait à la même logique de la loi sur la glorification de la colonisation promulguée en 2005".

Les enfants du Maghreb sont appelés aujourd'hui à "renforcer leur position dans les négociations" par l'union, la coopération, l'établissement de partenariats équilibrés ente les différents pays de l'UMA, a ajouté l'historien.

Le 63e anniversaire de ces massacres "est une occasion pour que les leaders et chefs de l'Etat tiennent le sommet déjà en retard en vue de rattraper le processus de l'UMA".

Pour sa part, le chercheur et historien Djamel Yaihiaoui a souligné que le massacre perpétré à l'encontre des Tunisiens et Algériens dans le village de Sekiet Sidi Youcef a été préparé dans le cadre de la stratégie visant " serrer l'étau autour de l'armée de libération nationale (ALN) tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays par la mise en place des lignes barbelées Chale et Morice.

Les tentatives françaises de briser le lien politique, culturel et militaire entre l'Algérie et la Tunisie ont échoué , a-t-il poursuivi.


De son côté la représentante de l'ambassade de Tunisie en Algérie, Mme Nedjla El Abdouni a mis l'accent sur le rôle de la presse internationale présente à l'époque en Tunisie qui a dévoilé avec des images frappantes les crimes contre l'humanité commis contre les civils, rappelant que ce massacre était une occasion pour protester , à Tunis, contre les pratiques colonialistes de la France.

L'attaque française sur la Sakiet Sidi Youcef a fait 79 morts dont 20 enfants et 11 femmes outre 120 blessés.


Les évènements de Sakiet Sidi Youssef ont dévoilé les failles militaires de l'armée française


Le professeur d'histoire, Djamel Yahiaoui a affirmé, mercredi, que l'attaque menée par l'armée française, le 8 février 1958, à Sakiet Sidi Youssef (Tunisie) qui abritait des réfugiés algériens, durant la Guerre de libération nationale, a dévoilé "les failles militaires de l'armée coloniale française, après les échecs essuyés face à l'Armée de libération nationale (ALN) sur les frontières Est".


Intervenant au forum du quotidien El Moudjahid, M. Yahiaoui a affirmé que cette agression qui a vu le sang des chouhada algériens et tunisiens se mêler, "fut le point de départ pour remettre en cause les plans et capacités militaires de l'armée française qui, après les échecs essuyés face à l'ALN sur les frontières Est, s'en est pris à des citoyens innocents".

Il a rappelé, à cet effet, que l'année 1958 a été marquée par les coups de massue assenés par l'ALN aux forces d'occupation, ajoutant qu'au deuxième semestre de la même année, "près de 84 opérations militaires importantes ont été menées aux frontières Est, remettant en cause les capacités martiales de l'armée française".

En réaction à ces victoires, la France a tenté d'isoler l'Algérie de ses voisins de l'Est, région de transit des armes provenant de Libye et d'Egypte vers les territoires algériens, via les frontières tunisiennes, a poursuivi l'universitaire.

L'agression barbare de Sakiet Sidi Youssef "est un crime d'Etat, perpétré en moins de deux jours de la visite effectuée, à l'époque, par le gouverneur général et ministre de l'Algérie, Robert Lacoste, qui avait donné l'ordre de procéder au bombardement", a-t-il fait remarquer.

En commettant ce crime un jour de repos et de marché hebdomadaire, la France a violé le Droit international et les Conventions de Genève, dont elle est signataire, et qui stipulent dans l'une de leurs clauses le respect impératif des symboles de la Croix Rouge internationale, en temps de guerre, a affirmé M. Yahiaoui, ajoutant que le délégué de cette instance était présent dans la région, ce qui a permis aux dirigeants de la Révolution de saisir l'occasion et d'exploiter cette agression pour internationaliser la cause algérienne et lancer un appel à l'ONU afin de mettre fin aux violations perpétrées par la France, a-t-il dit.


Pour sa part, le Secrétaire général du Madjliss Echourra (Conseil consultatif) de l'Union du Maghreb Arabe (UMA), Saïd Mokkadem a estimé que les évènements de Sakiet Sidi Youssef avaient fait suite à la décision du colonisateur français de poursuivre les révolutionnaires algériens hors des frontières algériennes, relevant que ces évènements ont démontré à l'ennemi "la solidarité et les liens solides de fraternité qui lient les peuples algérien et tunisien". M. Mokkadem a souligné, dans ce sens, que l'avenir des pays du Maghreb arabe "est tributaire de la coopération entre les pays de la région".


Sakiet Sidi Youssef, symbole de la fraternité "sincère" entre l'Algérie et la Tunisie


Les évènements de Sakiet Sidi Youssef demeureront à jamais le symbole de la fraternité "sincère" et de la solidarité "agissante" entre l'Algérie et la Tunisie, ont affirmé, jeudi à Alger, les participants à une conférence organisée à l'occasion de la commémoration du 62e anniversaire de ces évènements.


Les massacres de Sakiet Sidi Youssef où les sangs des Algériens et des Tunisiens se sont mêlés, ont contribué à l'écriture d'une page prestigieuse dans les relations entre les deux pays et demeureront gravés à travers l'histoire comme un symbole de la fraternité et de la solidarité agissante, et une occasion pour promouvoir les relations bilatérales au plus haut niveau" , ont estimé des moudjahidine, des personnalités historiques et des enseignants spécialistes en histoire de l'Algérie présents à la conférence.


A cet effet, le secrétaire général du ministère des Moudjahidine et ayants droit a indiqué que les évènements de Sakiet Sidi Youssef, un exemple de résistance, constituait "le gage d'une lutte commune et la fin des espérances de la France coloniale de couper tous les liens de coopération, d'entraide, de solidarité et de combat commun entre les deux peuples, algérien et tunisien".


En sus de la coordination des efforts des peuples maghrébins, ces évènements ont permis de changer la donne aux niveaux national et international et sur les plans politique, militaire et diplomatique", a-t-il soutenu.

Evoquant la symbolique de cette date mémorable, l'intervenant a appelé "à en tirer les enseignements de notre histoire commune et de la communauté du destin en vue de conjuguer les efforts des enfants des deux pays et les imprégner des valeurs de leurs aïeux".

Le Conseiller de l'ambassadeur tunisien, Lotfi Azimi a dit, pour sa part, que la commémoration de ces événements "témoigne de la profondeur et de l'excellence des relations entre l'Algérie et la Tunisie", estimant que la visite effectuée récemment par le Président tunisien, Kaïs Saïed en Algérie, étant sa première visite à l'étranger, se voulait "une véritable concrétisation de ces fortes relations".

Dans son intervention, M. Azimi a appelé à la consécration de ces événements dans les programmes d'enseignement des deux pays, pour que "les générations montantes y puisent la force et les enseignements nécessaires à leur vie future".

Le forum a vu la présentation de communications scientifiques axées essentiellement autour des raisons, objectifs et résultats des bombardements de Sakiet Sidi Youssef, ainsi que des témoignages vivants sur les événements qui ont révélé la barbarie et la brutalité du colonisateur français, un certain 8 février 1958, à l'encontre de civils désarmés, prétextant du "droit de poursuite" des unités de l'ALN.

Le professeur tunisien Wasli Mohamed a présenté, à l'occasion, un livre dans lequel il met en exergue les hauts faits de la Guerre de libération nationale, sous le titre "Ghardimaou: base-arrière par excellence de la Révolution algérienne".

A rappeler que l'attaque française contre Sakiet Sidi Youssef a fait 79 morts, dont 20 enfants, 11 femmes et 130 blessés.

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