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Recrudescence d'attentats à la bombe    (2 / 3)

 

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Bombe, grenade et harcèlement ...


• Attentat à la bombe rue Michelet à Alger : une musulmane tuée, une dizaine de blessés.
• Grenade à Constantine : quatre tués, une quarantaine d'enfants blessés.
• Harcèlement d'un douar près de Bône : il y aurait dix morts.


Les élections municipales ont donné lieu à une recrudescence brutale du terrorisme en Algérie.En moins de quarante-huit heures quatre attentats ont eu lieu à Alger. Pour la première fois depuis août 1957, une bombe a été lancée samedi soir rue Michelet, provoquant la mort d'une musulmane, blessant une dizaine de personnes, et soulevant une profonde émotion parmi la population européenne.Un attentat plus meurtrier encore a été commis à Constantine dimanche matin : des terroristes ont lancé une grenade contre un bureau de vote. Quatre personnes ont été tuées, dont deux fillettes, et une quarantaine d'enfants blessés.Dans le bled le F.L.N. a multiplié les actes de terrorisme et les opérations de harcèlement. Un candidat, chef de la liste de la commune de Barbinais, à 40 kilomètres de Sétif, a été décapité par les rebelles. Plusieurs villages ont été attaqués dans le Constantinois. Au douar Moulabhen, près de Bône, les hors-la-loi auraient tué dix personnes et en auraient blessé huit autres.

Alger, 20 avril. - Il n'était pas encore 18 heures. Comme tous les samedis à pareille heure, la rue Michelet connaissait une nombreuse affluence. Soudain, à 17 h. 55, une violente explosion secoua le quartier de la rue Hoche. Une fumée noire et épaisse envahit les rues adjacentes, cependant que des flammes léchaient les rues de l'immeuble 65 et 67 de la rue Michelet.

Devant le 65, une 203 Peugeot en stationnement, appartenant à M. Amir Saïd, venait d'exploser. Elle portait dans son coffre un obus piégé. Une 4 CV qui doublait à ce moment-là la Peugeot prenait feu et était rapidement détruite.

Une troisième automobile, une Dauphine, subissait également quelques dommages, mais pouvait reprendre la route, son conducteur en étant quitte pour la peur. Un motocycliste projeté à terre par la déflagration réussissait à écarter son engin de l'incendie, qui prenait rapidement de l'extension.

Pour la première fois depuis août 1957...

Alors que la fusée commençait à se dissiper les pompiers de la ville arrivaient, ajoutant ainsi à l'affolement des gens qui couraient en tous sens.

Les devantures de la bijouterie 67 rue Michelet étaient détruites, et la marquise s'était écroulée. Un magasin contigu avait également ses vitres brisées, et les pompiers aussitôt en place s'employaient à éteindre l'incendie.

Il y avait aussi des victimes : une femme musulmane qui portait un enfant dans ses bras avait été tuée alors qu'elle se trouvait devant la bijouterie et six personnes blessées sérieusement. Une dizaine d'autres blessés légers reçurent des soins immédiats et purent regagner leur domicile.

Tandis que les pompiers procédaient au déblaiement, des réflexions étaient échangées par les témoins.

La paix des braves de de Gaulle, vous la voyez ! " ; " Qu'il prenne encore de nouvelles mesures de clémence ", ou encore : " Je voulais voter pour une liste, mais maintenant je sais à qui ira ma voix... "

Enfin, une altercation éclatait entre le colonel Godard, directeur de la sécurité en Algérie, et un garçon de café. A ce dernier (malmené) et à certains curieux qui proféraient des cris à l'adresse du gouvernement le colonel Godard affirmait avec force : " N'oubliez pas qu'il n'y a pas eu d'attentat à la bombe à Alger depuis le 2 août 1957 ! " [...]

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