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1er Novembre 1954    (3 / 4)

 

 

 

 

Le jour où la France a signé son départ d’Algérie


La guerre de libération représente 7 ans et demi de lutte armée, de souffrances et d'héroïsme. Le Ier Novembre 1954, quarante raids de commandos eurent lieu en différents points du territoire algérien. En même temps, un tract était diffusé pour annoncer le début de la lutte révolutionnaire, pour révéler la naissance du front de Libération National (FLN) appelé à regrouper tous les militants patriotes, et pour fixer les objectifs de la lutte: reconnaissance de la nationalité algérienne, souveraineté algérienne une et indivisible.

Les premiers groupes armés, premiers noyaux de l'Armée de Libération Nationale (A.L.N.) étaient implantés dans les Aurès. Les premières opérations de l'armée colonialiste eurent lieu dans le massif des Aurès. A la brutalité de la répression, la Wilaya II du Nord-Constantinois répliqua par l'offensive du 20 Août 1055 qui provoqua le ralliement de nombreuses personnalités politiques encore hésitantes. En Octobre 1955, s'ouvrit le front oranais: de nouveaux maquis s'implantèrent dans les monts de Tlemcen et des Traras. Au cours de l'été 1956, les groupes de l'ALN s'établirent dans l'Ouarsenis, le Dahra, l'Atlas blidéen et opérèrent leur jonction avec les groupes du Sahara.

L'ALN renforce sans cesse ses rangs; de 3000 hommes au Ier Novembre 1954, elle passe à 50.000 en Août 1956. En moins de deux ans, l'Algérie révolutionnaire était organisée, et les structures du FLN mises en place sur tout le territoire. Le FLN regroupe tous les militants nationalistes et les partis politiques s'effacent devant lui; le peuple manifeste son attachement à la révolution, apporte sous des formes multiples son aide aux maquisards, participe aux premières grèves historiques à l'occasion de l'anniversaire du Ier Novembre et de l'occupation d'Alger (5 Juillet) ainsi qu'à l'ouverture de la Xème session de l'ONU.


De 3.000 hommes au 1er novembre 1954, l'ALN passait à 50.000 hommes en août 1956. En moins de deux ans, l'Algérie révolutionnaire était organisée, le territoire réparti en six walayate et les structures du FLN mises en place sur tout le territoire national.



Des structures nouvelles apparaissaient; l'Union Générale des étudiants Musulmans Algériens (UGEMA en Juillet 1956), l'Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA) le 24 Février 1956, l'Union Générale des Commerçants Algériens (UGCA le 20 Septembre 1956), le Croissant Rouge dans les maquis à partir de 1955. Le 20 Août 1956 s'ouvrait au coeur du pays, le congrès de la Soumman qui dota le FLN-ALN de structures, d'une plate-forme politique, d'une direction, d'un Comité d'Exécution et de Coordination (C.C.E.) et d'une instance suprême: le Conseil National de la Révolution Algérienne (CNRA).

De 1956 à 1958, les forces colonialistes se déchaînèrent, lançant de grandes opérations de quadrillage, multipliant les zones interdites. L'armée française voulut isoler l'Algérie du reste du monde en construisant des barrages électrifiés à l'Est et à l'Ouest du pays: elle chassa plus de 280.000 Algériens qui se réfugièrent dans les pays frères de Tunisie et du Maroc tandis que plusieurs centaines de milliers d'autres connurent la prison et les camps de regroupement.

La torture fut légalisée et généralisée comme arme de répression.


Dans un rapport établi par la "Commission de sauvegarde" constituée par le gouvernement français sous la pression de l'opinion internationale émue par le génocide perpétré en Algérie, on peut lire.

"
A trois reprises, à quelques jours d'intervalle, à Aîn Isser (Tlemcen), à Mercier Lacombe (Oran) et à Mouzaïaville (Alger), des indigènes arrêtés comme suspects, ont été enfermés dans des caves à vin, contraints d'y passer la nuit, et une partie d'entre eux ont été mortellement intoxiqués, par l'anhydride carbonique..."

"Le 14 mars 1957, des soldats français arrêtent une centaine d'indigènes suspects, qui sont ainsi détenus dans un chaix en attendant d'être interrogés. Ils appellent au secours durant toute la nuit, en vain. Le lendemain, on découvre une cinquantaine de cadavres. Le Lieutenant X... ordonne, affolé, à une corvée de charger les cadavres et de les disperser à une cinquantaine de kilomètres de la dans les broussailles, en zone interdite".


D'autre part, les bombes au napalm déversent la mort et la destruction dans toutes les régions d'Algérie. Un combattant de l'ALN raconte: "Le tir de nos armes automatiques eut raison de ces nouveaux renforts ennemis qui, loin d'insister, se sont rapidement repliés. C'est alors que des B 26, des B 29, des T 6 et des hélicoptères (80 appareils environ) ont commencé à mitrailler nos positions. Leur action s'étant avérée inefficace, /7s lancèrent sur nous des bombes cylindriques qui, dès qu'elles explosaient, dégageaient une fumée noire suivie d'une très haute flamme qui embrasait les arbres et même les pierres. Moi, personnellement, je n'ai ressenti ou plutôt je n'ai senti qu'une odeur de soufre. Je me rappelle que, à moitié conscient, j'essayai, en me roulant sur le sol, d'éteindre, avec mes mains enflammées, mon visage qui lui aussi brûlait". (Récit de bataille du Djebel M'zi, 18 mai 1960).


Malgré toutes ces sauvageries de l'armée d'occupation, l'ALN qui tenait solidement une série de bastions montagneux en Kabylie, dans le Nord-Constantinois, l'Atlas blidéen, l'Ouarsenis et l'Atlas saharien, s'implanta également entre les barrages électrifiés et les frontières du pays et put lancer des offensives localisées ou généralisées.

Dans les villes, les fidayines entrèrent en action. . De Décembre 1956 à Septembre 1957, au cours de la bataille d'Alger, la détermination et le courage de nos fidayines, le soutien de la population eurent raison, malgré les ratissages et les tortures, des troupes françaises les plus aguerries. Des grèves imposantes, dont la grande grève de huit jours du 28 Janvier au 4 Février 1957, donnèrent au monde la preuve de l'adhésion du peuple algérien au FLN et à ses objectifs. Répondant à l'attente des combattants, des militants et du peuple, le C.C.E. annonça le 19 Septembre 1958 la formation du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA).



De Septembre 1958 à Septembre 1959, le peuple algérien connut la phase la plus dure de la guerre. L'armée colonialiste déclencha de grandes opérations contre l'ALN: l'opération. "Couronne" de Février à Juillet 1965 dans l'Ouarsenis, l'opération "Jumelles" de Juillet à Novembre 1959 dans les monts de Kabylie, les opérations "courroie" et "étincelles" dans les monts de l'Algérois et du Hodna, et l'opération "pierres précieuses" dans les monts du Constantinois. L'armée française quadrilla toutes les villes, la répression policière atteignit le maximum de son intensité. L'ALN s'adapta à cette nouvelle situation, dispersa ses grandes unités et porta la guérilla dans tous les secteurs.

De Septembre 1959 à Décembre 1960, le gouvernement français multiplia les manœuvres pour éviter la négociation, mit tout en œuvre pour liquider l'ALN en tant que force militaire, le FLN en tant que force politique.


L'armée française recommença ses grandes offensives: opération "tentacule" dans les monts de Daïa en Avril-Mai 1960, opération "Prométhée" dans le sud Oranais en Mai-Septembre 1960, opération "cigale" dans l'Ouarsenis en Juillet-Août 1960. Elle relança ou prolongea interminablement ses opérations. L'ALN poursuivit son activité de guérillas dans les zones balayées par les opérations françaises, tint solidement dans les monts de l'Atlas saharien et dans les zones frontalières, Algéro-Tunisiennes et Algéro-Marocaines. Cette révélation des immenses potentialités révolutionnaires du peuple algérien obligea la France à s'engager dans la voie de la négociation.

La pression populaire s'accrut dans les villes et la volonté d'indépendance affirmée, la Révolution fut plébiscitée tout particulièrement au cours des grandioses manifestations de Décembre 1960


Les journalistes écrivent :


"De jeunes arabes peignent en vert sur les panneaux d'affichage et sur les murs "vive l'Algérie indépendante", "vive le F.LN." Sur un drapeau vert et blanc, un des musulmans blessé dessine avec son sang le croissant et l'Étoile fellaghas. "Des manifestants brandissent sous nos yeux l'emblème ensanglanté et nous crient: Messieurs les journalistes, il y a beaucoup trop de sang sur notre drapeau. Un million d'Algériens sont morts pour l'indépendance
". (Paris-Jour au 12 Décembre 1960)

Depuis l'aube jusqu'au coucher du soleil, le chant national et les youyous ne cessent de retentir. Partout des banderoles portant les inscriptions "Algérie indépendante - Vive le F.L.N.", des drapeaux flambants neufs sont déployés par des femmes et des enfants. Une Simca circule du Boulevard Bru à Belcourt, avec le drapeau vert et blanc. A La rue La Fontaine, on installe dans l'après-midi, un haut-parleur qui diffuse sans arrêt un enregistrement de l'hymne national.
"Un jeune algérien sort des rangs pour offrir un drapeau vert et blanc au Commandant des C. R. S. qui ne s'apercevra que longtemps après que son revolver a disparu
" (Correspondant du Journal "El Moudjahid", 11.12.1960)


Dans les villes, les fidayines entrèrent en action. De décembre 1956 à septembre 1957, au cours de la bataille d'Alger la détermination et le courage de nos fidayines, le soutien de la population eurent raison, malgré les ratissages et les tortures, des troupes les plus aguerries. Des grèves imposantes donnèrent au monde la preuve de l'adhésion du peuple algérien à la Révolution.

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