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L'Algérie dans la préhistoire   (3 / 5)

 

 

Découverte majeure, l’Algérie est elle le nouveau « berceau de l’humanité » ?       + Info ...     (Nouvelle fenêtre)


■ Découverte majeure, l’Algérie est elle le nouveau « berceau de l’humanité » ?

Des silex taillés récemment découverts en Algérie ont été datés d’il y a 2,4 millions d’années, soit presque aussi anciens que ceux découverts en Afrique de l’Est, considéré pourtant comme le « berceau de l’humanité ».
Des archéologues ont découvert en Algérie des outils en pierre taillée remontant à 2,4 millions d’années, bien plus anciens que ceux trouvés dans cette région jusqu’à présent, ce qui pourrait remettre en cause l’Afrique de l’Est comme berceau unique de l’humanité, selon des travaux publiés jeudi dans la prestigieuse revue Science.
Les mêmes outils qu’en Afrique de l’Est. Les galets en calcaire et en silex taillés ont été découverts à Sétif, à 300 km à l’est d’Alger, par une équipe de chercheurs internationaux dont des chercheurs algériens. Les outils ressemblaient exactement à ceux dits Oldowan, trouvés jusqu’alors principalement en Afrique de l’Est.


Ils ont aussi déterré à proximité des dizaines d’ossements animaux fossilisés, présentant ce qui ressemble à des marques d’outils de boucherie préhistoriques. Ces ossements proviennent d’ancêtres crocodiles, éléphants, hippopotames ou encore girafes.

Des périodes d’ancienneté qui rivalisent. Depuis des décennies, l’Afrique de l’Est est considérée comme le berceau de l’humanité. On y a trouvé les outils les plus anciens : 2,6 millions d’années. La découverte annoncée jeudi, sur le site de Aïn Boucherit, rivalise désormais avec cette période.

Les chercheurs étudient deux scénarios. Cela pourrait signifier que les techniques d’outils sont rapidement sorties d’Afrique de l’Est. Autre hypothèse avancée par les chercheurs : « un scénario d’origines multiples des anciens hominidés et des technologies lithiques, à la fois en Afrique de l’Est et du Nord ». « Le site de Ain Lahnech est le deuxième plus ancien au monde après celui de Kouna en Ethiopie qui remonte à 2,6 millions d’années, considéré comme le berceau de l’humanité », a expliqué le professeur Mohamed Sahnouni, qui a dirigé l’équipe de recherche et travaille depuis des années sur ce site. Les découvertes ont été faites sur deux couches archéologiques, l’une datée de 2,4 millions d’années et la seconde de 1,9 millions d’années.

Une présence en Afrique du Nord « vieillie » de 600.000 ans. Les ancêtres de l’homme étaient donc présents en Afrique du Nord au moins 600.000 ans plus tôt que ce que les scientifiques croyaient jusqu’à maintenant. Auparavant, les plus vieux outils d’Afrique du Nord dataient de 1,8 million d’années, sur un site proche. Aucun reste humain n’a été découvert : on ignore donc quelle espèce d’hominidés, quel ancien cousin d’Homo Sapiens (apparu lui bien plus tard), utilisait ces outils.


■ A la recherche du premier Algérien

Qui est-il ? A quoi ressemble-t-il ? Comment s’appelle-t-il ? Le premier Algérien, bien que l’Algérie n’existait pas encore à cette époque, est-il venu ou né sur place ? Enquête policière sur ce terrain où l’ethnographie, l’anthropologie et l’archéologie se bousculent à la faveur de récentes découvertes.


■ Une brève histoire du temps passé

Place des Martyrs, au cœur du cœur du pays. Février 2018, une mini-période glaciaire s’ouvre pendant que la station-musée de métro est presque ouverte au public. Troisième station-musée en Méditerranée après celles de Rome et d’Athènes, on y trouvera à l’intérieur les plus vieilles strates de l’histoire algéroise, phénicienne d’il y a 3000 ans, romaine de 2000 ans, surmontées d’autres couches, byzantine, islamique, turque et française. Evidemment, les tribus berbères de Mezghenna étaient là avant, et même avant cet avant, le Néolithique retrouvé à Aïn Bénian ainsi que les dolmens installés sur les rives de l’oued Béni Messous, nécropole mégalithique orientée vers l’Est, montrent une occupation de la région déjà il y a 7000 ans. Plus loin encore, le dénommé «gisement des phacochères» retrouvé sous la Cité Malki, à Ben Aknoun, daterait de 40000 ans, bien que d’autres sources parlent de Paléolithique moyen, c’est-à-dire 100000 ans. Et encore plus loin, le biface déterré à Mahelma, dans les environs d’Alger, a été daté de l’époque de l’Acheuléen, prouvant qu’il y avait du monde déjà dans le coin il y a un million d’années. Il n’y a évidemment pas qu’Alger, même si, par évolutions anthropologiques, elle est aujourd’hui la capitale de l’Homo Sapiens algérien, et que dans 10000 ans, on va peut-être trouver sur le littoral d’étranges traces dues aux étranges civilisations de La Madrague ou de Club des Pins.


■ Ils sont partout

En dehors d’Alger, il n’y a pas de métro mais il y a des gens. On peut citer les ancêtres, les Têtes rondes du Néolithique dans le Sahara avec leurs gravures et peintures étalées entre -13000 et -5000 ans, qui vont passer du chasseur à l’éleveur et vont finir par inventer une écriture, en passant vers le Libyque puis le Tifinagh. C’est l’heure de l’esthétique et la métaphysique, offrandes, sépultures, la mort pensée, alors qu’au Nord, les Capsiens apparaissent raffinés. On les retrouve dans les grottes d’Oran puis récemment dans celle de Gueldamane, du côté d’Akbou, pour le Néolithique encore, – 5000 ans et l’invention de l’agriculture avec les restes trouvés de blés sélectionnés et de raisin. Avant 10000, la bande littorale est occupée par la civilisation ibéro-maurusienne, qui invente la société. A- 20000, il y a l’Homme d’Afalou près de Melbou, Sapiens Sapiens qui sait qu’il sait, parlait probablement un proto-berbère, installé sur tout le littoral, maître du territoire, sédentaire, qui contrôle déjà les ressources alimentaires et fabrique des statuettes anthropomorphes.

A -45 000 ans, nous sommes au Paléolithique moyen, la civilisation atérienne se retrouve du Nil à l’Atlantique et de la Méditerranée au Tchad, ce qui représente la configuration actuelle de l’espace berbère. Des Homo Sapiens, hominidés seuls rescapés de l’épopée du genre Homo, les autres ayant disparu. Mais il y a encore plus loin car il y a toujours plus loin. Qui était ce premier Algérien dans ce pays qui n’était pas encore Algérie ?….


■ Des traces préhistoriques dans les grottes des gorges de Lakhdaria n’ont pas livré tous leurs secrets.

Les fouilles y ont été menées dans les années 1930, mais depuis, rien n’a été tenté pour poursuivre les recherches, dans cette région qui n’a pas encore livrée tous ses secrets remontant au paléolithique moyen.

A l’époque romaine, cette région était nommée Zaaai. Plus tard, elle prendra le nom de watn Beni Hinni, puis Palestro sous la colonisation française, avant de devenir Lakhdaria à l’indépendance.
Palestro1Cette route en virages sur des dizaines de kilomètres et bordée de gorges, attirent de nombreuses familles algériennes durant la saison estivale. Véritable substitut à la plage, les estivaliers s’arrêtent au bord de la route, émerveillés par la fraîcheur et le pittoresque des lieux couverts de végétation irriguée par des cascades d’eaux tombant dans l’oued Isser.
Cependant, les gorges de Lakhdaria recèlent d’autres richesses moins connues du grand public, notamment une importante station préhistorique. Découverte presque par hasard au début des années 1930, elle a fait l’objet de recherches par le Dr H. MARCHAND et A. AYME, publiées à la Société d’Histoire Naturelle de l’Afrique du Nord. Il s’agit d’une d’une vaste grotte ainsi que de ses abords et dépendances située approximativement dans le milieu des gorges traversées par l’oued Isser. Plusieurs outils et ossements y ont été trouvés, indiquant que les plus anciens habitants de cette région recensés, remontent au paléolithique moyen, souvent associé à l’homme de Neandertal.


La grotte en question est profonde et compte des couloirs, des diverticules et des anfractuosités multiples. Mais les découvertes ont eu lieu à son entrée sur une sorte de belvédère. Il faut se résoudre à l’idée que nos ancêtres aient, ici comme dans d’autres stations du genre, délaissé les salles obscures, profondes et humides, pour les parties ensoleillées, c’est à dire les parties de la grotte proches de l’ouverture. Effectivement la plus grande partie des trouvailles a été faite sous I’arceau de la voûte d’entrée. Là s’étalait une espèce de plateforme, de terrasse, où l’on devait le plus communément se rassembler, tailler les outils, coudre les peaux, faire la cuisine, vivre en un mot. De ce belvédère la vue embrasse en même temps qu’une partie du cours de l’Isser, un superbe panorama de forêts et de pâturages.

Parmi les pièces retrouvées, certaines, très peu, se rapportent au challéo-acheuléen, au moustérien et au néolithique. Mais les plus nombreux datent du capsien, notamment des lames à encoche, des lames recourbées en bec de perroquet, le burin d’angle, le grattoir sur bout de lame…

Ces instruments ont été recueillis sans ordre et sans stratification dans les couches moyennes et supérieures de la plateforme d’entrée, couches incontestablement remaniées, et mélangées avec les instruments de l’industrie ibéro-maurusienne

Par ailleurs, quelques poteries recueillies datant de l’époque romaine prouvant que la grotte a continué à être habitée ou du moins utilisée jusqu’aux époques historiques.

Et s’il a été signalé l’absence totale de coquilles d’œufs d’autruche, en revanche, les chercheurs ont retrouvé, en plus des ossement de mammifères, des fossiles humains, dont quelques mauvais fragments d’un os de crâne impossible à déterminer, deux moitiés supérieures de branches montantes de maxillaires inférieures, une vertèbre cervicale, une dorsale et une lombaire, deux fragments de radius, l’extrémité inférieure d’un cubitus, des phalanges indiquant par leurs dimensions des individus à grandes mains…

Palestro3Les gorges de Lakhdaria comptent d’autres grottes qui restent à explorer afin de retrouver des fragments d’histoire. Cette région, comme beaucoup d’autres, demeure ignorée et mériterait bien de bénéficier de fouilles et de recherches. Reste à trouver des chercheurs intéressés et les fonds à débloquer pour se faire.


■ Alimentation des Paléoberbères (temps préhistoriques) : les Capsiens.

Entre le VIIIe et le Ve millénaire (avant notre ère), les Capsiens ont occupé, particulièrement dans le Sud tunisien et le Sud constantinois, un grand nombre de sites sur lesquels ils ont accumulé, en quantité parfois énorme, ces coquilles d’hélicidés (escargots, et mollusques) et des cendres mêlées de pierrailles, créant ainsi les dépôts archéologiques que les préhistoriens appellent escargotières et les habitants du pays cendrières (rammadiya).

Les coquilles d’escargots entrent pour 35 à 40 % dans la composition de ces dépôts ; il y en a 200 m3 représentant 75 à 80 millions d’individus à Dra-Mta-el-Abiod, escargotière d’importance moyenne, située à 26 km au sud de Tébessa ; il y en a 3 000 m3, représentant 300 à 320 millions d’individus au Kanguet-el-Mouhaâd, escargotière exceptionnellement importante, proche de la frontière tunisienne. Comment ont-ils été consommés ? Quand les animaux sont vivants, il est très difficile de les extraire sans briser la coquilles, or, celles-ci sont entières et intactes dans les gisements (si elles n’ont pas été broyées par un piétinement prolongé). Ils ont probablement été cuits ou noyés. Non pas directement grillés sur les braises, mais vraisemblablement bouillis.
Les Capsiens, ignorant la céramique, ont dû utiliser des récipients creusés dans le bois ou faits de cuir, de membranes animales ou de fibres végétales et dont l’eau était portée à la température convenable, soit par exposition à un foyer, soit par immersion de pierres préalablement chauffées, une partie des pierrailles mêlées aux cendres ayant pu servir à cet usage. On ne constate pas sans surprise qu’ils ont préféré un mode de préparation infiniment plus long et plus compliqué à la rapide et facile cuisson directe sur les braises.

On serait tenté de croire qu’ils se sont nourris principalement d’escargots si l’on ne trouvait, dans les escargotières, de nombreux débris osseux de vertébrés. Ces débris appartiennent à 28 espèces différentes : des ruminants, un équidé, des carnivores, des rongeurs, des oiseaux, et des reptile

Une antilope domine dans tous les inventaires des faunes mammaliennes des gisements capsiens : il s’agit de l’alcélaphe ou antilope bubale (Alcelaphus boselaphus). Ce ruminant assez disgracieux, au garrot surélevé et à l’arrière-train ravalé, dont la face paraît démesurément allongée, était encore, au cours des derniers siècles, avec la gazelle, l’antilope la plus répandue en Afrique du nord. Son extinction est très récente. Non seulement l’antilope bubale est représentée très souvent dans les escargotières (on l’a reconnue dans 29 des gisements capsiens dont la faune a été étudiée) mais encore est-elle très abondante dans chacune.


■ Comment était consommée la viande du gibier ?

Certainement cuite. Mais cuite comment ? Les débris osseux calcinés sont rares, et ceux qui ont subi l’action du feu sans être soumis à calcination ne sont eux-mêmes pas très nombreux (15 à 20 %). Il semble que les Capsiens n’aient que rarement pratiqué la cuisson directe, à la chaleur des braises, de quartiers de gibier avec leurs os. Aussi bien, avaient-ils maintes autres possibilités : rôtir l’animal entier dans sa peau à la manière des aborigènes d’Australie ou des chasseurs touaregs (voir Abatūl*), utiliser comme marmite une panse de ruminant ainsi que le faisaient les Indiens d’Amérique du Nord, employer des pierres préalablement chauffées pour cuire les aliments à l’étouffée ou pour porter à ébullition l’eau d’un récipient les contenant, tout simplement découper des grillades et des brochettes. On recueille dans les cendres des plaques calcaires couvertes d’incisions légères qui ont été vraisemblablement des planches à découper ; la rareté des traces laissées sur les os par les outils de silex ne prouve pas qu’il n’y a pas eu décarnisation mais seulement que le découpeur était habile et expérimenté. Les petits animaux (lièvre, tortue) ont probablement été bouillis car les os en sont toujours intacts ; quant aux gros os, ils ont été systématiquement brisés pour en extraire la moelle.

La masse du gibier consommé peut être évaluée approximativement à partir de l’inventaire des restes faunistiques et de la détermination du nombre minimal des individus de chaque espèce.

Pour l’ensemble de la population du site, la chasse aurait fourni au moins les 5/6 de l’approvisionnement en chair animale, les escargots au plus 1/6. On arrive, à Dra-Mta-el-Ma-el-Abiod, à des conclusions à peu près exactement inverses ; c’est que les méthodes d’approche diffèrent. Ayant découvert que certains échantillons des dépôts archéologiques sont imprégnés de matières d’origine organique, D. Lubell est parti de cette constatation pour évaluer à environ 500 000 kg la masse de chair comestible tirée des vertébrés. Comparé à celui que nous avons retenu pour Dra-Mta-el-Ma-el-Abiod (16 000 kg pour 550 m3 de dépôts), ce chiffre de 500 000 kg (pour 944 m3 de dépôts) paraît énorme. Il est possible que les Capsiens de l’Aïn Misteheyia aient été de plus gros mangeurs de viande que ceux d’El-Ma-el-Abiod ;

Il est vraisemblable que la méthode de calcul fondée sur l’imprégnation du sol conduise à surestimer l’importance du gibier ou que celle fondée sur le dénombrement des restes osseux conduise à la sous-estimer ; de nouvelles recherches en décideront.

Bien qu’il ait attribué à la chasse un rôle qui nous paraît trop important, D. Lubell estime lui aussi qu’elle n’a assuré aux Capsiens de l’Aïn Misteheyia qu’une partie de leurs besoins alimentaires et que le complément a été demandé principalement au règne végétal.

L’ordre de grandeur des ressources alimentaires que représentent les rejets conservés à Dra-Mta-el-Ma-el-Abiod suggère la probabilité d’une occupation discontinue. Mais elle a pu être discontinue sans comporter une alternance régulière de présence et d’absence. Chacun des deux modèles de vie que l’on peut envisager pour les Capsiens : sédentarité ou nomadisme, explique bien certains faits mais, en même temps, soulève de graves difficultés et il est permis d’hésiter entre eux. Si les capsiens ont déserté les escargotières à la mauvaise saison, où sont-ils allés ? Comment se fait-il qu’on ne retrouve aucune trace de leurs campements d’hiver ?

Plus que les escargots, les œufs d’autruche et d’autres oiseaux et que la chair des animaux chassés ou pris au piège, des herbes diverses, des plantes à bulbe, des bourgeons et des fruits sauvages devaient assurer une partie importante de l’alimentation. La principale ressource devait être cependant les graines de graminées ou de légumineuses qui avaient en outre l’avantage de pouvoir être conservées.

Le nombre des gisements capsiens, quelles que soient leur durée respective et leur réelle signification démographique, révèle un accroissement de la population qui n’a son équivalent ailleurs que dans les phases avancées du Néolithique.

Aussi est-il tentant de faire ce rapprochement et de se demander si les Capsiens, comme les Néolithiques, ne possédaient pas déjà les techniques de production qui ont permis à l’humanité de progresser si rapidement. Les capsiens étaient-ils déjà agriculteurs ?

Il faut tenir compte de certains éléments de l’équipement capsien qui pourraient se rapporter à l’agriculture. Le premier objet attirant l’attention est la lame, à bord abattu ou non, portant un lustre parfois très marqué au voisinage du bord et s’étendant sur les deux faces de ces couteaux. On a l’habitude de la qualifier de « lustre des moissons » car on pense qu’il fut provoqué par le frottement contre la lame des tiges de graminées tranchées par le moissonneur. De telles lames ont été reconnues dans plusieurs gisements capsiens mais elles restent assez rares ; seraient-elles beaucoup plus nombreuses que leur présence ne suffirait pas à prouver que les Capsiens étaient des agriculteurs. Non seulement le fait de couper des tiges de graminées ne prouve pas que l’on cultive des céréales, mais encore faut-il bien admettre que le « lustre des moissons » peut être provoqué par la coupe des tiges non consommables mais fort utiles comme les roseaux, par exemple, qui pouvaient servir aussi bien à la confection de pièges qu’à la fabrication de vannerie ou à la couverture des habitations.

D’autres outils, composites ceux-ci, ont été plus étroitement liés à l’agriculture et aux moissons puisqu’il leur fut donné le nom de faucilles. La mieux conservée provient du niveau capsien de Columnata : il s’agit d’un manche droit de 21 cm aménagé dans une côte de grosse antilope ou d’équidé dont une extrémité est creusée d’une rainure de 0,09 m de long et de 0,014 m de profondeur. Dans cette saignée sont logés trois microlithes (un triangle scalène et deux lamelles à bord abattu, ce qui prouve la vanité de notre nomenclature typologique). (P. Cadenat, 1960, J. Tixier, 1960). Ces microlithes étaient logés verticalement perpendiculairement à l’axe du manche ; leur tranchant était dirigé vers l’intérieur ce qui laisse entendre que l’outil, s’il servait à couper, était effectivement manié en ramenant vers soi, suivant un mouvement semi-circulaire, les tiges à couper. C’est bien le geste du moissonneur.

Le gisement de Columnata avait, antérieurement à la découverte de cet objet, déjà livré un autre manche brisé portant également dans une rainure longue de 11 cm, quelques éléments de silex à bord abattu, tous brisés au ras de l’os. D’autres manches ayant perdu leurs éléments de silex ont été trouvés dans des gisements capsiens : à l’Aïn Kéda, à Mechta el-Arbi et au Relilaï. Même si ces outils composites étaient réellement des faucilles, ils ne permettent pas plus que les lames portant le « lustre des moissons » d’affirmer que les Capsiens étaient des agriculteurs.

On ne peut abandonner le sujet de l’agriculture sans mentionner les instruments de broyage indispensables dans la consommation des graines dures de céréales. Si les molettes de formes diverses sont fréquentes dans les inventaires des gisements capsiens, les auteurs ont généralement négligé de mentionner les meules qui auraient dû les accompagner. En fait, les rares pierres plates découvertes dans les couches archéologiques capsiennes portent le plus souvent des traces de couleur (Relilaï) ou présentent de fines incisions (Medjez II) qui font penser qu’elles servaient plutôt de planches à découper. Elles sont toujours rares.

Aucun document archéologique ne permet donc de croire que les Capsiens pratiquaient déjà une véritable agriculture. La date assez récente de nombreuses escargotières que nous savons être contemporaines du Néolithique méditerranéen rend toutefois vraisemblable l’hypothèse selon laquelle les Capsiens se livraient à une cueillette de plus en plus sélective et faisaient déjà des réserves de graines. Cette « végéculture » est le premier pas vers une vraie agriculture ; mais ce stade économique peut se maintenir sans changement pendant des millénaires : dans toute l’Afrique sahélienne la récolte des graines comestibles de nombreuses espèces de graminées non cultivées fournit non seulement un appoint mais souvent une part importante de l’alimentation d’origine végétale.

Bien que les renseignements qu’on en tire soient inévitablement incomplets, les données recueillies au cours des fouilles montrent donc que les Épipaléolithiques de l’Afrique du Nord avaient fondé leur économie sur l’abattage des vertébrés et sur la cueillette ou le ramassage.


■ Alimentation des Paléoberbères (temps préhistoriques)

Quelles étaient les ressources alimentaires des hommes de la Préhistoire ? De quelles quantités disposaient-ils ? Comment les utilisaient-ils ? C’est ce que l’on tente de savoir en examinant les rejets d’alimentation recueillis au cours d’une fouille. Ces rejets fournissent des renseignements précieux, mais malheureusement partiels, car ils ne représentent pas la totalité des produits qui furent effectivement consommés.

En effet, si dans certaines conditions favorables, les os des vertébrés et les tests des mollusques se sont bien conservés, les aliments empruntés au règne végétal ou à la faune des invertébrés sans coquille n’ont laissé aucune trace. De plus, on ignore tout des repas pris hors de l’habitat, sur les lieux même de collecte ou de chasse. Des débris faunistiques qui accompagnent une industrie, il est donc impossible de tirer des informations suffisamment complètes pour être satisfaisantes sur la composition et la richesse énergétique des menus des Préhistoriques ; nous ne l’oublierons pas en tentant de reconstituer ce que fut l’alimentation des Épipaléolithiques (- 12 000) de l’Afrique du nord, les premiers sur lesquels nous disposons d’une documentation utilisable.

A de rares exceptions près, les gisements épipaléolithiques du Maghreb se répartissent entre deux complexes industriels principaux : l’Ibéromaurusien ( 20 000 à 10 000 AV JC) dans la zone littorale, le Capsien (8500 à 5400 AV JC) dans la zone continentale s’étendant au sud de la première, de la Tunisie centrale aux plateaux oranais et vraisemblablement au-delà.


■ L’alimentation ibéromaurusienne

Comme leurs prédécesseurs moustériens et atériens, les hommes ibéromaurusiens n’hésitaient pas à s’attaquer au gros mammifères dangereux : rhinocéros, Homoïoceras (buffle antique), grand bœuf et même éléphant étaient chassés puisque l’on retrouve leurs ossements dans les gisements.

Les Ibéromaurusiens n’ont laissé aucune représentation pouvant nous renseigner sur leur méthode de chasse. On peut admettre que le piégeage et en particulier le creusement de fosses permettait la capture, à moindres frais, du gros gibier qui était abattu sur place. Celle des gazelles, antilopes, mouflons, devait se faire par petits groupes et non pas individuellement comme cela se pratiquera plus tard lorsque le chien fut domestiqué. En fait, tout animal susceptible d’être consommé était chassé : les ongulés viennent en tête dans les listes faunistiques qui nous permettent de reconstituer partiellement les menus ibéromaurusiens, mais les petits carnassiers ne sont pas dédaignés. Chacal, renard, genette, chat sauvage, mangouste, viennent parfois compléter le régime carné dans lequel il faut compter également les gros rongeurs (porc-épic), des lagomorphes (lapin, lièvre), des insectivores (hérisson) et même le magot.

Les mollusques — peut-être ramassés par les femmes et les enfants — entrent dans une proportion très variable suivant les lieux dans l’alimentation ibéromaurusienne. Il est même intéressant de noter que ces variations peuvent avoir, en ce qui concerne les mollusques marins une explication chronologique, C. Arambourg remarquait fort judicieusement que les niveaux supérieurs étaient, de beaucoup, plus riches en mollusques marins que les niveaux inférieurs. Ce changement dans le régime alimentaire s’explique facilement par le fait que la ligne de rivage était sans doute plus proche et peut-être aussi que les conditions de température étaient devenues plus favorables à la multiplication des patelles, moules et troques.

Aux causes naturelles il faut ajouter d’autres raisons purement humaines fondées sur des habitudes alimentaires et peut-être même des interdits : ainsi à Courbet-Marine situé sur le bord de la mer aucune coquille de mollusque ne fut recueillie, tandis qu’au Cap Ténès les niveaux ibéromaurusiens constituent une véritable « escargotière » dans laquelle les coquilles d’hélix sont bien plus nombreuses que les patelles.

A Rachgoun, pourtant un peu plus éloigné de la mer, c’est nettement l’inverse. La faune recueillie dans ce gisement est presque exclusivement constituée par les coquilles de moules, des patelles, quelques gastéropodes marins , de rares gastéropodes terrestres, et pratiquement aucun ossement de mammifères (gazelle). Les hommes qui avaient établi leur campement à Rachgoun entre le Tafna et la mer ne vivaient pour ainsi dire que de celle-ci : leur activité essentielle devant être de parcourir le littoral et d’y recueillir les fruits de mer sans pratiquer une pêche véritable. A l’abri Alain à Eckmül (Oran) en revanche des vertèbres de poisson sont assez nombreuses.

Dans l’intérieur des terres, aux mammifères déjà cités et aux gastéropodes terrestres, s’ajoutaient parfois des mollusques marins et d’eau douce.

On pourrait multiplier les exemples qui nous montreraient la variété des menus ibéromaurusiens qui ne sont pas aussi rigoureusement déterminés par les conditions locales que l’exigerait une logique à la fois déterministe et simpliste.

Toutefois nous nous attarderons sur le cas des grottes et abris des Beni Seghoual qui à 40 ans d’intervalle ont fait l’objet d’études importantes. Ces grottes sont situées sur la côte du golfe de Béjaia (ex Bougie), en Kabylie. Selon C. Arambourg qui l’a décrite en 1934, la faune comprend :
– des mollusques marins appartenant à 18 espèces…
– des mammifères appartenant à 16 espèces dont le mouflon à manchettes, le bœuf primitif, le petit bœuf , l’antilope bubale ou alcélaphe; le cerf à joues épaisses, l’hippotrague, le buffle antique, la gazelle commune, le sanglier, le macaque;
– des vertèbres et ossements de poissons indéterminés.

Ce tableau montre que les occupants des grottes ont pratiqué la collecte de coquillages et des escargots, la pêche et la chasse, mais il ne nous renseigne pas sur l’importance relative de chacune de ces sources d’alimentation. Une fouille effectuée en 1973 par Earl Saxon dans l’une des grottes, celle de Tamar Hat, lui a permis d’apporter des informations complémentaires d’un grand intérêt. Il a constaté : 1e que le mouflon constitue la presque totalité de la faune d’herbivores (94 %), ce qui le conduit à envisager un modèle d’économie ibérumaurusienne fondée sur lui ; 2e que les Épipaléolithiques n’ont demandé aux mollusques terrestres un appoint non négligeable que dans les derniers temps de l’occupation du site, quand la remontée flandrienne du niveau de la mer a réduit l’étendue de la plaine côtière et compromis l’existence du troupeau de mouflons en détruisant ses pâturages.

La prédominance du mouflon sur toutes les autres espèces tient certainement plus à la composition de la faune locale qu’à une préférence alimentaire des consommateurs : C. Arambourg a noté, en effet, que cette prédominance s’affirme dans la faune des brèches de placage et de fentes de la région comme dans celle des couches archéologiques. Le même auteur signale cependant, parmi les espèces « communes », un autre herbivore de grande taille, le grand bœuf, le sanglier, l’ours brun et le porc-épic, ce qui autorise à se demander si Earl Saxon n’est pas tombé sur des dépôts exceptionnellement riches en mouflons. On sait que la faune, comme l’industrie lithique, est très irrégulièrement répartie dans les gisements préhistoriques. Même si la prédominance écrasante du mouflon se confirmait dans la totalité des dépôts, il n’y serait représenté en fait que par un nombre relativement médiocre d’individus.

Même si l’on suppose que les occupants étaient peu nombreux et que l’occupation des lieux a été discontinue, ce qui est possible s’agissant des chasseurs-collecteurs, il est difficile d’échapper à l’impression que la faune de vertébrés et de mollusques représentée dans la grotte n’a pu couvrir qu’une faible partie de leurs besoins alimentaires et qu’ils ont dû, d’une part consommer souvent hors de l’habitat (en particulier le gros gibier tel que le buffle antique et le grand bœuf), d’autres part faire largement appel aux ressources tirées du règne végétal (racines, tiges, fruits, graines…) et du monde des invertébrés (limaces, larves, chenilles, sauterelles…), qui ne laissent, les unes et les autres, aucune trace.

Eric Higgs distingue les chasseurs occasionnels qui tuent sans aucun souci de l’avenir du troupeau et les chasseurs prévoyants qui calculent et ménagent leurs ressources futures en gibier. Pratiquement, les faits vont dans le sens de la préservation du troupeau, même si les chasseurs n’obéissent pas à un impératif de prévoyance, car les bêtes qu’ils isolent du troupeau et qu’ils abattent le plus facilement sont, ou bien des individus jeunes et, pour cette raison, inexpérimentés et imprudents, ou bien des individus affaiblis par l’âge, la maladie ou une blessure.

Nous ne pouvons faire que des suppositions sur les végétaux dont se nourrissait l’homme ibéromaurusien. Les molettes et fragments de meules sont rares. Encore doit-on remarquer que meules et molettes peuvent intervenir dans de nombreuses préparations qui ne sont pas nécessairement culinaires. Non seulement des colorants peuvent être broyés mais aussi des os dont la poudre, en cas de disette, peut être consommée. Des végétaux ligneux, des écorces (celles de pin en particulier), des fruits à coques dures pouvaient ainsi être traités à la meule avant d’être mastiqués.

Cette alimentation végétale, de même que l’alimentation carnée, mais plus que celle-ci, devait varier considérablement au rythme des saisons : bulbes, jeunes pousses, bourgeons, graines et fruits étaient tour à tour récoltés et consommés.

Petits reptiles (lézards, tortues), batraciens et insectes complétaient cette alimentation rude mais qui paraît en définitive assez diversifiée.

Il est difficile de ne pas lier le régime nutritif des hommes de Mechta-Afalou et l’état de leur denture. Dès 1934, M. Boule et H.V. Vallois insistaient sur l’usure à la fois très précoce et particulièrement forte des dents des hommes d’Afalou. C’est ainsi que sur les molaires à peine sorties du jeune adolescent, les cuspides sont déjà abrasées. L’usure des incisives supérieures se fait en biseau, obliquement de bas en haut, celle des canines est horizontale ; sur les prémolaires et les molaires elle est extrêmement forte faisant disparaître l’émail et transformant la couronne en une surface plane ou légèrement concave. Cette forme d’usure apparaît plus fréquemment sur les molaires supérieures alors que sur les inférieures l’usure est oblique vers le vestibule. Cette remarque faite à Taforalt* (D. Ferembach, 1962) nous semble être révélatrice d’un mode de mastication du type engrenant, sans mouvements latéraux importants : ne serait-ce pas à mettre en rapport avec une alimentation surtout carnée dans laquelle les aliments végétaux seraient moins importants ? On peut noter en revanche que les mutilations dentaires que s’infligeaient les hommes et les femmes ibéromaurusiens rendaient difficile le raclage du périoste sur les os longs à l’aide des deux rangées d’incisives, pratique alimentaire dûment constatée chez les Moustériens.


■ Les ancêtres des berbères

Les ancêtres des actuels Berbères arrivent sans doute en Afrique du Nord il y a environ neuf mille ans. Les anthropologues les identifient comme des Proto-Méditerranéens progressant de l’est vers l’ouest.


Cette donnée semble d’ailleurs confirmée par la linguistique puisque, à l’intérieur du groupe « afrasien » – nouvelle appellation de l’ancien « afro-asiatique » – on classe sous le même ensemble le berbère, l’égyptien et le sémitique, ce qui atteste une origine orientale commune, dont l’émergence aurait pu se faire dans la zone occupée par l’actuelle Erythrée.

L’archéologie constate en outre que les nouveaux venus sont porteurs d’une industrie lithique qui leur est propre et qui, introduite de l’est vers l’ouest et connue sous le nom de capsien – de Capsa, nom antique de Gafsa – se maintient du VIIIe au Ve millénaire.

Ces nouveaux arrivants repoussent, éliminent ou absorbent les populations qui les ont précédés, les Mechtoides – hommes de Mechta el-Arbi – dont l’industrie lithique est l’ibéromaurusien, contemporain du magdalénien et de l’azilien européens.


Par-delà ses diversités, le monde libyco-berbère constitue un ensemble ethnique dont l’unité linguistique, culturelle et religieuse transcende les multiples divisions tribales. Malgré cela, dresser la carte d’établissement de ces peuples est une tâche impossible, en raison de leur nomadisme, d’une part, et des lacunes dans les sources, d’autre part.

A l’époque néolithique, la limite sud du peuplement berbère semble être la zone des 25ème-27ème parallèles, qui sépare le néolithique de tradition capsienne du néolithique saharo-soudanais : en d’autres termes, elle constitue la frontière entre les peuplements blancs et noirs. C’est d’ailleurs à cette époque que la poussée des Blancs méditerranéens se produit au Tassili, jusque-là essentiellement occupé par des populations mélanodermes non-négroïdes, probables ancêtres des Peuls actuels. Le mouvement ne fera que s’amplifier par la suite.


■ Introduction à l’histoire du peuplement de l’Algérie

La période préhistorique s’étend sur plusieurs centaines de milliers d’années au maghreb. Les chercheurs varient dans leur datation, allant d’un demi-million à deux millions d’années.


Sur le continent Africain, les vestiges les plus anciens ont été découverts dans les importants gisements du lac Turkana au Kenya, dans le site de l’Omo en Ethiopie et dans la gorge d’Olduvai en Tanzanie.

Au Maghreb, et plus précisément en Algérie plusieurs découvertes attestent de la présence de l’homme préhistorique, et ce dès les années 1950.

C’est en effet sur le site Ternifine (Tighennif) désormais reconnu par les spécialistes, que le paléontologue Claude Arambourg découvre les fragments du squelette des premiers habitants d’Algérie, en mettant à jour 3 mandibules, dont une complète, exposée au musée Bardot à Alger, ainsi qu’un os pariétal.

De nombreux éléments de gisements, ont permis de classer ce site, de l’avis de la spécialiste de la préhistoire Africaine, Ginette Aumassip, « parmi les hauts lieux de la préhistoire mondiale, et de reconnaître l’Homo erectus, comme le plus vieil Algérien connu ».


■ Aux origines de l’humanité

Né en Afrique de l’est, il y’a de cela environ deux millions d’années, l’homme habile (Homo habilis) migre depuis son berceau pour peupler l’ensemble de l’Afrique, avant de rejoindre l’Asie, puis l’Europe. Il maîtrisait déjà la fabrication des outils et d’ustensiles divers et vivait en petits groupes autour des lacs et points d’eau, déplaçant son campement au gré des conditions environnementales qui s’offraient à lui.


Aucune trace de son squelette n’a été mise à jour en Algérie, mais la présence d’outils qu’il fabriquait et les restes du gibier qu’il chassait, ont été retrouvés dans la région de Sétif, attestant de la présence de l’homo habilis à Aïn Hanech, près de l’actuelle ville d’El Eulma. Les ossements de la faune, qui y vivait alors, témoignent des habitudes de chasse de cet ancêtre et permettent d’affirmer la présence d’animaux archaïques aujourd’hui disparus, tels que l’éléphant d’Afrique, une espèce de girafe, et divers chevaux.
L’Homme de cette époque invente « le galet aménagé ». C’est en transformant le galet d’oued, lui conférant une fonction tranchante qu’il crée le premier outil façonné pour subvenir à ses besoins.

Divers sites, au nord et au sud du pays, favorables à la fréquentation de l’homo habilis, indiquent la présence de cet ancêtre, qui vit essentiellement en bordure de lacs.


■ L’athlantropus mauritanicus, dit Homme de l’Atlas

Notre ancêtre poursuit son périple millénaire en se déplaçant dans différentes régions de ce qui constitue aujourd’hui l’Algérie, et appartient désormais à la grande famille de l’homo erectus (l’homme debout). Nous sommes en -700 000, et il porte dorénavant le nom d’Atlanthrope, ou homme de l’atlas, dont la plus célèbre découverte, est sans conteste celle qui a été faite au début des années 50, mettant à jours ses ossements, retrouvés dans la région de Tighenif (ville à l’est de Mascara).

Bénéficiant d’un climat plus froid et plus humide que celui de ses aïeux, il s’installe principalement dans les régions du lac Karar au nord de Tlemcen, de N’Gaous dans les Belezma près de Batna , au pourtour de l’Ahaggar dans le Sahara central (pour ne citer qu’elles) et conserve pour principales activités, la chasse et la cueillette. L’on constate que ses proies appartiennent à une faune ou coexistaient des animaux nordiques (cerfs, sangliers) et des animaux Africains (éléphants, girafes, hippopotames). Sa capacité d’adaptation le dote d’un nouvel outil, héritier du galet aménagé : le biface, qui en plus d’une meilleure fonctionnalité, car composé de pierre taillé sur deux faces, et présente un niveau esthétique indéniable.

L’Homme de l’atlas maîtrisait le feu, qu’il savait allumer en frottant différents matériaux, disposait également d’une réelle structure sociale, et s’adonnait à les rites funéraires, situant ses pratiques à l’aube des futures croyances immatérielles. Mais c’est sans conteste la nouvelle approche de réalisation de ses outils, ou préfigure la visualisation au préalable de l’objet qu’il souhaite fabriquer, qui nous annonce le début d’une nouvelle ère : celle de l’Homme qui sait !

 

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