
La guerre de libération nationale représente sept ans et demi de lutte, 7 ans et demi de gloire du peuple algérien. Le 1er novembre 1954 l'appel du C.R.U.A. annonçait le début de la lutte révolutionnaire, et révélait, en même temps que la naissance du Front de Libération Nationale, les objectifs de la lutte.
Les premiers groupes armés de l'Armée de Libération Nationale, l'A.L.N., s'implantaient dans les Aurès et à partir de
décembre 1954 et janvier 1955 dans le nord Constantinois et la Kabylie ; en octobre 1955 s'ouvrait le front oranais ;
au cours de l'été 1956, l'A.L.N. s'accrochait aux montagnes de l'Ouarsenis, du Dahra, et opérait sa jonction avec les
groupes du Sahara. En moins de deux ans l'Algérie révolutionnaire s'organisait : le territoire était divisé en 6
Wïllayas, les structures du F.L.N. étaient mises en place, le peuple algérien manifestait son attachement au Front,
la question algérienne était posée devant l'opinion et les instances internationales. Le Congrès de la Soumman en août
1956 définissait la plate-forme politique du F.L.N.
De 1956 à 1958, les forces colonialistes se déchaînèrent, et lancèrent des opérations de quadrillage, multiplièrent les
zones interdites ; l'armée française voulut isoler l'Algérie en construisant des barrages électrifiés aux frontières de
l'est et de l'ouest.
L'A.L.N. résista aux offensives françaises, tint solidement dans les bastions montagneux du nord au sud, les fidaîyines
entrèrent en action dans les grandes villes. La bataille d'Alger, de décembre 1956 à septembre 1957, donna la mesure de
la résistance populaire
Cette adhésion du peuple algérien à sa révolution se manifesta par ailleurs dans deux grandes grèves historiques, celle du 1er novembre 1956, et surtout la grande grève nationale des huit jours du 28 janvier au 4 février 1957. La répression policièrc s'abattit sur les villes après avoir frappé surtout les campagnes. La question Algérienne devint un des grands problèmes de la politique internationale ; le F.L.N. fit entendre la voix du peuple Algérien à l'O.N.U. Le Gouvernement provisoire de la République Algérienne fut fondé en septembre 1958.
La résistance militaire et populaire amena le gouvernement français à reconnaître au peuple algérien le droit à
l'autodétermination. Mais pour vider ce droit de son contenu, il multipliait les manœuvres pour éviter les négociations
et tenter de liquider l'A.L.N. comme force militaire, et le F.L.N. comme force politique.
L'armée française recommença ses grandes offensives : opération Tentacule dans les monts des Daïa en avril-mai 1960,
opération Prométhée dans le Sud oranais en mai-septembre 1960. Elle reprit et prolongea les opérations de 1959. L'A.L.N.
poursuivit une incessante activité de guérillas sur tout le territoire et tint en échec l'armée coloniale. Parallèlement,
le colonialisme fut mis en déroute sur le plan politique et diplomatique. Les masses populaires algériennes
manifestèrent en décembre 1960 et clamèrent leur foi en l'Algérie indépendante.
Les glorieuses journées de décembre 1960 sonnèrent le glas du colonialisme. La pression populaire s'accrut dans les
villes et les villages ; des cortèges imposants s'organisèrent le 1er novembre 1961.
Le soutien international à la cause algérienne est de plus en plus apparent. Les négociations secrètes commencent ;
elles entrent rapidement dans une phase active, les grandes lignes des accords franco-algériens sont fixées au cours de
la rencontre des Rousses dans le Jura (février 1962) ; ratifiées par le C.N.R.A., elles seront complétées à Evian (7 au
18 mars 1962).
Le 1er juillet 1962, l'Algérie accède à l'indépendance. Après 132 ans de domination coloniale, l'Algérie devenait un
État indépendant et allait, après le triomphe de sa lutte nationale, continuer sa Révolution politique et
sociale.
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