X

L'occupation coloniale.    (1 / 2)

 

Site Web    

 

Origine de l'agression française de 1830.


A l'origine de l'agression française de 1830, il y ont les prétentions de la France au profil de certains milieux d'affaires, en particulier les milieux s'accaparer du trésor d'Alger et enfin des raisons de politique intérieure française : la monarchie cher­chant à s'attirer non seulement, l'appui de la bourgeoisie mais aussi celui de l'armée.


La perte d'Alger, le 5 juillet 1830, marqua le début, de l'occupation coloniale française. Mais l'occupation d'Alger ne signifiait pas celle de tout le pays. La résistance algérienne allait s'organiser. L'occupation coloniale française se traduisait dès ses débute par le non-respect de la convention signée le 5 juillet, qui affirmait que la religion musulmane resterait libre et que la liberté des habitants de toutes classes serait, respectée. L'occupation signifiait également l'accaparement des terres Algérienne, l'installation des premiers aventuriers de la colonisation et le recul de la vie économique Algérienne. Les atteintes à leurs biens, à leur liberté, la prise de conscience par lus populations de leur solidarité en tant qu'Algériens face aux étrangers, expliquent la spontanéité de la Résistance algérienne.

Dans le Titteri, le Bou Mazrag s'op­posa aux Français; dans l'Oranie, à Tlemcen, un parti de la résistance se créa , le Beylek de l'Ouest renaissait avec Bel Hamiri ; les populations autour d'Oran refusaient de ravitailler les Français. Dans le Beylek de Constantine, le dey Ahmed allait maintenir son autorité pendant plus de sept ans et, après la perte de sa capitale en 1837, mena durant 10 ans une vie errante faite de dures épreuves et de résistance farouche aux troupe de l'envahisseur, ne se rendant aux Français qu'en 1843. La menace de l'extension Française a donné à cette lutte le caractère d'une résistance nationale. Cette résistance désordonnée au lendemain de la perte d'Alger connut l'unité et la cohésion avec l'émir Abdeikader.


L'émir Abdelkader se fit remarquer dès son jeune âge par son courage, sa piété, son amour de la liberté et de l'indépendance et son intransigeance devant l'occupation étrangère. Nommé sultan à l'âge de vingt-quatre ans, il se contenta du titre d'émir et c'est sous le nom d'émir Abdelkader qu'il devint le symbole de la Résistance algérienne. Il se révéla un homme politique, diplomate avisé et moderne, il comprit la nécessité et les avantages d'une paix négociée. L'homme de la guerre de libération risque sa popularité pour la raison d'État, signe deux traités avec les Français, obtient de nombreux avantages. Il devenait le diri­geant respecté d'une grande partie de l'Algérie. Il conçut sa mission en fonction de la volonté de la Résistance algérienne. Son but était de réaliser l'in­dépendance du pays sous une seule autorité. Abdelkader a accompli entre 1837 et 1839 une grande œuvre :

Il organisa sous sa direction la plus grande partie du pays, édifia un État avec un gouverne­ment, une administration, une armée et une infrastructure économique. Il accueillit tous les Algériens qui fuyaient la zone occupée et qui cher­chaient à s'installer dans l'Algérie restée indépen­dante. Abdelkader donna à son État une organisa­tion simple visant surtout à la promptitude d'exé­cution. Le vaste territoire algérien fut divisé en huit khalifats, comprenant chacun plusieurs aghaliks, lesquels étaient partagés en plusieurs caïdats. L'Algérie devenait une sorte de fédération de huit khalifats, respectant la structure sociale algé­rienne, ayant la même administration, obéissant à un même gouvernement représenté par l'émir, les notables, les hauts fonctionnaires et les « Oulé­mas » qui formaient son Conseil et qu'Abdelkader consultait régulièrement avant toute décision im­portante. La création de cet État avait surtout un but militaire ; c'était la réponse de l'Algérie à l'occupation française. Abdelkader créa une armée régulière, composée de volontaires.


Cette armée régulière avait une organisation moderne, compre­nait infanterie, cavalerie, artillerie, obéissait à une véritable charte précisée dans de nombreux règle­ments. Abdelkader dota l'État d'une véritable in­frastructure économique afin de produire tout ce qui était nécessaire à l'armée des Résistants et afin d'avoir une vie économique indépendante. Il y eut un réel effort d'équipement, mais cet effort, limité dans le temps, n'a permis d'amasser que des res­sources susceptibles de permettre au pays de tenir durant deux ans de guerre. Or la résistance a duré huit ans, c'est dire combien la Résistance algérienne a été le fait des forces morales et patrio­tiques, autant sinon plus que des forces matérielles.


La guerre reprit en 1839. Malgré le besoin de paix qu'avait l'émir pour achever une œuvre d'édification qui exigeait encore de nombreuses années, devant le non-respect par les Français des clauses territoriales du traité de la Tafna, devant l'inexécution du traité secret qu'avait accepté Bugeaud, devant les ambitions coloniales françaises, Abdelkader, refusant les manœuvres de l'occupant qui cherchait à lui faire accepter une autre convention, reprit la lutte. Il défendit ses bases urbaines une après l'autre, il combattait jusqu'à la perte de tous ses bataillons réguliers. Après avoir perdu des bases, ses contingents réguliers, sa smala, il n'abandonna pas la lutte. Malgré lla dévastiations, les incendies des récoltes, la destruction des maisons, les razzias systématiques mises au point par Bugeaud qui appliquait la tactique de la terre brûlée, le peuple poursuivit la Résistance et répondit à l'appel des chefs de la Résistance qui surgirent dans toutes les régions. L'un des premiers, Si Mohamed Ben Abdellah, dit Boumaza, organisa l'Ouarsenis et lança en 1845 son offensive dans la région d'El-Asnam d'où l'insurrection gagna toute l'Algérie.

Boumaza joignit ses efforts à ceux d'Abdelkader et tous deux, entre 1847 et 1848 , firent des prodiges d'énergie et d'organisation. Les Français lancèrent toutes leurs colonnes à la poursuite des chefs qui étaient à la tête des partisans. Ce n'est qu'en 1847, après avoir jugé que la poursuite de la lutte était impossible, qu'Abdelkader succomba. Le peuple était ruiné mais la Résistance algé­rienne ne prit pas fin. Elle envisagea d'autres formes de lutte. Elle allait continuer cependant.


C'est dans les massifs montagneux que la Ré­sistance fut la plus âpre. La montagne restait fidèle à ses traditions, la montagne restait synonyme de liberté. De nombreuses régions comme celles des Beni-Mellikeuch, Beni-Raten, Fraoucène, Beni-Khelif, Beni-Aït, El-Hassen et combien d'autres s'illustrèrent au cours de cette résistance farouche.

La lutte renaissait constamment ; même écrasés les patriotes se réorganisaient et s'insurgeaient à nouveau. Le soulèvement de 1871 fut la dernière phase de cette résistance militaire : les résistants groupés autour de Mokrani et Bou Mezrag, entraî­nés par les frères de la Rahmaniya du cheikh Ben Haddad, affirmèrent à nouveau cette volonté de notre peuple de vivre libre et indépendant.


Dans le Sud Algérien, la résistance fut aussi glorieuse que dans celle du Nord. Elle prit plusieurs formes, défensive, accrochée aux ksours, offensive avec le soulèvement des populations et les attaques implacables des nomades, avec toujours comme alliés l'immensité du désert et l'implacable soleil. Cette résistance fut aussi tenace que celle des mon­tagnes algériennes, elle dura plus d'un demi-siècle et eut également ses pages glorieuses : à Zaâtcha, près de Biskra, les Algériens combattirent jusqu'au dernier résistant et tous les habitants étaient des Résistants. L'Oasis fut entièrement rasée par l'en­nemi. L'insurrection des Ouled Sidi Cheikh avec Sid El Ala Ben Bou Bekr se prolongea de 1864 jus­qu'en 1882 et s'étendit à plusieurs reprises à pres­que tout le Sud Algérien.

Les Algériens n'abandonnèrent pas pour autant la lutte. Le peuple algérien reprit à plusieurs reprises les armes.

Une élite intellectuelle manifesta dès le début du XXe siècle les revendications des évolués. Elle n'était pas nombreuse : en 1914, 5 % des enfants d'âge scolaire allaient à l'école française, en 1929, 6 %; en 1914 il y avait au total 34 bacheliers algériens et 12 licenciés. Les Algériens organisèrent eux-mêmes, dans leurs médersas libres, l'enseignement de la langue arabe, et certains jeunes allaient recevoir une formation dans les universités des pays arabes.

Après la guerre de 1914-18 la question nationale fut posée par les jeunes Algériens. Autour de l'Emir Khaled les Algériens affirmèrent, en même temps que la nécessité de satisfaire leurs revendications de justice et d'égalité, celle de rester fidèles à la personnalité islamique du peuple algérien et refusèrent la naturalisation. Après les humiliantes fêtes du Centenaire en 1930, le nationalisme algérien se précisa et trouva sa formulation politique.

Les premiers partis et mouvements politiques et culturels furent créés au cours de cette période. Le premier parti politique algérien, l'Étoile Nord-Africaine, fut fondé en 1926 ; il devint rapidement un mouvement nationaliste combattant pour l'indépendance de l'Algérie et la révolution sociale. Ses journaux, « l'Iqdam nord-africain», puis «El Ouma », sa participation au Congrès anticolonial de Bruxelles en 1927, firent d'abord connaître le mou­vement aux émigrants nord-africains en France.


Le parti s'implanta par la suite en Algérie à partir de 1936. En mars 1937, le .P. P. A. (Parti du Peuple Algérien) prenait la suite de l'Etoile qui avait été dissoute par le gouvernement français. Deux autres mouvements se constituèrent en Algérie aux environs de 1930. Le premier fut celui des Oulémas, en 1931, pour rétablir la loi musulmane dans sa pureté, arabiser l'Algérie me­nacée par la francisation et lutter contre le maraboutisme complice du colonialisme. Alors que l'Etoile et le P.P.A. représentaient le nationalisme populaire révolutionnaire, les Oulémas reliaient ce nationalisme au mouvement de renaissance arabe et affirmaient : « L'Islam est notre religion, l'Algé­rie notre patrie, l'arabe notre langue. » Le second mouvement, celui de la Fédération des Elus Musul­mans, traduisait les aspirations des éléments petits-bourgeois et intellectuels modérés.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, le peuple algérien fit encore une deuxième tentative : le Manifeste du peuple algérien, en 1943, résuma les revendications algériennes et insista sur la né­cessité d'ériger l'Algérie en « Etat Algérien auto­nome après la réunion d'une assemblée consti­tuante élue par tous les habitants de l'Algérie ». En 1944 un front unique est réalisé par tous les Algériens, la thèse nationaliste gagnait du terrain^ l'idée d'un Parlement Algérien et d'un Gouverne­ment Algérien s'imposait de plus en plus. Aux ma­nifestations de mai 1945 la France répondait par une répression impitoyable. « L'insurrection » avait échoué mais elle avait été la répétition de la Révo­lution du 1er novembre. La période de 1945 à 1954 est marquée par les progrès du nationalisme Algérien.


L'Algérie n'avait aucune possibilité de faire entendre sa voix, il ne restait plus que l'épreuve de force. Seules l'action révolutionnaire, la lutte armée pouvaient libérer l'Algérie.

Le M.T.L.D. (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) accentua son action, éveilla la conscience révolu­tionnaire des masses ; les cadres clandestins de l'Organisation Secrète (0. S.) préparèrent une insur­rection armée. L'O. S. est découverte en 1948 et ses membres traqués par la police. La crise du M.T.L.D. donna naissance au Comité Révolutionnaire d'Uni­té et d'Action (C.R.U.A.) formé d'anciens dirigeants de l'O. S. Le C.R.U.A. décida la lutte armée. Une nouvelle phase historique s'engageait.


 

|  Algérie mon beau pays   |

 

Top