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Les trésors de l’Algérie antique

 

 

 

 

 

Par Histoire & Voyages


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Les trésors de l’Algérie antique

Source : Michel Fuchs - Histoire & Voyages


Territoire des premiers royaumes numides, l’Algérie antique a suscité la convoitise des Phéniciens—qui y fondèrent leurs comptoirs—puis des Romains qui s’y établirent à la suite des guerres puniques.

Après la conquête romaine, la région vit éclore un certain nombre de colonies dont les habitants adoptèrent le mode de vie romain. En témoignent aujourd’hui encore les vestiges de Timgad et Djemila, inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO, notamment en raison de leurs remarquables monuments et de leurs superbes mosaïques.

Ce parcourt vous entraînera de Tipasa, « habitée par les Dieux », jusqu’à Annaba, où vécut saint Augustin, en passant par Constantine et Biskra, vous découvrirez la richesse d’une histoire millénaire marquée par de nombreuses conquêtes, vous admirerez les réalisations grandioses nées des rêves démesurés d’empereurs tout puissants, et vous serez touchés par la beauté et la diversité des paysages qu’offre l’Algérie, un pays demeuré à l’écart du tourisme de masse malgré ses innombrables richesses.


LA CASBAH ET LE BASTION 23 – LE JARDIN D'ESSAI ET LE MUSÉE DES BEAUX ARTS

Fondée par les Phéniciens au VIe siècle avant notre ère, Alger - El Djazaïr - a été successivement occupée par les Romains, les Vandales, les Byzantins puis les Arabes, chacun laissant son empreinte sur la ville. Cette dernière révèle la richesse de son architecture, emblématique d’une histoire millénaire, nourrie de conquêtes et d’influences diverses, depuis le large avec son front de mer haussmannien tourné vers la Méditerranée.

Sur les vestiges de sanctuaires antiques, vous partirez à la découverte de la Casbah d’Alger, laquelle, en raison d’un modèle urbain unique en son genre, mais aussi de son intégration dans un environnement exceptionnel de la côte méditerranéenne, a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Au cours de la visite de la Casbah, vous pourrez notamment admirer Dar Mustafa Pacha (vue extérieure), une belle demeure de la fin du XVIIIe siècle coiffée d’un délicat auvent sculpté en cèdre. Puis vous visiterez le palais des Raïs (Bastion 23) : un ensemble de demeures dont la principale fut achevée en 1798 pour devenir la résidence du dey Mustafa Pacha.

A proximité s’étire le môle de l’Amirauté, qui ferme le port d’Alger, dominé par un phare édifié lorsque Barberousse régnait sur la ville. De son vrai nom Khayr al-Din, ce fameux corsaire et amiral ottoman du XVIe siècle fit d’Alger la base corsaire la plus puissante de Méditerranée.

Non loin de là, vous pourrez aussi contempler la grande mosquée (Djamaâ el Kebir) érigée à la fin du XIe siècle sous le règne de l’émir almoravide de Tlemcen ; ainsi que la mosquée de la Pêcherie, édifiée par les Ottomans en 1660, que distingue son beau minaret d’inspiration andalouse.

Le luxuriant jardin d’Essai dont les origines remontent à la fin du XIXe siècle. Ses allées de palmiers, ses parterres de fleurs, la multitude et la diversité de ses essences exotiques constituent un havre de paix et de verdure, cher au cœur des Algérois. Vous aurez aussi l’occasion d’en admirer la perspective depuis le musée des Beaux-Arts dont les collections réunissent des œuvres de la peinture européenne, du XVIe siècle jusqu’à l’époque moderne, notamment orientalistes.


NOTRE-DAME D'AFRIQUE - LE MUSÉE NATIONAL DES ANTIQUITÉS

Les hauteurs d’Alger, à la découverte de Notre-Dame d’Afrique. Puis, vous visiterez le musée national des Antiquités qui abrite de riches collections d’œuvres et d’objets (sculptures, mosaïques…) provenant entre autres des sites de Cherchell et de Tipasa. Vous flânerez ensuite dans la rue Didouche Mourad (anciennement rue Michelet) qui conserve un charme désuet, avec ses massifs de ficus taillés au carré et ses alignements de façades des années 30 et 50.

La place des Martyrs d’où part le boulevard de l’Impératrice (actuel boulevard Che Guevara et anciennement boulevard de la République) qui sera prolongé au début du XXe siècle par le boulevard Zighout Youcef (anciennement boulevard Carnot).

Vous pourrez contempler une série d’immeubles et d’édifices d’un blanc éblouissant, décorés de sculptures, corniches et ferronneries parfois peintes en bleu, de styles haussmannien, Second empire, Art déco et néo-mauresque : qu’il s’agisse du palais Zighout Youcef, de la Banque d’Algérie, de l’hôtel Safir (1930), du siège de la Wilaya ou encore de la Grande poste (vue extérieure).

Autant de réalisations signées par les grands architectes de l’époque : Charles-Frédéric Chassériau (1802-1896), Jules Voinot (1855-1913) ou encore Henri Petit (1856-1926). Ce dernier a notamment dessiné le bel immeuble de la Dépêche algérienne, un des fleurons architecturaux, avec l’hôtel Albert Ier, du boulevard Khemisti (ex Laferrière), autre axe central de la ville nouvelle.


CHERCHEll - TIPASA ET LE MAUSOLÉE ROYAL DE MAURÉTANIE

Cherchell, l’antique Caesarea, une cité qui connut son apogée sous le règne de Juba II, au début du Ier siècle, devenant la capitale du royaume de Maurétanie. Les vestiges de son amphithéâtre, de son théâtre et de son forum, de même que les sculptures recueillies dans le musée de Cherchell, témoignent de la splendeur de l’antique Césarée qui fut l’une des plus importantes cités de la Méditerranée romaine occidentale.

Tipasa, véritable musée à ciel ouvert, où la beauté du rivage méditerranéen se conjugue avec celle d’un site archéologique d’envergure ; où les tons ocre des ruines contrastent avec les bleus de la mer et du ciel, composant un tableau dont les mots d’Albert Camus reconstituent avec émotion la délicate beauté : "Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres". Désormais inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO, le site de Tipasa conserve les vestiges d’un amphithéâtre, de temples et de thermes. Ces derniers témoignent de la richesse de la cité, qui prospéra jusqu’au règne de l’empereur romain d’origine nord-africaine Septime Sévère.

L’impressionnant mausolée royal de Maurétanie : un édifice de forme cylindrique de plus de 60 mètres de diamètre, rythmé de 60 colonnes circulaires, et coiffé d’un dôme constitué de gradins. Daté du IIIe siècle avant notre ère, il abriterait la sépulture de l’épouse de Juba II, même si la présence de croix à l’emplacement des portes orientées vers les quatre points cardinaux lui vaut le nom du Tombeau de la chrétienne.


L’ANTIQUE HIPPONE - GUELMA - SOUK AHRAS - KHEMISSA

Annaba, l’antique Hippone, dont le centre historique évoque un décor de cinéma, avec sa place rectangulaire à arcades et sa gare à l’architecture de métal. Son site archéologique, qui s’ouvre à l’est sur la mer Méditerranée, témoigne du riche passé de la cité. Avant de devenir une colonie romaine sous les Antonins, Hippo Regius fut d’abord une colonie carthaginoise, avant d’obtenir le statut de municipe romain sous Auguste. La ville acquit une grande renommée au IVe siècle grâce à saint Augustin, évêque d'Hippone. La cité fut ensuite occupée par les Vandales puis les Byzantins et, enfin, par les Arabes au Xe siècle, jusqu’à la fin de la période fatimide au mitan du XIIe siècle.
À l’époque romaine, la cité couvrait une superficie de 60 hectares. Son arrière pays fertile permettait la culture du blé, de l’olivier et de diverses essences d’arbres fruitiers : citronniers, figuiers, amandiers, grenadiers, etc. et son port était l’un des plus importants de la côte méridionale de la Méditerranée.
De nombreux vestiges témoignent de ce dynamisme : le forum, daté par une inscription de l’année 78 - le plus étendu et le plus ancien découvert au Maghreb -, le théâtre, les thermes ainsi que plusieurs villas ornées de mosaïques.


Le site de Guelma. De fondation punique, la ville antique de Calama était une cité prospère réputée pour ses ressources thermales et agricoles. De cette période florissante, subsistent un théâtre de 5 000 places construit au IIe siècle et restauré en 1908 par une mission archéologique française, ainsi qu’une forteresse byzantine.


Souk Ahras, où vous découvrirez le site archéologique de Khemissa, saisissant exemple de planification urbaine romaine. Après avoir franchi les vestiges de puissants remparts, vous emprunterez le cardo et le decumanus pour atteindre le forum puis le théâtre et les thermes.


CONSTANTINE - TIDDIS

Constantine, une ville perchée sur un haut plateau rocheux bordé par des escarpements vertigineux. L’antique Colonia Cirta - qui fut la capitale de la confédération Cirtéenne dont faisait notamment partie Djemila (Cuicul) - fut l’une des cités les plus prospères d’Afrique. Détruite en grande partie par l’empereur Maxence en 311, la ville fut rapidement reconstruite par l’empereur Constantin qui lui donna son nom actuel.
Au cours de la visite, vous profiterez de plusieurs points de vue saisissants en suivant la route de la corniche laquelle surplombe les gorges du Rhumel de plus d’une centaine de mètres. La fin de la matinée sera l’occasion de flâner dans les allées colorées du souk.

Le site de Tiddis où la présence de tumulus - certains contenant des céramiques modelées - et de dolmens indiquent une installation humaine dès la préhistoire. C’est là que les romains fondèrent Castellum Tidditanorum, une petite ville fortifiée chargée de défendre Cirta contre les incursions des montagnards berbères. La cité fut dotée d’une porte monumentale, d’un forum et de thermes. De la période chrétienne subsistent les vestiges d'une chapelle. La présence de châteaux d'eau et de citernes rappelle, enfin, que la ville n’était alimentée par aucune source.


DJEMILA

Le site archéologique de Djemila, l’antique Cuicul. Fondée, elle aussi, par l'empereur Nerva dans les dernières années du Ier siècle, Cuicul est aujourd’hui inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. La visite de ce site archéologique remarquable sera l’occasion d’admirer le Grand Temple, l'Arc de Caracalla sous lequel passait la voie reliant Cuicul à Sitifis (Sétif), le marché de Cosinius, la porte de Jijel. Vous visiterez enfin le musée qui possède une collection impressionnante de mosaïques.


TIMGAD

Le site archéologique de Timgad, sans conteste le site romain le mieux conservé d’Algérie, raison pour laquelle il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Vous y découvrirez les vestiges de nombreux édifices monumentaux, édifiés en calcaire bleu et blanc ainsi qu’en grès provenant des carrières des environs. Le théâtre, daté du milieu du IIe siècle, jouxte le Forum et pouvait contenir 3 500 spectateurs. L’arc de Trajan, formé de trois baies, s’élève à l’entrée du cardo maximus.
Chacune de ses piles est ornée de colonnes corinthiennes surmontées d’un fronton courbe, et de petites niches qui devaient contenir des statues. Le marché de Sertius, construit au IIIe siècle, présente une cour rectangulaire ornée en son centre d’un bassin, clôturée par un hémicycle, tandis que le Capitole évoque les temples à cella surélevée répandus en Afrique. Le musée du site abrite quant à lui de superbes mosaïques.


EL KANTARA - TOLGA - SIDI OKBA

El Kantara. Peuplée originellement de berbères, l’antique Calceus Herculis se peuple de Romains venus de Syrie dès le Ier siècle après Jésus-Christ, qui y édifient un impressionnant pont. Doté d’une unique arche de 10 mètres de diamètre, il avait déjà suscité l’admiration d’Eugène Fromentin en 1853 : « (…) Le pont garde le défilé et pour ainsi dire l'unique porte par où l'on puisse, du Tell, pénétrer dans le Sahara.
Ce passage est une déchirure étroite, qu'on dirait faite de main d'homme, dans une énorme muraille de rochers de trois ou quatre cents pieds d'élévation. Le pont, de construction romaine, est jeté en travers de la coupure. » Vous pourrez aussi admirer, dans la casbah, de beaux exemples d’habitations traditionnelles en terre.

Tolga, celle qui fut probablement un castellum romain, est une des plus vieilles villes d’origine numide de la région, comme en témoignent les ruines de son ksar. Elle se pare aujourd’hui encore d’une magnifique palmeraie qui fait sa renommée, puisque y sont produites les fameuses dattes Deglet Nour.

A la frontière du massif des Aurès et de la région saharienne des Zibans, où se dresse, au sein d’une luxuriante palmeraie, Sidi Okba qui tire son nom d’un chef militaire omeyyade parti à la conquête du Maghreb au VIIe siècle. Comme en témoignent quelques vestiges, la cité abrita auparavant une colonie romaine, sous le nom de Tabouda, alors intégrée à la province de la Maurétanie césarienne.


BISKRA

Considérée comme la porte du Sahara, située à la frontière sud de l’Empire romain, l’oasis de Biskra occupe depuis toujours une position stratégique en matière de commerce et d’influences politiques et religieuses.

Dès le IXe siècle, sa prospérité transparaît dans son urbanisme, et la ville s’impose comme la capitale du Zab, dont les alliances s’étendent jusqu’à Tlemcen et Fès au Maroc.

Vous pourrez également y admirer quelques édifices emblématiques des XXe et XXIe siècles, notamment de style néo-mauresque et Art nouveau, tels l’ancienne poste et l’hôtel Transatlantique, où séjournèrent d’illustres hôtes comme le peintre Etienne Dinet, André Gide et même Ho Chi Minh !


 

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