X

 

 

Le Littoral

 

Site Web    

 

AZEFFOUN, L'ÉCUME DES JOURS


Ville méditerranéenne avant tout ? Azeffoun l'est assurément. Mais voilà une vieille cité côtière qui semble encore drapée d'une insondable léthargie. Azeffoun est pourtant le creuset d'au moins trois vocations venues du fond des âges : pêche, agriculture, commerce. Et qui, complétées par le tourisme balnéaire, devraient pouvoir en faire un pôle éminemment attractif.

Quand on a pris le départ de Tizi Ouzou, on arrive à Azeffoun - 60 km de distance - par une route relativement carrossable. Ce qui est, somme toute, méritoire car l'entretien, dans cette région fortement montagneuse, est réputé difficile. Surtout durant les éprouvantes rigueurs de l'hiver.

Mais on a pu noter que la route en question présente une attrayante originalité : c'est, en effet, au détour d'un ravin - donc au moment où l'on s'y attend le moins - qu'elle nous fait découvrir des panoramas d'une saisissante beauté. En fait, pour accéder à ce que fut l'antique Ruzazus romaine — précisément à partir du village des Aghribs — il faut d'abord traverser le col belvédère de Agouni Cherki, singulière ouverture entre deux montagnes qui fait communiquer avec une rare subtilité le Djurdjura au Sud, et la mer Méditerranée au Nord. Non loin de là, campe solidement Taboudoucht, le village natal des Issiakhem.

Aussitôt après, c'est une fort belle descente en lacets jusqu'à la mer qu'on sent toute proche. On croirait même se laisser allègrement glisser sur un toboggan d'asphalte, sans rebondissement majeur, tant la configuration du terrain s'y prête.

Il faut ensuite tourner à droite de l'embranchement côtier (à gauche, c'est vers Tigzirt). Là, nous suivons d'abord la longue et large plaine vallonnée de Mtata (ex-Tardieu, 7 km), petite dechra avoisinante aux lignes douées, aux cou­leurs estivales, du reste assez précoces pour une saison printanière qui ne fait à peine que commencer. Après la relative aridité de la montagne environnante — aridité due en grande partie aux incendies dévastateurs de ces dernières saisons estivales.

Azzefoun apparaît plutôt comme un coin presque féerique. Une perle blanche dans un écrin de verdure et d'azur, avec ses eaux abondantes, ses prairies naturelles, ses arbres fruitiers. Et, bien sûr, ses fameuses bruyères de renommée mondiale, en partie destinées à la fabrication de bouchons de pipe. A l'exception de larges vallées propres à la culture et de rares plateaux dénudés, le massif qui la surplombe, à l'est, devait être très boisé. Au début du siècle, la forêt arrivait, selon le témoignage de quelques vieux habitants, jusqu'aux abords immédiats du village.

Elle en est bien loin à présent. Faut-il s'en étonner lorsqu'on sait la trop forte densité de la population — qui avoisine aujourd'hui les 20 000 âmes — à l'intérieur de ce lacis d'espace géométrique où se mêlent ingénument sensibilité, couleurs et sagesse campagnarde ? Azeffoun est en effet une vieille cité qui, il y a belle lurette, n'avait pas hésité à se positionner durablement sur un étroit contrefort côtier.

Étroit certes, mais qui ne pouvait que lui être propice. Pour preuve tangible, c'est de toute sa stature actuelle que la ville semble dominer une splendide baie que ponctue, en contrebas, une crique qui abrite le nouveau port marchand.

De ce point de vue difficilement prenable, le village paraît ainsi perché au-dessus de toute contingence éventuelle. Un peu à la manière d'une femme perchée par-dessus son balcon. Serait-ce pour mieux scruter le large, pour voir venir de loin ? Pas très évident. Car du haut de son inamovible promontoire ocre-vert, Azeffoun semble certes contempler la mer. Sans toutefois la regarder vraiment.

Une mer qui interpelle pourtant. Nourricière au besoin - encore faut-il savoir la courtiser - quoique souvent rebelle. A cet égard, on a très vite cette franche impression que le village vit paradoxalement replié sur lui-même.

Mais il n'empêche. Le boulevard Front de mer - du nom de Yacef Omar - est là pour, malgré tout, attester de bien tardives retrouvailles avec la Grande Bleue. Une mer si proche, si présente et dont le moindre des apports pourrait être tellement bénéfique... Ici, on se doute bien qu'on ne pouvait la nier indéfiniment.

Pour tout dire donc, Azeffoun c'est, de prime abord, ce long et large boulevard «P'tit Omar» par lequel on arrive d'Alger, de Tizi Ouzou ou de Tigzirt par l'ouest, de Béjaïa ou de Jijel par l'est. Avec la fulgurante progression d'immeubles qui, de part et d'autre de la chaussée, le jouxtent aujourd'hui dans un agencement impeccable, c'est pratiquement devenu le lieu de rencontre privilégié de toutes sortes de visiteurs.

Bien sûr, après le marché hebdomadaire du jeudi qui se tient en plein centre du village et qui draine autant, sinon plus de monde. C'est, en définitive, par cette voie précieuse de communication dont les habitants ne sont pas peu fiers que forcément transite l'essentiel du trafic routier vers les grandes villes précitées et le reste du pays.


11111111

 

|  Algérie mon beau pays   |

 

Top