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Histoire d'Alger


La ville d'Alger aurait été fondée par le Berbère Bologhin ibn Ziri de la tribu des Zirides bien avant l'occupation ottomane. Le nom d'Alger provient du nom de la tribu, les Zirides, qui a fondé la ville qui se nommait initialement D’zaïr Mezghenna. Alger viendrait de D’zaïr, les colons français ayant repris ce nom et l'ayant arabisé pour faire Al-Djazâ'ir et, par la suite, Alger. C'est Antoine Virgile Scheider, ministre de la Guerre sous la monarchie de Juillet, qui avait décrété en 1839 que les territoires d'Afrique du Nord situés entre le royaume du Maroc à l'ouest et le beylicat de Tunis à l'est seraient dorénavant appelés Algérie : «Le pays occupé par les Français dans le nord de l'Afrique sera, à l'avenir, désigné sous le nom d'Algérie.»

Accrochée aux flancs des collines du Sahel, au débouché de la plaine de la Mitidja, la ville est reliée aux hautes plaines, grâce au seuil de Médéa.
Le site original d'Alger est celui du port antique : protégée des vents de l'Ouest par les profonds ravins du Massif de Bouzaréah, une acropole dominait une succession de plages que des îlots abritaient du vent du Nord Ouest. L'importance de ces derniers est attestée par les noms successifs de la ville, Ikosim comptoir phénicien, Icosium port romain, puis El Djazaïr mal arabisée par la France qui signifient « des îles », or les iles en arabe se dit "El Djouzour".
La ville subit les vicissitudes des invasions et des destructions successives.

Vers le milieu du Xe siècle, Bulugguin prince de la dynastie Zirid, séduit par le site, la fait renaître et l'appelle « El Djazaïr » du nom des îlots qui affleuraient dans la baie. Alger fut, dès lors, un centre commercial actif, en relation avec toute la Méditerranée.
Après avoir fait partie du royaume Hammadite, elle passe au pouvoir des AIrnoravides, dés Almohades, des Abd-EI-Wadides, et des Zianides de TIemcen. Des dynasties successives ont laissé des vestiges de la période d'or de la civilisation musulmane. Vers la fin du XVe siècle, après la reconquête de l'Espagne par les rois catholiques, Alger accueillit les musulmans andalous.



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Alger, de l'arabe "El Djazair" pluriel du féminin Djazira proche du féminin kabyle "Tigzirt", dont le masculin gzir, était transmis par les peuples méditerranéens anciens "Kos" ou "cos" dont les légendaires Ikosium phénicien ou Icosium romain, ces mots signifiants tous " les îles".
Au début du XVI' siècle, Alger subit l'attaque des Espa­gnols (1514) qui occuperont la ville jusqu'à l'arrivée des frères Barberousse, en 1516. Ces derniers, s'étant placés sous la protection de Constantinople, Alger devint la capitale d'un Etat algérien, plus ou moins vassal de l'Empire Ottoman. Malgré la rivalité entre les janissaires turcs et les « raïs », Alger connut une grande prospérité lors de l'apogée de la « course » au XVII" siècle.

Dominée par la forteresse de la Casbah, la ville couvrait toutes les pentes de l'acropole et étendait, en bordure de la mer, ses riches quartiers commerçants, semés de palais et de mosquées. Au début du XIX' siècle (4 juillet 1830) la ville fut prise par les Français. Après 1830, des monuments anciens furent détruits pour faire place à des constructions administratives et militaires. Ne subsistèrent que la belle mosquée hanafite de la pêcherie (XIVe s.) et la grande mosquée malekite (XIe siècle). Vers la fin du XIXe siècle, Alger devint un grand marché de vin, un important centre financier et un grand port.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Alger joua un rôle important dans le débarquement des troupes alliées et devint le centre des décisions politiques et militaires en Afrique du Nord.
Pendant la guerre de libération contre l'occupant français (1954-1962), Alger fut un important foyer de la lutte armée. La Bataille d'Alger constitue un moment historique de grande signification Depuis l'Indépendance, le Grand Alger, en continuel développement, abrite près de 3 000 000 d'habitants. Capitale politique et inlellectuelle, Alger est aussi un important centre industriel. Le port d'Alger est le premier port d'Algérie.

On ne peut parler d'Alger sans évoquer la Casbah, vieil Alger et cœur de tous les événements historiques. Ce n'est qu'avec la colonisation qu'apparaît une dichotomie entre la Casbah, ville musulmane, et la ville européenne bâtie au-delà des remparts. Si ces remparts ont aujourd'hui dis­paru, la configuration de la ville donne l'illusion de leur per­sistance, avec ses labyrinthes de ruelles, d'escaliers, d'impas­ses et de couloirs en voûtes ... L'architecture de la Casbah est représentée par des maisons et de charmantes villas d'aspect pittoresque, d'ordonnance logique, bien adaptées aux mœurs des habitants. L'élément essentiel en est le patio central carré, entouré de quatre galeries, sur lesquelles s'ouvrent autant de chambres larges et peu profondes. Ces maisons, à deux ou trois étages, sont couvertes de terrasses..

En façade, des décrochements accusent clairement les dis­positions intérieures et les étages supérieurs se projettent en encorbellement sur des poutrelles obliques comme on en voit en Asie Mineure. Les murs blancs des vestibules et des patios sont égayés de faïences. Au mobilier - coffres, glaces, lustres - s'ajoutent des tapis algériens et de très élégants rideaux brodés (exemples de la fameuse broderie algéroise].
C'est à la Casbah que l'on trouve les plus beaux monuments de l'art musulman : telle la Grande Mosquée, bâtie dans le quartier voisin du port qu'occupa la cité d'Icosium.

Le minbar, daté de 1096, permet d'attribuer cet édifice au souverain almoravide. Les autres édifices religieux d'Alger sont postérieurs au XVIe siècle. Le type habituel, vraisemblablement importé d'Analolie, présente une grande coupole octogonale aplatie, circonscrite par des galeries. Seule diffère la mosquée de Djemad El Djadid (Pêcherie).
Avec sa haute coupole ovoïde terminée en pointe et ses quatre coupolettes, elle évoque les mosquées d'istamboul. Malheureuse­ment la Casbah présente, aujourd'hui, un visage défiguré par le temps et les hommes.

Un plan de restauration de la Casbah, mis en route depuis quelques années, s'efforce de redonner à la ville ancienne la spendeur de jadis. Alors, habitants et touristes pourront toujours s'émerveiller.
La Place des Martyrs au pied de la Casbah, à l'Amirauté et à la Darse, ancien port turc, aujourd'hui réservé à la Marine Nationale et aux embarcations de pêche et de plaisance.

A proximité de l'Amirauté se trouve la Place des Martyrs à laquelle on aboutit aussi bien par le front de mer que par les boulevards parallèles.
La place des Martyrs (basse Casbah) abrite les plus beaux monuments et les Palais d'Alger :Djemâa El Djadid (Pêcherie) et Djemâa El Kebir (grande mosquée).
Dar Aziza bent El Bey le « Palais de la Princesse », témoigne de la délicatesse de l'architecture algéroise traditionnelle. La mosquée Ketchaoua, flanquée de deux minarets, transformée en cathédrale, pendant l'occupation française, s'élève à proximité de la place.

BAB EL OUED

Situé en bordure de mer, ce fut le plus célèbre quartier populaire durant la colonisation. D'ailleurs son architecture est caractéristique du style d'immeubles, édifiés à la fin du siècle dernier, à la périphérie des capitales européennes. Cependant ces édifices, répondent aux exigences du climat et leur ensemble s'harmonise avec le paysage. Aujourd'hui, Bab-EI-Oued reste un quartier populaire qui s'est étendu surtout vers les hauteurs d'Alger.

LA VILLE MODERNE

Alger jouit d'une position géographique remarquable : la ville s'élève en amphithéâtre sur les coteaux d'EI-Biar et de Mustapha, pleins de lumière, de verdure et de fraîcheur. De Bouzaréah jusqu'à Kouba, la promenade vous fera découvrir des quartiers aux visages multiples : quartiers populaires ou quartiers aux blanches villas tapies dans des jardins pleins de fleurs, de palmiers, de pins, d'eucalyptus, de jacarandas. Vous emprunterez des rues romantiques comme le chemin Cheikh Bachir Ibrahimi, le chemin Ibn Badis, le chemin Abd-el-Kader Gadouche ...

La baie a souvent été comparée à celles de Naples ou de Rio.
De Diar EI-Mahçoul, d'Es-Sanouber, d'Az-Rahra et dé la forêt de Baïnem... le spectacle est un enchantement dont la beauté ne cesse de ravir et qui se répète partout dans la ville grâce aux nombreux espaces verts tels que le Parc de la Liberté, le Parc de Beyrouth, le jardin Botanique et Zoologique du Hamma qu'André Gide considérait comme l'un des plus beaux au monde.

La descente sur Alger aboutit à la rue Didouche Mourad, la plus grande artère commerçante, avec la rue Larbi Ben' M'Hidi que croise le boulevard Mohamed Khemisti, cou­ronné par l'Esplanade d'Afrique ; celle-ci est surplombée par l'ancien Palais du Gouvernement avec ses jardins en gradins aux pieds desquels s'élève la Grand-Poste, édifice inspiré de l'architecture arabe. De là, on poursuit par le boulevard du front de mer, le Boulevard Zighout Youcef, bordé de grands édifices modernes; sièges de l'A.P.N., siège de l'A.P.C., l'hôtel Es-Safir et les banques. Ce boulevard nous conduit à la Place des Martyrs au pied de la Casbah, à l'Amirauté et à la Marsa, ancien port turc.

NOTRE DAME D'AFRIQUE

Située dans le quartier de Z.'ghara, sur un terre-plein dominant Alger, Bologhine et la mer, la Basilique de Notre-Dame l'Afrique fut construite dès l858, non loin d'un lieu de péleinages, probablement fort ancien.
L'Église renferme des œuvres artistiques remarquables : statues de bois ou de métal (parfois recouvertes de feuilles d'or), dont les plus anciennes datent du XVIIe siècle.

LES TAGARINS

Dans le quartier des Tagarins, au-dessus l'ancien Palais du Gouvernement, s'élève la Bibliothèque Nationale. Du Théâtre de Verdure et de l'Hôtel Aurassi, on a, de jour et le nuit, les plus beaux panoramas d'Alger.

LE JARDIN D'ESSAI OU MUSÉUM NATIONAL DE LA NATURE

La ville d'Alger est riche de nombreux jardins, parcs et musées, abritant un patrimoine inestimable d'espèces végétales rares, et de vestiges et d'œuvres d'art de tous les temps.
Étendu sur une superficie de 40 ha, l'Ancien jardin d'Essai, renferme plus de 3000 essences différentes et abrite l'Institut National de la Recherche Agronomique d'Algérie. Une partie du jardin, proche du Musée des Beaux Arts, s'étend sur le versant de la colline qui regarde la mer ; l'autre partie, dominée par la grande terrasse, occupe, en cinq plans successifs, l'espace compris entre la rue Hassiba Ben Bouali et la rue Belouizdad.
De magnifiques allées agrémentent le Parc, aménagé en jardins anglais, français, japonais les allées des Platanes, des Dracaenacs, des Ficus, des gigantesques Bambous, des Palmiers... Le Muséum possède, aussi, un jardin zoologique, en bordure de l'Allée des Dracaenas. La partie haute est couverte d'essences forestières : eucalyptus, araucarias.

LE PALAIS DU PEUPLE

Le Palais du Peuple se trouve à l'intérieur d'un immense parc ombragé, peuplé d'essences méditerranéennes et tropicales. Sa construction est inspirée de l'architecture arabo-musulmane. Les colonnades et les escaliers sont d'une magnificence sans égale, créant une harmonie parfaite avec les boiseries des plafonds et les mosaïques. La Palais de Peuple, ancienne résidence du gouverneur, résidence de la Présidence à l'Indépendance, est devenu un important centre culturel et artistique où sont organisées, périodiquement, des expositions de l'art et du folklore des différentes régions du pays. Le Palais du Peuple se situe à la Place Addis Abéba, important carrefour qui donne accès à tous les quartiers du grand Alger : Hydra, EI-Biar, Bouzaréah, Birmandréis, Kouba, Ben-Aknoun. Dans le parc, d'autres édifices moins importants, mais très beaux, sont devenus aujourd'hui, des ateliers d'artisanat. Le parc, quant à lui, accueille des artistes. Des concerts sont organisés en plein air. On a plaisir à se promener dans ses allées ombragées, qu'animent le chant des oiseaux et le ruissellement des eaux, autres charmes du Palais du Peuple.

LA VILLA «LE BARDO»

Cette ancienne demeure de style turc, située à l'extrémité de la rue Didouche Mourad, sous le Palais du Peuple, est l'exemple classique des belles maisons de style turc construites sur les hauteurs d'Alger. A l'instar des Palais de la Casbah, celles-ci se distinguent par la richesse de leur décor : colon­nades et escaliers de marbre, faïences italiennes et portugaises alliées aux boiseries, jardins secrets. Dans les patios, où flotte une suave senteur de jasmin, chantent de magnifiques jets d'eau.
La villa du Bardo abrite le musée de la Préhistoire et de l'Ethnographie, l'un des plus intéressants d'Afrique.

LE PARC DE LA LIBERTÉ

En haut de la rue Didouche Mourad, se trouvent le Parc de la Liberté, construit en terrasses coupées d'escaliers et abritant de magnifiques essences, et le Musée National des Antiquités. Cet édifice religieux d'architecture ultramoderne est situé. en haut de la rue Didouche Mourad, non loin du Parc de la Liberté. Sa conception a été inspirée de l'Évangile selon Saint )ean : recréer la tente de Jésus, telle a été l'idée fondamen­tale des architectes, et ils y ont parfaitement réussi. La cou­pole, très stylisée descend sur huit colonnes, créant l'effet d'une toile tendue : la «Khaïma» des habitants du désert, celle de Jésus, en pur béton armé, au ccaur de la ville d'Alger. Sur l'une des parois de la nef se trouve une mosaïque datée de 324, originaire de la Basilique de Castellum Tingitanum, actuel Chlef. Réalisée en plein schisme donatiste, la mosaï­que est unique en son genre : l'essence du Christianisme, l'esprit même de la religion et toute son histoire sont symbo­lisés dans les voies de ce labyrinthe compliqué. L'autel est un bloc monolithique de marbre. Les vitraux, symboliques, sont très beaux.

 

 

 

 

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