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Vestiges   (2/3)

 

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Ruines berbéres II


  13 - Agadir (et la mosquée d’Agadir)



En 765 Sur le même site de Pomaria, délimité au Nord par une falaise servant de rempart naturel, Agadir dont l’étymologie est berbère signifiant «muraille » est née. La tribu Berbère des Béni Ifrane a fait d’Agadir la citadelle du Kharidjisme. Après trois siècles la cité s’inclina sans aucune résistance à Idriss 1er2 en 970. Ce dernier a commencé par L’édification de remparts jalonnés de portes pour protéger la ville.
Ensuite il s’est appliqué à faire bâtir la grande mosquée.

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  14 - Rempart de la Casbah (Nedroma)



Il n’y eut certainement pas de ville romaine à l’emplacement de Nedroma. Léon l’Africain est à l’origine de cette légende, de même qu’il est à la source étymologie du nom de Nédroma : « Ned-Roma », « rivale de Rome ».
Il ne fut jamais découvert de vestiges ni d’inscriptions pouvant attester une implantation romaine à Nedroma.
La ville de Nédroma, située au pied du mont Fillaoussen, a été bâtie (1160 Après J.-C.) par le Sultan Adbdelmoumen ben Ali de la dynastie des Almohades, sur les ruines d’immense cité berbère.

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  15 - Port de Honain


Honaïne est une commune de la wilaya de Tlemcen, située à l’extrême nord-ouest de l’Algérie, à 60 km au nord-ouest de Tlemcen et à 120 km à l’ouest de Sidi Bel Abbès. Il existe de belles plages situées prés de Honaine.
Au XIIIe siècle, Honaïne était le port de Tlemcen et la voie méditerranéenne pour le commerce avec le Tafilalet et le Soudan.
Honaïne fut appelée par les Romains « Gypsaria » et « Artisiga ». Les Espagnols la nommaient « Hone ».
Cette ville dispose de vestiges berbères datant de la période Almohade, du temps de l’essor florissant de la ville qui fut un important centre de flux commerciaux entre les deux rives de la Méditerranée. Les remparts de la ville témoignent encore aujourd’hui de la splendeur et de la puissance passées de cette contrée. Le fondateur de la dynastie des Almohades, Ibn Ali El Koumi, établi plus tard à Marrakech, est né à Tajra, une colline surplombant Honaïne, à deux kilomètres à l’ouest. En 1162, Oran et Honaïne s’associèrent pour construire les cent vaisseaux commandés par Abd El Moumen Ben Ali

Elle abrita le port des Ifrenides, lequel deviendra plus tard le port plus important des Almohades en Afrique du Nord, qui sera par la suite l’un des deux ports des Zianides de Tlemcen. Le port sera partiellement détruit en 1534, après une brève occupation espagnole. Honaine a vu débarquer un nombre important de réfugiés Morisques.
Le site de Honaïne, comprenant la zone intra-muros, les remparts, la Casbah, l’emplacement du port ancien, la tour de guet, est classé comme site historique depuis 1982.

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  16 - Tagdemt


Tahert ou Tihert est une ancienne ville d’Afrique du Nord, capitale de la dynastie des Rostémides (777-909). Son emplacement se situe sur le territoire de l’actuelle commune algérienne de Tagdemt (wilaya de Tiaret) à quelques kilomètres à l’ouest de Tiaret, à environ 120 km au sud-est d’Oran, et pourrait correspondre au site d’une ancienne cité romaine appelée Tingartia.
Il subsiste actuellement des vestiges d’époque rostémide, ainsi que de l’époque d’Abd el-Kader (en 1836, l’émir choisit le site de Tagdemt pour créer sa nouvelle capitale, à la place de Mascara).
Ces vestiges sont l’objet d’une protection officielle depuis le 26 décembre 1978.

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  17 - Achir


Achir est une ancienne ville d’Afrique du Nord, première capitale de la dynastie musulmane berbère des Zirides, sous suzerainté Fatimide située à une altitude de 1 280 m dans les monts du Titteri, dans l’actuelle commune algérienne de Kef Lakhdar (Wilaya de Médéa).
La ville est mentionnée par Ibn Khaldoun qui indique que le mont Tetri est le royaume des Zirides, dans lequel se trouvent les ruines d’Achir. Des fouilles archéologiques ont permis de déterminer l’existence de deux sites zirides dans ce secteur.
Selon Lucien Golvin, qui a entrepris des fouilles sur le site en 1954, Achir est composée de deux cités distinctes. Achir ou Yachir, la capitale de Ziri et Benia, construite postérieurement par son fils Bologhine, 2 km plus au sud.
Yachir fut érigée sur un plateau étroit protégé au nord par le kef (crête) Lakhdar à AIN BOUCIF et bordée de chaque côté par les fossés encaissés des oueds. Quelques ruines de remparts surplombant les fossés témoignent de l’existence d’une cité.

À 200 m à l’est le palais de Ziri, bâti aux alentours de 947, semble avoir été en dehors de la ville. Quelles sont les caractéristiques du monument ?
L’enceinte rectangulaire (72 x 40 m) est renforcée aux angles et à intervalles réguliers par de gros piliers carrés et présente quelques décrochements en saillie sur les faces. L’axe central traverse la salle d’honneur, la cour et la porte en avant-corps qui protège une entrée en chicane. Le palais présente une vaste cour centrale (33 x 35 m) cernée de salles avec galerie à colonnade au Sud et quatre cours secondaires qui se répartissent symétriquement de part et d’autre déterminant quatre appartements semblables dont certaines pièces font saillie sur le mur d’enceinte. La présence d’escaliers à chaque aile laisse à penser qu’ils menaient peut-être à un étage. Il reste peu de choses du décor: quelques fûts de colonnes, des socles, de curieux chapiteaux et quelques blocs sculptés.
Ce palais présente des similitudes avec celui d’el-Quaim, le même architecte ayant officié dans les deux cas.
Les ruines de ce palais construit à côté de la ville populaire; le soin apporté à l’élaboration du plan, la solidité et le fini de la maçonnerie, le style général qui s’inspire nettement de l’Orient, le sobre décor des façades et de la cour centrale; attestent une certaine opulence.
Ibn al-Athîr nous apprend que Bologhine en 972-973 a construit une nouvelle ville qu’il peupla des gens de Tlemcen qu’il avait défaits. Cette nouvelle cité serait Benia, située non loin de Yachir, dans une petite vallée que surmonte le kef Tisemlail ; mieux située en aplomb au-dessus de la plaine, mieux défendable que sa ville jumelle.
On relève dans ce lieu, riche en sources, les traces nombreuses de ruines dont celles d’un vaste mur d’enceinte, d’une mosquée et d’un manar (tour à signaux). Des tessons de poterie d’inspiration orientale ont également été mis au jour.
La muraille est de plan grossièrement rectangulaire, de 800 x 400 m, renforcée par des piliers disposés à égale distance, avec une porte en chicane dans sa partie ouest et en partie estompée vers l’Est en raison des habitations et des champs agricoles. Vers le Sud elle monte à l’assaut d’un piton qu’elle escalade jusqu’au sommet en épousant la forme de la crête, ce qui lui donne la forme d’un entonnoir. Au sommet du piton, les ruines d’un manar qui semble avoir existé du temps de Ziri. Les vestiges d’une tour semblable sont apparentes à l’angle S/E de l’enceinte. Le tracé d’une vaste construction dans cet entonnoir porte le nom de “Dar es Sultan”.
Deux axes principaux N/S et E/O qui doivent correspondre à des rues sont également visibles. Près de leur intersection, un édifice qui pourrait correspondre à une mosquée de 7 nefs et 4 travées.
Néanmoins, le lieu restant largement inexploré, des fouilles sérieuses sont à envisager.

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  18 - Les allées couvertes d’Ath Rhouna (Nécropole)


Les allées couvertes d’Ath Rhouna, un des rares sites funéraires mégalithiques (Méga : grand, lithique : pierre) au monde, situé dans le village d’Ath Rhouna dans la commune côtière d’Azeffoun (60 Km au nord de Tizi-Ouzou), mériteraient une opération de restauration et de préservation au regard de l’importance patrimoniale du site.
Appelés aussi allées dallées ou encore tombes géantes, ces monuments préhistoriques (le mégalithique ayant marqué le passage du paléolithique au néolithique) qu’on découvre partiellement dissimulés par la végétation à une dizaine de kilomètres de la ville d’Azeffoune, sont des tombes collectives.
Elle sont composées de deux parties dont une supérieure, une sorte de chambre en forme de couloir construit avec de gros blocs de grés taillés, et recouvert de grandes dalles dont certaines dépassent 3 mètres de longueur d’où l’appellation allées couvertes donnée par l’archéologue Gabriel Camps qui les a découvertes en 1953. Cette chambre d’une hauteur de 2 à trois mètres servait aux rituels funéraires et aux offrandes pour les morts.

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  19 - Ruines de l’ancienne cité de Tihamamine


Les ruines de la deuxième ville hammadite, Tihamamine, sont situées dans la commune d’El Ksour environ trente-sept kilomètres sud-ouest de Bordj bou-Arréridj et à vingt-huit kilomètres nord-ouest de la Kalâa des Beni Hammad. Les traces évidentes du passage des populations berbères mais arabisés avec le temps , existent sur les points suivants : qui sont situés aux environs de ruines des deux villes berbères et leurs habitants devaient appartenir à une seule et même peuplade répandue sur la superficie occupée actuellement par les gens, de la Kalâa des Beni-Hammad, Tihamamine, des douars Mekarta,Rabta, Maâdid, Oulad-Hannèche, Zerazria, douar El Ksour, Tazrout, Oulad-Hama, Djouaoula, Sed-bel-Abbès, El-Euch, Gourine, Medjez, Oued Ousedjet (actuel Oued lakhdar).
D’après une équipe d’archéologues, pendant la colonisation française, La description de TIHAMAMINE est la suivante : La ville de Tihamamine était située sur une partie rocheuse resserrée entre l’Ouad-Ziatine, à l’est, et l’Ouad-Chelkhane, à l’ouest, dans le douar El Ksour.

Construite à 878 mètres d’altitude, sur un rocher dominant les deux ruisseaux d’une hauteur variante entre vingt et trente mètres, la ville de Tihamamine quoique bien moins importante que la Kalâa des Beni-Hammad constituait pas moins un point de défense, une forteresse remarquable. La partie faible était incontestablement la face nord, adossée à la montagne, aussi les constructeurs de la ville avaient-ils eu le soin de garnir ce côté de bastions très solidement établis.
Les ruines de la ville s’étendent sur une longueur de trois cent quatre-vingt-dix mètres et forment un triangle dont la base serait la partie bastionnée Nord.
Une ceinture de murailles se développait tout autour de Tihamamine sur une longueur de soixante-cinq mètres. La partie de l’enceinte, situé au nord est fort bien conservée, elle a une longueur de cent mètres et comporte quatre bastions reliés par des courtines encore debout. La hauteur des murs de cette partie de l’enceinte varie entre un et deux mètres cinquante centimètres, leur épaisseur est de soixante-deux centimètres. La muraille du côté est, située sur le bord du rocher au pied duquel coule l’Ouad-Ziatine a des parties encore bien conservées. Assise sur des strates horizontales superposées formant falaise d’un pittoresque effet, elle était construite en blocs bruts, en forme de dalles épaisses, simple relevés de la couche supérieure des strates et à des moellons d’une certaine grosseur. On y voit encore, se dressant au-dessus du ruisseau, un bastion avec fenêtre et créneaux qui commandait toute la vallée de l’Ouad-Ziatine.

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  20 - Ifri N’Dlal (L’abri sous roche)



Le site remonte à la période protohistorique. Il renferme d’importantes inscriptions libyques avec plus de 500 caractères, une forme anthropomorphe et une autre zoomorphe.
Il se trouve au lieu dit Thizi Lbir dans la commune d’Ifigha. Il constitue un document épigraphique très important pour domaine libyco-berbère.

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  21 - Gastel



Gastel est un site protohistorique qui livra un abondant mobilier céramique. Celui-ci servit à définir un style de poteries peintes du Maghreb antique. Cette nécropole est située à une vingtaine de kilomètres au nord de Tébessa (Algérie), à l’extrémité septentrionale du djebel Dyr sur un plateau bordé à l’est par l’oued Gastal.
A proximité immédiate se situent les ruines d’une bourgade romaine sur le terrain nommé Henchir Goussa.
Un pont permettait à la voie d’Hammaedara (Haydra) à Vasampus (Morsott) de franchir l’oued Gastal. Sur la partie la plus élevée du plateau, s’étendent les ruines d’un village “berbère”.

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  22 - Palais berbère Biskra (Tabentout)



Le palais se trouve à 8KM du refuge de la Kahina (entre Batna et Biskra).
(En cours de finition)                                                                                                                                                                      



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  23 - Taweghlant (weghlana) « Ksar Tamerna (Kedima) »


Ksar « Tamerna » est l’un des ksours les plus antiques du désert de l’est algérien, il jouit d’une longue histoire dans la vallée du Reggae (wilaya d’El Oued). Cela dit, son processus de construction et son modèle d’ingénierie ont fait de ce ksar, l’un des plus importants monuments urbains locaux.
Ce ksar a été abandonné par ses habitants pour plusieurs raisons, puisque la dernière génération de sa population réside, aujourd’hui, dans des bâtisses modernes construites à l’extérieur du ksar. Sachant que chaque société a ses propres coutumes et traditions la distinguant des autres sociétés locales, lui donnant, ainsi, sa propre identité, nous nous interrogeons dans cet article sur les différentes traditions familiales dans le ksar de « Tamerna » :
Sont-elles encore conservées par les habitants dans leurs nouvelles bâtisses modernes ?
Ont-elles changé ?
Et quelles sont les raisons de ce changement.

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  24 - Tajjmint – Djemina


C’est sans doute l’un des endroits les plus mystérieux, les plus secrets et les plus beaux d’Algérie. Il vous offre le spectacle ahurissant de tout un village niché dans le creux d’une falaise sur une même ligne.
Au premier regard posé sur ces habitations troglodytes nichées là où seuls les aigles peuvent avoir accès, un sentiment étrange vous envahit. L’impression d’avoir tout à coup remonté le temps, et une plongée dans un passé vieux de plusieurs siècles s’empare de vous pour ne plus vous lâcher. Situé au fin fond des Aurès, dans l’un de ces nombreux et splendides canyons qu’abrite l’Ahmer Kheddou, Tajjmint (Djemina) est un site naturel et historique que peu de gens ont foulé du pied. Pourtant, il passe pour être la forteresse secrète de la reine berbère Dihya, passée à la postérité sous le nom de la Kahina. Le site aurait également été utilisé par un «aguellid» (roi) berbère du nom de Yabdas dans sa lutte contre les Byzantins en 539.

Cette place forte se situe sur le territoire de la commune de Tkout, à près de 40 kilomètres de piste du chef-lieu de la commune. Pour cause de route coupée à la circulation, nous avons dû faire un détour de 140 kilomètres, contourner par l’est le massif des Aurès, prendre à travers les plaines de Biskra et Zeribet El Oued avant de reprendre le chemin de la montagne. Ce n’est pas tout, il faut se faire identifier à deux barrages militaires avant d’accéder à cette merveille de la nature qui abrite l’un des sites d’habitation les plus vieux du monde avec des maisons troglodytes nichées dans une falaise et une forteresse inaccessible au sommet d’un promontoire rocheux dont la simple vue vous laisse bouche bée.
Imaginez une forteresse bâtie sur un nid d’aigle, coiffant une falaise haute comme un bâtiment de quinze étages. La légende dit qu’elle a plusieurs entrées secrètes mais on ne lui connaît pour accès qu’un seul passage. Sauf à être un audacieux monte-en-l’air, personne ne peut se risquer dans une escalade aussi difficile. Il faut s’engager sur un sentier abrupt où l’on peut à peine poser le bout de ses orteils avant de s’engouffrer dans un étroit boyau où l’on monte à la force des pieds et des mains. Jadis, des piquets de bois fichés dans la roche facilitaient l’escalade, aujourd’hui, la plupart de ces piquets sont tombés en ruine. Des amis de Tkout nous ont servis de guides dans cette escapade, et deux jeunes ont néanmoins réussi l’exploit d’arriver jusqu’au sommet. Vus du fond du canyon, ils avaient l’air d’un couple de lilliputiens.
La falaise, haute d’une soixantaine de mètres, court sur près d’un kilomètre. Sur le toit de cette falaise, c’est tout un village de maisons de pierres sèches et de greniers qui a été construit. Des bassins creusés dans la roche servent à recueillir l’eau de pluie. Ainsi réfugiés sur cette arête de grès, les habitants pouvaient vivre en complète autarcie ou soutenir des mois de siège face aux envahisseurs. Bien avant de partir à l’assaut du site qui abrite les maisons troglodytes, nous longeons le lit de oued Mestaou où ne subsiste qu’un petit ruisseau qui ne cesse de former bassins et vasques au milieu de gigantesques pierres polies par les temps et les eaux. Pendant des millions d’années, l’eau a patiemment creusé la roche pour tracer sa route. De part et d’autre, les falaises sont si hautes qu’elles donnent le tournis.
L’eau finit par se jeter du haut d’une cascade de 30 mètres dans un petit lac aux eaux d’émeraude alors que la falaise poursuit sa course sur notre droite sur des centaines de mètres. D’autres habitations troglodytes sont visibles tout le long de cette falaise. On peut «aisément» accéder au pied de la falaise qui abrite les habitations troglodytes, mais il n’est pas donné à tout le monde d’en faire l’escalade. Tandis que l’audacieux Salim Yezza escalade pieds nus les parois lisses jusqu’aux habitations pour nous rapporter quelques photos, nous nous contentons sagement des premières marches naturelles. Sur certains passages, le frottement des mains des siècles durant a rendu la roche lisse et polie comme du marbre. Des trous creusés dans la roche à intervalles réguliers témoignent que les passages étaient sans doute balisés par des garde-fous.
D’après nos guides, l’endroit était encore habité jusqu’aux années 1950. Aujourd’hui encore, il n’est guère facile d’imaginer comment ces hommes ont fait pour construire leurs maisons avec des pierres aussi lourdes, des troncs d’arbre et de la terre. Une performance sans doute unique dans l’histoire. Pour avoir érigé des villages dans un milieu aussi hostile et des conditions aussi extrêmes, pour avoir utilisé un espace aussi réduit à leur avantage, les montagnards des Aurès ont fait montre d’un génie bâtisseur rarement vu dans l’histoire, un cas d’école pour tous les architectes du monde. Encore une fois, on retrouve cet atavisme des Algériens à saborder des cartes maîtresses en matière de tourisme que peu de pays possèdent. Aujourd’hui, ce patrimoine de l’humanité toute entière est en train de tomber en ruine. Une partie de la falaise s’est récemment effondrée en emportant avec elle quelques maisons. Si rien n’est fait, dans quelques années, il ne restera plus grand-chose de ce site unique. Les autorités en charge du secteur ont pour devoir de le sauvegarder car ce serait véritablement un crime que de laisser disparaître à jamais ce legs des ancêtres.
(Publié dans El Watan)

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