
A l'écart de la vallée du Chellif et du grand axe Alger-Oran, les contreforts majestueux de l'Ouarsenis. Une barrière graniteuse qui retient les flux humides du nord marin. C'est là que se niche le parc national de Theniet-El-Had. Un sanctuaire oublié du cèdre. Un petit miracle de la biosphère qui rappelle la fragilité de nos écosystèmes. Et qui surprend toujours l'œil ravi de l'intrus.
A deux kilomètres de la partie Sud-ouest de la ville, le parc national de Theniel-EI-Had (wilaya de Tissemsilt), appelé également la cédraie, est un site d'une rare beauté. Située à 170 km à l'ouest de la capitale et à 45 km du chef-lieu de la wilaya de Tissemsilt, la cédraie de Theniet-EI-Had forme une liaison entre le massif de l'Ouarsenis et les hautes plaines de Sersou. C'est une région au climat semi-aride au sud et au centre, et subhumide dans le massif de l'Ouarsenis. La cédraie de Theniet-El-Had (dont une partie se trouve dans la commune de Sidi Boutouchent) est un ensemble de sites naturels d'une grande richesse en faune et en flore. Ras El Braret, le point culminant, est situé à 1 789 m d'altitude. C'est le deuxième plus haut pic de l'Ouarsenis après celui de Sidi Amar situé à 1 983 m d'altitude.
Le parc de Theniet-El-Had a été érigé en parc national le 3 août 1923 par le gouverneur de la province d'Alger. De nouveau. en 1983, cette forêt des cèdres est instituée, au même titre que le Djurdjura et Chréa, en parc national par décret n°459/03 du 23 juillet 1983.
Le parc de Theniet-EI-Had est le plus petit des trois, mais c'est celui qui offre le plus d'originalité et de curiosité. Comme un îlot, ce parc est une zone humide à l'Intérieur d'un ensemble aride à semi-aride. Par ailleurs, la cédraie de Theniet-EI-Had est l'unique à l'Ouest algérien. Toutes les autres (Chréa, Belezma, Babor, Djurdjura.) se trouvent à l'est du pays.
Après Theniet-EI-Had, il faut aller jusqu'au Maroc pour rencontrer d'autres cédraies. L'autre particularité de ce parc est que le chêne-liège y pousse à 1 500 m. C'est l'unique endroit de la Méditerranée où l'on rencontre cette espèce à plus de 1 000 m d'altitude. Ce parc s'étend sur une superficie totale de 3 424 ha dont 2 968 ha sont recouverts de végétation.
Disposant d'une flore très variée, les principales essences forestières qu'on y rencontre sont le cèdre de l'Atlas, le chêne vert, le chêne Zeen et le chêne-liège. Ces deux espèces sont d'ailleurs les plus rentables économiquement. Mais on y trouve également d'autres espèces connue le sapin, le pin d'Alep, le genévrier, le cyprès et le merisier.
Le cèdre s'étend sur une superficie d'environ 1 000 ha. Des cèdres multiséculaires voire millénaires abondent. Des troncs atteignant plus de 9 m de circonférence ne sont pas rares. Les superficies du chêne vert et du chêne-liège sont respectivement de 1 626,5 ha et 171.9 ha. La pelouse s'étend quant à elle sur 406.6 lia. Le reste de la superficie du parc est compose de pin d'Alger (27,4 ha), de lentisque, une sorte de pistachier — (37,4 ha), de frêne (15,1 ha) et d'affleurements rocheux (48 ha). La F'aune caractéristique du parc est représentée par le renard, le chacal, le sanglier, le porc-épic, le chat sauvage, la genette, l'aigle royal, le faucon, la chouette, le hibou... Il existe également une multitude d'espèces de petits oiseaux. Une seule expérience a été tentée en 1988 pour l'introduction, dans la forêt de Theniet-EI-Had. d'oiseaux de gibier, particulièrement des faisans et des perdrix provenant de l'élevage. Le parc recèle aussi de plusieurs sources d'eau. Les plus importantes se trouvent à Aïn-Harhar et Djedjelma. On dénombre, dans le parc de Theniet-EI-Had, cinq clairières (appelées également plateaux) dont deux se trouvent dans le versant nord, Espace magique, la clairière de Aïn-Harhar qui s'étend sur plusieurs dizaines d'hectares est entourée d'arbres et revêtue de pelouse.
Sur l'un de ces plateaux il est prévu la construction de la Maison du parc. La parcelle destinée à accueillir cet édifice est de 11 000m'. Le bâtiment, constitué d'un bloc scientifique, un autre administratif, d'une salle de projection, d'ateliers et de logements de fonction, s'étend sur 4 000 m2. Coût total de la Maison du parc : 40 millions de dinars.
Theniet-El-Had étant une région essentiellement agricole et d'élevage ovin appréciable, le parc souffre d'une surcharge pastorale. Le cheptel atteint même les "zones intégrales" interdites d'accès et d'exploitation (les zones sont désignées par décret présidentiel). Par manque de moyens, le personnel qui gère ce parc n'arrive pas à faire respecter ce découpage. Ils sont 32 forestiers dont 5 cadres et plusieurs gardiens à gérer ce parc. Les moyens mis à la disposition de cette équipe, un véhicule utilitaire de type Renault Express et une Nissan en très mauvais état, sont insignifiants par rapport à l'envergure et à l'importance du site.
Le problème majeur rencontré dans ce parc est le dépérissement sur pied (dessèchement de la cime, perte de feuilles puis mort de l'arbre) du cèdre. Plusieurs missions scientifique, algériennes et françaises ont été dépêchées sur les lieux pour essayer de comprendre et de cerner ce phénomène. Par manque d'infrastructures et vu le temps très court qui leur a été imparti, ces missions n'ont pu permettre d'approfondir l'étude du dessèchement du cèdre, en particulier dans le versant sud du parc qui donne sur la Wilaya de Djelfa. Ne disposant pas de station météorologique, aucune élude sérieuse ne peut être accomplie à ce propos, estiment les forestiers du parc. Néanmoins ce phénomène de dessèchement du cèdre n'est pas propre à ce parc, mais concerne également ceux de Chréa et de Belezma. Dans de bonnes conditions, le parc de Theniet-EI-Had est un site éminemment touristique, mais aussi scientifique et éducatif. Pendant la période de la résistance à la colonisation française de 1838 à 1847, toutes les tributs de la région participèrent à la lutte anticoloniale sous la bannière de l'Émir Abdelkader, après lui avoir prêter allégeance. Le col de la limite avait particulièrement servit de refuge aux troupes de l'Émir qui dirigeait ses expéditions de Taza (actuellement Bordj-Émir-Abdelkader) à 30 km au sud-est de la ville des cèdres. Durant la guerre de libération, cette région a donné plus de six cent (600) martyrs.
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