
LES ASCENSEURS, LES ESCALIERS MÉCANIQUES ET LES MONTE-CHARGES
Les ascenseurs
Un ascenseur est une installation de levage permanente desservant deux ou plusieurs niveaux, comprenant un espace clos, ou cabine, dont les dimensions et le mode de construction permettent l’accès aux personnes et qui se déplace entre des guides rigides verticaux.
Un ascenseur est donc un véhicule fait pour monter ou descendre des personnes (ascenseurs de personnes) ou des marchandises accompagnées de personnes (ascenseurs de charges), d’un niveau à un autre d’un bâtiment soit directement (manœuvre à blocage), soit avec des arrêts intermédiaires (manœuvre collective).
Une seconde catégorie d’appareils est constituée par le monte-charge, installation de levage permanente desservant des niveaux définis, exclusivement réservée au transport de charges. Il y a deux catégories de monte-charges: 1) les monte-charges inaccessibles, qui disposent d’une cabine dont les dimensions interdisent son accès par des personnes; en général, la surface de telles cabines ne dépasse pas 1 m2, leur profondeur 1 m et leur hauteur 1,20 m. Ils servent à transporter de la nourriture et des fournitures dans les hôtels et les hôpitaux, des livres dans les bibliothèques, du courrier dans les immeubles de bureaux, etc.; et 2) les monte-charges dont les dimensions de cabine sont supérieures aux valeurs ci-dessus sont considérés comme accessibles aux personnes pour le chargement, mais strictement interdits au transport de passagers, la cabine ne disposant pas de boîtier de commande. Ils sont utilisés généralement dans les usines et sur les sites industriels.
Les ascenseurs sont entraînés directement par un moteur électrique (ascenseurs électriques, voir figure 93.11) ou, indirectement, par le mouvement d’un liquide sous une pression produite par une pompe actionnée par un moteur électrique (ascenseurs hydrauliques).
Figure 93.11 Coupe d'une installation d'ascenseur, montrant les principaux organes et éléments

Les ascenseurs électriques sont presque exclusivement entraînés par des machines à traction, avec ou sans réduction. Le terme «traction» signifie que la puissance d’un moteur électrique est transmise aux éléments de suspension à câbles multiples d’une cabine et d’un contrepoids par frottement des câbles dans les gorges de forme spéciale d’une poulie d’entraînement ou de traction d’une machine.
Depuis les années soixante-dix, les ascenseurs hydrauliques sont très employés pour le transport des marchandises et des passagers, habituellement pour une hauteur n’excédant pas six niveaux. L’huile hydraulique est utilisée comme fluide de pression. Le système hydraulique direct, avec un vérin supportant et déplaçant la cabine, est le plus simple. Vers la fin des années quatre-vingt-dix, la mise en application de la directive européenne 95/16 (CEE, 1995a) a permis d’introduire plusieurs innovations dans la conception des ascenseurs. L’une des plus marquantes est celle qui a conduit à la suppression de la salle des machines; dans cette configuration, les organes initialement placés dans ce lieu sont localisés dans la gaine. Cette innovation a été rendue possible par l’introduction de composants d’encombrements plus faibles et demandant moins de maintenance, comme la machine sans réduction à aimants permanents dont les poulies peuvent être de diamètre réduit grâce à l’utilisation de courroies plates en lieu et place des traditionnels câbles métalliques.
La normalisation
Le Comité technique 178 de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) — dont le secrétariat est assuré par l’Association française de normalisation (AFNOR) — a défini des normes pour les charges et les vitesses jusqu’à 6 m/s; les dimensions des cabines et des gaines pour contenir passagers et marchandises; les monte-malades et les ascenseurs de service pour les bâtiments d’habitation, les bureaux, les hôtels, les hôpitaux et les maisons de repos; les dispositifs de manœuvre, la signalisation et les accessoires complémentaires; et l’étude de programmation d’ascenseurs pour les immeubles d’habitation. Dans la plupart des pays, chaque bâtiment doit être équipé d’un ascenseur accessible aux handicapés en fauteuil roulant.
Les règles générales de sécurité
Chaque pays industriel a un code de sécurité écrit, tenu à jour par un comité national de normalisation; ce travail a commencé dans les années vingt. Les diverses normes ont progressivement été harmonisées et les différences ne portent aujourd’hui que sur des points de détail. Les grandes entreprises de fabrication produisent des unités qui sont conformes aux normes en vigueur.
Dans les années soixante-dix, le BIT, en étroite collaboration avec la Commission internationale pour la réglementation des ascenseurs et monte-charge (CIRA), a publié des directives de sécurité pour la construction et l’installation des ascenseurs et monte-charges électriques et, quelques années plus tard, pour les escaliers mécaniques. Ces directives étaient destinées à servir de guide aux pays qui commençaient à établir ou à modifier leurs règles de sécurité. Un ensemble normalisé de règles de sécurité pour ascenseurs électriques et hydrauliques (EN 81-1/2), monte-charges (EN 81-3/4), escaliers mécaniques et trottoirs roulants (EN 115) visant à éliminer les barrières techniques aux échanges entre les pays membres de l’Union européenne est aussi du ressort du Comité européen de normalisation (CEN). L’Institut américain de normalisation (American National Standards Institute (ANSI)) a établi, lui aussi, une norme de sécurité pour les ascenseurs et les escaliers mécaniques.
Les règles de sécurité concernent plusieurs types de risques engendrés par les ascenseurs: cisaillement, écrasement, chute, choc, blocage en cabine, feu, choc électrique et dommages au matériel dus à l’usure ou à la corrosion. Les personnes à protéger comprennent les usagers, le personnel de maintenance et d’inspection ainsi que les personnes se trouvant à l’extérieur de la gaine et de la machinerie. Les objets à préserver sont les charges en cabine, les composants de l’installation et le bâtiment.
Les comités qui établissent les règles de sécurité doivent supposer que les composants sont correctement conçus, de bonne construction mécanique et électrique, qu’ils sont faits de matériaux de résistance adéquate et de bonne qualité et qu’ils sont exempts de défauts. Les actes imprudents des usagers doivent être pris en compte.
Le risque de cisaillement est prévenu en assurant des jeux adéquats entre les composants en mouvement entre eux et entre les pièces fixes et mobiles. L’écrasement est prévenu en ménageant une réserve en haut de la gaine entre le toit de la cabine dans sa position la plus haute et le plafond de gaine ainsi qu’une réserve en cuvette où quelqu’un peut se réfugier lorsque la cabine est dans sa position la plus basse. Ces volumes sont préservés par des amortisseurs et des interrupteurs d’arrêt. Ils peuvent être réduits dans le cas d’installation d’ascenseurs neufs dans les bâtiments existants.
La protection contre les chutes en gaine est assurée par des portes palières pleines et une coupure automatique qui empêche tout mouvement de la cabine jusqu’à ce que les portes soient complètement fermées et verrouillées. Les portes palières coulissantes du type automatique sont recommandées pour les ascenseurs de personnes.
Le choc des portes est réduit en limitant l’énergie cinétique de fermeture des portes automatiques. L’enfermement de passagers dans une cabine en panne est pris en compte en équipant, d’une part, la cabine d’un système de communication vocal vers un centre de dépannage et, d’autre part, en munissant les portes d’un système de déverrouillage d’urgence permettant à un personnel spécialement formé de les ouvrir et d’extraire les passagers.
L’application d’un ratio strict entre la charge nominale et la surface nette au sol de la cabine évite la surcharge en cabine. Les portes sont obligatoires sur toutes les cabines d’ascenseurs de personnes pour empêcher celles-ci d’être coincées entre le seuil de cabine et la gaine ou les portes palières. Les seuils de cabine doivent être équipés de chasse-pieds sur une hauteur d’au moins 0,75 m pour éviter les accidents, comme indiqué sur la figure 93.12. Les cabines doivent être équipées d’un parachute capable d’arrêter une cabine à pleine charge et de l’immobiliser, en cas de survitesse ou de rupture d’un élément de suspension. Le parachute est actionné par un limiteur de vitesse entraîné par la cabine au moyen d’un câble (voir figure 93.11). Un dispositif prévenant la vitesse excessive de la cabine dans le sens de la montée a été introduit par la directive européenne, notamment pour protéger les personnes se trouvant à l’intérieur de la cabine. Comme les passagers se tiennent debout et se déplacent verticalement, la décélération pendant le fonctionnement du système de sécurité doit être comprise entre 0,2 et 1,0 g pour éviter les blessures (g étant l’accélération normale de la pesanteur, soit 9,81 m/s2). Les normes européennes ont rendu obligatoire, dans les années quatre-vingt, l’installation de portes de cabine pour tous les ascenseurs et tous les types de monte-charges accessibles aux personnes. Les portes palières et cabine des ascenseurs peuvent être à ouverture manuelle ou, plus couramment, à ouverture automatique horizontale. C’est ce dernier type de porte qui est recommandé pour permettre l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Seuls les ascenseurs de charges peuvent être équipés de portes coulissant verticalement.
Figure 93.12 Plan du chasse-pieds du seuil de cabine évitant les coincements

Le passage libre des portes palières et cabine doit être le même pour éviter les dommages aux panneaux de la cabine par des chariots à fourches ou autres véhicules entrant et sortant de l’ascenseur. La conception globale d’un tel ascenseur doit tenir compte de la charge, du poids du matériel de chargement et des contraintes importantes intervenant à l’entrée, à l’arrêt et à la sortie des appareils. Les guides de la cabine d’ascenseur nécessitent un renforcement spécial. Lorsque le transport des personnes est autorisé, leur nombre doit être fonction de la surface maximale disponible du plancher de cabine. Ainsi, la surface du plancher de cabine d’un ascenseur de charge nominale de 2 500 kg doit être de 5 m2, correspondant à 33 personnes. Le chargement et l’accompagnement de la charge doivent être effectués avec grand soin. La figure 93.13 illustre une situation inacceptable.
Figure 93.13 Exemple de chargement dangereux dans un monte-charge

Les dispositifs de manœuvre
Tous les ascenseurs actuels sont à boutons à action mécanique en cabine et à contrôleurs à microprocesseurs, le système comportant un interrupteur en cabine actionné par un liftier ayant été abandonné. Tous les équipements électriques doivent être conformes aux exigences de compatibilité électromagnétique définies par la directive européenne 89/336 (CEE, 1989c).
Les ascenseurs isolés et ceux en groupes de deux à huit cabines sont habituellement équipés de manœuvres collectives interconnectées en cas de cabines groupées. La caractéristique principale des manœuvres collectives est que les appels peuvent intervenir à n’importe quel moment, que la cabine soit en mouvement ou à l’arrêt et que les portes palières soient ouvertes ou fermées. Les appels cabine et paliers sont enregistrés et stockés jusqu’à ce qu’ils soient traités dans l’ordre le plus efficace pour le fonctionnement du système, quel que soit l’ordre dans lequel ils ont été reçus.
Les inspections et les essais
En ce qui concerne la mise en service des ascenseurs neufs, la nouvelle directive européenne laisse le choix à l’installateur de recourir à un organisme notifié pour exécuter ces essais, ou de les effectuer lui-même pour autant qu’il ait mis en œuvre un système d’assurance qualité certifié par un organisme agréé. C’est à l’issue de ces essais que l’installateur apposera dans la cabine le marquage CE sans lequel le propriétaire de l’immeuble ne pourra procéder à la mise en service de l’ascenseur. Des essais spécifiques par un organisme agréé ou par le constructeur, s’il est certifié ISO 9001 (ISO, 1994a) sont nécessaires pour les dispositifs de verrouillage, les portes palières (y compris d’éventuels essais au feu), les parachutes, les limiteurs de vitesse, les amortisseurs à huile et les soupapes de rupture. Un marquage CE doit être apposé sur les composants. Les certificats des composants correspondants utilisés dans l’installation doivent être versés au dossier. Après la mise en service d’un ascenseur, des inspections de sécurité périodiques doivent avoir lieu à des intervalles dépendant de la nature et de la destination de l’immeuble (établissements recevant du public ou immeuble de grande hauteur). Ces essais sont destinés à assurer la concordance entre les normes de sécurité et le fonctionnement propre des dispositifs de sécurité. Les composants qui ne sont pas sollicités en service normal, comme le parachute et les amortisseurs, doivent subir un essai à cabine vide et à vitesse réduite pour éviter une usure excessive et des efforts qui pourraient altérer la sécurité de l’ascenseur.
L’inspection et la maintenance
Un ascenseur et ses composants doivent être inspectés et maintenus en bon état de marche et de sécurité, à intervalles réguliers, par des techniciens compétents et qualifiés ayant acquis une connaissance détaillée des équipements mécaniques et électriques d’un ascenseur et des règles de sécurité, sous la conduite d’un formateur qualifié. Le technicien est, de préférence, employé par le fournisseur ou l’installateur de l’ascenseur. Normalement, un technicien est responsable d’un nombre donné d’ascenseurs. La maintenance comporte des travaux de routine comme le réglage et le nettoyage, le graissage des pièces mobiles, l’entretien préventif pour anticiper d’éventuels problèmes, les visites d’urgence en cas de panne et les réparations importantes qui sont généralement effectuées après consultation d’un contremaître. Le danger majeur, cependant, est le feu en cuvette. Une cigarette allumée ou un objet qui se consume peut tomber dans l’espace entre le seuil de la cabine et la gaine et mettre le feu à la graisse se trouvant dans la gaine ou à des déchets se trouvant sur le fond; la gaine doit donc être nettoyée régulièrement. Aucun système ne doit être sous tension lors des opérations de maintenance. Dans les ascenseurs isolés, avant que les travaux d’entretien ne commencent, une affiche indiquant que l’ascenseur est hors service doit être apposée à chaque palier.
En ce qui concerne la maintenance préventive, une inspection visuelle attentive et des vérifications de la liberté de déplacement, de l’état des contacts et du fonctionnement correct de l’équipement sont généralement suffisantes. L’équipement de la gaine est inspecté à partir du toit de la cabine. Une manœuvre d’inspection sur le toit de la cabine est assurée par un interrupteur bistable qui met l’appareil en mouvement et en neutralise le fonctionnement normal, ainsi que celui des portes automatiques. Des boutons à pression constante de montée et de descente permettent de déplacer la cabine à vitesse réduite (n’excédant pas 0,63 m/s). L’opération d’inspection doit rester dépendante des dispositifs de sécurité (fermeture et verrouillage des portes, etc.); il ne doit pas être possible de dépasser les limites d’une course normale.
Un interrupteur d’arrêt placé sur la boîte de manœuvre d’inspection permet d’éviter un déplacement intempestif de la cabine. Le sens de déplacement le plus sûr est vers le bas. Le technicien doit être dans une position sûre pour observer l’environnement en déplaçant la cabine et disposer des dispositifs d’inspection appropriés. Avant de quitter l’installation, le technicien doit faire un rapport à la personne responsable de l’ascenseur.
Un éclairage approprié de la gaine facilite les inspections et réduit le risque de cisaillement et de chute pour le personnel utilisant le toit de la cabine pour se déplacer dans cette gaine. D’autres équipements, tels que des balustrades et un boîtier d’inspection, équipent le toit de la cabine pour le rendre le plus sûr possible pour le personnel intervenant sur l’ascenseur.
La sécurité du parc existant
Le parc existant est composé d’ascenseurs qui ont été installés à des époques très différentes; les plus anciens remontent à la fin du XIXe siècle, et on peut affirmer qu’à ce jour plus de 50% des ascenseurs existants ont plus de vingt ans d’âge. La particularité de ces équipements est qu’ils sont rarement modernisés ou remis à niveau pour ce qui concerne notamment la sécurité; en effet, moins de 2% du parc est modernisé chaque année. Pendant ce temps, les nouveaux ascenseurs voient leur niveau de sécurité s’accroître considérablement à chaque évolution normative ou réglementaire. Cet écart entre les anciens et les nouveaux ascenseurs représente un risque sans cesse croissant qui est déjà à l’origine d’accidents d’usagers ou de techniciens. Le vieillissement de la population, l’intégration des personnes handicapées sont des raisons supplémentaires qui incitent les gouvernements et la Commission européenne à prendre des mesures pour rajeunir les ascenseurs anciens. Certains pays, comme la France, ont voté des lois pour rendre obligatoire la porte cabine sur les anciens ascenseurs. La Commission européenne a publié la recommandation 95/216 (CEE, 1995b) pour inciter les Etats membres à aller plus loin dans ce domaine. Le CEN, de son côté, est en train d’élaborer une norme d’amélioration de la sécurité des ascenseurs existants. L’ascenseur, tout comme les autres moyens de transport tels que l’avion ou le train, devra passer par le rajeunissement de son parc.
Les escaliers mécaniques
Un escalier mécanique est un escalier incliné, continuellement en mouvement, qui conduit ses passagers vers le haut ou vers le bas. Les escaliers mécaniques sont utilisés dans les centres commerciaux, les grands magasins, les gares, les aéroports et les stations de métro pour amener un flot de personnes par un chemin défini d’un niveau à un autre.
Les règles générales de sécurité
Les escaliers mécaniques sont constitués d’une chaîne continue de marches entraînée par une machine au moyen de deux chaînes à mailles, une de chaque côté. Les marches sont guidées par des galets sur des rails qui permettent à la surface de foulée de rester horizontale sur la partie utilisable. A l’entrée et à la sortie, des rails assurent, suivant la vitesse et la course de l’escalier mécanique, que les marches forment un plan horizontal sur une distance de 0,80 à 1 m. Les dimensions des marches et leur construction sont illustrées par la figure 93.14. Le dessus de chaque balustrade doit être équipé d’une main courante placée à une hauteur de 0,85 à 1,10 m au-dessus du nez des marches, se déplaçant parallèlement aux marches, sensiblement à la même vitesse. La main courante, à chaque extrémité de l’escalier mécanique, là où les marches avancent horizontalement sur le même plan, doit dépasser horizontalement d’au moins 0,30 m la ligne de peignes et l’extrémité crosse, y compris la balustrade, de 0,60 m (voir figure 93.15). La main courante doit pénétrer la crosse au point le plus bas au-dessus du sol et un dispositif de protection doit être installé, dispositif muni d’un contact de sécurité pour arrêter l’escalier mécanique en cas de coincement d’un doigt ou d’une main à cet endroit. D’autres risques de blessure pour les passagers peuvent être engendrés au niveau des jeux nécessaires entre le côté des marches et la plinthe, entre les marches et les peignes, entre les surfaces de foulée et les contremarches. Dans le cas des contremarches, il existe un risque particulier dans la direction montée, à la courbure où se produit un mouvement relatif entre les marches consécutives. Les contremarches sont rainurées pour éviter ce risque.
Figure 93.14 Marche d'escalier mécanique

Figure 93.15 Escalier mécanique – Vue d'ensemble

Les personnes qui prennent un escalier mécanique peuvent glisser et leurs chaussures heurter la balustrade, ce qui peut provoquer une blessure par coincement aux endroits où les marches se dressent. Une signalisation claire et lisible, par pictogrammes, doit prévenir et informer les usagers. Elle doit, notamment, informer les adultes qu’ils doivent tenir par la main leurs enfants qui ne pourraient atteindre la main courante et que ces derniers doivent rester debout tout le temps du parcours. Les deux extrémités d’un escalier mécanique doivent être rendues inaccessibles lorsqu’il est hors service.
L’inclinaison d’un escalier mécanique ne devrait pas dépasser 30°, bien qu’elle puisse être portée jusqu’à 35° si la course verticale est égale ou inférieure à 6 m et la vitesse limitée à 0,50 m/s. Les machineries et stations d’entraînement et de retournement ne doivent être accessibles qu’au personnel de maintenance et d’inspection spécialement formé. Ces locaux peuvent être dans la charpente ou séparés. La hauteur libre devrait être de 1,80 m plaque fermée, sinon, plaque ouverte, et l’espace disponible devrait être suffisant pour que le travail puisse se faire en toute sécurité. La hauteur libre au-dessus des marches sera en tous points d’au moins 2,30 m.
Le démarrage, l’arrêt ou le changement de direction d’un escalier mécanique ne devraient être effectués que par des personnes autorisées. Si la norme du pays le permet, la mise en route d’un escalier mécanique peut être déclenchée automatiquement par le passage d’un usager devant un détecteur électrique, l’escalier mécanique devant fonctionner avant que la personne atteigne le peigne. Les escaliers mécaniques devraient être équipés de commandes d’inspection pour le fonctionnement en maintenance et l’inspection.
L’inspection et la maintenance
Une inspection et une maintenance suivant la description faite ci-dessus pour les ascenseurs sont généralement prescrites par les autorités pour les escaliers mécaniques. Un dossier devrait être établi; il devrait comprendre les notes de calcul de la structure porteuse, des marches, des composants d’entraînement des marches ainsi que des données générales, les plans d’installation, les schémas électriques et les instructions. Avant qu’un escalier mécanique ne soit mis en service, il devrait être examiné par une personne ou un organisme agréés. Des inspections périodiques ultérieures sont nécessaires à intervalles réguliers.
Les trottoirs roulants
Un tapis roulant, ou un trottoir roulant entraîné de façon continue, peut être utilisé pour transporter des passagers entre deux points d’un même niveau ou de niveaux différents. Des tapis roulants sont utilisés pour transporter un grand nombre de personnes dans les aéroports, du terminal principal aux portes d’embarquement et vice versa, ainsi que dans les grands magasins et les supermarchés. Quand les tapis sont horizontaux, les landaus, chariots, fauteuils roulants et caddies à bagages ou à marchandises peuvent être transportés sans risque; par contre, sur des tapis inclinés, ces petits véhicules, s’ils sont plutôt lourds, ne devraient être utilisés que s’ils se bloquent sur place automatiquement. La rampe est formée de palettes de métal, semblables aux surfaces de foulée des marches d’escaliers mécaniques, mais plus longues, ou de tapis de caoutchouc. Les palettes devraient être rainurées dans la direction du déplacement et des peignes être placés à chaque extrémité. La pente ne devrait pas dépasser 12° ou 6° aux paliers. Les palettes et tapis devraient se déplacer horizontalement sur une distance d’au moins 0,40 m avant d’arriver au palier. Le trottoir se déplace entre des balustrades équipées d’une main courante qui avance sensiblement à la même vitesse. La vitesse ne doit pas dépasser 0,75 m/s, sauf si le déplacement est horizontal, auquel cas une vitesse de 0,90 m/s est autorisée, dans la mesure où la largeur ne dépasse pas 1,10 m.
Les règles de sécurité pour les trottoirs roulants sont généralement semblables à celles applicables aux escaliers mécaniques et sont incluses dans la même norme.
Les ascenseurs de chantier
Les ascenseurs de chantier sont des installations temporaires utilisées sur les chantiers de construction pour le transport des personnes et des matériaux. Chaque engin de levage est une cabine guidée et devrait être manœuvré par un liftier en cabine. Ces dernières années, un modèle d’engin à crémaillère et pignon a permis l’utilisation d’ascenseurs de chantier pour se déplacer efficacement le long des tours de radio et des cheminées d’usine très hautes pendant l’entretien. Personne ne devrait pénétrer sur un engin de levage de matériel, sauf pour en effectuer l’entretien et la maintenance.
Les règles de sécurité varient considérablement. Dans de rares cas, ces engins sont installés avec les mêmes règles de sécurité que les installations permanentes d’ascenseurs et de monte-charges dans des bâtiments, excepté que la gaine est fermée par des parois grillagées au lieu de parois pleines, pour réduire la prise au vent. Des règles strictes sont appliquées, bien qu’elles ne soient pas aussi contraignantes que pour les ascenseurs; de nombreux pays ont édicté des règles spéciales pour ces engins de chantier. Cependant, dans de nombreux cas, le niveau de sécurité est bas et la construction laisse à désirer. Ces engins sont entraînés par des treuils et la cabine est suspendue à un seul câble d’acier. Un ascenseur de chantier devrait être entraîné par un moteur électrique pour s’assurer que la vitesse est comprise dans les limites de sécurité. La cabine devrait être fermée et pourvue d’un dispositif de protection d’entrée. Les accès à la gaine, à chaque niveau, devraient être équipés de portes pleines sur une hauteur de 1 m au-dessus du sol, la partie supérieure étant en grillage de mailles ne dépassant pas 10 × 10 mm. Les seuils des portes palières et cabine devraient être équipés de chasse-pieds adéquats. Les cabines devraient être pourvues de parachute. Un type d’accident courant survient lorsque des travailleurs empruntent une plate-forme de levage conçue pour le seul transport des charges, plate-forme qui n’a ni paroi, ni porte pour les empêcher de heurter une pièce d’échafaudage ou de tomber de la plate-forme pendant le déplacement. Un paternoster consiste en des plateaux fixés sur une courroie ou une chaîne se déplaçant verticalement. Le passager court plusieurs risques: être emmené au-delà du niveau le plus haut, être incapable de faire un arrêt d’urgence, se heurter la tête ou les épaules sur l’arête d’un niveau, sauter à l’intérieur ou à l’extérieur après que le niveau est passé, ou être incapable d’atteindre le niveau en raison d’une panne de courant ou de l’arrêt de l’appareil. En conséquence, un tel appareil ne devrait être utilisé que par un personnel averti.
Les risques d’incendie
Généralement, la gaine d’un ascenseur s’étend sur toute la hauteur d’un bâtiment et relie les différents niveaux. L’incendie ou la fumée d’un feu qui se déclare dans la partie basse d’un immeuble peut se propager par la gaine jusqu’aux autres niveaux et, dans certaines circonstances, le puits, ou gaine, peut activer l’incendie par un effet de cheminée. En conséquence, une gaine ne doit pas participer au système d’aération d’un bâtiment. Elle devrait être entièrement fermée par des murs pleins, faits de matériaux incombustibles qui ne doivent pas dégager de fumées nocives en cas d’incendie. Une ouverture devrait être prévue dans le haut de la gaine de l’ascenseur ou de la machinerie pour permettre l’évacuation des fumées à l’air libre.
A l’instar de la gaine, les portes palières devraient être résistantes au feu. Des règles sont généralement incluses dans les normes nationales de construction; elles varient suivant les pays et les conditions. Pour fonctionner convenablement, les portes palières ne peuvent pas être imperméables aux fumées.
Quelle que soit la hauteur de l’immeuble, les personnes ne devraient pas utiliser les ascenseurs en cas d’incendie; en effet, l’ascenseur peut s’arrêter à un niveau où l’incendie fait rage, et les passagers peuvent être bloqués en cabine en cas de panne d’électricité. En général, un ascenseur qui dessert tous les niveaux est réservé à l’usage des sapeurs-pompiers; il peut être mis à leur disposition au moyen d’un interrupteur ou d’une clé spéciale au niveau principal. La capacité, la vitesse et les dimensions de la cabine d’un ascenseur réservé aux sapeurs-pompiers devraient correspondre à certaines spécifications. Quand les sapeurs-pompiers utilisent des ascenseurs, les manœuvres de fonctionnement normal sont suspendues.
La construction, la maintenance et l’habillage des cabines d’ascenseur, la pose de moquette et le nettoyage de l’ascenseur (intérieur et extérieur) peuvent nécessiter l’utilisation de solvants organiques volatils, de mastics ou de colles qui peuvent être nocifs pour le système nerveux central et aussi présenter un risque d’incendie. Bien que ces substances puissent être utilisées sur d’autres surfaces métalliques, y compris les escaliers et les portes, le risque est grave sur les ascenseurs en raison de leur confinement, car les concentrations de vapeur peuvent devenir excessives. L’utilisation de solvants à l’extérieur d’un ascenseur peut aussi être dangereuse en raison de la faible circulation d’air, notamment dans les gaines aveugles où l’aération peut être entravée (une gaine aveugle est une gaine sans porte de sortie, s’étendant sur plusieurs niveaux entre deux destinations; ainsi, là où un groupe d’ascenseurs dessert le niveau 20 et au-dessus, la gaine aveugle s’étendrait du niveau 0 au niveau 20).
Les ascenseurs et les risques sanitaires
Si les ascenseurs et les monte-charges présentent des risques, leur utilisation peut aussi contribuer à éviter la fatigue et les lésions musculaires graves dues aux manutentions; ils peuvent aussi réduire les coûts de main-d’œuvre, notamment dans les pays en développement.
Source : Adapté de J. Staal, 3e édition de l'Encyclopaedia of Occupational Health and Safety. ** Adaptation pour l'édition française, John Quackenbush et Philippe Lamalle.
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