
L’OUTILLAGE, LE MATÉRIEL ET LES MATÉRIAUX
L’OUTILLAGE
L’outillage joue un rôle important dans les travaux de construction. On distingue souvent deux catégories: les outils à main et les outils à moteur. Les outils à main comprennent tous les outils qui ne sont pas actionnés par la force mécanique, comme la plupart des marteaux et les pinces. Il existe plusieurs catégories d’outils à moteur, que l’on classe selon leur source d’énergie: les outils électriques (électricité), les outils pneumatiques (air comprimé), les outils utilisant un combustible (généralement de l’essence), les outils hydrauliques (pression d’un liquide) et les outils actionnés par une charge propulsive. Chacune de ces catégories présente des risques qui lui sont propres.
Les outils à main comprennent une vaste gamme d’outils. Le risque majeur est d’être atteint par l’outil ou par un morceau de la pièce sur laquelle on travaille. Les blessures oculaires occasionnées par des éclats de bois ou de métal sont courantes. Très souvent, les accidents sont dus à l’utilisation d’un outil inapproprié, endommagé ou mal entretenu. La taille de l’outil est importante: les hommes ou les femmes ayant de petites mains éprouvent des difficultés à utiliser des outils de grande taille. Les outils émoussés rendent le travail plus difficile, demandent une plus grande force et sont à l’origine d’un grand nombre d’accidents. Sous l’impact, un burin présentant une tête en champignon peut projeter des éclats. Il importe également de disposer d’une surface de travail convenable. Un mauvais angle de coupe peut entraîner une perte d’équilibre et des blessures. Parfois, les outils à main peuvent produire des étincelles qui provoqueront des incendies ou des explosions si le travail est effectué à proximité de liquides ou de vapeurs inflammables ou explosibles. On utilisera dans ces cas des outils antiétincelants (en aluminium ou en laiton, par exemple).
Les outils à moteur sont généralement plus dangereux que les outils à main, du fait de leur puissance. Les principaux dangers présentés par les outils à moteur sont une mise en marche intempestive, un dérapage accidentel de l’outil sur la pièce en travail, ou encore une perte d’équilibre de l’opérateur. La source d’énergie elle-même peut entraîner des accidents parfois mortels, par électrocution (outils électriques) ou par explosion (outils à essence). Les outils à moteur sont souvent munis d’un dispositif de protection des pièces mobiles lorsque l’outil est arrêté. Ce dispositif devrait être en bon état et ne pas être désactivé. Ainsi, une scie circulaire portable à moteur devrait être munie d’un capot recouvrant la partie supérieure de la lame et d’un protecteur rétractable ne découvrant que la partie travaillante de la lame. Les outils mécaniques ont souvent des crans de sûreté qui doivent être enclenchés pour que l’outil puisse fonctionner. Sur certains outils de scellement, par exemple, une pression doit être exercée contre la surface pour que l’outil puisse fonctionner.
L’un des risques majeurs des outils électriques est l’électrocution. Un fil usé ou un outil sans mise à la terre peuvent avoir des conséquences fatales. On pare à ce danger en utilisant des outils à double isolation, des outils avec mise à la terre ou des disjoncteurs différentiels qui décèleront un court-circuit et couperont automatiquement l’alimentation en énergie. Il faut renoncer à utiliser des outils électriques dans des endroits humides et porter, le cas échéant, des gants isolants et des chaussures de sécurité. On veillera à ne pas endommager les câbles électriques.
Les meules à moteur risquent de projeter des fragments. La meule devrait pivoter librement sur son axe. L’utilisateur ne devrait jamais se tenir juste dans le plan de la meule au moment de la mise en route. Une protection oculaire est indispensable dans les travaux de meulage.
Les outils pneumatiques comprennent les burins, les perceuses, les marteaux, les marteaux-piqueurs, les ponceuses, les raboteuses et les agrafeuses. Les outils de fixation font intervenir des pressions élevées; si l’objet à fixer est de faible épaisseur, le risque existe que la fixation le traverse et puisse atteindre une personne se trouvant à proximité. Les outils pneumatiques sont très bruyants et peuvent provoquer des pertes auditives. Les flexibles d’air comprimé devrait être protégés des dommages. Un pistolet à air comprimé ne devrait jamais être dirigé vers une personne. Il conviendra d’assurer la protection des yeux, du visage et de l’ouïe. Dans le cas d’outils particulièrement lourds, les opérateurs devraient porter des chaussures de sécurité.
Les outils à essence présentent des risques d’explosion, notamment pendant le remplissage de leur réservoir. Il faut préalablement les arrêter et leur laisser le temps de se refroidir. Si le remplissage se fait dans un endroit confiné, il faut assurer une ventilation suffisante. En lieu clos, l’utilisation de ces outils peut entraîner des risques d’intoxication par le monoxyde de carbone.
Les outils à charge propulsive sont assimilables à des armes à feu et ne devraient être utilisés que par un personnel spécialement formé. Ils ne devraient être chargés qu’au moment de leur utilisation et ne devraient jamais être laissés chargés et sans surveillance. Il faut positionner l’outil avec soin avant d’appuyer sur la gâchette. Le déclenchement de la charge devrait être impossible si la pression de l’outil sur la surface est inférieure à 2,3 kg environ. Ces outils ne seront pas utilisés dans une atmosphère explosive. Ils ne devraient pas être pointés en direction d’une personne. Ils seront contrôlés avant chaque utilisation et devraient comporter un bouclier de sécurité fixé à l’extrémité de la bouche pour éviter la projection de fragments lors du tir. Les outils défectueux seront immédiatement retirés de la circulation.
Les outils hydrauliques utiliseront un fluide ininflammable. Les vérins hydrauliques seront équipés d’un interrupteur de fin de course et porteront l’indication de leur charge limite. Pour être utilisés en toute sécurité, ils seront posés sur une surface plane et correctement centrés. La pression sera appliquée sans à-coups.
D’une manière générale, tous les outils à moteur seront contrôlés avant leur utilisation, entretenus avec soin et utilisés conformément aux instructions du fabricant.
Des outils mal conçus peuvent occasionner une fatigue exagérée s’ils obligent l’opérateur à adopter une mauvaise posture ou une préhension contraignante ou maladroite.
LE MATÉRIEL, LES ENGINS ET LES MATÉRIAUX
Les travaux de construction ont beaucoup évolué. Alors qu’ils étaient autrefois entièrement basés sur la compétence professionnelle des travailleurs et sur l’emploi d’un outillage relativement simple et léger, ils font aujourd’hui largement appel à de puissants engins mécanisés.
Les grues de chantier sont apparues, vers le milieu du XXe siècle, en même temps que de nouveaux matériaux comme le béton léger. De nouvelles techniques de construction ont fait leur apparition, et les concepteurs font un usage croissant des ordinateurs. La pénibilité du travail a été réduite grâce à la mécanisation, mais les opérations sont devenues plus complexes et plus délicates.
On utilise aujourd’hui couramment des éléments préfabriqués à la place des briques, des tuiles, des panneaux et des plots de béton léger. Les outils à main ont souvent fait place à des machines qui créent des risques nouveaux. Les méthodes de travail ont elles aussi changé; on est passé de la brouette à la mise en place du béton par pompage et du soulèvement manuel des charges au levage et au transport de matériaux au moyen de grues, de convoyeurs et de blondins.
Les directives des Communautés européennes concernant la sécurité et la santé des travailleurs
En 1985, la Communauté économique européenne (CEE) a décidé d’une «nouvelle approche en matière d’harmonisation technique et de normalisation» afin de faciliter la libre circulation des marchandises (CEE, 1985). Elle a adopté une législation communautaire qui fixe les principales exigences à respecter en matière de sécurité et de santé pour que des marchandises puissent être échangées entre les pays membres ou importées dans la Communauté. La directive 89/392 concernant le rapprochement des législations des Etats membres relatives aux machines contient des prescriptions précises à cet effet (CEE, 1989a). Les articles répondant aux prescriptions de cette directive portent une marque et sont agréés dans tous les Etats membres de la Communauté. Des mesures identiques existent pour les produits visés par la directive concernant les produits de construction (CEE, 1988).
D’autres directives fixent des critères minimaux pour les conditions de travail. Les Etats membres de la Communauté doivent satisfaire à ces critères ou appliquer des normes nationales plus strictes. Deux directives revêtent une importance particulière pour l’industrie de la construction: la directive 89/655 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé pour l’utilisation par les travailleurs au travail d’équipements de travail (CEE, 1989b), et la directive 92/57 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé à mettre en œuvre sur les chantiers temporaires ou mobiles (CEE, 1992).
Les échafaudages
Couramment utilisés pour les travaux en hauteur d’une certaine durée, les échafaudages sont courants dans l’édification, la rénovation, la réparation, la restauration et l’entretien de bâtiments et d’autres ouvrages. Leur construction, leur utilisation et leur démontage donnent encore lieu à de nombreux accidents du travail.
Les types d’échafaudages
Les échafaudages peuvent être construits sur place en bois ou en éléments tubulaires métalliques. Leurs éléments constitutifs doivent répondre à des normes de sécurité éprouvées, qu’il s’agisse d’échafaudages modulaires traditionnels de façade, d’échafaudages roulants, d’échafaudages suspendus ou volants ou encore d’échafaudages propres à certaines activités particulières.
Le réglage vertical de l’échafaudage
Les plates-formes de travail des échafaudages sont généralement fixes. Elles peuvent aussi être suspendues à des câbles ou des cordages permettant de les élever ou de les abaisser; leur manœuvre peut être commandée du pied ou du sommet, ou encore de la plate-forme elle-même.
Ces échafaudages devraient être dressés conformément aux dispositions ci-après:
• des instructions de montage détaillées devraient être fournies par le fabricant et conservées sur le chantier; le travail devrait être supervisé par un personnel qualifié. Des précautions seront prises pour protéger les passants, en interdisant l’accès à cette zone ou en dressant un auvent sous lequel les piétons pourront passer sans danger; • le pied de l’échafaudage devrait reposer sur une surface solide et horizontale. Une plaque de base ajustable en acier devrait être placée sur des planches ou des cales de bois de façon à répartir le poids sur une surface suffisante; • un échafaudage s’élevant à plus de 2 m du sol devrait comporter un garde-corps d’une hauteur d’au moins 1 m au-dessus de la plate-forme, d’une lisse intermédiaire et d’une plinthe. L’ouverture pratiquée dans le garde-corps pour le passage du matériel et des matériaux devrait être la plus petite possible;
• l’accès à l’échafaudage devrait se faire normalement par des escaliers et non par des échelles; • l’échafaudage sera fermement fixé au mur du bâtiment ou de l’ouvrage suivant les instructions du fabricant; • la stabilité de l’échafaudage devrait être assurée par un contreventement approprié;
• l’échafaudage devrait être placé le plus près possible de la façade du bâtiment; s’il est placé à une certaine distance (35 cm ou davantage), un second garde-corps intérieur pourra être nécessaire; • si la plate-forme est constituée par des planches, celles-ci devraient être solidement fixées à la structure de l’échafaudage (il est prévu qu’une norme européenne stipule que la déformation maximale (flèche) ne dépasse pas 25 mm).
Les engins de terrassement
Les engins de terrassement sont principalement conçus pour désagréger, ameublir, enlever, déplacer, transporter et niveler la terre ou les sols pierreux. Ils jouent un rôle très important dans l’industrie de la construction (voir figure 93.9). Convenablement utilisés, ces engins sont souvent polyvalents et permettent d’éliminer une bonne partie des risques liés à la manutention des matériaux. Ils comportent toutefois des risques qui leur sont propres.
Figure 93.9 Excavation à la pelle mécanique sur un chantier de construction en France

Parmi les engins de terrassement utilisés dans l’industrie de la construction, on peut ranger les bouteurs, les chargeuses, les chargeuses-pelleteuses (voir figure 93.10), les rétrocaveuses, les pelles mécaniques, les tombereaux, les décapeuses, les niveleuses, les tracteurs poseurs de canalisations, les trancheuses, les rouleaux compresseurs et les excavateurs à câbles.
Figure 93.10 Exemple de chargeuse-pelleteuse articulée

Les engins de terrassement peuvent présenter un danger pour leur opérateur et pour les personnes qui travaillent à proximité. Le résumé ci-après rappelle les risques associés aux engins de terrassement; il est basé sur la norme EN 474-1 du Comité européen de normalisation (CEN, 1994) et souligne les aspects de sécurité dont il faut tenir compte lors de l’acquisition et de l’utilisation des engins en question.
L’accès
La machine devrait permettre un accès sûr au poste de conduite de l’opérateur et aux points de maintenance.
Le poste de conduite
L’espace minimal dont dispose l’opérateur devrait permettre d’effectuer en toute sécurité et sans fatigue excessive les manœuvres nécessaires au bon fonctionnement de l’engin. L’opérateur ne devrait pas pouvoir entrer accidentellement en contact avec les roues, les chenilles ou les parties travaillantes. La sortie du tuyau d’échappement devrait être éloignée du poste de conduite.
Tout engin d’une puissance supérieure à 30 kW devrait être équipé d’une cabine pour l’opérateur, à moins qu’il ne soit utilisé sous un climat permettant de travailler confortablement sans cabine toute l’année. Les engins d’une puissance inférieure à 30 kW devraient être équipés d’une cabine lorsqu’ils sont utilisés dans des zones où l’air est de mauvaise qualité. Le niveau sonore des pelles mécaniques, des bouteurs, des chargeuses, des chargeuses-pelleteuses et des rétrocaveuses devrait être mesuré conformément à la norme internationale de mesurage du bruit émis à l’extérieur par les engins de terrassement (Organisation internationale de normalisation (ISO), 1998a).
La cabine devrait protéger l’opérateur des intempéries; l’intérieur ne devrait pas présenter d’arêtes coupantes susceptibles de le blesser. Les tuyaux et flexibles se trouvant à l’intérieur de la cabine et contenant des fluides dangereux en raison de leur pression ou de leur température devraient être protégés. La cabine devrait disposer d’une issue de secours indépendante de l’entrée normale. La hauteur minimale de plafond au-dessus du siège dépendra de la puissance du moteur de l’engin; elle sera de 1 m pour les moteurs de 30 à 150 kW. Toutes les vitres seront en verre de sécurité. Le niveau de bruit au poste de conduite ne devrait pas excéder 85 dBA (ISO, 1998b).
L’aménagement du poste de conduite devrait permettre à l’opérateur de voir les parties mobiles et actives de l’engin, si possible sans qu’il ait besoin de se pencher. Des miroirs ou des caméras de contrôle à distance avec écran d’affichage devraient permettre à l’opérateur de voir l’ensemble de la zone de travail sans angle mort.
Le pare-brise et, le cas échéant, la lunette arrière, devraient être munis d’un essuie-glace. Un dispositif de dissipation de la buée et de dégivrage devrait être prévu, au moins pour le pare-brise de la cabine.
La protection contre le retournement des engins et les chutes d’objets
Les chargeuses, les bouteurs, les décapeuses, les niveleuses, les chargeuses-pelleteuses, les rétrocaveuses et les tombereaux à quatre roues directrices d’une puissance de plus de 15 kW seront équipés d’une structure de protection contre le retournement. Les engins utilisés là où il existe un risque de chutes d’objets devraient également être pourvus d’une structure capable d’assurer la protection de l’opérateur.
Les sièges
Les engins dont le conducteur travaille en position assise devraient comporter un siège réglable assurant une posture stable et permettant à l’opérateur de garder le contrôle de son véhicule en toutes circonstances. Les réglages permettant d’adapter le siège à la taille et au poids du conducteur devraient être faciles à effectuer sans qu’il soit nécessaire de recourir à des outils.
En ce qui concerne les vibrations transmises par le siège, on se conformera à la norme internationale relative à l’évaluation en laboratoire des vibrations du siège de l’opérateur pour les engins de terrassement (ISO, 2000)
Les dispositifs de commande et les indicateurs
Les commandes, volants, leviers, pédales, indicateurs, commutateurs, etc., devraient être choisis, conçus et disposés de façon à ne pas présenter d’ambiguïté, porter des indications claires et se trouver à bonne portée de l’opérateur. Les dispositifs de commande seront conçus et disposés de telle sorte qu’ils ne puissent être déclenchés ou actionnés de manière intempestive, même s’ils sont exposés à des interférences avec des équipements de radio ou de télécommunication.
Les pédales devraient avoir des dimensions et une forme appropriées, être recouvertes d’un revêtement antidérapant et convenablement espacées. Pour éviter toute confusion, les commandes au pied seront disposées comme sur un véhicule automobile ordinaire (c’est-à-dire l’embrayage à gauche, le frein au milieu et l’accélérateur à droite).
Les engins de terrassement télécommandés devraient être conçus de façon à s’arrêter automatiquement et à rester immobilisés dès lors que leurs commandes sont désactivées ou que leur alimentation en énergie est coupée.
Tout engin de terrassement devrait être équipé:
• de feux stop et de clignotants si leur vitesse peut excéder 30 km/h; • d’un klaxon commandé à partir du poste de conduite et dont le niveau sonore devrait être égal à 93 dBA au moins à une distance de 7 m de l’avant de la machine; et • d’un dispositif permettant l’installation d’un gyrophare.
Les systèmes de direction et de freinage
Le système de direction devrait être conçu de telle manière que le sens de déplacement de la commande de direction corresponde au mouvement recherché. Le système de direction des engins équipés de pneumatiques pouvant se déplacer à plus de 20 km/h sera conforme à la norme internationale correspondante (ISO, 1992).
Les engins devraient être équipés d’un frein de service, d’un frein de sécurité et d’un frein de stationnement efficaces dans toutes les conditions prévisibles d’utilisation, de charge, de vitesse, de terrain et de déclivité. L’opérateur devrait pouvoir ralentir et arrêter l’engin à l’aide du seul frein de service. Un frein mécanique devrait immobiliser l’engin en stationnement. Le système de freinage sera conforme à la norme internationale relative aux dispositifs de freinage des engins de terrassement (ISO, 1996).
Pour permettre de travailler la nuit ou dans la poussière, les engins devraient être équipés de feux suffisamment puissants pour éclairer convenablement la zone de déplacement et la zone de travail.
La stabilité
Les engins de terrassement, y compris leurs éléments et leurs accessoires, devraient être conçus et fabriqués de façon à demeurer stables dans toutes les conditions normales de fonctionnement.
Les dispositifs visant à améliorer la stabilité des engins de terrassement en fonctionnement — les stabilisateurs et le mécanisme de blocage de l’essieu oscillant, par exemple — devraient être équipés de dispositifs de verrouillage assurant leur immobilisation même en cas de défaillance du système hydraulique.
Les carters de protection
Les carters de protection devraient être conçus de manière à rester solidement en place. S’ils ne doivent être ouverts que rarement, ils devraient être fixes et ne pouvoir être démontés qu’avec des outils ou des clés. En position ouverte, ils devraient si possible rester assujettis au bâti par une fixation à charnière. Les carters de protection devraient être équipés d’un système de retenue (ressorts ou vérins à gaz comprimé) leur permettant de supporter un vent de 8 m/s en position d’ouverture.
Les composants électriques
Les composants et les conducteurs électriques devraient être placés de façon à éviter une usure anormale ainsi que les détériorations dues à la poussière ou aux conditions ambiantes.
Les accumulateurs devraient être solidement assujettis, mais munis de poignées permettant de les extraire facilement. Un interrupteur aisément accessible, placé entre l’accumulateur et la terre, pourrait permettre d’isoler l’accumulateur du reste de l’installation électrique.
Les réservoirs de carburant et de fluide hydraulique
Il devrait être possible de faire tomber la pression en cas d’ouverture ou de réparation des réservoirs. Ceux-ci devraient être équipés de bouchons verrouillables.
La protection contre l’incendie
Le plancher et l’intérieur du poste de conduite devraient être en matériaux résistant au feu. Les engins d’une puissance supérieure à 30 kW devraient être équipés d’un système intégré d’extinction du feu ou d’un extincteur à portée de l’opérateur.
La maintenance
Les engins devraient être conçus et construits de telle sorte que les opérations de graissage et de maintenance puissent être effectuées en toute sécurité, si possible avec le moteur à l’arrêt. Lorsque la maintenance ne peut être effectuée qu’avec l’équipement en position haute, il conviendra de prévoir un blocage mécanique dans ladite position. Si elle doit être effectuée avec le moteur en marche, des précautions particulières devraient être prises (installation d’un écran de protection, mise en place de panneaux de mise en garde, etc.).
Le marquage
Tout engin devrait porter, de façon lisible et indélébile, les indications ci-après: nom et adresse du constructeur, marques réglementaires, nom de la série et du type, numéro de série (le cas échéant), puissance du moteur (en kW), poids de l’engin dans sa configuration la plus courante (en kg) et, le cas échéant, effort de traction maximal et charge verticale maximale.
D’autres indications pourront également figurer: conditions d’utilisation, marque de conformité (CE), référence aux instructions de montage, de service et de maintenance. Le marquage CE indique que l’engin satisfait aux directives de la CEE relatives à ce type de machine.
Les panneaux de mise en garde
Lorsque les mouvements d’un engin de terrassement engendrent des risques qui peuvent échapper aux personnes non averties, des panneaux de mise en garde devraient être fixés pour les dissuader d’approcher pendant toute la durée de l’opération.
Le contrôle du respect des normes de sécurité
Il convient de s’assurer que les normes de sécurité ont été respectées lors de la conception et de la fabrication des engins de terrassement et procéder, pour ce faire, aux mesures, contrôles visuels et tests prescrits ou préconisés. Il faut également étudier la documentation fournie par les constructeurs.
Le manuel d’utilisation
Un manuel contenant des instructions d’utilisation et de maintenance devrait être livré avec tout engin de terrassement. Il devrait être rédigé dans l’une au moins des langues officielles du pays dans lequel l’engin est utilisé et décrire, en termes simples et aisément compréhensibles, les risques pour la sécurité et la santé (bruit, vibrations, etc.) ainsi que les opérations qui exigent un équipement de protection individuelle. Le manuel devrait être conservé dans le poste de conduite de l’engin.
Les conditions de fonctionnement
En plus des indications mentionnées ci-dessus, le manuel d’utilisation devrait préciser les circonstances qui limitent l’utilisation de l’engin (ainsi, l’engin ne devrait pas être utilisé sur des terrains dont la pente est supérieure à celle fixée par le constructeur). Si l’opérateur observe un défaut, un dommage ou une usure exces-sive susceptibles de présenter un danger, il devrait immédiatement en informer son employeur et renoncer à utiliser l’engin jusqu’à ce qu’il ait été remis en état.
L’opérateur devrait contrôler la fixation correcte des élingues à la charge et au crochet de levage; s’il constate que la charge n’est pas solidement arrimée ou s’il a le moindre doute en ce qui concerne la sécurité de l’opération, il ne devrait pas procéder au levage.
Lorsqu’un engin emporte une charge suspendue, celle-ci devrait être aussi proche que possible du sol et la vitesse de l’engin devrait être adaptée à l’état du terrain. On évitera les accélérations brusques et les balancements de la charge.
Nul ne devrait être autorisé à pénétrer dans la zone de travail sans en avertir l’opérateur. Lorsque le travail oblige des travailleurs à pénétrer et à demeurer dans le rayon d’action de l’engin, ils devraient être très prudents et éviter de se déplacer inutilement ou de se tenir sous une charge suspendue. Aussi longtemps qu’ils se trouvent dans le rayon d’action de l’engin, l’opérateur devrait s’assurer qu’ils demeurent dans son champ visuel ou que leur position lui est signalée. Dans le cas d’engins pivotants, comme les grues et les chargeuses-pelleteuses, l’enveloppe de creusement sera dégagée.
Au début de la journée de travail, l’opérateur devrait contrôler les freins, les dispositifs de verrouillage, les embrayages, le système de direction et le système hydraulique et procéder à un essai en fonctionnement hors charge. Lors du contrôle des freins, l’opérateur devrait s’assurer que l’engin peut être rapidement freiné puis arrêté et immobilisé.
Avant de quitter l’engin à la fin de la journée de travail, l’opérateur devrait mettre toutes les commandes au point mort, couper le contact et prendre les précautions nécessaires pour éviter que l’engin ne puisse être utilisé par une personne non autorisée. Il devrait tenir compte des conditions climatiques susceptibles d’affecter le terrain sous-jacent ou de provoquer le gel de certaines parties de l’engin et prendre toutes mesures utiles pour éviter ce genre de problèmes.
Pour pouvoir effectuer une réparation sur un circuit hydraulique ou pneumatique, on devra préalablement procéder à une purge.
Le positionnement des engins
Lors du positionnement ou du stationnement d’un engin, il conviendra d’envisager les risques de renversement et de glissement de l’engin ainsi que les risques d’affaissement du terrain sur lequel il repose. Le cas échéant, des mesures appropriées devraient être prises pour assurer la stabilité.
Les lignes électriques aériennes
Lorsqu’un engin est utilisé à proximité de lignes électriques aériennes, des précautions devraient être prises pour éviter tout contact avec des éléments sous tension. Il importe de travailler en collaboration étroite avec la compagnie de distribution d’électricité.
Les canalisations souterraines, les câbles et les lignes électriques enterrés
Avant de démarrer un chantier, l’employeur devrait vérifier si des lignes ou des câbles électriques ou des conduites de gaz, d’eau ou d’évacuation des eaux usées sont enterrées dans le périmètre du chantier et, si tel est le cas, déterminer et signaler leur emplacement exact. Des instructions appropriées permettant de les éviter devraient être fournies à l’opérateur de l’engin.
L’utilisation d’engins de terrassement sur les routes ouvertes au trafic
Lorsqu’un engin de terrassement est utilisé sur une route ou un autre emplacement ouvert au trafic, des panneaux de signalisation, des barrières et des dispositifs de sécurité adaptés à la densité du trafic, à la vitesse des véhicules et aux règles locales de circulation devraient être mis en place.
Sur la voie publique, il est recommandé de transporter les engins par camion ou remorque. Le risque de renversement devrait être envisagé lors du chargement ou du déchargement des engins; ceux-ci devraient être immobilisés pendant le transport par des cales ou d’autres dispositifs appropriés.
Les matériaux
De très nombreux matériaux sont utilisés dans la construction. Ils comprennent l’amiante, l’asphalte (bitume), la brique, la pierre, le ciment, le béton, les revêtements de sol, les agents d’étanchéité en feuilles, le verre, les adhésifs, la laine minérale et les fibres synthétiques minérales d’isolation, les peintures et enduits, les matières plastiques, le caoutchouc, l’acier, le fer, l’aluminium, le cuivre et d’autres métaux, les panneaux de revêtement mural, le plâtre et le bois. La plupart de ces matériaux font l’objet d’un article dans le présent chapitre ou dans d’autres parties de l’Encyclopédie.
L’amiante
Dans nombre de pays, l’utilisation de l’amiante est interdite dans les travaux neufs, mais on en rencontre encore inévitablement dans les travaux de rénovation ou de démolition des bâtiments anciens. Des mesures très strictes s’imposent pour éviter que les travailleurs et le public ne soient exposés à de l’amiante, notamment lors des opérations de déflocage.
Les briques, le béton et la pierre
Les briques sont faites d’argile cuite et classées en briques de parement et en briques de construction. Elles peuvent être compactes ou présenter des cavités. Leurs propriétés physiques dépendent de l’argile utilisée, des adjuvants, du mode de fabrication et de la température de cuisson. Plus la température de cuisson est élevée, moins la brique sera absorbante.
Les briques, le béton et la pierre contenant du quartz peuvent produire de la poussière de silice si on les débite ou si on utilise des explosifs pour les fragmenter. Une exposition sans protection à la silice cristalline peut provoquer une silicose, affection pulmonaire chronique invalidante et potentiellement mortelle.
Le revêtement de sols
Les matériaux couramment utilisés pour le revêtement intérieur des sols sont la pierre, la brique, les produits céramiques, le bois, les textiles, le linoléum et les matières plastiques. La pose de granito, de carreaux céramiques ou de parquets de bois expose les travailleurs à des poussières pouvant provoquer des allergies de la peau ou des affections de l’appareil respiratoire. Les adhésifs utilisés pour la pose de carreaux ou de moquette contiennent souvent des solvants potentiellement toxiques.
Les poseurs de tapis et de moquettes travaillent beaucoup à genoux, dans une posture contraignante et qui peut occasionner, outre des crampes, l’apparition de callosités, de bursites et d’enflures aux genoux par suite de pressions locales prolongées.
Les adhésifs
On a recours à des adhésifs pour coller un matériau ou une surface sur un autre ou une autre. Les colles à l’eau contiennent un agent de liaison dans de l’eau et durcissent lorsque l’eau s’évapore. Les adhésifs renfermant des solvants durcissent lorsque le solvant s’évapore; les vapeurs qui se dégagent peuvent être dangereuses pour la santé, et ces produits ne devraient pas être utilisés dans des espaces confinés ou mal ventilés. Les adhésifs dont les composants doivent être mélangés pour durcir peuvent provoquer des allergies.
La laine minérale et les autres fibres d’isolation
L’isolation d’un bâtiment assure un confort thermique et permet de faire des économies d’énergie. Pour obtenir une isolation satisfaisante, on utilise des matériaux poreux du type laine minérale et fibres minérales synthétiques. L’inhalation de ces fibres peut provoquer une irritation et même des lésions des voies respiratoires. Par ailleurs, les fibres pointues peuvent pénétrer dans la peau et provoquer des dermites.
Les peintures et les enduits
Les peintures sont utilisées pour la décoration extérieure et intérieure des bâtiments, la protection des matériaux comme l’acier et le bois contre la corrosion ou la putréfaction, et le marquage des voies de circulation.
On évite maintenant les peintures à base de plomb, mais on peut en rencontrer lors des travaux de rénovation ou de démolition d’ouvrages anciens, notamment les structures métalliques comme les ponts et les viaducs. Les vapeurs et les poussières inhalées ou avalées peuvent provoquer une intoxication saturnine avec des troubles rénaux ou neurologiques chroniques; elles sont particulièrement dangereuses pour les enfants qui peuvent être exposés aux poussières de plomb ramenées à la maison sur les vêtements et les chaussures de travail.
L’utilisation de peintures contenant du cadmium et du mercure est proscrite dans la plupart des pays. Le cadmium peut induire des problèmes rénaux et certains types de cancer, tandis que le mercure peut provoquer des troubles du système nerveux.
Les peintures et les enduits à l’huile contiennent parfois des solvants dangereux; il est donc préférable d’utiliser des peintures à l’eau.
Les matières plastiques et le caoutchouc
Les matières plastiques et le caoutchouc, c’est-à-dire les polymères, sont classés en deux groupes: les thermoplastiques et les thermodurcissables. Ils sont utilisés dans la construction pour assurer l’étanchéité ou l’isolation et pour le revêtement de surfaces; ils entrent aussi dans la fabrication de produits comme les tuyaux et les garnitures. Les feuilles de plastique ou de caoutchouc sont employées pour confectionner des revêtements hydrofuges et peuvent provoquer des réactions chez les personnes sensibilisées à ces matériaux.
L’acier, le fer, l’aluminium et le cuivre
L’acier et le fer servent dans la construction pour édifier des structures portantes (ossatures et charpentes métalliques), pour constituer les armatures du béton armé ou pour des canalisations. Les aciers peuvent être au carbone ou alliés; l’acier inoxydable est un alliage. Les propriétés principales de l’acier sont sa solidité et sa ténacité. La ténacité à la fracture est importante pour éviter les ruptures par fragilité.
Les propriétés de l’acier dépendent de sa composition chimique et de sa structure cristalline. On lui fait subir un traitement thermique pour éliminer les tensions internes et améliorer la soudabilité, la résistance et la ténacité à la rupture.
Le béton peut supporter des contraintes de compression élevées, mais des armatures d’acier sont indispensables pour conférer au béton armé une résistance acceptable à la traction. Généralement, les fers d’armature ont une teneur en carbone de l’ordre de 0,4%.
L’acier au carbone ou acier «doux» contient du manganèse dont les fumées, au cours du soudage, sont susceptibles de provoquer un syndrome semblable à la maladie de Parkinson, avec des troubles neurologiques paralysants. L’aluminium et le cuivre peuvent également être toxiques dans certaines conditions.
L’acier inoxydable contient du chrome ou d’autres métaux (comme le nickel et le molybdène) qui augmentent la résistance à la corrosion. Le soudage de l’acier inoxydable peut exposer les travailleurs aux fumées de chrome et de nickel. Certains types de nickel sont susceptibles de provoquer de l’asthme ou des cancers; tandis que certains types de chrome (chrome hexavalent) sont de nature à provoquer des cancers, des affections des sinus et des perforations de la cloison nasale.
Après l’acier et le fer, l’aluminium (seul ou allié) est le métal le plus couramment utilisé dans la construction, en raison de sa légèreté, de sa solidité et de sa résistance à la corrosion.
Le cuivre est relativement cher, mais sa résistance élevée à la corrosion et ses excellentes propriétés de conduction électrique et thermique font qu’il est recherché pour les conducteurs électriques, pour le revêtement des toitures et pour la confection des tuyauteries. Les sels de cuivre entraînés par l’eau de pluie peuvent constituer un danger pour l’environnement immédiat.
Les panneaux de revêtement et le plâtre
Les panneaux de revêtement, souvent recouverts de bitume ou de plastique, sont utilisés comme protection contre l’eau et le vent et pour éviter que l’humidité ne s’infiltre dans les éléments de construction. Les panneaux de plâtre (sulfate hydraté de calcium naturel) sont constitués d’une plaque de plâtre insérée entre deux couches de carton; ils sont couramment employés pour les revêtements muraux et résistent bien au feu.
La poussière produite lorsqu’on découpe des panneaux peut provoquer des allergies de contact ou des affections pulmonaires.
Le bois
Le bois trouve de nombreuses applications dans la construction; il importe qu’il soit bien sec. Pour les poutres et les fermes de grande portée, on utilise des lames de bois collées. Les poussières de certaines essences peuvent constituer un risque pour la santé et même favoriser le développement de cancers. Dans certaines conditions, la poussière de bois peut se révéler explosive.
LES GRUES
Il existe de très nombreux types de grues. Une grue comporte le plus souvent une flèche (horizontale ou inclinable) conçue pour soulever, déplacer et déposer de lourdes charges. Les deux types principaux de grues sont les grues mobiles et les grues fixes. Les grues mobiles sont montées sur roues, sur un ponton ou sur un wagon. Les grues fixes peuvent être des grues à tour ou des ponts roulants. Aujourd’hui, les grues sont presque toujours actionnées par des moteurs (électriques ou à combustion interne). Leur capacité de levage (charge maximale d’utilisation), suivant le type et la taille, va de quelques kilogrammes à des centaines de tonnes. Les grues servent également au battage de pieux ou de palplanches, au dragage, aux excavations et à la démolition. Généralement, la capacité de levage est maximale lorsque la charge est au plus près du mât (axe de rotation); elle diminue au fur et à mesure que la charge s’éloigne du mât.
Les risques présentés par les grues
Les accidents mettant en cause une grue sont généralement spectaculaires et lourds de conséquence. Les victimes se comptent non seulement parmi les travailleurs, mais parfois aussi parmi la population. Chaque phase des opérations, y compris le montage, le démontage, le transport et la maintenance, présente des risques spécifiques parmi lesquels on peut citer:
• Risques d’électrocution. Il peut y avoir contact avec une ligne aérienne et formation d’un arc électrique si un élément de la grue s’approche trop d’une ligne électrique. En cas de contact, le risque ne vise pas seulement l’opérateur mais peut s’étendre à l’ensemble des personnes se trouvant à proximité immédiate. Aux Etats-Unis, en 1988-89, 23% des accidents mortels mettant en cause des grues étaient dus à un contact avec une ligne électrique. Outre ces accidents, le courant peut en outre endommager la grue. • Défaillances structurelles et surcharge. En cas de surcharge, une grue peut se montrer défaillante lorsque sa charpente ou ses éléments de haubanage sont soumis à des contraintes excessives. Les dommages causés peuvent être irréversibles. Une surcharge peut résulter non seulement d’un dépassement de la capacité de levage, mais aussi du mouvement brusque de la charge, de l’utilisation d’éléments défectueux, du traînage d’une charge sur le sol ou d’une sollicitation latérale de la flèche.
• Instabilité. Les problèmes d’instabilité sont plus courants avec les grues mobiles qu’avec les grues fixes. Lorsqu’une grue à flèche déplace une charge et fait pivoter sa flèche au-delà de la zone de stabilité, l’engin risque de chavirer. L’état du terrain peut également compromettre la stabilité. Lorsqu’une grue ne repose pas sur un sol parfaitement horizontal, sa stabilité se trouve réduite lorsque la flèche est orientée dans certaines directions. Lorsqu’elle est placée sur un sol qui ne peut en supporter le poids, elle risque de s’affaisser. Une grue peut aussi basculer lorsqu’elle se déplace sur les rampes mal compactées des chantiers de construction.
• Chutes de charges transportées. Une charge peut tomber ou glisser si elle n’est pas convenablement élinguée ou assujettie, constituant une menace pour les travailleurs se trouvant à proximité ou pouvant endommager les équipements environnants. • Méthodes incorrectes de montage, de démontage ou de maintenance courante. Des moyens d’accès inadéquats, l’absence de dispositifs antichute et des méthodes de travail incorrectes ont provoqué des accidents parfois mortels parmi le personnel chargé du montage, du démontage ou de la maintenance courante des grues. Les problèmes sont particulièrement délicats dans le cas des grues mobiles dont le service doit s’effectuer sur place en l’absence de moyens d’accès convenables. Beaucoup de grues — notamment des modèles plus anciens — ne sont pas équipées de mains courantes ou de marches pour faciliter l’accès aux différentes parties de l’engin. Les interventions sur la flèche et au-dessus de la cabine de conduite restent périlleuses en l’absence d’un équipement antichute. Des sections de grues à flèche en treillis peuvent tomber sur les travailleurs au cours du montage et du démontage de la flèche, ou lors de son chargement et de son déchargement si des précautions suffisantes ne sont pas prises.
• Risques mécaniques. Le personnel de maintenance devrait éviter de se trouver coincé entre une partie mobile et une partie fixe de la grue. Lors d’une opération de graissage exigeant la mise en mouvement de l’engin, par exemple, les travailleurs se trouvant à proximité de la grue devraient s’en éloigner. • Risques physiques, chimiques et de stress pour les grutiers. Lorsque la cabine de conduite n’est pas isolée, le grutier pourra être soumis à un niveau de bruit excessif, avec le risque de subir une perte auditive. Les sièges mal conçus peuvent entraîner des douleurs dorsales; l’impossibilité de régler la hauteur et l’inclinaison du siège peut entraîner un manque de visibilité. Les gaz d’échappement des moteurs à combustion interne contiennent des fumées qui peuvent être dangereuses dans les espaces confinés. On peut aussi s’interroger sur l’effet des vibrations transmises au corps entier par le moteur, notamment sur les modèles de grues plus anciens. La pression exercée sur le grutier et la fatigue qui en résulte peuvent aussi jouer un rôle dans les accidents mettant en cause des grues.
Les mesures de prévention et de protection
La sécurité d’utilisation d’une grue est l’affaire de toutes les parties intéressées. Les constructeurs ont la responsabilité de concevoir et de fabriquer des grues donnant les meilleures garanties sur le plan de la sécurité. Les grues devraient être conçues de façon à prévenir autant que possible les accidents provoqués par la surcharge et l’instabilité. Des dispositifs tels que les limiteurs de charge et les indicateurs d’inclinaison de la flèche et de portée pourront contribuer à la sécurité des opérations. Il convient de relever que les dispositifs de détection des lignes électriques se sont avérés peu fiables. Chaque grue devrait être équipée d’un indicateur de charge fiable, efficace et automatique. Les constructeurs de grues devraient prévoir des commandes d’une conception claire, un tableau de configuration des charges à portée du grutier, des mains courantes, des vitres antireflet allant jusqu’au plancher de la cabine, un siège confortable, ainsi qu’une bonne isolation sur les plans acoustique et thermique. Sous certaines latitudes, des cabines chauffées ou climatisées améliorent le confort du grutier et diminuent la fatigue, contribuant ainsi à accroître la sécurité des opérations.
Les exploitants devraient veiller au bon état des grues en faisant procéder à des contrôles périodiques et à une maintenance de qualité. Ils devraient faire appel à des grutiers compétents et expérimentés. Une bonne connaissance des matériels existant sur le marché contribue à choisir l’engin le mieux approprié à une tâche donnée. Toute grue en service sur un chantier de construction devrait avoir une capacité suffisante pour manipuler la charge la plus lourde susceptible de se présenter. Il convient que chaque grue fasse l’objet d’une inspection complète par une personne compétente avant d’être assignée à un chantier; par la suite, on effectuera des contrôles périodiques, quotidiens si nécessaire (suivant les recommandations du constructeur) et on tiendra à jour un livret d’entretien. Une ventilation devrait être assurée pour évacuer ou diluer les gaz d’échappement des grues utilisées dans des espaces confinés. Une planification convenable devrait permettre d’éviter de travailler à proximité immédiate de lignes électriques aériennes. Lorsque des travaux doivent être effectués au voisinage de lignes à haute tension, les prescriptions relatives aux distances de sécurité devraient être respectées (voir tableau 93.6). Si on ne peut éviter d’intervenir à proximité d’une ligne à haute tension, il conviendrait que celle-ci soit mise hors tension ou isolée.
On devrait, en cas de besoin, prévoir des signaleurs pour assister le grutier. Les grutiers et les signaleurs devraient être convenablement formés et connaître parfaitement le code de signalisation manuelle. Il convient, si possible, de délimiter la zone de translation de la grue par une corde pour éviter les collisions. Les charges de lestage et les béquilles d’empattement devraient être installées conformément aux instructions du constructeur de l’engin. Les surcharges seront évitées si le grutier connaît le poids de la charge à soulever et s’il utilise les indicateurs de charge. Une fois la charge en place, le mouvement de la grue devrait toujours être lent; il conviendrait de ne jamais abaisser la flèche ou augmenter la portée d’une façon qui risque de compromettre la stabilité de l’engin. Lorsque la visibilité est insuffisante ou que le vent peut empêcher le grutier de garder le contrôle de la charge transportée, il faudrait renoncer à se servir d’une grue.
Les normes et les textes réglementaires
Il existe de nombreux textes réglementaires et des normes régissant la construction des grues et leur utilisation. Ils visent notamment la classification des appareils de levage à charge suspendue, les moyens d’accès, la détermination de la stabilité, les voies de roulement, les cabines, les organes de service, les dispositifs d’ancrage, les limiteurs et indicateurs de charge, le calcul des charges et des combinaisons de charge, les tableaux de charge, le calcul des charges dues au vent, les dispositifs de protection et de retenue, les performances, les signaux de sécurité et de danger, les codes et méthodes d’essai, les vérifications, la formation et l’information des grutiers ainsi que la maintenance.
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