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Santé : Risques

 

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LA SÉCURITÉ, LA SANTÉ ET LE MANAGEMENT


  LES RISQUES PROFESSIONNELS DANS LE BÂTIMENT ET LES TRAVAUX PUBLICS


Les travailleurs de cette branche d’activité — qui englobe le bâtiment et les travaux publics de même que le génie civil et que l’on désigne parfois sous l’appellation d’industrie de la construction — construisent, réparent, rénovent, transforment et démolissent des maisons d’habitation, des bureaux, des lieux de culte, des usines, des hôpitaux, des routes, des ponts, des galeries, des stades, des ouvrages portuaires, des aéroports, etc. Le Bureau international du Travail (BIT) distingue les entreprises publiques et privées du bâtiment — qui érigent des immeubles d’habitation ou à usage commercial — et les entreprises de travaux publics qui construisent des ouvrages de génie civil — routes, ponts, galeries, barrages, aéroports, etc. Aux Etats-Unis et dans certains autres pays, ces entreprises s’occupent également de l’entretien des sites d’entreposage de déchets dangereux.

Dans les pays industriels, le secteur de la construction représente un pourcentage variable du PIB: environ 4% aux Etats-Unis, 6,5% en Allemagne et 17% au Japon, par exemple. Les employeurs n’occupent le plus souvent qu’une faible proportion de travailleurs à plein temps. Par ailleurs, un grand nombre d’entreprises sont spécialisées dans divers secteurs d’activité — électricité, plomberie, carrelage, béton armé, charpente métallique, etc. — et travaillent souvent en sous-traitance.



  La main-d’œuvre dans la construction


La plupart des travailleurs de la construction sont non qualifiés; les autres sont classés dans l’un des nombreux emplois qualifiés (voir tableau 93.1). Dans les pays industriels, ces travailleurs représentent environ 5 à 10% de la main-d’œuvre. Dans le monde entier, plus de 90% des travailleurs de la construction sont des hommes. Dans certains pays en développement, toutefois, la proportion de femmes est supérieure, mais elles occupent généralement des emplois non qualifiés. Dans certains pays, les travaux de construction sont laissés à des travailleurs migrants, alors que dans d’autres, ce secteur fournit des emplois relativement bien rémunérés garantissant une certaine sécurité financière. Pour un grand nombre de gens, les emplois non qualifiés de la branche constituent un premier pas vers des emplois salariés dans la construction ou dans d’autres secteurs.


Tableau 93.1 Quelques métiers du bâtiment


Tableau en cours de préparation ...



  L’organisation du travail et la mobilité de la main-d’œuvre


Les projets de construction, et notamment les grands chantiers, sont complexes et dynamiques. Plusieurs employeurs travaillent parfois en même temps sur un même chantier, allant et venant en fonction de l’avancement des travaux. Une entreprise générale peut s’y trouver en permanence; d’ordinaire, les entreprises de terrassement arrivent les premières, puis les charpentiers et les maçons, les électriciens et les plombiers, suivis par les entreprises de revêtement des sols, les peintres et, parfois, les paysagistes. Au fur et à mesure que le chantier avance — par exemple, que les murs d’un bâtiment sont construits ou qu’une galerie progresse —, les conditions ambiantes comme la ventilation et la température se modifient, elles aussi.

Les travailleurs de la construction passent généralement d’un chantier à l’autre et ne restent souvent que quelques semaines ou quelques mois sur un projet particulier, ce qui n’est pas sans conséquences, pour eux comme pour les projets. Ils doivent établir en permanence des relations de travail productives et sûres avec d’autres travailleurs qu’ils ne connaissent pas, ce qui peut nuire à la sécurité sur le chantier. Au cours d’une année, ils ont souvent plusieurs employeurs et ne sont pas occupés à plein temps. Ils ne travaillent en moyenne que 1 500 heures par an, alors que, dans l’industrie, par exemple, les salariés font généralement 40 heures par semaine et 2 000 heures par an. Afin de compenser les temps morts, de nombreux travailleurs de la construction occupent d’autres emplois dans d’autres secteurs d’activité et sont donc exposés à des risques professionnels différents.

Pour un projet donné, on observe en général, sur un même chantier, des variations fréquentes des effectifs et de la composition de la main-d’œuvre. Ces variations résultent à la fois des qualifications nécessaires aux différentes phases du projet et de la rotation élevée de la main-d’œuvre, notamment des travailleurs non qualifiés. Un chantier peut comporter à tout moment un pourcentage élevé de travailleurs inexpérimentés, employés de façon temporaire et fluctuante, qui parfois ne parlent pas couramment la langue du pays. Les travaux de construction sont souvent réalisés en équipe, mais il est difficile dans ces conditions de constituer des équipes homogènes, stables, efficaces et sûres.

A l’instar du monde de la main-d’œuvre, celui des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics connaît lui aussi des mouvements importants et est constitué en majeure partie de petites entreprises. Aux Etats-Unis, sur les 1,9 million d’entreprises de la construction recensées en 1990, 28% seulement avaient au moins un employé à plein temps; juste quelque 136 000, soit 7%, en comptaient dix ou plus. La présence des entrepreneurs dans les syndicats professionnels varie selon les pays. Aux Etats-Unis, 10 à 15% seulement d’entre eux en font partie; dans certains pays européens, ce pourcentage est plus élevé, mais ne dépasse pas la moitié des entrepreneurs. C’est pourquoi il est difficile de les identifier et de les informer de leurs droits et de leurs devoirs aux termes de la législation de sécurité et de santé ou de toute autre législation applicable à l’industrie de la construction.

Comme dans certains autres secteurs aux Etats-Unis et en Europe, une proportion croissante d’entrepreneurs sont en fait des travailleurs engagés comme entrepreneurs indépendants par des maîtres d’œuvre ou des sous-traitants qui emploient du personnel. Ordinairement, une entreprise générale n’accorde pas à ses sous-traitants le bénéfice d’une assurance maladie, d’une couverture sociale, d’une assurance chômage ou d’une retraite. De même, les entreprises générales n’ont, vis-à-vis de leurs sous-traitants, aucune obligation légale en matière de sécurité et de santé; la législation ne leur est applicable qu’en ce qui concerne leurs propres salariés. Ces dispositions laissent une certaine liberté aux personnes qui louent leurs services, mais elles leur font perdre un grand nombre d’avantages sociaux. Elles dispensent également les entrepreneurs de l’obligation d’accorder les avantages découlant de la législation aux personnes qui jouent le rôle d’entrepreneurs. Ces arrangements privés vont à l’encontre de l’intérêt général et ont été sanctionnés par des actions en justice, mais ils se perpétuent et risquent de poser des problèmes encore plus sérieux de sécurité et de santé sur les lieux de travail, quel que soit le statut des travailleurs qui y sont employés. Le Bureau américain des statistiques du travail (Bureau of Labor Statistics (BLS)) estime qu’aux Etats-Unis les travailleurs indépendants représentent 9% de la main-d’œuvre, mais que, dans la construction, cette proportion atteint 25%.



  Les risques pour la santé sur les chantiers


Les travailleurs de la construction sont exposés à un grand nombre de risques. Ceux-ci diffèrent certes d’un métier à l’autre et d’une activité à l’autre, selon les jours et parfois même d’une heure à l’autre. L’exposition à un risque spécifique peut être intermittente et de courte durée, mais elle est susceptible de se répéter. Le travailleur n’est pas seulement exposé aux risques propres à son activité, il peut aussi être exposé par sa seule présence aux risques que lui font courir ceux qui travaillent près ou au-dessus de lui. Ce schéma d’exposition résulte de la présence simultanée de plusieurs entreprises dont l’intervention est d’assez courte durée et qui travaillent à côté d’autres corps de métier qui engendrent des risques différents. La gravité de chaque risque dépend du niveau et de la durée d’exposition de chaque activité. On peut évaluer approximativement les risques engendrés par les autres personnes travaillant à proximité si l’on connaît leur métier. Les principaux risques encourus par les différents corps de métier figurent au tableau 93.2.


Tableau 93.2 Risques majeurs auxquels sont exposés les travailleurs qualifiés


Tableau en cours de préparation ...



  Les risques rencontrés dans l’industrie de la construction


Comme dans les autres activités, il existe cinq grandes catégories de risques auxquels sont exposés les travailleurs de la construction: risques matériels, physiques, chimiques, biologiques et sociaux.


Les risques matériels

Dans l’industrie de la construction, les risques matériels constituent le danger majeur. Les chutes de personnes ou d’objets, l’instabilité des sols et des surfaces de travail, l’emploi d’engins lourds de terrassement, de manutention ou de transport, la mise en œuvre d’explosifs, les travaux effectués au-dessus d’un plan d’eau, la démolition d’ouvrages existants — pour ne citer que ces exemples — sont responsables de très nombreux accidents du travail souvent graves. Les foulures et les entorses figurent parmi les blessures les plus fréquentes chez les travailleurs de la construction. Celles-ci, et de nombreux troubles chroniques invalidants (comme les tendinites, le syndrome du canal carpien et les lombalgies), résultent de mauvaises postures, de faux mouvements, d’efforts excessifs ou de mouvements violents et répétitifs (voir figure 93.1). Les chutes dues à des ouvertures non signalées et les chutes d’un échafaudage (voir figure 93.2) ou d’une échelle sont également monnaie courante. L’imposition de délais d’exécution serrés, de même que l’improvisation qui prend parfois le pas sur une planification ordonnée des travaux peuvent conduire, elles aussi, à créer des conditions dangereuses.


Figure 93.1 Transport de matériaux sans vêtements de travail appropriés



Figure 93.2 Echafaudage dangereux (Katmandu, Népal)



Par ailleurs, le nombre des accidents de type banal est loin d’être négligeable — on peut citer à titre d’exemple les blessures causées aux mains ou aux pieds par des clous saillants laissés dans des poutres ou des planches; ces accidents peuvent entraîner des arrêts de travail importants (plusieurs des catégories de risques mentionnées ci-dessus sont traitées dans d’autres articles de la présente Encyclopédie ; le lecteur est invité à s’y référer).


Les risques physiques

Des risques physiques (au sens strict du mot «physique») existent dans tout projet de construction. Ils sont liés au bruit, à la chaleur et au froid, aux rayonnements, aux vibrations et à la pression barométrique. Les travaux de construction sont souvent effectués à des températures extrêmes, en plein vent, sous la pluie ou la neige, dans le brouillard ou de nuit. Les travailleurs peuvent être exposés à des rayonnements, ionisants ou non, ainsi qu’à des pressions extrêmes.

Si la construction est une activité de plus en plus mécanisée, elle est également de plus en plus bruyante. Les sources de bruit sont les moteurs de tous genres (véhicules, installations de transports, compresseurs d’air, concasseurs, grues, etc.), les riveteuses et cloueuses pneumatiques, les pistolets à peinture, les marteaux pneumatiques, les scies mécaniques, les ponceuses, les défonceuses, les raboteuses, etc., sans compter le tir des explosifs. Sur les chantiers de démolition, le bruit provient des travaux de démolition eux-mêmes. Il convient de souligner que le bruit affecte non seulement le conducteur d’un engin bruyant, mais également tous ceux qui se trouvent à proximité. S’il provoque des pertes d’audition, il masque aussi des sons importants pour la communication et la sécurité. Les marteaux pneumatiques, de nombreux outils portatifs, les engins de terrassement et bien d’autres machines mobiles de grande taille soumettent les travailleurs à des vibrations d’une partie du corps ou du corps entier.

Les risques liés à la chaleur et au froid proviennent principalement du fait que les chantiers de construction sont, la plupart du temps, exposés aux intempéries, source principale de chaleur ou de froid excessif. Ainsi, les couvreurs travaillent en plein soleil, souvent sans protection, et doivent parfois chauffer des fûts de goudron; ils sont exposés de la sorte à une forte chaleur, émise par rayonnement et par convection, qui vient s’ajouter à l’élévation de leur température corporelle du fait de leur activité physique. Les conducteurs de gros engins sont parfois assis près d’un moteur qui chauffe et travaillent dans une cabine fermée non ventilée. S’ils travaillent dans une cabine non couverte, ils ne sont pas protégés du soleil. La température corporelle des travailleurs qui portent des vêtements de protection, comme ceux qui sont imposés pour manipuler des déchets toxiques, augmente du fait de leur activité physique et aucune aération n’est possible puisque ces combinaisons doivent être étanches. Le manque d’eau potable ou d’ombre contribue également à la charge thermique. En hiver, les ouvriers du bâtiment travaillent souvent dans un froid rigoureux, ce qui comporte des risques de gelures, d’hypothermie et de glissades.

Les principales sources de rayonnement ultraviolet sont le soleil et le soudage à l’arc. L’exposition à des rayonnements ionisants est moins fréquente, mais peut exister en cas de contrôle des soudures par radiographie X ou gamma, ou si l’on utilise des instruments comme les débitmètres à isotopes radioactifs. Les lasers sont de plus en plus utilisés et peuvent occasionner des lésions, notamment aux yeux, si le faisceau est intercepté.

Ceux qui travaillent sous l’eau ou dans des galeries sous air comprimé, dans des caissons ou comme plongeurs sont exposés à des pressions barométriques élevées. Ils risquent de développer de nombreux troubles associés aux surpressions: problèmes de décompression, narcose des gaz inertes, nécrose osseuse (tête fémorale) aseptique, entre autres.


Les risques chimiques

L’air contient des polluants en suspension qui peuvent se présenter sous forme de poussières, de fumées, de brouillards, de vapeurs ou de gaz. L’exposition se produit généralement par inhalation, encore que certains polluants en suspension dans l’air puissent se déposer sur la peau intacte et être absorbés par celle-ci (les pesticides et certains solvants organiques, par exemple). La pollution chimique peut également se présenter sous forme liquide ou semi-liquide (colles ou adhésifs, goudron, etc.), ou encore sous forme pulvérulente (comme le ciment sec). Le contact de la peau avec des produits chimiques se présentant sous ces formes peut s’ajouter à l’inhalation éventuelle de vapeurs et entraîner une intoxication générale ou une dermite de contact. Des produits chimiques peuvent également être ingérés avec des aliments ou de l’eau, ou être inhalés en fumant. Plusieurs maladies ont été associées aux métiers de la construction; citons notamment:

•   la silicose des sableurs, des tunneliers et des foreurs au rocher;
•   l’asbestose (et les autres maladies provoquées par l’amiante) parmi les personnes mettant en œuvre des isolants contenant de l’amiante, ou employées à la démolition de bâtiments ayant été floqués à l’amiante;
•   la bronchite des soudeurs;
•   les allergies de contact des maçons et de ceux qui manipulent le ciment;
•   les troubles neurologiques des peintres et des autres personnes exposées aux solvants organiques et au plomb.

On a observé chez les travailleurs chargés de travaux d’isolation à l’amiante, les couvreurs, les soudeurs et certains travailleurs du bois un taux de mortalité élevé par cancer du poumon ou de l’appareil respiratoire. Des intoxications par le plomb ont été enregistrées chez les travailleurs et les peintres chargés de la réfection des ponts métalliques, tandis qu’un stress thermique (résultant du port d’une combinaison de protection étanche) peut survenir chez les personnes chargées de l’entretien des dépôts de déchets toxiques. Par ailleurs, le syndrome de Raynaud n’est pas rare parmi les opérateurs de marteaux pneumatiques et les travailleurs qui utilisent d’autres équipements produisant des vibrations (comme les marteaux perforateurs sur affût employés dans le percement des galeries).

Enfin, l’alcoolisme et d’autres maladies liées à la consommation d’alcool sont plus fréquents qu’on ne le pense parmi les travailleurs de la construction. Bien qu’aucun facteur professionnel spécifique n’ait pu être mis en cause, il est possible que l’alcoolisme soit consécutif au stress résultant d’un manque total de maîtrise des perspectives d’emploi, à la charge de travail ou à l’isolement social résultant de relations professionnelles inexistantes ou changeantes.


Les risques biologiques

Les risques biologiques sont liés à l’exposition à des micro-organismes ou à des substances toxiques d’origine biologique, ou encore à des piqûres d’animaux. Les terrassiers, par exemple, peuvent développer une histoplasmose, affection pulmonaire provoquée par un champignon commun. En raison de la fluctuation constante de la main-d’œuvre sur les chantiers, chaque travailleur est en contact avec de nombreuses personnes et est, de ce fait, exposé à des maladies contagieuses (grippe ou tuberculose, par exemple). On peut aussi contracter le paludisme, la fièvre jaune ou la maladie de Lyme dans les zones infestées par les micro-organismes responsables de ces maladies et par les insectes qui en sont les vecteurs.

Quant aux substances toxiques d’origine végétale, elles proviennent d’un lierre appelé sumac vénéneux, du lierre urticant et des orties, qui peuvent tous provoquer des éruptions cutanées. Certaines poussières de bois sont cancérogènes et d’autres (comme le cèdre rouge) provoquent des allergies.

Les morsures d’animaux sont rares, mais peuvent se produire lorsqu’un chantier de construction vient les déranger ou empiéter sur leur territoire. Il s’agit entre autres des guêpes, des frelons, des fourmis Solenopsis geminata et des serpents. Sous l’eau ou dans l’eau, les travailleurs peuvent être attaqués par des requins ou d’autres poissons.


Les risques sociaux

Les risques sociaux sont liés à l’organisation sociale de la branche. Les emplois y sont intermittents et sans cesse fluctuants, et les travailleurs maîtrisent mal de nombreux facteurs sur lesquels ils n’ont aucune prise, comme la situation économique ou les conditions météorologiques. Ces mêmes facteurs les incitent parfois à forcer leur cadence. En raison du renouvellement incessant de la main-d’œuvre et des changements d’horaire et de lieu de travail, et du fait aussi qu’ils sont souvent obligés de vivre dans des camps de travail, loin de leur foyer et de leur famille, les travailleurs manquent d’une structure sociale stable et fiable. Certaines caractéristiques des métiers de la construction, comme la pénibilité des tâches, la faible maîtrise des conditions de travail et un soutien social limité, sont des facteurs aggravants de stress. Ces risques caractéristiques, qui ne sont pas l’apanage de l’industrie de la construction, affectent en permanence, d’une manière ou d’une autre, tous les travailleurs de cette branche.



  L’évaluation de l’exposition au risque


Pour évaluer les risques d’une exposition directe ou indirecte (par le simple fait de se trouver à proximité), il importe de connaître les tâches exécutées et la composition des matériaux et des produits mis en œuvre dans chaque cas, de même que les caractéristiques de l’équipement utilisé. Ces données existent généralement (fiches de données de sécurité du matériel ou de toxicologie, par exemple), mais ne sont pas toujours disponibles sur place. Grâce à l’évolution de l’informatique et des techniques de communication, il est maintenant relativement facile de les obtenir et de les mettre à la disposition des intéressés.



  La maîtrise des risques professionnels


Pour mesurer et évaluer le niveau d’exposition aux risques professionnels de l’industrie de la construction, il faut tenir compte des formes particulières d’exposition à ces risques. Dans la plupart des industries, les mesures d’hygiène et les limites d’exposition conventionnelles reposent sur des moyennes pondérées sur huit heures. Dans la construction, toutefois, les expositions sont généralement de courte durée, intermittentes, variées, mais susceptibles de se reproduire; de ce fait, les mesures d’hygiène et les limites d’exposition n’ont pas la même validité que dans d’autres secteurs. Le mesurage de l’exposition peut porter sur des tâches spécifiques comme le soudage, le brasage, le sablage, la peinture, etc., plutôt que sur des postes de travail. De cette manière, il est possible de définir diverses tâches bien précises et de déterminer les risques propres à chacune d’elles. Après avoir précisé les expositions pour les différentes tâches, on pourra probablement établir le profil d’exposition d’un travailleur si l’on connaît les tâches qu’il doit accomplir ou celles qui sont exécutées suffisamment près de lui pour qu’il se trouve indirectement exposé. Au fur et à mesure que la connaissance des expositions particulières progressera, des mesures de prévention spécifiques pourront être mises en place pour chaque tâche.

L’exposition à un risque varie avec l’intensité de celui-ci et avec la fréquence et la durée d’exécution de la tâche. Pour maîtriser le risque, il convient donc généralement de réduire en premier lieu l’exposition en agissant sur l’intensité, la durée ou la fréquence de la tâche. L’exposition au risque étant le plus souvent intermittente, les mesures administratives qui s’appuient sur la réduction de la fréquence ou de la durée d’exposition sont moins faciles à assurer dans la construction que dans d’autres secteurs d’activité. De ce fait, le moyen le plus efficace pour diminuer l’exposition est de réduire l’intensité du risque. Les autres dispositions importantes en matière de maîtrise de l’exposition visent les cantines, les installations sanitaires, l’instruction et la formation.


La réduction de l’intensité de l’exposition

Pour réduire l’intensité de l’exposition au risque, il convient d’identifier et d’analyser la source du risque, l’environnement dans lequel il se présente et les travailleurs qui y sont exposés. En règle générale, les mesures prises seront d’autant plus efficaces qu’elles sont proches de la source. On peut mettre en œuvre trois types généraux de mesures pour réduire l’intensité des risques professionnels. Ce sont, par ordre d’efficacité décroissante:

•   les moyens de prévention technique mis en œuvre à la source du risque;
•   les mesures de contrôle de l’environnement visant à éliminer le risque de cet environnement;
•   la fourniture d’une protection individuelle aux travailleurs exposés.


✓   Les moyens de prévention technique

Tout risque a toujours une source. La façon la plus efficace de protéger les travailleurs consiste à agir sur la source première en prenant des mesures de prévention appropriées. Ainsi, on peut employer à la place d’une substance dangereuse une autre moins dangereuse. On peut, par exemple, remplacer l’amiante par des fibres de verre synthétique de taille non respirable, et substituer de l’eau aux solvants organiques dans les peintures. De même, de la grenaille ou des abrasifs non siliceux peuvent remplacer le sable dans les travaux de décapage. On peut également modifier radicalement une opération, en remplaçant par exemple des marteaux pneumatiques par des marteaux à percussion qui produisent moins de bruit et de vibrations. Si le sciage ou le perçage produisent des poussières, des particules ou des bruits nocifs, on s’efforcera de remplacer ces opérations par le cisaillage ou le poinçonnage. Grâce aux progrès technologiques réalisés, il est souvent possible de prévenir certains troubles musculo-squelettiques et de pallier d’autres problèmes de santé. Bien des modifications paraissent évidentes — ainsi, un tournevis à manche plus long pouvant être tenu à deux mains augmentera le moment de torsion exercé et diminuera l’effort sur le poignet.


✓   Les mesures de contrôle de l’environnement

Ces mesures visent à éliminer de l’environnement une substance dangereuse si celle-ci se trouve en suspension dans l’air, ou à isoler la source s’il s’agit d’un risque physique. On peut utiliser pour certaines tâches particulières un système mécanique d’aspiration localisée avec hotte d’extraction pour capter les fumées, les vapeurs ou les poussières produites au cours des opérations. Etant donné que l’emplacement des sources qui libèrent des substances toxiques change sans cesse, l’installation devra, elle aussi, être mobile et suffisamment souple. On a également eu recours, sur de nombreux chantiers, à des dépoussiéreurs mobiles montés sur camion, équipés d’une soufflerie, de filtres, d’une alimentation électrique autonome, de tuyaux souples et d’une alimentation en eau afin de pouvoir faire appel à une ventilation par extraction là où les travaux effectués l’exigeaient.

Une méthode simple et efficace de contrôler l’exposition au bruit et aux rayonnements (ultraviolet) (UV) ou infrarouge (IR) est de placer les sources sous écran, en utilisant un matériau approprié. Le contreplaqué protège des rayonnements IR et UV. Les sources de bruit seront isolées par un matériau qui absorbe et réfléchit le bruit, en partie tout au moins.

Les principales sources de charge thermique sont une température ambiante élevée et un travail physique intense. On peut éviter les effets néfastes du stress thermique en réduisant la charge de travail, en fournissant de l’eau potable, en ménageant des pauses à l’ombre et, si possible, en travaillant de nuit.


✓   La protection individuelle

Si les mesures de prévention technique se révèlent insuffisantes, les travailleurs devront utiliser un équipement de protection individuelle (voir figure 93.3). Si l’on veut qu’il soit efficace, il faut que le personnel sache s’en servir, qu’il s’adapte parfaitement et qu’il fasse l’objet de contrôles et d’un entretien réguliers. Les personnes qui se trouvent à proximité d’une source de risque devront, elles aussi, être protégées ou se verront interdire l’accès à la zone dangereuse.


Figure 93.3 Travailleurs du bâtiment sans chaussures de sécurité ni casque (Nairobi, Kenya)



L’utilisation de certains équipements de protection individuelle peut poser problème. Ainsi, les opérations rassemblent souvent des équipes dont les membres doivent pouvoir communiquer les uns avec les autres, ce qui est difficile lorsqu’on porte un masque respiratoire, tandis que les combinaisons étanches favorisent l’hyperthermie du fait de leur poids et de leur imperméabilité.

Le port d’un équipement de protection individuelle dont on ignore les limites peut aussi donner, aux travailleurs et à leur employeur, l’illusion d’une protection adéquate, alors que, dans certaines conditions d’exposition, cela ne sera pas le cas. Par exemple, il n’existe pas actuellement de gants qui protègent pendant plus de deux heures du contact avec du chlorure de méthylène, un composant courant dans les décapants pour peintures. Et l’on n’est même pas certain que les gants assurent une protection suffisante contre des mélanges de solvants comme ceux qui contiennent à la fois de l’acétone et du toluène, ou du méthanol et du xylène. Le niveau de protection assuré dépend également de la façon dont le gant est utilisé. En outre, les gants sont généralement testés pour un seul produit chimique à la fois, et rarement pendant plus de huit heures.


Les installations sanitaires et les locaux affectés aux repas

Le manque de sanitaires et de locaux réservés aux repas est également de nature à augmenter l’exposition aux risques. Souvent, les travailleurs ne peuvent pas se laver avant de déjeuner et doivent manger sur le lieu même de leur travail; ils risquent alors d’ingérer par inadvertance des substances toxiques qui passent de leurs mains sur leurs aliments ou leurs cigarettes. S’il n’y a pas sur le chantier de vestiaire où ils puissent se changer, ils risquent de ramener chez eux des traces de produits toxiques.



  Les accidents et les maladies dans l’industrie de la construction



Les accidents mortels

La construction occupe une main-d’œuvre importante et elle occasionne dans la plupart des pays une proportion inusitée d’accidents mortels. Ainsi, aux Etats-Unis où elle n’emploie que 5 à 6% de la main-d’œuvre, elle occasionne 15% des accidents mortels — un pourcentage plus élevé que toute autre branche d’activité. Au Japon, la construction occupe 10% de la main-d’œuvre, mais totalise 42% des décès dus à des accidents du travail; en Suède, ces pourcentages sont de 6% et 13%, respectivement.

Aux Etats-Unis, les causes de décès les plus courantes chez les travailleurs de la construction sont les chutes (30%), les accidents liés au transport (26%), les collisions ou les chocs avec des objets ou les accidents dus aux engins et aux machines (19%), ainsi que l’exposition à des substances dangereuses ou les électrocutions résultant d’un contact avec des fils électriques, des câbles aériens ou de l’outillage sous tension (18% au total). Dans ce pays, ces quatre catégories d’accidents représentent la quasi-totalité (93%) des accidents mortels survenus dans la construction (Pollack et coll., 1996).

Toujours aux Etats-Unis, parmi tous les corps de métiers engagés dans la construction, c’est chez les monteurs de charpentes métalliques que le pourcentage d’accidents mortels est le plus élevé: on a compté parmi eux, en 1992-93, 118 accidents mortels pour 100 000 travailleurs à plein temps, contre 17 pour 100 000 pour l’ensemble des autres catégories professionnelles; 70% des accidents mortels enregistrés chez les monteurs de charpentes métalliques étaient dus à une chute. C’est parmi les manœuvres et les travailleurs non spécialisés que l’on a dénombré le plus grand nombre d’accidents mortels. Globalement, le pourcentage d’accidents mortels était le plus élevé chez les travailleurs de 55 ans et plus. Le pourcentage d’accidents mortels par type d’accident variait également suivant les professions. Chez les agents de maîtrise, les chutes et les accidents liés au transport représentaient environ 60% des accidents mortels. Chez les charpentiers, les peintres, les couvreurs et les monteurs de charpentes métalliques, les chutes de personnes étaient la cause la plus courante et représentaient 50, 55, 70 et 69%, respectivement, de l’ensemble des accidents mortels pour ces divers corps de métier. Chez les mécaniciens et les conducteurs de pelles mécaniques, les accidents liés au mouvement des engins étaient la cause de décès la plus courante, représentant 48 et 65%, respectivement, des accidents mortels; la plupart d’entre eux impliquaient des bennes basculantes. Un mauvais étaiement des tranchées et des fouilles continue d’être à l’origine d’éboulements qui occasionnent un grand nombre d’accidents mortels (McVittie, 1995). Les principaux risques concernant les emplois qualifiés figurent au tableau 93.2.

Une étude portant sur les travailleurs de la construction en Suède n’a pas mis en évidence un taux global élevé de mortalité par accident du travail, mais a permis de constater des taux de mortalité élevés pour certaines pathologies spécifiques (voir tableau 93.3).


Tableau 93.3 Métiers du bâtiment et des travaux publics présentant des taux de mortalité brute et des
taux d'incidence brute supérieurs à la moyenne pour les causes sélectionnées


Tableau en cours de préparation ...


Les lésions invalidantes ou accidents avec arrêt

Aux Etats-Unis et au Canada, les causes les plus courantes d’accidents avec arrêt dans l’industrie de la construction sont le surmenage, le heurt par un objet, les chutes de hauteur, les glissades, les trébuchements et les chutes de plain-pied. Les traumatismes les plus courants sont les foulures et les entorses, dont certaines peuvent se traduire par des douleurs et une gêne chroniques. Les activités qui sont le plus souvent à l’origine des accidents avec arrêt sont la manutention manuelle et les travaux d’installation (comme la construction de murs en pierres sèches et la pose de canalisations ou de gaines de ventilation). Les lésions subies au cours d’un déplacement (marche, montée ou descente) sont également très fréquentes. A l’origine de beaucoup d’accidents avec arrêt, on trouve le manque d’ordre; un grand nombre de glissades, de trébuchements et de chutes sont en effet provoqués par des débris épars.



  Le coût des accidents et des maladies liés au travail


Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, le coût de ces accidents et de ces maladies est très élevé. Aux Etats-Unis, par exemple, les estimations s’échelonnent entre 10 et 40 milliards de dollars par an (Meridian Research, 1994); sur la base de 20 milliards, le coût moyen par travailleur serait de 3 500 dollars par an. Les primes versées au titre de la réparation des accidents dans trois corps de métiers — les charpentiers, les maçons et les monteurs de charpentes métalliques — représentaient en moyenne 28,6% de la masse salariale nationale en mai 1994 (Powers, 1994). Le montant de ces primes varie très fortement suivant la profession exercée et la juridiction. Aux Etats-Unis, il est en moyenne plusieurs fois supérieur à ce qu’il est dans la plupart des pays industriels, où il ne représente que 3 à 6% de la masse salariale. Il faut encore y ajouter les primes d’assurance de responsabilité civile et les coûts indirects (tels que la chute de rendement de l’équipe à laquelle appartenait la victime, la remise en état du site — en cas d’affaissement ou d’éboulement, par exemple — et les heures supplémentaires occasionnées par l’accident). Ces coûts indirects peuvent représenter plusieurs fois les indemnités versées aux victimes.



  Le management de la sécurité sur les chantiers de construction


Les programmes de sécurité efficaces présentent un certain nombre de points communs. Ils sont diffusés à tous les niveaux de l’entreprise, depuis les bureaux du chef d’entreprise jusqu’aux chefs de chantier, aux ingénieurs, aux agents de maîtrise, aux représentants syndicaux et aux travailleurs eux-mêmes. Les normes et les directives font l’objet d’une application et d’une évaluation scrupuleuses. Les coûts des accidents et des maladies liés au travail sont calculés et les performances mesurées; on récompense les travailleurs méritants et on sanctionne ceux dont le travail ne donne pas satisfaction. La sécurité fait partie intégrante des contrats (y compris ceux de sous-traitance). Chacun — qu’il soit cadre supérieur, agent de maîtrise ou simple travailleur — fait l’objet d’une formation générale, d’une formation spécifique au chantier et d’un recyclage, si nécessaire. Les personnes sans expérience sont formées sur le chantier par les travailleurs expérimentés. Les chantiers où ces mesures sont mises en œuvre connaissent un nombre d’accidents nettement inférieur à celui d’autres chantiers similaires.



  La prévention des accidents


Les entreprises de construction ayant obtenu les meilleurs résultats dans le domaine de la sécurité ont ceci en commun qu’elles ont défini et consigné par écrit une politique de prévention qui s’applique à l’entreprise tout entière, de la direction générale à l’ensemble du personnel travaillant sur ses chantiers. Ce document fait référence à des directives pratiques précises qui définissent les risques encourus et la façon de les maîtriser. Les responsabilités sont clairement définies et des normes de performance sont établies. Le respect de ces normes est contrôlé et les infractions sont sanctionnées, tandis que le respect ou le dépassement des normes sont parfois récompensés. Un système comptable chiffre le coût de chaque accident ainsi que les économies réalisées grâce à la prévention. Le personnel ou ses représentants participent à l’établissement et à la mise en œuvre des programmes de prévention. Cette participation se traduit souvent par la formation d’un comité de sécurité mixte. Des visites médicales permettent de déterminer si les travailleurs sont aptes physiquement à effectuer les tâches qui leur sont confiées. Ces visites interviennent au moment de l’embauche ainsi qu’après un arrêt de travail ou une mise à pied temporaire.

Les risques sont identifiés et analysés et les précautions qu’ils appellent prises en connaissance de cause. Les chantiers sont inspectés périodiquement dans leur ensemble et les résultats des inspections sont consignés. Les matériels sont contrôlés pour s’assurer de leur bon fonctionnement (par exemple, les freins des véhicules, les systèmes d’alarme, etc.). Outre les risques d’accident, il convient de ne pas oublier les risques d’atteinte à la santé liés aux particules en suspension dans l’air (silice, amiante, fibres de verre, macroparticules de fioul), aux gaz et vapeurs (monoxyde de carbone, autres gaz d’échappement des moteurs, vapeurs de solvants, etc.), aux risques physiques (bruit, chaleur, pressions élevées, etc.) et à d’autres facteurs tels que le stress.

Il est nécessaire de préparer le personnel aux situations d’urgence en organisant des exercices pratiques. Cette préparation porte notamment sur la définition des responsabilités, les interventions de premiers secours et de sauvetage, la prise en charge médicale sur le chantier (le cas échéant), les communications avec l’extérieur (ambulances, familles, syndicats professionnels), le choix éventuel d’un hôpital, le rétablissement ou le maintien de la sécurité sur les lieux de l’accident, la recherche de témoins et la documentation des circonstances de l’accident. Au besoin, la préparation peut également couvrir la procédure à suivre pour faire face à un risque non maîtrisé comme un incendie ou une crue soudaine.

Les accidents devraient faire l’objet d’une enquête et d’un rapport. Il importe en effet d’établir leurs causes (il y en a parfois plusieurs) afin d’éviter que des accidents similaires se reproduisent. Les rapports devraient être classés selon un système d’archivage méthodique afin de faciliter leur analyse. Pour pouvoir procéder à des comparaisons utiles à des fins de prévention, il est indiqué de préciser l’activité de la victime au moment de l’accident. La connaissance du nombre d’heures de travail effectuées permettra de calculer un taux d’accident (par exemple, le nombre d’accidents par million d’heures de travail).

Les travailleurs et les agents de maîtrise devraient recevoir une instruction et une formation appropriées en matière de sécurité et de santé. Cet enseignement devrait faire partie intégrante de la formation professionnelle.

Aux Etats-Unis, la législation fédérale impose également une formation relative à certaines substances dangereuses. En Allemagne, le même souci a entraîné le développement du programme GISBAU (Gefahrstoff-Informationssystem der Berufsgenossenschaften der Bauwirtschaft), qui est un système d’information sur les substances dangereuses de l’industrie du bâtiment. Le GISBAU collabore avec les fabricants pour déterminer la composition de toutes les substances utilisées sur les chantiers. Il fournit des informations sous une forme adaptée dans chaque cas aux besoins différents des services de santé, des entreprises et du personnel; il indique également comment remplacer certaines substances dangereuses par d’autres moins nocives ou inoffensives et explique comment les manipuler en sécurité (voir à ce propos le chapitre no 61, «L’utilisation, la manipulation et le stockage des produits chimiques»).

Les informations relatives aux risques chimiques et autres devraient être disponibles sur les chantiers dans la ou les langues utilisées par les travailleurs.

Enfin, les contrats conclus entre le maître de l’ouvrage et l’entreprise principale et entre celle-ci et ses sous-traitants devraient englober les questions de sécurité. Ils devraient prévoir, en particulier, la planification et la coordination des mesures de sécurité et de santé sur les chantiers regroupant plusieurs entreprises.


 

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