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Santé : Risques

 

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LA GESTION ET LE RECYCLAGE DES DÉCHETS SOLIDES




On décrit traditionnellement les déchets solides comme des produits résiduels, qui représentent un coût lorsqu’il faut les éliminer.

La gestion des déchets englobe un ensemble complet d’impacts potentiels sur la santé et la sécurité de l’être humain et sur l’environnement. Bien que les risques qu’ils présentent puissent être de nature similaire, ces impacts devraient être classés en fonction de trois types distincts d’opérations:

•   manutention et stockage chez le producteur des déchets;
•   collecte et transport;
•   tri, traitement et élimination.

Il ne faut pas oublier que les risques pour la sécurité et la santé se présenteront d’abord là où les déchets sont produits, c’est-à-dire dans l’usine ou chez le consommateur. C’est pourquoi il peut être dangereux pour l’entourage immédiat de stocker les déchets là où ils sont produits — spécialement lorsqu’ils sont triés à la source. Dans le présent article, on exposera les grandes lignes de la gestion des déchets solides et on tentera de cerner les risques que font naître, pour la sécurité et la santé des travailleurs, les entreprises chargées de la collecte, du transport, du traitement et de l’élimination des déchets solides.



  Pourquoi gérer les déchets solides ?


La gestion des déchets solides s’impose lorsque la société change de structure et passe d’une population agricole à faible densité à une population urbaine à forte densité. En outre, l’industrialisation a généré un grand nombre de produits que la nature est incapable de décomposer ou de digérer ou ne peut le faire que très lentement. Certains produits industriels contiennent par conséquent des substances qui, en raison de leur faible dégradabilité ou même de leurs caractéristiques toxiques, peuvent s’accumuler dans la nature pour atteindre des niveaux qui risquent de mettre en danger l’utilisation future des ressources naturelles par l’humain, telle que l’eau de boisson, les sols agricoles, l’air, etc.

La gestion des déchets solides vise à prévenir la pollution du milieu naturel.

Tout système de gestion des déchets solides devrait reposer sur des études techniques et sur une planification d’ensemble comprenant:

•   des études et estimations de la composition des déchets et de leurs quantités;
•   des études sur les techniques de collecte;
•   des études sur les installations de traitement et d’élimination;
•   des études sur la prévention de la pollution de l’environnement naturel;
•   des études sur les normes de sécurité et de santé au travail;
•   des études de faisabilité.

Ces études doivent comprendre la protection de l’environnement naturel et les questions de sécurité et de santé au travail, en tenant compte des possibilités de parvenir à un développement durable. Comme il est rarement possible de résoudre tous les problèmes à la fois, il importe, au stade de la planification, d’établir une liste des priorités. Pour trouver une solution aux risques auxquels sont exposés l’environnement et les travailleurs, la première chose à faire est de reconnaître l’existence de ces risques.



  Les principes de gestion des déchets


La gestion des déchets englobe un large éventail de relations complexes en matière de sécurité et de santé au travail. Elle représente l’inverse du processus classique dans lequel la production consiste en l’extraction des matières excédentaires. A l’origine, on cherchait simplement à récolter ces matières, à en réemployer la partie utile et à éliminer le reste dans un site aussi proche que possible, non destiné à l’agriculture, à la construction, etc. On procède encore ainsi dans un grand nombre de pays.

Les sources de déchets peuvent être décrites par les différentes activités qui s’exercent dans une société moderne (voir tableau 55.18).


Tableau 55.18 Sources de déchets


Tableau en cours de préparation ...


Chaque type de déchet est caractérisé par son origine ou par le type de produit dont il est issu. Par conséquent, les risques qu’il présente pour la sécurité et la santé devraient être définis au moment où l’on impose des restrictions à la manipulation du produit par le producteur du déchet. De toute manière, le stockage des déchets peut créer des risques nouveaux et plus importants (activité chimique ou biologique pendant la période de stockage).

On peut distinguer les étapes ci-après dans la gestion des déchets:


•   séparation à la source en catégories déterminées de déchets selon leurs caractéristiques matérielles;
•   stockage temporaire chez le producteur dans des bacs, sacs, conteneurs, ou en vrac;
•   collecte et transport à l’aide d’un véhicule:

  ►   à traction humaine ou animale, à moteur, etc.;
  ►   à plate-forme ouverte, benne fermée, benne à compactage, etc.

•   station de transfert: compactage et rechargement dans de plus grandes unités de transport;
•   installations de recyclage ou de traitement;
•   traitements:

  ►   tri manuel ou mécanique en différentes catégories de matières en vue du recyclage;
  ►   traitement des déchets triés au préalable pour former des matières premières secondaires;
  ►   traitement des nouvelles matières premières secondaires;
  ►   incinération pour réduire le volume ou récupérer l’énergie;
  ►   digestion anaérobie des matières pour obtenir des produits d’amendement du sol, des engrais ou de l’énergie (biogaz);
  ►   compostage des matières organiques pour obtenir des produits d’amendement du sol et des engrais.

•   élimination des déchets:

  ►   décharges conçues et situées de manière à empêcher une migration des eaux polluées (lixiviats de décharge), en particulier vers les ressources en eau potable (nappes souterraines, puits, cours d’eau).


Le recyclage des déchets peut intervenir à n’importe quelle étape du système; à chacune de ces étapes, des risques particuliers peuvent surgir pour la sécurité et la santé au travail.

Dans les sociétés à faible revenu et les pays non industrialisés, le recyclage des déchets solides représente un revenu essentiel pour ceux qui en font la collecte. En général, on ne se pose, dans ces pays, aucune question concernant les risques pour le personnel exposé et la collectivité.

Dans les pays fortement industrialisés, on a clairement tendance à accorder plus d’attention au recyclage des énormes quantités de déchets produites. Outre la valeur marchande directe des déchets, cette attitude s’explique par le fait que la population prend de plus en plus conscience du déséquilibre entre la consommation et la protection de l’environnement naturel. On a donc appelé recyclage ce qui était auparavant la collecte des déchets et l’ébouage pour rendre cette activité plus noble dans l’esprit du public, ce qui s’est traduit par une prise de conscience beaucoup plus aiguë des conditions de travail dans ce secteur.

De nos jours, les autorités chargées de la sécurité et de la santé au travail dans les pays industriels se préoccupent de conditions qui passaient inaperçues il y a quelques années encore et étaient tacitement acceptées, consistant par exemple à:

•   soulever de trop lourdes charges et manipuler de trop grandes quantités de matières par journée de travail;
•   être exposé sans protection suffisante à des poussières de composition inconnue;
•   être exposé sans le savoir à des micro-organismes (bactéries, champignons) et à des endotoxines;
•   être exposé sans le savoir à des matières chimiques toxiques.



  Le recyclage


Le recyclage et la récupération sont des termes qui couvrent à la fois la réutilisation (utilisation dans le même but) et la régénération/récupération de matières ou d’énergie.

Les raisons du recours au recyclage peuvent varier selon les conditions nationales et locales. Les principaux arguments en sa faveur peuvent se résumer comme suit:

•   détoxification des déchets dangereux lorsque des normes de protection de l’environnement rigoureuses sont fixées par les autorités;
•   récupération de ressources dans les zones à faible revenu;
•   réduction du volume des déchets dans les zones où la mise en décharge est prédominante;
•   récupération de l’énergie dans les régions où la conversion des déchets en énergie peut remplacer les combustibles fossiles (charbon, gaz naturel, pétrole, etc.).

Comme on l’a vu plus haut, le recyclage peut se faire à n’importe quelle étape du système, mais il peut être conçu pour prévenir la formation des déchets. C’est le cas lorsque les produits sont destinés au recyclage ou au rachat après utilisation finale, par exemple, par la consignation des récipients de boissons (bouteilles en verre, etc.).

Le recyclage peut donc aller plus loin que la simple mise en œuvre de la régénération ou de la récupération des matières extraites des déchets.

Dans la plupart des cas, il faut séparer ou trier les déchets en fractions ayant un degré minimal de finesse pour pouvoir les utiliser en lieu et place des matières premières vierges ou d’origine.

Le tri peut être fait par les producteurs des déchets (séparation à la source) ou après la collecte, c’est-à-dire dans une installation centrale de tri.



  La séparation à la source


Avec les techniques actuelles, la séparation à la source donne lieu à des fractions de déchets qui sont «conçues» pour être traitées. Un degré minimal de séparation à la source est inévitable, étant donné que certains mélanges de catégories de déchets ne peuvent être séparés en fractions de matières réutilisables qu’au prix d’un grand effort (économique). Lorsqu’on définit la séparation à la source, il faut toujours tenir compte du type final de recyclage envisagé.

Le système de tri à la source devrait viser à ne pas mélanger ni polluer les différentes catégories de déchets, ce qui ferait obstacle à leur recyclage.

La collecte de catégories de déchets triées à la source fera souvent naître des risques plus précis pour la sécurité et la santé au travail que ne le fait le ramassage en vrac. Cela s’explique par la concentration de fractions de certains déchets, par exemple les substances toxiques. Le tri de matières organiques aisément dégradables peut se traduire par des niveaux élevés d’exposition à des champignons dangereux, bactéries, endotoxines, etc., lorsque ces matières sont manipulées ou transvasées.



  Le tri centralisé


Il peut se faire par des méthodes mécaniques ou manuelles.

On considère généralement que le tri mécanique sans séparation préalable à la source selon les techniques connues de nos jours ne devrait être utilisé que pour la production de combustibles obtenus à partir des déchets. Pour que les conditions de travail soient acceptables, il faut que l’équipement mécanique soit entièrement confiné et que le personnel porte des «combinaisons spatiales» lorsqu’il procède au service et à l’entretien.

Compte tenu des techniques actuelles, le tri central mécanique avec séparation à la source n’a pas donné de bons résultats du fait qu’il est difficile d’atteindre une efficacité suffisante. Lorsque les caractéristiques des fractions de déchets triées seront plus clairement définies et lorsqu’elles seront reconnues à l’échelle nationale ou internationale, on pourra s’attendre à ce que des techniques nouvelles appropriées et efficaces soient mises au point. Le succès de ces techniques sera étroitement lié aux précautions qui seront prises pour instaurer des conditions de travail acceptables.

Le tri centralisé manuel suppose une séparation préalable à la source afin d’éviter les risques pour la sécurité et la santé au travail (poussières, bactéries, substances toxiques, etc.). Il devrait se limiter à un certain nombre de «caractéristiques» des fractions de déchets de manière à éviter les erreurs prévisibles dans le tri à la source et à faciliter le contrôle à la zone de réception de l’usine. Au fur et à mesure que les fractions de déchets seront définies plus clairement, il deviendra possible d’imaginer des dispositifs de plus en plus nombreux et performants pour les procédures de tri automatique, afin de réduire l’exposition directe de l’humain à des substances nocives.



  Pourquoi recycler ?


Il convient de noter que le recyclage n’est pas une méthode de traitement des déchets qui devrait être considérée indépendamment des autres pratiques. Pour compléter le recyclage, il faut avoir accès à une décharge convenablement gérée et, peut-être, à des installations plus traditionnelles de traitement des déchets, comme les usines d’incinération et les installations de compostage.

Le recyclage devrait être évalué en liaison avec:

•   l’approvisionnement local en matières premières et en énergie;
•   ce qui est remplacé — ressources renouvelables (papier/arbres) ou non renouvelables (pétrole).

Aussi longtemps que le pétrole et le charbon seront utilisés comme ressources énergétiques, l’incinération et les combustibles obtenus à partir des déchets constitueront une solution viable de gestion fondée sur la récupération d’énergie. La réduction à un minimum des quantités de déchets par cette méthode peut cependant impliquer l’utilisation de décharges soumises à des normes environnementales extrêmement strictes, ce qui pourrait être très coûteux.


 

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