
LA POLLUTION TERRESTRE

La quantité de déchets produite par l’être humain est en augmentation. Les déchets solides commerciaux et domestiques posent fréquemment un important problème pratique aux autorités locales. Les déchets industriels sont habituellement beaucoup moins volumineux, mais davantage susceptibles de renfermer des matières dangereuses, telles que produits chimiques toxiques, liquides inflammables et amiante. Bien qu’ils soient moins importants en quantité, leur traitement suscite plus d’inquiétudes que celui des déchets domestiques à cause des problèmes de santé à craindre et des risques de contamination de l’environnement.
La production de déchets dangereux est devenue un problème majeur partout dans le monde. La cause première en est la fabrication et la distribution industrielles. Il y a pollution terrestre lorsque des déchets dangereux contaminent le sol et les eaux souterraines à cause de mesures de traitement inadéquates ou irresponsables. L’existence de décharges à l’abandon ou mal tenues pose un problème de société particulièrement délicat et coûteux. Les déchets dangereux sont parfois éliminés dans l’illégalité et d’une façon d’autant plus dangereuse que leur propriétaire ne peut trouver un moyen économique de s’en débarrasser. L’un des principaux dilemmes à résoudre en matière de gestion des déchets dangereux est de trouver des méthodes de destruction qui soient à la fois sûres et peu coûteuses. Les préoccupations exprimées par le public concernent essentiellement les risques pour la santé d’une exposition à des substances chimiques toxiques et, notamment, les risques de cancer.
La convention de Bâle signée en 1989 est un accord international qui a pour objectif de limiter les mouvements transfrontières de déchets dangereux et d’empêcher que ces derniers ne soient expédiés vers des pays dépourvus d’installations aptes à les traiter en toute sécurité. Elle prévoit que la production de tels déchets dans le monde et leur transport transfrontalier doivent être limités au minimum. La circulation de déchets dangereux est assujettie à l’obtention de l’autorisation du pays destinataire et à sa législation, auquel on aura fourni les renseignements requis. Les mouvements transfrontières de déchets dangereux doivent se faire dans le respect de l’environnement et sous réserve que le pays d’accueil ait garanti qu’il peut les traiter d’une manière sûre. Tous les autres mouvements de déchets dangereux sont jugés illégaux et, donc, avec intention criminelle, ils sont passibles des lois et sanctions nationales. Cette convention apporte un cadre capital pour lutter contre ce problème à l’échelle internationale.
Les dangers attribués aux produits chimiques
On entend par substances dangereuses des composés et des mélanges qui présentent une menace pour la santé et les biens due à leur toxicité, leur inflammabilité, leur explosibilité, leur rayonnement ou à d’autres propriétés. L’attention du public se porte plutôt sur les substances cancérogènes, les déchets industriels, les pesticides et les rayonnements. D’innombrables composés qui n’entrent pas dans ces catégories peuvent toutefois constituer une menace pour la sécurité et la santé de la population.
Les produits chimiques dangereux peuvent présenter des risques physiques, surtout lors du transport ou d’accidents industriels. Les hydrocarbures peuvent s’enflammer, voire exploser. Les incendies et les explosions peuvent générer leurs propres effets toxiques en fonction des produits chimiques présents à l’origine. Les incendies qui surviennent dans des entrepôts de pesticides donnent lieu à des situations particulièrement dangereuses, car les pesticides peuvent se transformer par leur combustion en produits encore plus toxiques (comme les paraoxones dans le cas des organophosphates) et peuvent libérer d’importantes quantités de dioxines et de furannes nocifs pour l’environnement lorsqu’ils brûlent en présence de composés du chlore.
En ce qui concerne les déchets dangereux, c’est leur toxicité qui inquiète le plus les populations. Des produits chimiques peuvent être toxiques pour l’être humain, mais aussi porter atteinte à l’environnement par leur toxicité pour certaines espèces animales et végétales. Ceux qui ne se dégradent pas rapidement dans le milieu ambiant (que l’on qualifie de biopersistants ) ou qui s’y accumulent (on parle de bioaccumulation ) méritent une attention particulière.
Le nombre de substances toxiques d’usage courant et les risques qu’elles présentent ont énormément évolué. Au cours de la dernière génération, les activités de recherche et de développement en chimie organique et en génie chimique ont donné naissance à des milliers de nouveaux composés largement employés à des fins commerciales, dont des composés rémanents comme les biphényles polychlorés (BPC), des pesticides plus puissants, des accélérateurs et des plastifiants aux effets inhabituels et mal compris. La production de produits chimiques est en très forte hausse. Rien qu’aux Etats-Unis, par exemple, la production de composés organiques synthétiques était inférieure à 1 million de tonnes en 1941. Aujourd’hui, elle dépasse largement les 80 millions. Beaucoup de composés aujourd’hui répandus ont subi peu de tests et sont mal connus.
Les produits chimiques toxiques sont aussi beaucoup plus présents dans notre vie quotidienne que par le passé. Nombre d’usines chimiques ou de décharges autrefois isolées ou en bordure d’une ville ont été absorbées par la croissance des banlieues. Les populations se trouvent ainsi plus près des sources de problème que naguère. Certains quartiers sont construits directement sur d’anciennes décharges. Si les incidents liés à des substances dangereuses peuvent prendre de nombreuses formes et se révéler très spécifiques, il semble que la majorité d’entre eux soit attribuable à un éventail relativement restreint de substances dangereuses: solvants, peintures et enduits, solutions métalliques, biphényles polychlorés (BPC), pesticides, acides et bases. Selon des études menées aux Etats-Unis, les dix substances dangereuses les plus courantes que l’on a trouvées dans des décharges ayant nécessité une intervention des pouvoirs publics sont les suivantes: plomb, arsenic, mercure, chlorure de vinyle, benzène, cadmium, BPC, chloroforme, benzo[a]pyrène et trichloroéthylène. Cependant, le chrome, le tétrachloroéthylène, le toluène et le phtalate de di(2-éthylhexyle) étaient aussi très présents parmi les substances dont on a pu voir qu’elles migraient ou qu’elles pouvaient atteindre des êtres humains. L’origine de ces déchets chimiques est extrêmement variable et dépend de la situation locale, mais les solutions électrolytiques, les produits chimiques mis au rebut, les sous-produits des industries manufacturières et les solvants constituent le plus gros des déchets.
La contamination des eaux souterraines
La figure 53.7 illustre les problèmes qui peuvent se poser et représente la coupe d’une décharge de déchets dangereux fictive (dans la pratique, un site de ce type ne doit jamais se trouver près d’un plan d’eau ni au-dessus d’un banc de graviers). Une installation d’élimination (de confinement) de déchets dangereux bien conçue est isolée par une enveloppe parfaitement étanche qui empêche les substances chimiques de s’échapper dans le sol. Elle est aussi munie de dispositifs pour traiter les produits chimiques qui peuvent être neutralisés ou transformés et pour réduire le volume de déchets qu’elle accueille; les produits chimiques qui ne peuvent être traités sont conservés dans des conteneurs imperméables (la perméabilité, cependant, est relative, comme nous l’expliquons ci-dessous).
Figure 53.7 Coupe transversale d'une décharge fictive de déchets dangereux

Des produits chimiques peuvent fuir si un conteneur est endommagé, filtrer si de l’eau y pénètre, ou déborder pendant des manutentions ou en cas de bouleversement du site. Une fois qu’ils ont traversé l’enveloppe de protection, ou bien si l’enveloppe est déchirée ou inexistante, ils entrent dans le sol et s’y infiltrent sous l’effet de la pesanteur. Leur déplacement est beaucoup plus rapide en terrain poreux qu’en terrain argileux ou lorsqu’ils atteignent un substrat rocheux. Même dans le sous-sol, l’eau suit une pente descendante et passe par les endroits qui offrent le moins de résistance; le niveau de l’eau souterraine s’abaissera donc légèrement dans le sens du flux et celui-ci s’accélèrera nettement dans le sable ou le gravier. Les produits chimiques finiront par atteindre la nappe phréatique. Les plus légers tendent à flotter et à former une pellicule en surface. Les plus lourds et les composés solubles dans l’eau tendent à se dissoudre ou sont entraînés lentement par l’eau à travers les roches poreuses ou le gravier. Il est possible de dresser un plan du passage de matières liquides contaminées au moyen de puits ou de sondes. Le passage grossit peu à peu et se déplace dans le sens de l’écoulement souterrain.
Les eaux de surface peuvent être contaminées par des écoulements de la décharge, si la couche superficielle du sol est touchée, ou par les eaux souterraines. Lorsque ces dernières se déversent dans une masse d’eau, par exemple une rivière ou un lac, les polluants y pénètrent du même coup. Certains produits chimiques tendent à se déposer dans les sédiments de fond et d’autres sont entraînés par le courant.
La contamination des eaux souterraines peut prendre des siècles à disparaître. Lorsque des habitants de la région s’approvisionnent en eau dans des puits peu profonds, ils risquent d’être contaminés par ingestion et par contact cutané.
Les risques pour la santé humaine
Les gens peuvent se trouver en présence de substances toxiques de toutes sortes de façons. L’exposition à une substance toxique peut se produire à plusieurs stades de son utilisation. Des travailleurs amenés à toucher des déchets industriels négligent de changer de vêtements ou de se laver avant de rentrer chez eux. D’autres, qui habitent près d’une décharge de déchets dangereux illégale, mal conçue ou mal exploitée, peuvent être exposés à la suite d’un accident ou d’une manipulation imprudente, ou faute de moyens de rétention ou de barrières pour tenir les enfants à l’écart. Un individu peut être exposé à son domicile parce qu’il ingère un produit mal étiqueté, stocké dans de mauvaises conditions ou malencontreusement laissé à la portée des enfants alors que son emballage ne répond pas aux normes de sécurité.
On distingue essentiellement trois voies par lesquelles la toxicité des produits dangereux s’exerce: inhalation, ingestion et pénétration par la peau. Une fois absorbées, et selon la voie empruntée, les substances toxiques peuvent avoir sur les personnes de multiples effets, dont la liste est particulièrement longue. Cependant, les préoccupations du public et les études scientifiques se concentrent plutôt sur le risque de cancer et de troubles de la reproduction. De manière générale, cet intérêt correspond au danger que présentent les produits chimiques que l’on trouve à ces endroits.
Beaucoup d’études sont effectuées sur des personnes habitant autour ou à proximité de décharges. A quelques exceptions près, ces études ne nous renseignent que très peu sur des problèmes de santé qui soient vérifiables et d’un intérêt clinique réel. Les exceptions tiennent essentiellement à des situations dans lesquelles la contamination apparaît exceptionnellement forte et que le mode d’exposition est clairement défini, que les individus habitent en bordure immédiate du site ou qu’ils s’approvisionnent dans un puits alimenté par une source contaminée. Plusieurs raisons peuvent probablement expliquer cette absence étonnante d’informations sérieuses concernant les effets sur la santé. Premièrement, à la différence de la pollution de l’air et des eaux superficielles, les substances chimiques à l’origine de la pollution terrestre ne sont pas à portée immédiate des personnes touchées. Ces dernières peuvent vivre dans un secteur fortement contaminé par des produits chimiques, sans pour autant en ressentir les effets toxiques si elles n’entrent pas en contact avec ces produits par les voies susmentionnées. Une autre explication possible est le fait que les effets chroniques d’une exposition à ces produits toxiques prennent beaucoup de temps à se manifester et sont très difficiles à étudier. Il se peut enfin que ces substances chimiques aient sur la santé humaine des effets chroniques moins violents qu’on ne le suppose habituellement.
Outre ses répercussions sur la santé humaine, la pollution terrestre peut nuire très gravement aux écosystèmes. Des espèces végétales et animales, des bactéries du sol (qui contribuent au rendement agricole) et d’autres éléments des écosystèmes peuvent être irrémédiablement endommagés par une pollution plus ou moins importante qui n’a aucune incidence visible sur notre santé.
La maîtrise du problème
La répartition spatiale de la population, les restrictions relatives à l’utilisation des terres, les coûts de transport et les préoccupations écologiques de la société constituent autant de pressions pour que l’on trouve une solution à une élimination économiquement viable des déchets dangereux. C’est pourquoi on s’intéresse de plus en plus à des méthodes comme la réduction à la source, le recyclage, la neutralisation chimique et l’aménagement de centres d’élimination (confinement) sûrs pour des déchets dangereux. Les deux premières solutions visent à diminuer la quantité de déchets produite. La neutralisation chimique réduit la toxicité des déchets et peut les transformer en solides plus facilement manipulables. Autant que possible, il vaut mieux procéder à cette opération sur le lieu de production des déchets pour limiter le volume de déchets qui doit être déplacé. Pour les déchets résiduels, on a besoin d’installations bien conçues, qui fassent appel aux meilleures techniques de traitement et de conditionnement des substances chimiques.
La construction de sites d’élimination (confinement) pour produits dangereux coûte relativement cher. Il convient de choisir avec soin chaque site pour prévenir toute pollution des eaux superficielles et des principales nappes aquifères (eaux souterraines). Chaque site doit être conçu et construit avec des barrières imperméables pour éviter une contamination du sol et des eaux souterraines. Ces barrières consistent habituellement en une enveloppe de plastique épais qu’on pose sur une couche d’argile comprimé. Dans la réalité, on se sert d’une barrière pour retarder les ruptures et ralentir les infiltrations qui finissent toujours par se produire, mais qui sont acceptables dans la mesure où elles n’entraînent aucune accumulation et où elles ne polluent pas gravement les eaux souterraines. La perméabilité désigne une propriété d’un matériau et n’est autre que la résistance de ce dernier à la pénétration d’un liquide ou d’un gaz dans des conditions de pression et de température données. Même la barrière la moins perméable qui soit, par exemple une enveloppe en plastique ou de l’argile comprimé, ne pourra totalement empêcher un liquide chimique de la traverser, bien que cela puisse ne se produire qu’après des années voire plusieurs siècles; une fois la brèche ouverte, l’écoulement peut devenir permanent, mais son débit restera très faible. L’eau qui passe directement au-dessous d’une décharge de déchets dangereux est donc toujours exposée à certains risques de contamination, ne fût-ce que minimes. Une fois que de l’eau souterraine est contaminée, il est très difficile, et souvent impossible, de la purifier.
Beaucoup de décharges de déchets dangereux font l’objet de contrôles réguliers par des prélèvements et de vérifications des puits avoisinants pour s’assurer que la pollution ne se répand pas. Les plus modernes sont équipées de dispositifs de recyclage ou de traitement installés sur place ou à proximité, ce qui permet de réduire le volume des déchets entreposés.
Le confinement des déchets dangereux n’apporte pas de solution parfaite au problème de la pollution des sols. La conception des installations requiert les services coûteux d’experts, leur construction coûte cher et elles peuvent nécessiter un travail de surveillance, ce qui ajoute encore aux frais d’exploitation. Elles n’apportent aucune garantie contre une contamination future des eaux souterraines, bien qu’elles en limitent sensiblement les risques. L’un des principaux inconvénients est le fait que, inévitablement, quelqu’un doit vivre à proximité. Les collectivités dans lesquelles les décharges de déchets dangereux sont installées ou en projet s’y opposent en général fortement et font obstacle à l’agrément des pouvoirs publics. C’est ce qu’on appelle le syndrome du «d’accord chez les autres, mais pas chez moi», réaction courante à l’implantation d’installations jugées indésirables. Lorsqu’il est question de décharges de déchets dangereux, ce syndrome tend à se manifester avec une vigueur particulière.
Malheureusement, en l’absence de sites d’élimination (de confinement) des déchets dangereux, notre société risque de perdre complètement le contrôle de la situation. Quand il n’existe pas de tels sites, ou qu’il revient trop cher d’en utiliser un, les déchets dangereux sont souvent éliminés d’une façon illégale. D’aucuns, par exemple, répandent des déchets liquides à même le sol dans des lieux à l’écart, s’en débarrassent dans des caniveaux ou des égouts qui se déversent dans des cours d’eau voisins, ou expédient leurs déchets dangereux vers des pays où leur traitement est régi par des lois plus laxistes. Cela peut aboutir à des dérives encore plus dangereuses que l’utilisation d’un site aménagé et exploité de manière peu satisfaisante.
Il existe plusieurs techniques pour éliminer les déchets résiduels. Les incinérateurs à haute température sont à cet égard l’un des moyens les plus propres et les plus efficaces, mais ils sont extrêmement coûteux. Une des solutions les plus prometteuses consiste à incinérer les déchets toxiques liquides dans des fours à ciment, qui fonctionnent à des températures suffisamment élevées et que l’on trouve dans tous les pays en développement et industriels. L’injection dans des puits profonds situés sous la nappe phréatique est une option à retenir pour les produits chimiques dont on ne peut se défaire autrement. Cependant, les eaux souterraines peuvent suivre des chemins compliqués et il arrive qu’elles soient finalement contaminées par une pression inhabituelle dans le sous-sol ou par une fuite dans un puits. La déshalogénation est une technique chimique qui consiste à retirer les atomes de chlore et de brome à des hydrocarbures halogénés, comme les BPC, pour que l’on puisse facilement les détruire par incinération.
Il reste un important problème à régler concernant les déchets municipaux solides: la contamination attribuable à l’élimination accidentelle ou intentionnelle de déchets dangereux. On peut limiter ces risques par des collectes séparées. Dans la plupart des municipalités, les substances chimiques et autrement dangereuses sont traitées séparément pour qu’elles ne contaminent pas les déchets solides. L’idéal serait que, pour leur élimination, on les achemine vers une installation offrant la sécurité voulue.
On a cruellement besoin d’endroits où l’on puisse collecter et éliminer de petites quantités de déchets dangereux à un coût minime. Habituellement, les personnes en possession d’une bouteille ou d’une boîte contenant un solvant, un pesticide ou quelque poudre ou liquide inconnu ne peuvent s’offrir le luxe de s’en débarrasser convenablement et n’ont pas conscience des risques correspondants. Il faut donc qu’il y ait un système quelconque pour la collecte de ce genre de déchets afin de dissuader le consommateur de les déverser sur le sol, de les vider dans les toilettes ou d’empoisonner l’air en les brûlant. Un certain nombre de municipalités organisent des journées de collecte durant lesquelles les habitants peuvent apporter de petites quantités de substances toxiques en un lieu central pour qu’elles soient évacuées et éliminées de manière sûre. Des systèmes décentralisés ont été mis sur pied dans certaines zones urbaines, grâce auxquels les substances toxiques à jeter, en petites quantités, sont ramassées à domicile ou localement en vue de leur élimination. Aux Etats-Unis, l’expérience montre que les gens sont disposés à faire une dizaine de kilomètres pour se débarrasser de leurs déchets toxiques ménagers en un lieu sûr. La sensibilisation des consommateurs à la toxicité possible de produits courants s’impose fortement. Les pesticides en bombes aérosols, l’eau de Javel, les produits ménagers nettoyants, liquides ou autres, peuvent présenter un danger, surtout pour les enfants.
Les décharges de déchets dangereux abandonnées
L’existence de décharges de déchets dangereux à l’abandon ou peu sûres est un problème mondial. Celles de ces décharges qui doivent être décontaminées créent d’énormes risques pour la société. L’aptitude des pays et des autorités locales à assainir les décharges les plus importantes varie grandement. La logique voudrait que le propriétaire de la décharge ou la personne qui l’a installée en paie l’assainissement. Dans la pratique, ces décharges changent souvent de mains: l’ancien propriétaire a mis la clé sous la porte, le propriétaire actuel n’a pas l’argent nécessaire pour procéder aux travaux d’assainissement qui sont souvent retardés pendant une très longue période à cause d’études techniques coûteuses suivies de batailles juridiques. Les pays plus petits ou moins riches ont peu de pouvoir pour demander aux propriétaires actuels, ou aux responsables, de se charger de la décontamination, et trop peu de ressources pour s’en occuper eux-mêmes.
Les méthodes classiques d’assainissement des décharges de déchets dangereux sont très lentes et coûteuses. Elles demandent des gens extrêmement spécialisés qui font souvent défaut. On commence par examiner la décharge pour établir dans quelle mesure le sol est atteint et si les eaux souterraines sont contaminées. On évalue la probabilité que les riverains puissent entrer en contact avec les substances dangereuses et, dans certains cas, on fait une estimation des risques pour la santé qui en découlent. Il faut ensuite s’entendre sur un niveau de décontamination acceptable et décider dans quelle mesure l’exposition doit être réduite pour protéger la santé humaine et l’environnement. Pour déterminer l’ampleur du travail de décontamination, les pouvoirs publics appliquent les lois en vigueur sur l’environnement, ainsi que les normes sur la pollution atmosphérique et l’eau potable et ils se fondent sur une évaluation des risques sanitaires engendrés par telle ou telle décharge. La décontamination à effectuer est alors fixée dans le souci de préserver la santé et l’environnement. Il s’agit d’établir le mode de réhabilitation du site, ou la meilleure façon de diminuer l’exposition. Techniquement parlant, la réhabilitation consiste à décontaminer une décharge au niveau souhaité avec des moyens industriels ou autres. Parmi les techniques employées, mentionnons l’incinération, la solidification, le traitement chimique, l’évaporation, le lavage répété du sol à grande eau, la biodégradation, le confinement, l’enlèvement de la terre et le pompage des eaux souterraines. Ces techniques industrielles sont trop complexes et trop particulières à chaque situation pour que l’on puisse les décrire en détail ici. Il faut que chaque solution soit adaptée aux circonstances et que l’on dispose des fonds nécessaires à son application. Parfois, la réhabilitation n’est pas faisable. On doit alors établir à quel usage le site pourra être affecté.
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