X

Santé : Risques

 

Références     Web Site    

 

LE TISSAGE ET LE TRICOTAGE




Le tissage et le tricotage sont les deux principaux procédés de fabrication des tissus. Ils s’effectuent aujourd’hui sur des machines automatiques entraînées par des moteurs électriques. Les tissus obtenus sont destinés à toute une gamme d’utilisations: vêtements, ameublement, applications industrielles, etc.



  Le tissage


Le tissage consiste à entrelacer des fils tendus perpendiculairement les uns aux autres. C’est la plus ancienne méthode de fabrication des tissus; des métiers manuels étaient déjà utilisés dans la préhistoire. Le concept fondamental d’entrecroisement n’a pas changé: les fils de chaîne sont disposés sur un rouleau de grande taille appelé ensouple dérouleuse, monté à l’arrière de la machine. L’extrémité des fils de chaîne est enfilée dans un harnais qui permet de lever ou de baisser les fils de chaîne pour livrer passage à la navette. Le tissage le plus simple demande deux harnais, mais on utilise parfois jusqu’à six harnais pour des armures plus compliquées. Les métiers Jacquard sont employés pour fabriquer les tissus aux motifs les plus décoratifs, et certains dispositifs permettent de tirer ou de relâcher séparément chaque fil de chaîne. On enfile alors chaque extrémité de fil sur un peigne (ou ros) aux dents métalliques parallèles et très rapprochées, porté par la chasse ou battant du métier à tisser. Ce battant est conçu pour se déplacer en formant un arc autour d’un point d’ancrage central. Les extrémités du fil de chaîne sont attachées à la bobine enrouleuse, et le tissu vient s’y envider.

La plus ancienne méthode permettant de passer le fil de trame sur toute la largeur des fils de chaîne est la navette, qui est propulsée librement d’un bord à l’autre du métier et dévide le fil de trame placé sur une petite bobine qui se trouve à l’intérieur. Une technique récente et plus rapide, illustrée à figure 89.9, appelée tissage sans navette, fait appel soit à un jet fluide (air ou eau), soit à de petits projectiles glissant sur une tringle mobile, soit encore à de petits dispositifs en forme d’épée appelés lances ou rapières pour transférer le fil de trame.


Figure 89.9 Machines à tisser à jet d'air



Le personnel employé dans ce secteur d’activité occupe généralement quatre types de fonctions:

1. Les opérateurs de machines, appelés tisserands, qui parcourent la zone de production dont ils sont responsables et qui contrôlent les opérations de production, corrigent certains dysfonctionnements, par exemple en cas de rupture de fils, et relancent les machines qui se sont arrêtées.
2. Les mécaniciens qui montent, règlent et réparent les machines à tisser.
3. Les manutentionnaires qui transportent et chargent les matières premières (fils de chaîne et de trame) sur les métiers à tisser et récupèrent et déplacent les produits finis (rouleaux de tissu).
4. Les travailleurs chargés du nettoyage, du graissage des machines, de la maintenance, etc.


Les risques d’accidents

Le tissage ne présente que des risques limités pour la sécurité des travailleurs. Il en existe pourtant un certain nombre qui appellent des mesures appropriées.


✓ Les chutes
Les sols encombrés (pièces de machines, etc.) ou glissants (flaques d’huile, de graisse ou d’eau) peuvent provoquer des chutes. Le maintien de l’ordre et de la propreté revêt une importance particulière dans les ateliers de tissage: un grand nombre de travailleurs de production passent la plus grande partie de leur journée à parcourir leur lieu de travail, en gardant les yeux fixés sur les opérations en cours et sans voir les objets qui peuvent se trouver sur le sol.


✓ Les machines
Les dispositifs de transmission et la plupart des autres points de pincement sont généralement protégés. En revanche, le ros, les harnais et d’autres parties des machines auxquelles les tisserands doivent souvent accéder ne le sont que partiellement. Un espace de travail et de passage suffisant devrait être aménagé autour des machines; l’observation de bonnes pratiques de travail peut, en outre, aider les travailleurs à éviter les risques qu’entraîne la marche des installations de production. Dans le tissage à navette, des capots de protection montés sur le ros permettent d’éviter que la navette ne soit éjectée ou de la rabattre en lui conférant une trajectoire descendante. Le verrouillage, le blocage mécanique, etc., sont également nécessaires pour empêcher une mise en marche intempestive lorsqu’un mécanicien ou d’autres travailleurs interviennent sur des machines à l’arrêt.


✓ Les manutentions
Celles-ci comprennent le soulèvement et le déplacement de lourds cylindres d’appel, d’ensouples d’enroulement, d’ensouples dérouleuses, etc. Des chariots à bras aident à décharger, à faire la levée des petits rouleaux de tissu et à les transporter et limitent le risque de lésions musculaires. Des chariots électriques sont parfois utilisés pour procéder au levage des grands rouleaux de tissu placés à l’avant de la machine. Des chariots hydrauliques, à commande mécanique ou manuelle, permettent de déplacer des ensouples dérouleuses qui peuvent peser plusieurs centaines de kilogrammes. Les manutentionnaires devraient porter des chaussures de sécurité.


✓ Les incendies et les combustions
Le tissage génère une quantité considérable de peluche, de poussières et de fibres en suspension qui peuvent présenter des risques d’incendie si les fibres sont combustibles. Parmi les mesures préventives, on peut mentionner des systèmes permettant de recueillir la poussière (placés sous les machines dans les installations modernes), un nettoyage régulier des machines par le personnel de service et l’utilisation de matériel électrique conçu pour éviter les étincelles (par exemple, classe III, division 1, emplacements dangereux).


Les risques pour la santé

Dans les ateliers de tissage modernes, les risques pour la santé se limitent généralement aux pertes auditives induites par le bruit et aux affections respiratoires liées à certains types de fibres utilisés dans les fils.


✓ Le bruit
La plupart des métiers à tisser, souvent nombreux dans un atelier de production classique, produisent des niveaux de bruit généralement supérieurs à 90 dBA. Dans certains ateliers de tissage à navette ou de tissage extrêmement rapide sans navette, ces niveaux peuvent même dépasser 100 dBA. La plupart du temps, les travailleurs occupés dans ce secteur d’activité devraient porter des appareils de protection de l’ouïe appropriés et être soumis à un programme de surveillance de leur acuité auditive.


✓ Les poussières de fibres
Des affections pulmonaires (byssinose) ont longtemps été associées aux poussières engendrées par le traitement du coton brut et des fibres de lin; elles sont examinées plus loin dans le présent chapitre ainsi que dans le chapitre no 10, «L’appareil respiratoire», de l’Encyclopédie . Dans les installations modernes, des systèmes de nettoyage par ventilation et filtration d’air, avec des points de collecte des poussières situés au-dessous des machines à tisser et en d’autres points des ateliers de tissage, permettent généralement de maintenir les concentrations de poussières à un niveau inférieur aux limites admissibles, c’est-à-dire 750 µg/m3 d’air dans le cas de la norme de l’Administration de la sécurité et de la santé au travail (Occupational Safety and Health Administration (OSHA)) relative aux poussières de coton. De plus, une protection respiratoire devrait être utilisée lors des opérations de nettoyage. Un suivi médical devrait permettre d’identifier les travailleurs particulièrement sensibles aux effets de ces poussières.



  Le tricotage mécanique *


* Les articles tricotés à la main constituent un important secteur artisanal. Les données relatives aux effectifs des travailleurs occupés, en général des femmes, sont notoirement insuffisantes. Le lecteur est renvoyé au chapitre no 96, «Les arts, les loisirs et les spectacles», pour un apreçu des risques pour la santé que cette activité fait encourir.

Le procédé de tricotage mécanique consiste à entrelacer des mailles de fil sur des machines automatiques (voir figure 89.10). Ces machines se composent de rangées de petites aiguilles à crochets permettant de faire passer les mailles nouvellement formées à travers des mailles déjà formées. Les aiguilles à crochets présentent un enclenchement original qui verrouille le crochet, ce qui permet de tirer facilement la maille, puis s’ouvre pour permettre à la maille de descendre. Sur les tricoteuses mécaniques circulaires, les aiguilles sont disposées en cercle, et le tricot produit sort de la machine sous forme tubulaire et s’enroule autour d’une envideuse. Les métiers à tricoter rectilignes et les métiers à chaîne, quant à eux, présentent une rangée rectiligne d’aiguilles; le tricot sort à plat de la machine et vient s’enrouler sur la bobine envideuse. Les métiers à tricoter circulaires et les métiers à tricoter rectilignes sont généralement alimentés par des cônes de fil, tandis que les métiers à chaîne le sont par des ensouples semblables à celles utilisées dans le tissage, mais de plus petite taille.


Figure 89.10 Tricoteuse mécanique circulaire



Dans ce secteur d’activité, les travailleurs peuvent occuper le même type de fonctions que dans le tissage. Le nom donné à ces fonctions correspond à celui de la tâche qu’ils exécutent.


Les risques d’accidents

Dans les ateliers de tricotage, les risques d’accidents sont semblables à ceux des ateliers de tissage, mais généralement moindres. Les taches d’huile sur le sol sont cependant plutôt fréquentes dans les ateliers de tricotage, en raison du graissage fréquent des aiguilles. Les risques de se faire happer par une machine sont, par contre, moins importants, car il n’existe pas autant de points de pincement sur ces machines que sur les métiers à tisser et qu’une grande partie des machines se prêtent à l’encoffrage. Des dispositifs de verrouillage de l’alimentation électrique sont indispensables.

Manœuvrer l’enrouleur du tissu présente malgré tout un risque d’entorse ou de foulure pour l’opérateur, qui ne rencontre cependant pas les mêmes risques que le travailleur appelé à manœuvrer les lourdes ensouples, sauf dans les métiers à chaîne. Les mesures de prévention sont identiques à celles qui sont préconisées pour le tissage. Les concentrations de peluches, de fibres en suspension et de poussières produites par les tricoteuses sont loin d’atteindre celles du tissage, mais il convient de surveiller les niveaux d’huile et d’essence des machines. Les mesures de sécurité sont les mêmes que dans les ateliers de tissage.


Les risques pour la santé

Les risques pour la santé sont aussi généralement moindres dans ce secteur que dans les ateliers de tissage. Les niveaux sonores vont en général de 85 à 95 dBA. Les affections respiratoires ne semblent pas très fréquentes chez les travailleurs qui traitent le coton brut et le lin, et les normes imposées pour ces matières premières ne s’appliquent souvent pas au tricotage.


|  Algérie mon beau pays   |

Top