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Santé : Risques

 

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LES PRODUITS EN FEUTRE NATUREL




Le feutre est une matière fibreuse obtenue en chauffant, humectant, malaxant, entre autres procédés, des fibres de laine, des poils et de la fourrure, en vue de constituer un tissu non tissé fortement aggloméré. Certains feutres sont aiguilletés: leurs fibres sont fixées à un élément de fond lâchement tissé, ou dossier, généralement fait de laine ou de jute.



  La fabrication du feutre de chapellerie


Ce feutre, utilisé surtout pour la confection des chapeaux, est généralement obtenu à partir de poils de rongeurs (lapins, lièvres, rats musqués, ragondins et castors) et, parfois, de certains autres animaux. Après triage, les peaux sont sécrétées au peroxyde d’hydrogène et à l’acide sulfurique, puis on procède à la coupe, au durcissage et à la teinture des poils, habituellement réalisée avec des colorants de synthèse (colorants acides ou contenant des composés métalliques complexes). Le feutre teint est alors traité à la gomme-laque ou au polyacétate de vinyle pour l’alourdir.



  La fabrication du feutre de laine


Pour fabriquer ce feutre, on utilise des restes de laine ou une laine recyclée. Le jute, provenant la plupart du temps de vieux sacs, est employé pour certains feutres aiguilletés; on peut y ajouter d’autres fibres de coton ou de soie ou des fibres synthétiques.

La laine est d’abord triée et sélectionnée. On sépare les fibres dans une effilocheuse, cylindre garni de pointes qui tourne et déchire les fibres, puis on les soumet au garnettage dans une machine dont les rouleaux et les cylindres sont garnis de fils métalliques en dents de scie. Les fibres sont nettoyées par carbonisation dans une solution d’acide sulfurique à 18%; après séchage à une température de 100 °C, elles sont mélangées et, le cas échéant, enrobées d’huile minérale contenant un émulsifiant. Après effilochage et cardage, opérations qui mélangent encore les fibres et les disposent plus ou moins parallèlement les unes aux autres, la matière est placée sur un transporteur en déposant des couches d’un fin voile qui est renvidé sur des perches et forme des nappes. Ces nappes molles sont dirigées vers le local de durcissement où elles sont aspergées d’eau et comprimées entre deux lourdes plaques; la plaque supérieure vibre, provoquant la frisure et l’adhérence des fibres.

Pour compléter le feutrage, le tissu est placé dans des cuves d’acide sulfurique dilué et pilonné au moyen de lourds marteaux de bois. Il est ensuite lavé (avec addition de tétrachloroéthylène), essoré et teint, généralement avec des colorants de synthèse. On ajoute parfois des substances chimiques qui rendent le feutre imputrescible. Les étapes finales comprennent le séchage (à 65 °C pour les feutres mous, à 112 °C pour les feutres durs), le tondage, le sablage, le brossage, le pressage et le rognage.



  Les risques professionnels



Les accidents

Les machines servant à la fabrication du feutre ont des courroies de transmission, des mécanismes d’entraînement à chaîne et pignons, des arbres moteurs, des cylindres garnis de pointes et des rouleaux utilisés pour le garnettage et l’effilochage, des presses, des rouleaux, des marteaux, etc. Ces parties devraient être convenablement protégées et munies de systèmes de verrouillage pour éviter que les travailleurs chargés de la maintenance ou du nettoyage ne puissent se blesser. Une bonne tenue des locaux est également indispensable pour prévenir les glissades et les chutes.


Le bruit

Les opérations sont souvent bruyantes; lorsque les encoffrements, les enceintes acoustiques et un graissage convenable ne suffisent pas à maintenir le bruit à un niveau satisfaisant, des casques protecteurs ou des bouchons d’oreille devraient être fournis aux travailleurs. De nombreux pays imposent un programme de protection de l’ouïe prévoyant des audiogrammes à intervalles réguliers.


La poussière

Les locaux de fabrication du feutre sont poussiéreux et malsains pour les personnes présentant des troubles respiratoires chroniques. La poussière n’est heureusement pas associée à des maladies spécifiques, mais une ventilation par extraction est cependant nécessaire. Les poils des animaux peuvent provoquer des réactions allergiques chez les sujets sensibles; l’asthme bronchique demeure exceptionnel. La poussière comporte également un risque d’incendie.


Les produits chimiques

L’acide sulfurique utilisé dans la production du feutre est généralement dilué; il faut néanmoins veiller à prendre toutes les précautions nécessaires au moment de la dilution de l’acide concentré. Des flacons de rinçage oculaire en cas d’éclaboussures ou de déversements devraient donc être placés à proximité et des équipements de protection individuelle (lunettes, tabliers, gants et chaussures) devraient être fournis aux travailleurs.

Le tannage de certains feutres de papeterie se fait parfois à base de quinone, produit susceptible d’entraîner des lésions de la peau et des muqueuses. Les poussières et les vapeurs de quinone peuvent provoquer des taches sur la conjonctive et la cornée de l’œil et, en cas d’exposition prolongée ou répétée, affecter la vision. La poudre de quinone doit être humidifiée pour éviter la pulvérulence et ne devrait être manipulée que dans des chambres équipées d’un dispositif de ventilation par aspiration localisée. Les mains, les bras, le visage et les yeux des travailleurs devraient être protégés par des vêtements et des accessoires adaptés.


La chaleur et les incendies

La température élevée de la matière (60 °C) nécessaire au formage manuel des chapeaux impose le port de gants de protection des mains.

L’incendie est un risque courant aux premiers stades de la fabrication du feutre quand l’empoussièrement est important. Il peut être provoqué par une allumette ou une étincelle provenant d’objets métalliques laissés dans les déchets de laine, par un palier de machine surchauffé ou par un court-circuit. Il peut également survenir lors des opérations de finissage, lorsque des vapeurs de solvants inflammables s’accumulent dans les fours de séchage. Etant donné qu’elle endommage le matériel et corrode les équipements, l’eau est moins utilisée que les extincteurs à poudre sèche pour éteindre les incendies. Les équipements modernes sont munis d’orifices par lesquels la substance active peut être pulvérisée, ou d’un dispositif d’émission automatique de dioxyde de carbone.


L’infection charbonneuse

Quelques cas de charbon ont été observés, bien que rarement, à la suite d’une exposition à de la laine contaminée importée de régions dans lesquelles la maladie est endémique.


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