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Santé : Risques

 

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L’INDUSTRIE DE LA SOIE




La soie est une fibre lustrée, résistante et élastique, produite par le ver à soie, larve du bombyx; le même terme s’applique aussi au fil et au tissu faits de cette fibre. Selon la tradition, l’industrie de la soie est née en Chine en 2640 avant J.-C. Vers le IIIe siècle de notre ère, le ver à soie et son produit ont pénétré au Japon en passant par la Corée, puis un peu plus tard en Inde. De là, la production de la soie s’est lentement étendue vers l’ouest, à l’Europe et au Nouveau Monde.

Le processus de production comprend une séquence d’opérations qui ne sont pas nécessairement effectuées dans la même entreprise ou le même établissement, notamment:

•   La sériciculture. La production des cocons pour en tirer les filaments de soie grège est appelée sériciculture , terme qui couvre l’alimentation des vers, la formation des cocons, etc. Elle n’est possible que là où existent des mûriers en quantité suffisante pour nourrir les larves. Les claies sur lesquelles les vers sont élevés doivent être tenues dans un local à une température constante de 25 °C, ce qui nécessite un chauffage artificiel dans les pays froids et selon la saison. Les vers filent leur cocon après s’être alimentés pendant quarante-deux jours.
•   La filature. L’opération caractéristique de la filature de la soie, appelée dévidage, consiste à assembler les filaments du cocon en un brin continu, uniforme et régulier. La gomme naturelle — grès ou séricine — est tout d’abord amollie dans de l’eau bouillante. Dans une bassine d’eau chaude, les extrémités des filaments de plusieurs cocons sont saisies, rassemblées et tirées pour être fixées à un dévidoir sur lequel les filaments s’enroulent pour former la soie grège, également dite «crue».
•   Le moulinage. Dans cette opération, les brins sont tordus et doublés pour donner un fil plus fort.

•   Le dégommage. La soie grège est mise à bouillir dans une eau savonneuse à environ 95 °C.
•   Le blanchiment. La soie, grège ou cuite, est traitée au peroxyde d’hydrogène ou au peroxyde de sodium.
•   Le tissage. Le fil de soie est tissé pour obtenir une étoffe, opération généralement confiée à d’autres ateliers.
•   La teinture. La soie peut être teinte à l’état de filament ou de fil, ou encore après le tissage.



  La sécurité et la santé



Le monoxyde de carbone

Des symptômes d’intoxication au monoxyde de carbone se manifestant par des céphalées, des vertiges et, parfois, des nausées et des vomissements, généralement sans gravité, ont été signalés au Japon où la sériciculture est fréquemment pratiquée à domicile, dans des locaux mal ventilés et chauffés au charbon.


Les dermatoses

Le mal des bassines . Une dermite des mains a été observée très fréquemment, surtout au Japon, chez les femmes qui dévidaient la soie. On a signalé que le taux de morbidité par mal des bassines était de 30 à 50% chez les personnes employées au dévidage pendant les années vingt, et que 14% d’entre elles devaient s’arrêter de travailler en moyenne trois jours par an. Les lésions cutanées, localisées surtout aux doigts, aux poignets et sur les avant-bras, se caractérisaient par un érythème sous forme de petites vésicules devenant chroniques, pustuleuses ou eczémateuses et extrêmement douloureuses. On attribuait généralement cette affection aux produits de décomposition des chrysalides mortes et à un parasite du cocon. Plus récemment, des observations faites au Japon ont montré qu’elle est probablement due à la température du bain de dévidage. Jusqu’en 1960, l’eau y était pratiquement toujours maintenue à 65 °C; toutefois, depuis l’introduction des nouvelles installations assurant une température comprise entre 30 et 45 °C, aucun cas de lésion cutanée typique du dévidage n’a été signalé chez les travailleurs chargés de cette opération.

La manipulation de la soie grège peut produire des réactions cutanées allergiques chez certaines personnes. On a observé un œdème du visage et une inflammation des yeux en l’absence de tout contact local direct avec le bain de dévidage. Des dermatoses ont aussi été constatées chez les personnes occupées au moulinage.


Les problèmes respiratoires

Dans l’ex-Union soviétique, une épidémie inhabituelle d’amygdalite chez les fileurs de soie a pu être attribuée aux bactéries présentes dans l’eau des bassines de dévidage et dans l’atmosphère des chambres à cocons. La désinfection, le renouvellement fréquent de l’eau de dévidage et l’aspiration de l’air aux dévidoirs ont apporté une amélioration rapide.

Des observations épidémiologiques détaillées portant sur de longues périodes, effectuées également dans l’ex-Union soviétique, ont montré que les travailleurs de l’industrie de la soie naturelle peuvent contracter une allergie respiratoire caractérisée par un asthme bronchique, une bronchite asthmatiforme ou une rhinite allergique. Il semble que la soie naturelle puisse provoquer une sensibilisation à tous les stades de la production.

Des accès d’insuffisance respiratoire aiguë ont également été rapportés chez des travailleurs chargés du bobinage ou de l’alimentation d’un métier à filer ou d’une bobineuse. Selon la vitesse de la machine, la substance protéique qui entoure le filament de soie peut se transformer en aérosol qui, s’il est inhalable, provoque une réaction pulmonaire très similaire à celle de la byssinose.


Le bruit

L’exposition au bruit peut atteindre un stade dommageable pour les personnes qui travaillent sur des machines de filage ou de bobinage des fils de soie ou dans les ateliers de tissage. Une lubrification appropriée des machines et la mise en place de dispositifs antibruit peuvent réduire partiellement le bruit, mais l’exposition ininterrompue pendant toute la journée de travail peut avoir un effet cumulatif. S’il n’est pas possible de réduire le niveau sonore ambiant, il convient de mettre à la disposition des travailleurs des appareils de protection individuelle. Comme pour tous ceux d’entre eux qui sont exposés au bruit, un programme de protection de l’ouïe prévoyant des audiogrammes périodiques est souhaitable.



  Les mesures relatives à la sécurité et à la santé


La régulation de la température, de l’humidité et de la ventilation est essentielle à toutes les étapes du travail de la soie. Les travailleurs à domicile ne devraient pas échapper à la surveillance. Les salles d’élevage devraient être convenablement ventilées et les poêles à charbon ou à kérosène devraient être remplacés par des chauffages électriques ou d’autres systèmes.

L’abaissement de la température des bains de dévidage peut être efficace pour prévenir les dermatoses. L’eau devrait être changée fréquemment, et une aspiration localisée mise en place. Il faut, autant que possible, éviter le contact direct de la peau avec la soie dans les bains de dévidage.

De bonnes installations sanitaires et une hygiène individuelle stricte sont indispensables. Au Japon, le lavage des mains avec une solution d’acide acétique à 3% a donné de bons résultats.

Il est souhaitable de procéder à un examen médical à l’embauche, suivi d’un contrôle médical régulier.

Dans l’industrie de la soie, les machines présentent les mêmes risques que dans l’industrie textile en général. Un entretien correct des locaux, des protections adéquates pour les organes mobiles, une formation continue à la sécurité et une surveillance rigoureuse sont les meilleurs moyens de prévenir les accidents. Les métiers mécaniques devraient être munis de dispositifs de protection pour éviter les accidents dus aux navettes volantes. La fabrication du fil et les opérations de tissage exigent un très bon éclairage.

  Source : Ce texte est repris, avec quelques modifications, de la 2e édition de l'Encyclopédie de médecine, d'hygiène et de sécurité du travail.


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