
La confection et les produits finis textiles
LES GRANDS SECTEURS ET LES PRINCIPALES OPÉRATIONS
Les opérations ordinaires
En général, les opérations intervenant dans la production de vêtements et d’autres produits textiles finis ont peu changé depuis la naissance de cette industrie. Bien que l’organisation du processus de production ait évolué et continue de le faire et que le matériel se soit perfectionné grâce aux progrès techniques, les risques pour la sécurité et la santé dans cette industrie restent pour beaucoup les mêmes que ceux que connaissaient les premiers travailleurs de l’habillement.
Ce sont les conditions générales du milieu de travail qui suscitent les principales préoccupations en matière de sécurité et de santé dans l’industrie du vêtement. Des postes de travail, des outils et des machines mal conçus, associés à des régimes de rémunération aux pièces et au système de production en continu (travail à la chaîne), comportent de graves risques d’affections musculo-squelettiques et de stress. Les ateliers se situent souvent dans des bâtiments mal entretenus et dont la ventilation, la climatisation, le chauffage et l’éclairage laissent beaucoup à désirer. Le surpeuplement des locaux, conjugué aux mauvaises conditions de stockage de matériaux inflammables, est souvent synonyme de graves risques d’incendie. Une hygiène insuffisante et l’absence d’entretien des locaux sont des facteurs aggravants.
D’importants progrès ont permis la conception et l’installation de postes de travail bien adaptés, ergonomiques, avec tables et chaises réglables, et offrant un agencement judicieux des machines et des outils. Ces postes de travail, que l’on peut facilement se procurer sur le marché, sont utilisés principalement dans les grandes usines, car seules les entreprises les plus importantes et les plus solides financièrement ont les moyens de les acheter. Pourtant, un réaménagement ergonomique est également possible dans les autres établissements (voir figure 87.1). La majorité de la production de vêtements s’effectue encore chez les petits sous-traitants mal équipés, qui font en général peu de cas de la conception des postes, des conditions de travail et des risques pour la sécurité et la santé.
Figure 87.1 Une fabrique de paillettes

Création des articles et confection des modèles. La création des vêtements et autres produits textiles est confiée à des modélistes qualifiés au service de fabricants, grossistes ou détaillants qui ne se chargent souvent que de la création, de la fabrication de modèles et de la commercialisation des produits finis. S’ils spécifient tous les détails de la production, achètent le tissu et les fournitures, ce sont en général des ateliers sous-traitants indépendants qui assurent la production à grande échelle.
La confection des modèles, opération pendant laquelle un nombre limité d’exemplaires est fabriqué pour lancer le produit sur le marché et l’envoyer aux ateliers sous-traitants, s’effectue également dans les locaux du donneur d’ordres. Les modèles sont réalisés par des patronniers et des mécaniciennes en confection très qualifiés qui confectionnent le vêtement tout entier.
Confection des patrons et coupe. Le patron d’un vêtement doit être divisé en plusieurs parties pour la coupe et la couture. Traditionnellement, des patrons en carton sont tracés pour chaque pièce du vêtement et gradués en fonction des différentes tailles requises. A partir de ces patrons, on porte sur papier, en vue de la coupe, des repères pour guider les coupeurs. Dans les usines plus modernes, les repères sont créés et gradués selon les tailles et sont indiqués sur un écran d’ordinateur, puis imprimés sur un traceur informatisé.
Pour la coupe, le tissu est tout d’abord étalé sur une table de coupe et empilé sur plusieurs épaisseurs (le matelas) dont la longueur et la largeur sont déterminées par les exigences de la production. Cette opération est le plus souvent effectuée par un chariot matelasseur automatique ou semi-automatique qui dévide les rouleaux de tissu le long de la table. Les tissus à carreaux ou les imprimés peuvent être étalés à la main et épinglés pour assurer le raccord des motifs. Les tracés de patrons dûment marqués sont alors posés sur le tissu à couper.
Les machines coupeuses de tissu sont habituellement munies de couteaux à ruban et tenues à la main (voir figure 87.2). Les petites pièces peuvent être coupées à l’aide d’une scie à main, à l’unité. Les techniques de pointe comprennent la découpe robotisée, qui suit les patrons dessinés sur ordinateur.
Figure 87.2 Une fabrique de vêtements aux Philippines

La coupe comporte plusieurs risques. Bien que la lame des outils soit protégée, le dispositif doit être installé de manière à assurer la protection de la main qui étale le tissu. Les protections devraient être systématiquement utilisées et placées correctement. Il est recommandé, comme mesure de sécurité supplémentaire, que les opérateurs de machine coupeuse portent un gant protecteur, de préférence à mailles métalliques. Outre le risque de lésions accidentelles, la coupe de tissu présente des risques ergonomiques. Porter et manier une machine coupeuse tout en tendant le bras au travers de la table de coupe peut exposer le coupeur à des affections de la nuque, des membres supérieurs et du dos. Enfin, de nombreux coupeurs ont tendance à travailler en tenant leur machine au niveau de l’oreille, s’exposant ainsi souvent à un bruit excessif et au risque consécutif de déficit auditif.
La manutention des rouleaux de tissu, qui peuvent peser jusqu’à 32 kg et que le travailleur doit soulever au-dessus de la tête pour les déposer sur une planche de pose et les y étaler, présente aussi un risque ergonomique. Des équipements de manutention adéquats peuvent éliminer ou réduire ces risques.
Travail sur machine à coudre. Le plus souvent, les pièces de tissu coupé sont assemblées au moyen de machines à coudre manuelles. Le système traditionnel de production en continu, dans lequel les paquets de pièces coupées se déplacent automatiquement, à une cadence constante, d’un opérateur de machine à coudre à un autre, chacun d’eux effectuant une seule opération, prédomine aujourd’hui encore dans l’industrie du vêtement, malgré une modification sensible de l’organisation du travail dans bien des ateliers. Ce type d’organisation s’articule ainsi en plusieurs opérations distinctes, consistant chacune en un cycle très court, répété des centaines de fois par l’opérateur au cours de la journée de travail. Ce système, conjugué avec le régime de rémunération aux pièces, qui récompense avant tout la rapidité et ne laisse aux travailleurs qu’une maîtrise très limitée du processus de production, crée un climat de travail qui peut être très éprouvant nerveusement.
La majorité des postes de travail actuels des opérateurs de machine à coudre ont été conçus sans souci de leur confort, de leur santé ou de leur commodité (voir figure 87.3). Comme ces opérateurs travaillent en général en position assise à des postes mal conçus et exécutent la même opération tout au long de la journée, ils sont très exposés aux lésions d’hypersollicitation. Les mauvaises postures qu’entraînent les conditions décrites ci-dessus, combinées à un travail extrêmement répétitif et sous pression, se traduisent par des taux élevés de troubles musculo-squelettiques (TMS) d’origine professionnelle parmi les opérateurs de machine à coudre et les autres travailleurs de l’industrie du vêtement.
Figure 87.3 Femme se servant d'une machine à coudre (sans protège-aiguille)

Les progrès réalisés dans la conception des postes de travail, notamment par la création de chaises et tables de travail réglables, tendent à réduire certains risques liés à l’utilisation des machines à coudre. Cependant, si ces équipements se trouvent facilement sur le marché, leur prix ne les rend accessibles qu’aux entreprises les plus rentables. Par ailleurs, les postes de travail les mieux conçus ne réduisent pas le risque dû au caractère répétitif des opérations.
La réorganisation du travail et la mise en place du travail en équipe, sous la forme de fabrication modulaire ou flexible, permettent d’échapper au taylorisme traditionnel et, parfois, de réduire certains des risques qu’il présente pour la santé. Selon ce système du travail en équipe, les opérateurs de machine à coudre travaillent en groupe pour confectionner un vêtement tout entier et changent souvent de machine et d’activité.
Dans l’un des systèmes de travail en équipe les plus pratiqués, les travailleurs se tiennent debout plutôt qu’assis et passent souvent d’une machine à une autre. La formation à des tâches diverses améliore les compétences des travailleurs et leur permet d’avoir un meilleur contrôle de la production. Abandonner le régime de rémunération individuelle aux pièces au profit d’un salaire horaire ou d’un système collectif de salaire au rendement et mettre davantage l’accent sur le contrôle de la qualité tout au long du processus de production peut contribuer à éliminer maints facteurs exposant les travailleurs aux TMS.
Certains systèmes de fabrication, bien que très avancés du point de vue technique, tendent en fait à accroître le risque de TMS. Les systèmes de production unitaire, en particulier, ont été conçus pour transporter mécaniquement les pièces coupées sur un convoyeur aérien d’un travailleur à un autre, ce qui accélère leur acheminement et supprime une part importante de la manutention qui incombait précédemment aux opérateurs sur machine à coudre ou à des ouvriers spécialisés. S’ils augmentent souvent la productivité en accélérant la chaîne, ces systèmes suppriment les pauses, déjà très courtes, accordées aux opérateurs entre les cycles, ce qui accroît du même coup la fatigue et le caractère répétitif du travail.
Avant de mettre en place un nouveau système de production, on devrait en évaluer les facteurs de risque et le concevoir dans une perspective ergonomique. Par exemple, si les travailleurs sont formés pour exécuter plusieurs tâches, celles-ci devraient être combinées de manière à solliciter différentes parties du corps, et non un seul muscle ou une seule articulation. On devrait également veiller à adapter les équipements et les machines à tous les travailleurs de l’équipe.
Avant tout achat de nouveau matériel, on devrait s’assurer que les travailleurs eux-mêmes peuvent se charger de l’ajuster et ont reçu à cet effet la formation voulue. Cette possibilité est particulièrement importante dans l’industrie du vêtement, où il n’est souvent pas facile de faire appel à un mécanicien pour régler les machines et les adapter aux travailleurs.
Des études ont fait naître des inquiétudes concernant l’exposition des opérateurs sur machine à coudre aux champs électromagnétiques intenses produits par les moteurs. Elles ont révélé la possibilité d’une corrélation entre cette exposition et le taux relativement élevé de cas de maladie d’Alzheimer (Sobel et coll., 1995) et d’autres maladies chroniques chez ces opérateurs.
Finissage et repassage. Une fois cousu, le vêtement achevé est confié aux repasseurs à la machine, puis examiné par les finisseurs, qui vérifient qu’aucun fil ne dépasse et que le vêtement ne présente pas de taches ou d’autres défauts. Les finisseurs s’acquittent de divers travaux à la main: ils coupent les fils qui dépassent, cousent le vêtement, le retournent et, enfin, le repassent. Les ouvriers chargés du finissage, de l’étiquetage, de l’emballage et de la distribution des vêtements sont exposés à des risques ergonomiques.
Souvent, leurs tâches sont extrêmement répétitives et leur imposent de mauvaises postures des mains et des bras. Leurs sièges et leurs postes de travail sont rarement réglables ou ergonomiques. Les finisseurs et les repasseurs travaillent fréquemment debout dans des positions statiques, alors que plusieurs de leurs tâches pourraient s’exécuter sur des chaises, tabourets, ou sièges ergonomiques réglables, conçus pour la station debout, et qu’ils pourraient se tenir en alternance debout ou assis. Les plans de table pourraient être réglés à la bonne hauteur pour l’opérateur et inclinés pour lui offrir davantage de confort. Enfin, on pourrait remédier à la sollicitation excessive des mains, des poignets et des bras en rembourrant les coins de table et en fournissant aux travailleurs des outils bien conçus et correctement dimensionnés.
Les articles cousus sont repassés à l’aide d’un fer à repasser manuel ou d’une presse à plateau. Ils peuvent également être repassés au moyen d’un fer à vapeur manuel ou passer dans une chambre ou une armoire à vaporiser. Les presses et les fers à repasser peuvent exposer à des risques de brûlure, ainsi qu’à des risques ergonomiques. Si la plupart des presses ont des commandes exigeant l’emploi des deux mains pour exclure tout risque que l’opérateur n’en interpose une, il subsiste d’anciens modèles dépourvus de dispositif de sécurité. L’utilisation d’une presse expose également le travailleur à des risques de lésions au niveau des épaules, de la nuque et du dos, du fait de la nécessité de lever fréquemment les bras au-dessus de la tête, de rester debout en permanence et d’actionner des pédales. Le repassage gagnerait en sécurité si les machines étaient plus automatisées et si les opérateurs travaillaient dans des positions plus adaptées, mais le matériel actuel ne permet guère de supprimer les contraintes.
Les étiqueteurs, qui marquent les vêtements finis à l’aide de machines à étiqueter, sont sujets à des lésions des mains et des poignets en raison du caractère répétitif de leur activité. L’emploi de machines à étiqueter automatiques peut contribuer à diminuer la force requise, ce qui réduit sensiblement la sollicitation des doigts et des mains.
Distribution. Les travailleurs des centres de distribution de vêtements sont exposés à tous les risques qui guettent les travailleurs des entrepôts. La manutention manuelle est responsable d’une part importante des lésions. Le levage de charges et les activités exécutées avec les bras levés comportent des risques qui leur sont propres. Concevoir les locaux de distribution de manière à offrir des conditions de manutention adéquates, notamment en plaçant les tapis convoyeurs et les tables de travail à des hauteurs adaptées, peut contribuer à prévenir de nombreux accidents. Des équipements de manutention mécaniques, tels que les chariots élévateurs et d’autres appareils de levage, peuvent concourir à éviter les lésions liées au levage de charges encombrantes ou lourdes.
Exposition aux produits chimiques. A tous les stades de la production, les travailleurs peuvent être exposés aux produits chimiques utilisés pour le finissage du tissu et, notamment, au formaldéhyde. Employé pour rendre le tissu infroissable et grand teint, il se dégage dans l’air sous forme de gaz et peut aussi attaquer la peau lorsque les travailleurs manipulent le tissu. Les concentrations de formaldéhyde dégagées dépendent de divers facteurs, tels que la quantité mise en œuvre lors du finissage, le procédé de finition et la chaleur et l’humidité ambiantes. L’exposition au formaldéhyde peut être évitée en plaçant le tissu dans un lieu bien aéré pour que le gaz s’en dégage avant la manutention et en assurant une bonne ventilation des locaux de travail, en particulier lorsque le tissu est soumis à une chaleur et une humidité élevées (par exemple, lors du repassage). Les travailleurs qui présentent des troubles cutanés par suite de la manutention de tissus traités au formaldéhyde peuvent porter des gants ou s’enduire les mains d’une crème protectrice. Enfin, les fabricants de textiles devraient être encouragés à mettre au point des procédés plus sûrs pour traiter les tissus.
Les opérations spéciales
Plissage. Le plissage est l’opération consistant à marquer plusieurs types de plis dans le tissu ou le vêtement. Ce processus, qui intéresse divers types de tissus, nécessite une température et un taux d’humidité élevés. Les plisseurs sont exposés aux risques liés à ces conditions, qui peuvent intensifier le dégagement des substances dont on se sert pour le finissage du tissu. Le tissu à plisser peut être traité avec des apprêts qui renforcent la tenue des plis. Des armoires et des chambres à vaporiser sont utilisées pour soumettre le tissu plissé à de la vapeur sous pression.
Caoutchoutage et imperméabilisation. Pour l’apprêt caoutchouté ou imperméable, les tissus peuvent être revêtus d’une substance imperméable. Ces enduits, qui consistent parfois en un type de caoutchouc, sont souvent dilués à l’aide de solvants, dont certains entraînent de graves risques pour les travailleurs parce qu’ils contiennent du benzène, du diméthylformamide, etc. Les travailleurs sont exposés à ces substances chimiques lorsqu’elles sont mélangées ou versées, souvent à la main, ou qu’elles se trouvent dans de grandes cuves, dans des locaux mal ventilés, ou encore lorsqu’ils en enduisent le tissu. L’exposition aux substances dangereuses devrait être réduite au minimum par le recours à des produits moins toxiques et par une bonne ventilation du lieu d’utilisation. Les opérations de mélangeage des solvants et de revêtement des tissus devraient par ailleurs être confinées et automatisées chaque fois que cela est possible.
Utilisation de l’informatique. Les ordinateurs sont de plus en plus utilisés dans l’industrie du vêtement, que ce soit pour la conception et la fabrication assistées par ordinateur (CAO et FAO), la création, le tracé des patrons ou la coupe, ou pour le suivi des marchandises dans les opérations d’entreposage et d’expédition. Les risques inhérents au travail sur ordinateur sont examinés dans le chapitre no 52, «Les terminaux à écran de visualisation», de la présente Encyclopédie.
Boutons, boucles et autres garnitures. Les boutons, boucles et autres systèmes de fermeture des vêtements ou articles cousus sont le plus souvent fabriqués dans des entreprises indépendantes de celles qui confectionnent les vêtements, à partir de divers matériaux qui détermineront le processus de production. Le plus généralement, les boutons et les boucles sont en plastique ou en métal moulé, dont le plomb. Au cours de la production, la matière brute chauffée est versée dans des moules, puis refroidie. Les travailleurs peuvent être exposés à des substances chimiques ou à des métaux toxiques durant le moulage, puis, après le refroidissement, aux poussières provenant du polissage ou du meulage des articles. Ces risques peuvent être évités par une ventilation convenable pendant la finition ou par une limitation de ces opérations. D’autres ornements, notamment les paillettes et les perles, sont produits à partir de matière plastique ou métallique, par estampage ou moulage, et peuvent exposer les travailleurs aux risques inhérents à leurs composants.
Produits cousus et accessoires en matières plastiques. Divers articles, tels que les rideaux de douche, les nappes et les vêtements de protection contre la pluie, sont en plastique cousu ou soudé. Lorsqu’ils sont cousus à partir d’une feuille de matière plastique, les risques sont analogues à ceux qu’entraînent les autres articles cousus. Cependant, les activités nécessitant le stockage d’importantes quantités de matières plastiques créent un risque d’incendie sans équivalent car celles-ci, sous l’effet de la chaleur ou de la combustion, dégagent des substances toxiques parfois très dangereuses. La plus grande prudence s’impose donc en matière de prévention et de protection contre les incendies lorsque d’importantes quantités de matières plastiques sont utilisées ou entreposées.
Les matières plastiques peuvent non seulement être produites, mais aussi assemblées par un procédé faisant appel à la chaleur ou aux rayonnements électromagnétiques. Sous l’effet de la chaleur, elles dégagent leurs composants et peuvent exposer les travailleurs à des vapeurs toxiques. Lorsqu’on assemble ou qu’on soude des matières plastiques à l’aide de rayonnements électromagnétiques, il faut veiller à ne pas exposer les travailleurs à des niveaux dangereux de rayonnements.
L’organisation du travail
Le régime de rémunération aux pièces, selon lequel le travailleur est payé en fonction des unités produites, reste largement appliqué dans l’industrie du vêtement et des produits cousus. Son maintien y entraîne, pour les travailleurs, des risques de stress et de lésions musculo-squelettiques. Comme nous l’avons exposé, l’adoption d’autres systèmes de rémunération et de production pourrait donner plus d’attrait à cette industrie et la rendre moins stressante et moins dangereuse pour les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
Le système du travail en équipe, qui permet aux travailleurs de mieux maîtriser le processus de production et de travailler avec d’autres personnes, peut être moins éprouvant nerveusement que le travail à la chaîne traditionnel. Il peut cependant aussi devenir un facteur de stress supplémentaire si les travailleurs sont tenus pour responsables de l’application du règlement par leurs collègues. Certains régimes de rémunération collective, qui pénalisent une équipe entière pour la lenteur ou l’absentéisme de l’un des membres, sont susceptibles de créer des tensions et du stress dans le groupe.
Le travail à domicile repose sur l’exécution du travail à l’extérieur de l’entreprise, chez le travailleur. C’est une pratique très courante dans l’industrie du vêtement. Le travail peut être confié à un travailleur à la fin de sa journée pour qu’il l’exécute à son domicile pendant la soirée ou la fin de semaine, ou lui être envoyé directement, sans qu’il ait à passer par l’usine.
Le travail à domicile est souvent synonyme d’exploitation et ne peut pas être surveillé facilement par les organismes chargés de faire appliquer les normes du travail et, en particulier, les lois régissant le travail des enfants, la sécurité, la santé, le salaire minimum, etc. Dans bien des cas, les travailleurs à domicile reçoivent des salaires inférieurs à la norme et sont contraints de fournir, à leurs frais, le matériel et les outils nécessaires à la production. Leurs enfants peuvent être poussés à participer au travail, quels que soient leur âge ou leur capacité de travailler en sécurité, au détriment de leur scolarisation ou de leurs loisirs. Les dangers qui guettent les travailleurs à domicile peuvent être nombreux: exposition à des produits chimiques dangereux, risques d’incendie et risques électriques. Enfin, les machines industrielles installées au domicile sont aussi source de risques pour les petits enfants.
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