
LES SERVICES DE REPROGRAPHIE

Le bureau moderne peut regrouper plusieurs types de machines de reprographie, allant de l’omniprésent photocopieur à sec jusqu’à la tireuse de plans (diazocopie), en passant par le télécopieur et d’autres types de duplicateurs. Dans le présent article, ces différents équipements sont classés par grandes catégories. En raison de leur usage très répandu, les photocopieurs à sec feront l’objet d’une attention particulière.
Les photocopieurs et les imprimantes laser
Mode de fonctionnement
La plupart des étapes de λ’électrophotographie conventionnelle (xérographie) sont comparables à celles de la photographie. Au cours de l’exposition, le texte ou l’illustration à reproduire sont éclairés par une lumière intense; l’image ainsi obtenue est projetée par un système optique sur un tambour photoconducteur dont la surface perd sa charge électrique aux endroits atteints par la lumière. Le faisceau lumineux reproduit donc à la surface du tambour une image identique à celle de l’original à copier. Un révélateur, généralement composé de grosses perles auxquelles adhèrent des particules porteuses d’une charge électrostatique, est ensuite transporté vers le tambour photoconducteur par un dispositif en cascade ou par un processus magnétique. L’image latente, présente à l’état électrostatique sur le tambour, est révélée par attraction électrostatique des fines particules d’une poudre de charge opposée appelée toner qui quittent le révélateur pour venir se fixer sur la copie. Enfin, le toner qui avait adhéré à l’image latente est reporté par transfert de charges électrostatiques sur une feuille de papier sur laquelle il est fixé de façon permanente par fusion ou thermopression. Le toner résiduel est éliminé du tambour photoconducteur par nettoyage avant d’être évacué vers un bac pour toner usagé. Le tambour est alors préparé pour le cycle d’exposition suivant. Comme la copie ne retient que le toner, le révélateur est renvoyé à son réservoir où il est mélangé à du toner frais injecté en quantité dosée par un flacon ou une cartouche interchangeable.
De nombreuses machines utilisent à la fois la pression et la chaleur pour fixer l’image formée par le toner sur le papier. La chaleur est fournie par un cylindre chauffant qui entre en contact avec la surface recouverte de toner. Selon les caractéristiques du toner et du cylindre, il arrive parfois qu’une partie du toner reste à la surface du cylindre au lieu d’adhérer au papier, ce qui entraîne un effacement partiel de l’image sur la copie. Pour y remédier, un lubrifiant de fixation, généralement un liquide à base de silicone, est appliqué sur la surface du cylindre.
Dans l’impression laser , l’image est d’abord convertie en un format électronique; elle est soit numérisée au moyen d’un scanner qui la transforme en une série de très petits points (pixels), soit générée directement sous forme numérique sur un ordinateur. L’écriture de l’image numérisée sur le tambour photoconducteur de l’imprimante est ensuite assurée par un faisceau laser. Les étapes suivantes sont pour l’essentiel identiques à celles de l’électrophotographie conventionnelle, dans laquelle l’image figurant sur le tambour photoconducteur est transférée sur le papier ou sur d’autres supports.
Certains photocopieurs utilisent le principe du développement liquide . Ce procédé diffère du procédé à sec conventionnel dans la mesure où le révélateur est généralement un hydrocarbure liquide contenant de fines particules de toner en suspension. Le développement et le transfert s’opèrent généralement comme dans les procédés conventionnels, à cette différence près que le révélateur vient mouiller le tambour photoconducteur et que la copie humide est séchée par évaporation du liquide résiduel par application de chaleur ou de chaleur et de pression.
Les matériaux
Les produits consommables utilisés en photocopie sont les toners, les révélateurs, les lubrifiants de fixation et le papier. Bien qu’ils ne soient généralement pas considérés comme des produits consommables, les tambours photoconducteurs, les cylindres de fixation chauffants, les rouleaux presseurs et différents autres organes subissent une usure normale et doivent être remplacés, surtout sur les photocopieurs à grand débit. De façon générale, le remplacement de ces pièces n’est pas considéré comme étant du ressort de l’utilisateur, car leur dépose et leur réglage nécessitent une certaine expertise. Toutefois, de nombreux appareils de conception récente comportent des ensembles regroupant le tambour photoconducteur et le cylindre de développement sous forme d’unités remplaçables par l’utilisateur. Sur ces machines, les cylindres de fixation et les autres pièces sont conçus pour résister à l’usure pendant toute la durée de vie de la machine ou font l’objet d’une maintenance distincte. Certains constructeurs s’orientent vers une réduction des coûts d’entretien et une plus grande commodité d’utilisation, en facilitant notamment pour le client les opérations de maintenance, les réparations pouvant être effectuées sans risques mécaniques ou électriques et nécessitant, tout au plus, un appel téléphonique à un centre d’assistance technique.
Ce sont les toners qui assurent la formation de l’image sur la copie obtenue. Les toners secs sont de fines poudres composées de plastiques, de pigments et de petites quantités d’additifs remplissant des fonctions particulières. Le principal constituant d’un toner sec est généralement un copolymère: styrène-acrylonitrile, styrène-butadiène ou polyester, le plus souvent. Dans les toners noirs, on emploie comme colorant différents noirs de carbone ou des pigments, tandis que la copie couleur utilise des colorants ou pigments. Au cours de la fabrication du toner, le noir de carbone ou le colorant et le polymère sont mélangés par fusion, de sorte que ce dernier vient enrober la plus grande partie du colorant. Les toners secs peuvent également contenir des additifs internes ou externes qui facilitent la définition des caractéristiques de charge statique ou de fluidité du toner.
Les toners liquides sont comparables aux toners secs dans la mesure où ils se composent de pigments et d’additifs en suspension dans un vernis polymère, mais ils sont vendus, eux, sous forme d’une suspension dans un véhicule d’hydrocarbure isoparaffinique.
Les révélateurs sont généralement des mélanges de toner et d’un véhicule. Les véhicules servent littéralement à transporter le toner vers la surface du photorécepteur; ils se composent le plus souvent de matériaux à base de sable, de verre, d’acier ou de ferrite de qualités spéciales. Ils peuvent être recouverts d’une petite quantité de polymère pour obtenir le comportement voulu dans une application spécifique. Les mélanges véhicule/toner sont appelés révélateurs binaires. Les simples révélateurs (à un seul composant) ne font pas appel à un véhicule distinct: leur toner contient un constituant tel que l’oxyde de fer, ce qui nécessite un dispositif magnétique pour appliquer le révélateur sur le photorécepteur.
Les lubrifiants de fixation sont le plus souvent des huiles à base de silicone qui sont appliquées aux cylindres de fixation pour empêcher le report sur ce cylindre du toner déposé sur l’image. Alors que de nombreux lubrifiants sont de simples polydiméthylsiloxanes (PDMS), d’autres contiennent un composant dont la fonction est d’améliorer leur adhérence au cylindre. Dans certains cas, le lubrifiant est versé d’un flacon dans un réservoir d’où il est pompé pour être appliqué sur le cylindre de fixation. Dans d’autres photocopieurs, le lubrifiant est appliqué au moyen d’une bande de tissu saturée qui essuie une partie de la surface du cylindre. Enfin, dans certains photocopieurs et imprimantes de plus petites dimensions, c’est une simple mèche imprégnée d’huile qui assure cette application.
La plupart des photocopieurs modernes, sinon la totalité, sont conçus pour donner de bons résultats avec différents grammages de papier ordinaire, c’est-à-dire non traité. Des supports spéciaux, sans carbone, ont été mis au point pour certaines machines à grande vitesse. Il existe aussi des papiers de transfert sans chauffage permettant d’obtenir une image dans un photocopieur pour la transférer ensuite sur un tissu (T-shirt, par exemple) par thermopression. Les machines de grandes dimensions utilisées dans l’industrie et l’architecture tirent souvent leurs copies sur calques.
Les risques potentiels et les mesures de prévention
Les constructeurs ont déployé des efforts considérables pour réduire le plus possible les risques de la photocopie. Il est néanmoins indispensable de se procurer les fiches de données de sécurité (FDS) de tous les consommables ou produits chimiques mis en œuvre.
Le seul produit auquel les utilisateurs risquent d’être exposés de façon significative est sans doute le toner. Les toners secs les plus récents ne présentent généralement aucun risque pour la peau ou les yeux, sauf chez les personnes particulièrement sensibles. De plus, les matériels de conception récente utilisent du toner en cartouche et des unités interchangeables qui réduisent très sensiblement les risques de contact avec le toner. Les toners liquides ne sont pas non plus des irritants directs de la peau. Toutefois, les hydrocarbures isoparaffiniques qui les véhiculent étant des solvants, ils risquent d’éliminer la barrière lipidique de la peau, entraînant un dessèchement et des crevasses en cas d’exposition répétée. Ces solvants peuvent également être légèrement irritants pour les yeux.
Les photocopieurs bien conçus ne présentent pas de risque d’éblouissement, même dans le cas où la platine est illuminée par le flash en l’absence de tout document original. Pour éviter une éventuelle exposition de l’opérateur à la source lumineuse, certains systèmes d’exposition sont même inhibés automatiquement en cas d’ouverture du couvercle de la platine. Toutes les imprimantes laser sont classées dans le groupe des produits laser de classe I, ce qui signifie que, dans des conditions normales de fonctionnement, le faisceau de rayonnement laser demeure confiné et ne présente dès lors aucun risque physique. En outre, il ne devrait nécessiter aucune maintenance; dans le cas fortement improbable où il serait indispensable d’accéder à l’installation, le mode d’emploi fourni par le constructeur permet, s’il est observé, d’intervenir sans danger.
Relevons enfin qu’un matériel bien conçu ne doit comporter ni arêtes tranchantes, ni zones de coincement, ni risques de choc électrique.
✓ Les risques pour la peau et les yeux Les toners secs, on l’a vu, ne présentent pas de risque notable pour la peau et les yeux, et l’on attendrait la même chose des lubrifiants de fixation à base d’huile de silicone. Les PDMS ont fait l’objet d’évaluations toxicologiques approfondies qui ont conclu, d’une façon générale, à leur innocuité. Même si certains PDMS de faible viscosité peuvent être irritants pour les yeux, ce n’est généralement pas le cas de ceux utilisés comme lubrifiants de fixation qui ne sont pas non plus irritants pour la peau. Toutefois, ils sont susceptibles d’occasionner une certaine gêne. Dans ce cas, on pourra laver à l’eau et au savon la région affectée de la peau et rincer abondamment les yeux à l’eau claire pendant plusieurs minutes.
Les opérateurs appelés à manipuler fréquemment des toners liquides, en particulier dans des conditions présentant des risques de projection, pourront en cas de besoin porter des lunettes de protection, des verres de sécurité munis d’une protection latérale ou un écran facial. Le port de gants en caoutchouc ou en poly(chlorure de vinyle) (PVC) permettra d’éviter les problèmes de dessèchement cutané évoqués plus haut.
Les papiers sont eux aussi généralement dépourvus de toxicité. Néanmoins, on a fait état de cas d’irritation significative de la peau en l’absence de précautions appropriées au cours des manipulations. Par ailleurs, certains procédés risquent également d’être sources de problèmes olfactifs lors de l’échauffement du papier par le dispositif de fixation d’un photocopieur à sec. Il arrive également que le papier utilisé pour les photocopieurs des bureaux d’études n’ait pas été traité correctement et qu’il dégage une odeur de solvant hydrocarboné.
Outre la base isoparaffinique présente dans les toners liquides, on emploie couramment nombre de solvants pour la maintenance des machines, en particulier des produits de nettoyage de la platine et du couvercle ainsi que des décapants, qui sont généralement des alcools ou des mélanges eau/alcool contenant de faibles quantités d’agents tensioactifs. Ces solutions sont irritantes pour les yeux mais non pas directement pour la peau. Toutefois, leur pouvoir solvant risque d’éliminer la barrière lipidique de la peau et de provoquer des crevasses. Le port de gants en caoutchouc ou en PVC, de lunettes de protection ou de verres de sécurité munis d’une protection latérale devrait permettre d’éviter ce type de problème.
✓ Les risques d’inhalation L’ozone constitue généralement le principal danger pour les personnes travaillant à proximité de photocopieurs. Les autres problèmes les plus souvent cités concernent le toner, les peluches de papier et les composés organiques volatils (COV). Dans certains cas, les odeurs pourront constituer une gêne.
L’ozone est produit essentiellement par la formation de petits arcs (aigrettes) qui chargent le tambour photoconducteur lors de la préparation à l’exposition et du nettoyage. Aux concentrations généralement rencontrées en photocopie, l’ozone se reconnaît à son agréable odeur de trèfle. Son faible seuil olfactif (entre 0,0076 et 0,036 ppm) constitue un avertissement efficace dans la mesure où sa présence peut être détectée avant qu’il n’atteigne une concentration nocive. Dès qu’il atteint des concentrations susceptibles de causer des céphalées, des irritations oculaires et des difficultés respiratoires, son odeur devient forte et âcre. Il n’y a toutefois pas lieu de craindre des problèmes liés à la présence d’ozone avec des photocopieurs entretenus correctement et installés dans des zones bien ventilées. En revanche, on pourra détecter la présence d’ozone quand des opérateurs travaillent dans le courant d’air rejeté par les photocopieurs, en particulier en cas de longs tirages. Il est à noter que les odeurs identifiées comme de l’ozone par des opérateurs inexpérimentés proviennent généralement d’autres sources.
Le toner a longtemps été considéré comme une matière particulaire gênante, ou non classée ailleurs. Des études réalisées par Xerox Corporation dans les années quatre-vingt ont montré que l’inhalation de toner provoque des réactions pulmonaires analogues à celles habituellement constatées en cas d’exposition à des matériaux particulaires insolubles. Elles ont également démontré l’absence de pouvoir cancérogène en cas d’exposition à des concentrations nettement supérieures à celles que l’on peut rencontrer dans des bureaux.
Les peluches de papier se composent de fragments de fibres de papier, de particules de colle et de charges telles que l’argile, le dioxyde de titane et le carbonate de calcium. Tous ces matériaux sont considérés comme des particules non classées ailleurs. Les informations dont on dispose actuellement indiquent qu’il n’y a pas lieu de craindre de problèmes liés à l’exposition aux peluches de papier dans les environnements de bureaux.
Les émissions de COV par les photocopieurs tiennent à la présence de ces produits dans les toners enrobés de polymère, des pièces en plastique, des caoutchoucs et des lubrifiants organiques. Même dans ces conditions, l’exposition aux différents composés organiques rencontrés à proximité d’un photocopieur en marche se situe généralement à des niveaux nettement inférieurs aux limites d’exposition professionnelles.
Les problèmes d’odeurs rencontrés dans les photocopieurs modernes sont le plus souvent le signe d’une mauvaise ventilation. Les papiers traités, en particulier les liasses autocopiantes sans carbone, les papiers thermosensibles et, occasionnellement, les calques employés dans les photocopieurs des bureaux d’études dégagent parfois des odeurs d’hydrocarbures, mais les expositions restent de très loin inférieures aux limites d’exposition professionnelles, à condition toutefois que la ventilation soit suffisante. Les photocopieurs modernes sont des appareils électromécaniques complexes dont certaines pièces (cylindres de fixation) sont portées à des températures élevées. Outre les odeurs inhérentes au fonctionnement normal, d’autres sont susceptibles de se répandre en cas de défaillance d’une pièce soumise à une surchauffe importante ou quand des matières plastiques ou du caoutchouc chauffés dégagent de la fumée et d’autres émissions. De toute évidence, il convient de se soustraire à de telles expositions. Les problèmes d’odeurs de ce type occasionnent le plus souvent des nausées et une certaine forme d’irritation des muqueuses ou des yeux. Ces symptômes ne signalent en général que la présence d’une odeur inconnue, souvent désagréable, mais ne constituent pas nécessairement les signes d’une toxicité aiguë ou importante. Les personnes exposées à ces odeurs rechercheront l’air frais, qui provoquera presque toujours un soulagement immédiat. Même l’exposition aux fumées et aux vapeurs se dégageant des parties mécaniques surchauffées est généralement de courte durée, de sorte qu’elle n’est pas préoccupante. Toutefois, si les symptômes persistent ou s’aggravent, il est prudent de consulter un médecin.
Les conditions d’installation
Comme on l’a vu, les photocopieurs dégagent de la chaleur, de l’ozone et des COV. Bien qu’il convienne d’obtenir auprès du fournisseur des conseils relatifs à l’implantation des machines et à la ventilation et de les mettre en application, on peut raisonnablement estimer que, pour toutes les machines (à l’exception des plus volumineuses), l’installation dans un local disposant d’une bonne aération assurant plus de deux renouvellements d’air par heure, en réservant un espace approprié autour de la machine pour assurer sa maintenance, suffit généralement à éviter les problèmes que peuvent poser les dégagements d’ozone et les odeurs. Il faut en outre que les recommandations formulées par la Société américaine des ingénieurs en chauffage, réfrigération et climatisation (American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE)) concernant l’occupation de la pièce soient également satisfaites. En cas d’installation de plusieurs photocopieurs dans une même pièce, il convient notamment de renforcer la ventilation et d’assurer une évacuation efficace de la chaleur. Les machines volumineuses à grand débit pourront nécessiter des mesures particulières pour lutter contre la chaleur dégagée.
Les produits consommables utilisés en photocopie ne nécessitent aucune précaution particulière autre que celles relatives au stockage des solvants inflammables et aux mesures propres à éviter l’exposition à une chaleur excessive. Dans la mesure du possible, le papier devrait être conservé dans sa boîte et sorti de son emballage au dernier moment.
Le télécopieur (téléfax)
Mode de fonctionnement. En télécopie, le document est balayé (scanné) par une source lumineuse puis l’image est convertie dans un format électronique compatible avec la transmission téléphonique. Au niveau du récepteur, des systèmes électro-optiques décodent l’image transmise et l’impriment par un procédé thermique direct, à transfert thermique, xérographique ou à jet d’encre.
Les télécopieurs utilisant un procédé thermique sont équipés d’une barrette d’impression qui se présente comme une carte de circuit imprimé sur laquelle défile le papier. Sur toute sa longueur, qui correspond à la largeur du papier, cette barrette porte sur chaque centimètre 80 contacts qui chauffent rapidement dès qu’ils sont excités par un courant électrique. Une fois chauffé, chaque contact noircit le point de contact correspondant sur le papier thermique (impression thermique directe). Dans le cas du procédé à transfert thermique, c’est la couche d’un rouleau émetteur, comparable à celle d’un ruban de machine à écrire, qui dépose un point noir sur le papier.
Les télécopieurs reposant sur le procédé xérographique utilisent le signal transmis par téléphone pour exciter un faisceau laser; ils fonctionnent sur le même principe qu’une imprimante laser. Enfin, les télécopieurs à jet d’encre fonctionnent comme des imprimantes à jet d’encre.
Les matériaux. Les principaux produits consommables utilisés en télécopie sont le papier (thermosensible ou ordinaire), les rouleaux émetteurs, le toner et l’encre. Les papiers destinés à l’impression thermique directe sont recouverts d’une couche de leuco-colorants qui virent au noir sous l’effet de la chaleur. Les rouleaux émetteurs contiennent un mélange de noir de carbone, de cire et d’une base polymère, couché sur un film. Ce mélange reste suffisamment compact pour ne pas venir se déposer sur la peau en cas de frottement mais, une fois chauffé, il est transféré sur le papier de télécopie.
Les risques potentiels et les mesures de prévention. Les télécopieurs sont réputés ne présenter aucun risque particulier. Des problèmes d’odeur ont été signalés sur certains modèles anciens à impression thermique directe; toutefois, comme c’est le cas pour de nombreuses odeurs émises dans les bureaux, il s’agit là d’un signe de seuil olfactif peu élevé ou d’une éventuelle insuffisance de la ventilation plutôt que d’un problème de santé. Les télécopieurs à transfert thermique sont généralement dépourvus d’odeurs et aucun risque particulier n’a été identifié en ce qui concerne leurs rouleaux émetteurs. Les télécopieurs xérographiques présentent potentiellement les mêmes problèmes que les photocopieurs à sec; toutefois, leur faible vitesse exclut normalement tout risque d’inhalation.
La diazocopie
Mode de fonctionnement. Lorsqu’on parle encore couramment de «bleus» ou d’«ozalids», ces termes désignent généralement les copies obtenues par héliographie ou diazocopie. Les applications les plus fréquentes sont le tirage de plans de grand format, destinés à l’architecture ou à l’industrie, réalisés sur supports polyester, vélin ou papier calque. Les papiers diazoïques, acides, renferment des composés organiques qui provoquent un changement de couleur sous l’effet de la réaction avec un copulant qui sert de révélateur vis-à-vis du diazo non détruit par la lumière pour engendrer un colorant; la réaction est toutefois inhibée par l’acidité du papier. Le document à copier est mis en contact avec le papier diazoïque et exposé à une lumière ultraviolette (UV) intense provenant d’une lampe fluorescente ou à vapeur de mercure. Le rayonnement ultraviolet détruit la couche diazoïque sur les zones du papier qui n’étaient pas protégées de l’insolation par l’image figurant sur le document à reproduire, éliminant ainsi la possibilité d’une réaction ultérieure avec le copulant. Le document à reproduire est alors retiré et le papier diazoïque est exposé à des vapeurs d’ammoniaque. L’alcalinité du révélateur ammoniaqué neutralise l’acidité du papier, autorisant ainsi la réaction entre diazoïque et copulant qui produit le changement de couleur sur les parties du papier qui étaient protégées des UV par l’image figurant sur le document d’origine.
Les matériaux. L’eau et l’ammoniaque sont les seuls matériaux intervenant en diazocopie en plus du papier diazoïque.
Les risques potentiels et les mesures de prévention. Le problème le plus évident lié à l’utilisation des machines de diazocopie réside dans l’exposition aux vapeurs d’ammoniaque qui risquent d’irriter les yeux et les muqueuses. Les machines modernes sont généralement dotées de dispositifs de limitation des émissions, de sorte que l’exposition reste généralement bien inférieure à 210 ppm. Toutefois, les matériels plus anciens nécessitent de fréquentes et minutieuses opérations de m1intenance et, éventuellement, la mise en place d’une aspiration localisée. Lors de ces opérations, il est impératif de prendre des précautions pour éviter les déversements accidentels et tout contact avec les yeux. Il importe d’appliquer les recommandations du fabricant concernant les dispositifs de sécurité. Il faut également savoir que les papiers diazoïques de mauvaise qualité sont susceptibles de causer des réactions cutanées.
Les duplicateurs numériques et les machines à polycopier
Mode de fonctionnement. Les duplicateurs numériques et les machines à polycopier reposent sur le même principe: le stencil original est «brûlé» ou «découpé» puis appliqué sur un tambour contenant de l’encre qui traverse le stencil pour venir impressionner la copie.
Les matériaux. Les produits consommables utilisés sur ces machines sont les stencils, les encres et les papiers. Dans les duplicateurs numériques, l’image scannée est brûlée par procédé numérique sur un cliché en mylar, tandis que sur les machines à polycopier, elle est découpée par un procédé électrique dans un stencil en papier. Les deux procédés diffèrent également par la nature des encres: celles qui sont employées sur duplicateur numérique sont des encres à l’eau, même si elles contiennent une certaine quantité de solvant hydrocarboné, tandis que celles dont on se sert sur machine à polycopier sont à base soit de distillat naphthénique, soit d’un mélange d’alcool et d’éther de glycol.
Les risques potentiels et les mesures de prévention. Les principaux risques liés aux duplicateurs numériques et aux machines à polycopier résident dans les encres utilisées. Il existe également un risque d’exposition aux vapeurs de cire chaude dans le cas où l’image est brûlée sur le stencil du duplicateur numérique et un risque d’exposition à l’ozone pendant l’électrodécoupage des stencils. Les deux types d’encres sont susceptibles d’irriter la peau et les yeux. Toutefois, du fait de sa plus forte teneur en distillats de pétrole, l’encre des machines à polycopier présente davantage de risques de dermatoses. Le port de gants de protection lors des manipulations de l’encre et une ventilation suffisante pendant le tirage des copies devraient assurer une prévention efficace contre les risques cutanés et les risques d’inhalation.
Les duplicateurs à alcool
Mode de fonctionnement. Les duplicateurs à alcool utilisent un stencil à image inversée recouvert d’un colorant soluble dans l’alcool. Au cours du tirage, le papier qui reçoit la copie est légèrement enduit d’un liquide de duplication à base de méthanol qui prélève une petite quantité de colorant lors de l’entrée en contact avec le stencil, ce qui se traduit par un transfert de l’image sur le papier de la copie. Les copies risquent de dégager des émanations de méthanol pendant un certain temps après le tirage.
Les matériaux. Le papier, les stencils et le liquide de duplication sont les principaux produits consommables utilisés sur ces appareils.
Les risques potentiels et les mesures de prévention. Les liquides de duplication à base d’alcool sont généralement à base de méthanol et donc toxiques s’ils sont absorbés par la peau, inhalés ou ingérés; ils sont également inflammables. La ventilation devrait être suffisante pour que l’exposition des opérateurs reste inférieure aux limites d’exposition professionnelle. Il est particulièrement important de disposer d’une zone bien aérée pour le séchage. Certains liquides de duplication plus récents sont à base d’alcool éthylique ou de propylèneglycol, ce qui élimine les problèmes liés à la toxicité et à l’inflammabilité du méthanol. Il convient de respecter les recommandations des constructeurs en matière d’équipements de protection individuelle pour la manipulation des liquides de duplication.
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