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Santé : Risques

 

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LES PROBLÈMES D’ENVIRONNEMENT ET DE SANTÉ PUBLIQUE




Tous les produits en caoutchouc sont fabriqués à partir d’un mélange composé d’un polymère naturel ou d’un polymère synthétique choisi parmi de très nombreuses variétés auquel on ajoute divers ingrédients tels que charges, plastifiants, antioxydants, adjuvants, activateurs, accélérateurs et agents de vulcanisation. Un grand nombre de ces substances sont des produits chimiques dangereux ou toxiques et certaines figurent sur la liste des cancérogènes. Leur manipulation et leur transformation comportent donc des risques pour la sécurité et l’environnement.



  Les déchets dangereux


Des systèmes de ventilation et des collecteurs de poussières doivent donc être installés dans les locaux où les travailleurs sont appelés à manipuler et à peser les produits chimiques, ainsi que dans les ateliers de malaxage et de transformation du caoutchouc avant vulcanisation. Pour toutes ces tâches, les travailleurs doivent aussi porter un équipement de protection individuelle. Il est indispensable de vérifier si les matières recueillies dans les collecteurs de poussières présentent un caractère dangereux: déchets réactifs, corrosifs, inflammables ou contenant des produits chimiques classés dans la catégorie des déchets toxiques.

Les déchets classés dangereux doivent être répertoriés par écrit et éliminés dans une décharge réglementée prévue à cet effet. Les déchets non classés peuvent être mis en décharge contrôlée ou en décharge industrielle, selon les règles applicables en matière d’environnement.



  La pollution atmosphérique


La fabrication de certains produits suppose l’application d’une dissolution de caoutchouc à base de solvant. La plupart des solvants utilisés dans ce cas appartiennent à la classe des composés organiques volatils (COV), dont l’utilisation exige impérativement la présence d’un système de réduction des émissions, comme un récupérateur de solvants ou un incinérateur. Un incinérateur détruit les COV par combustion; il requiert habituellement l’apport d’un carburant tel que le gaz naturel. Sans installation de ce type, les COV peuvent engendrer des problèmes de santé à l’intérieur des usines et dans leur voisinage. Les COV qui réagissent chimiquement à la lumière altèrent la couche d’ozone.

L’ouverture des appareils de vulcanisation au cours du processus s’accompagne de dégagements importants de fumées ou de vapeurs qui peuvent transporter dans l’atmosphère des substances chimiques, des plastifiants, des lubrifiants et d’autres matériaux qui ne sont pas entrés en réaction. Une limitation de ces émissions s’impose.



  La pollution du sol et de l’eau


Les COV doivent être stockés et manipulés avec les plus grandes précautions. Autrefois, on les entreposait dans des réservoirs souterrains, dont les fuites ou déversements accidentels avaient généralement pour effet de contaminer le sol et la nappe phréatique et d’exiger, ensuite, de coûteuses mesures de réhabilitation. La meilleure solution consiste en fait à entreposer les COV dans des réservoirs en surface dotés de cuves de rétention secondaire adaptées pour contenir les déversements.



  Les déchets de caoutchouc


Tout processus industriel crée des déchets au stade tant de la fabrication que de la finition. Certains peuvent être recyclés dans la production qui les a engendrés ou servir de matière pour d’autres produits, mais une fois cuit ou vulcanisé, le caoutchouc ne peut pas être retraité. Après cuisson, tous les déchets de produits finis ou non sont bons à jeter. L’élimination des déchets de caoutchouc est devenue un problème mondial.

Tous les ménages et toutes les entreprises de la planète consomment sous une forme ou une autre des produits à base de caoutchouc. La plupart de ces produits appartenant à la catégorie des matières non dangereuses, leurs déchets ne présentent donc théoriquement aucun risque. Pourtant, lorsqu’ils sont hors d’usage, l’élimination de certains d’entre eux, comme les pneumatiques, les tuyaux et conduites, pose un problème d’ordre environnemental.

Les pneumatiques et les conduites ne peuvent être enterrés parce que le vide qu’ils renferment se remplit d’air et les fait remonter à la surface au fil du temps. Leur déchiquetage remédie à ce problème, mais c’est une opération très coûteuse qui exige un équipement spécial.

La combustion lente des pneumatiques dégage de grandes quantités d’une fumée irritante qui contient un large éventail de substances chimiques et de particules toxiques.



  L’incinération des déchets de caoutchouc


L’incinération est l’un des moyens dont on dispose pour éliminer les déchets des produits finis et des produits intermédiaires en caoutchouc. A première vue, c’est même la solution qui semble la meilleure pour se débarrasser de la masse de caoutchouc «usé» aujourd’hui accumulée dans le monde. Certains industriels y ont vu la possibilité de détruire l’ensemble de leurs déchets, tout en récupérant la vapeur produite comme source d’énergie.

Malheureusement, les choses ne sont pas aussi simples. L’incinérateur doit être conçu de manière à filtrer les matières rejetées dans l’air, en particulier le chlore dégagé par la combustion de produits contenant des polymères chloroprènes. Il faut se rappeler également que les épurateurs utilisés à cette fin dégagent des acides qui devront eux aussi être neutralisés.

Presque tous les mélanges de caoutchouc contiennent des charges: noir de carbone, argiles, carbonates de calcium, composés de silice hydratés. Quand on les brûle, ces mélanges produisent une quantité de cendres équivalente à la charge qu’ils renferment. Les cendres sont recueillies dans des épurateurs par voie humide ou à sec, et il faut s’assurer qu’elles ne comportent pas de métaux lourds avant de s’en débarrasser. Les eaux résiduaires des épurateurs par voie humide ont généralement une teneur en zinc comprise entre 10 et 50 ppm. Si ce zinc est déversé dans les égouts, il faut que la station de traitement soit équipée d’un système d’extraction adapté et que les boues produites par ce système, qui contiendront du zinc, soient ensuite évacuées.

Quant aux épurateurs à sec, ils donnent des cendres qu’il est nécessaire de ramasser pour les éliminer. Humides ou sèches, ces cendres sont difficiles à manipuler, et leur élimination peut poser un problème, car la plupart des décharges refusent ce genre de déchets. Elles peuvent être extrêmement alcalines si le mélange de caoutchouc qu’on brûle présente une forte teneur en carbonate de calcium.

Enfin, la quantité de vapeur produite n’est pas suffisante pour alimenter en énergie une fabrique de caoutchouc. Le volume de déchets varie et, comme on s’efforce aujourd’hui de le réduire, cela ne peut que faire diminuer la quantité de combustible susceptible d’être utilisée. En outre, le coût d’entretien d’un incinérateur conçu pour brûler à la fois des déchets de fabrication et des produits en caoutchouc est très élevé.

Bref, quand on tient compte de tout ce qu’elle implique sur le plan financier, on s’aperçoit que l’incinération est peut-être la moins rentable des méthodes d’élimination des déchets du caoutchouc.



  Conclusion


Face aux problèmes d’environnement et de santé publique engendrés par la fabrication des produits en caoutchouc, la meilleure solution consiste peut-être en une bonne maîtrise technique de la production et de la préparation des poudres chimiques utilisées dans les mélanges de caoutchouc, associée à la mise en place de programmes de recyclage pour tous les déchets et sous-produits du caoutchouc cuits et non cuits. Ainsi, les poudres chimiques recueillies dans les collecteurs de poussières pourraient être réutilisées dans le processus de fabrication à condition qu’on se dote des moyens de prévention technique appropriés, de façon à éviter leur mise en décharge.

Il existe des remèdes aux problèmes d’environnement et de santé publique qui se posent dans l’industrie du caoutchouc, mais ils ne sont ni simples ni gratuits, et leur coût doit être ajouté au prix de revient des produits manufacturés.


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