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Santé : Risques

 

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L’ERGONOMIE




L’ergonomie est l’étude scientifique des relations entre l’être humain et son milieu de travail. Elle comprend non seulement une évaluation des risques de la situation de travail pour l’appareil musculo-squelettique, mais aussi un examen des processus cognitifs qui, au travail, peuvent conduire à des erreurs humaines.

Il est établi que les travailleurs du caoutchouc et de l’industrie du pneumatique sont plus particulièrement exposés à certains troubles du système musculo-squelettique, notamment aux dorsalgies. D’après une étude portant sur une série de travaux de manutention, la fréquence des lésions lombaires associées aux tâches les plus pénibles est plus élevée d’environ 50% dans le secteur du pneumatique et du caoutchouc que dans le reste de l’industrie. Une analyse des tâches en question montre que les problèmes sont généralement liés au transport manuel de charges, en particulier lors des opérations de transformation (opérateurs de malaxeurs Banbury), d’assemblage et de finition des pneumatiques, et de manutention à l’usine et dans les entrepôts. Les lésions du poignet, comme le syndrome du canal carpien et la ténosynovite, sont aussi fréquentes dans les ateliers de montage des pneumatiques. Il suffit d’observer le processus de fabrication pour se rendre compte que les épaules constituent un autre point vulnérable. Pourtant, et on ne saurait en être surpris, les dossiers médicaux des entreprises sous-estiment généralement la réalité faute d’attention portée à ce risque. Enfin, certains problèmes d’ordre cognitif semblent se poser dans l’industrie du pneumatique, au stade de l’inspection, et ils sont souvent aggravés par un mauvais éclairage.

Plusieurs facteurs de risque concourent apparemment à ces troubles musculo-squelettiques: postures statiques et incorrectes du dos, des épaules et des poignets, mouvements rapides du poignet et du dos, manipulation de lourdes charges, efforts importants exercés au niveau du tronc pendant la manutention de grosses pièces de caoutchouc dans les ateliers de montage des pneumatiques. Il ressort d’une étude des facteurs en rapport avec les risques de troubles lombaires que les travailleurs des usines de montage de pneumatiques manipulent des charges plus lourdes que dans les autres secteurs, et qu’ils les portent à une distance du corps supérieure à la moyenne. En outre, ces gestes sont souvent effectués dans des positions asymétriques et de flexion, et la pénibilité du travail est aggravée par la durée des efforts répétés qui diminuent à la longue la force du sujet. Enfin, les postes de travail dans l’industrie du pneumatique et du caoutchouc sont souvent situés dans des locaux surchauffés, sales et poussiéreux. La chaleur tend à augmenter la demande calorique et donc énergétique du travail, et la présence de résines et de poussières oblige souvent les travailleurs à porter des gants, ce qui ajoute à la tension subie par les muscles de l’avant-bras qui commandent les doigts. En outre, les travailleurs qui portent des gants serrent plus fortement les objets qu’ils tiennent pour éviter de les laisser tomber. Il existe des solutions à ces problèmes ergonomiques, dont l’une consiste simplement à réorganiser le lieu de travail (en relevant ou en abaissant, par exemple, le plan de travail ou en déplaçant le poste pour éliminer les grands mouvements de torsion ou de flexion latérale du tronc — opération qu’il est souvent possible d’effectuer en ramenant de 180 à 90° l’angle compris entre le point d’origine et le point de destination de l’objet à soulever). Des changements plus radicaux sont parfois nécessaires: installation de postes de travail réglables, tels que ciseaux à vérin ou tables élévatrices, ajout d’appareils de levage (monte-charges, élévateurs, etc.), automatisation intégrale des tâches. Certains de ces aménagements ont évidemment un coût élevé. La clé d’une bonne solution ergonomique est donc de ne faire que les changements nécessaires en fonction de leur incidence sur les risques de troubles musculo-squelettiques. Heureusement, on peut maintenant faire appel à de nouvelles méthodes pour mesurer les risques associés à l’organisation du lieu de travail. Il existe ainsi un modèle d’évaluation des risques de troubles lombaires en fonction des contraintes du poste (Marras et coll., 1993, 1995) et d’autres outils pour calculer la charge imposée à la colonne vertébrale par les mouvements dynamiques du tronc (Marras et Sommerich, 1991; Granata et Marras, 1993). On dispose donc aujourd’hui de moyens d’analyse des situations de travail susceptibles d’apporter une réponse ergonomique à la question des risques excessifs d’exposition sur le lieu de travail.


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