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Santé : Risques

 

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LE 1,3-BUTADIÈNE




Gaz incolore produit avec d’autres pendant la fabrication de l’éthylène, le 1,3-butadiène est abondamment employé comme agent d’amorçage dans la fabrication du caoutchouc synthétique (butadiène-styrène et polybutadiène, par exemple) et des résines thermoplastiques.



  Les effets sur la santé


Etudes sur l’animal. Inhalé, le butadiène est cancérogène pour de multiples organes chez le rat et la souris. Dans une population de rats exposés à une concentration de 1 000 ou 8 000 ppm de butadiène pendant deux ans, on observe une augmentation de l’incidence des tumeurs ou des réponses à dose donnée, au niveau du pancréas exocrine, des testicules et du cerveau chez le mâle, des glandes mammaires, de la thyroïde, de l’utérus et de la glande de Zymbal chez la femelle. Chez les souris, les études effectuées à des niveaux d’exposition au butadiène variant de 6,25 à 1 250 ppm révèlent, en particulier, l’apparition de lymphomes malins précoces et d’angiosarcomes inusités du cœur. Des tumeurs pulmonaires malignes se manifestent à tous les degrés d’exposition, et d’autres organes sont également touchés, tels que le foie, la partie antérieure de l’estomac, la glande de Harder, l’ovaire, les glandes mammaires et le prépuce. L’exposition au butadiène a aussi des effets non néoplasiques chez la souris: effet toxique sur la moelle osseuse, atrophie des testicules ou des ovaires, troubles du développement, etc.

Le butadiène, génotoxique pour les cellules de moelle osseuse chez la souris, mais pas chez le rat, entraîne une augmentation des échanges de chromatides sœurs, du nombre de micronoyaux et des aberrations chromosomiques. Il provoque aussi des mutations dans le génome de Salmonella typhimurium en présence d’activateurs métaboliques. L’activité mutagène du butadiène est attribuée au fait qu’il se transforme au contact d’intermédiaires époxydes mutagènes (et cancérogènes).

Etudes sur des sujets humains. Toutes les études épidémiologiques mettent en évidence une surmortalité par cancer du système lymphatique ou hématopoïétique en cas d’exposition au butadiène sur le lieu de travail. Dans le secteur de la production de butadiène, l’incidence des lymphosarcomes augmente surtout parmi les hommes dont le premier emploi est antérieur à 1946. Une étude comparative de cas de cancers du système lymphatique et hématopoïétique effectuée dans huit usines de butadiène-styrène fait apparaître un lien étroit entre la mortalité par leucémie et l’exposition au butadiène. En ce qui concerne les cas de leucémie, la plupart des victimes avaient été embauchées avant 1960, avaient travaillé dans trois des établissements visés et avaient exercé pendant au moins dix ans dans le secteur. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) range le 1,3-butadiène parmi les produits probablement cancérogènes pour l’être humain (CIRC, 1992).

Une étude épidémiologique confirme que la mortalité par leucémie dépasse la moyenne parmi les travailleurs des usines de butadiène-styrène qui sont exposés au butadiène (Delzell et coll., 1996). Il convient de noter à cet égard la correspondance qui existe entre les sites des cancers du système lymphatique et hématopoïétique chez les travailleurs et ceux des lymphomes observés chez la souris. En outre, les estimations du risque de cancer chez l’humain effectuées à partir des données sur les lymphomes provoqués par le butadiène chez la souris sont semblables à celles du risque de leucémie auxquelles aboutissent les nouvelles données épidémiologiques.



  L’exposition et les mesures d’atténuation dans l’industrie


D’après les enquêtes effectuées au milieu des années quatre-vingt par l’Institut national de la sécurité et de la santé au travail (National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH)), aux Etats-Unis, le niveau d’exposition dans les usines qui produisent ou utilisent du butadiène était alors supérieur à 10 ppm dans 4% des prélèvements et inférieur à 1 ppm dans 81%, avec des pointes mesurées à 370 ppm et une absence d’uniformité à l’intérieur des catégories professionnelles. L’exposition au butadiène était sans doute beaucoup plus élevée pendant la seconde guerre mondiale, époque où l’industrie du caoutchouc synthétique a connu une forte croissance. Les quelques échantillons recueillis dans les fabriques de pneumatiques et de tuyaux en caoutchouc ont donné des résultats inférieurs au seuil de détection (0,005 ppm) (Fajen, Lunsford et Roberts, 1993).

Il est possible de réduire l’exposition au butadiène en s’assurant que les raccords des installations en circuit fermé sont en bon état et correctement posés. On peut également utiliser des appareils en circuit fermé pour prélever des échantillons dans les cylindres et des doubles joints mécaniques pour empêcher les pompes de fuir, des jauges magnétiques pour contrôler le remplissage des wagonnets et un capot de protection pour vidanger les cylindres.


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